Crysis 2 sur Xbox 360, le test de balaziouf

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New York, New York.

 

Un peu moins de quatre ans après la sortie PC de Crysis ‘premier du nom’, Crytek remet le couvert et nous présente (enfin) ce qui se présente comme un des FPS le plus attendu de cette année. Enfin disponible pour les joueurs PC et console ‘next gen’, Crysis 2 se dévoile enfin.

 

NANOSUITE

A sa sortie en 2007, Crysis avait quelque peu chamboulé le paysage du jeu de tir subjectif. S’étant bâti une solide renommée depuis son succès avec Far Cry, Crytek se devait de confirmer avec son second opus. En reprenant une trame à peu près similaire à celle du titre édité par Ubisoft, le studio allemand avait doté son nouveau produit d’un background davantage axé vers la science-fiction (nanosuit, invasion alien) et d’un moteur graphique époustouflant. Le Cry Engine 2 faisait de telles  merveilles que tous les PC ne se voyaient pas aptes à  exploiter ce bijou de manière optimum. Lors de l’achat d’un ordinateur on faisait même parfois référence à Crysis afin de délibérer sur la puissance d’un ordinateur. Ce jeu faisait ainsi office de ‘Dark side on the Moon’ de l’informatique… tout du moins, sur l’année 2008.

 

NEW YORK AVEC TOI(TS)

 Puis de teasers alléchants en reports intempestifs, Crysis 2 vient finalement de paraître non seulement sur PC mais également sur PS3 et XBOX 360, au plus grand bonheur des joueurs consoles qui n’ont, jusque là, jamais pu tâter à un titre de chez Crytek.

D’emblée, il faut le dire, la parenté entre Crysis 2 et son aîné se révèle relativement éloignée. Fini les escapades à monde ouvert et les parties de cache-cache avec les coréens dans la végétation des Philippines.  Dans Crysis 2, l’action se déroule à New York. Toujours New York, me direz-vous… Il semble en effet que la ville de Broadway, de Sinatra et du Wu-Tang n’inspire pas que les réalisateurs de Cinéma. Car si en terme de fiction catastrophe Le jour d’après, Je suis une légende ou encore Cloverfield font office de représentant du Septième art, Crysis2 se pose comme la parfaite réplique à ces-derniers à l’échelle vidéoludique.

 

HERE COMES THE PROPHET

C’est vrai que c’est beau New York. Enfin ça, c’était avant qu’un virus ne l’infecte et que les aliens ne l’infestent. Et c’est pour cela que l’on vous a dépêché, vous, Alcatraz, ainsi que toute votre escouade de marines afin de rejoindre la cité de verre par le biais de l’USS Nautilus, un sous-marin qui ne va pas tarder à couler. Il faut donc évacuer la coquille de verre dans une phase d’initiation au gameplay qui ne sera pas sans vous rappeler le début de Modern Warfare. En faisant surface, vous découvrez New York à feu et à sang, un paysage nocturne assez saisissant, et comme le dirait un de vos camarades en désignant Liberty Island : « Miss Liberté en a pris plein la gueule ! ».

Puis vous êtes repêché par un type en armure, un dénommé Prophet (rescapé du premier épisode). Par le truchement du scénario, il vous remettra sa combinaison ainsi que sa mission : retrouver Nathan Gould, scientifique de renommée, seul capable d’enrayer la propagation du virus qui change peu à peu les être humains en légumes à la peau de pêche salement amochée. Il s’agit là du début de l’histoire et il faut bien concéder que dans les grandes lignes, ce n’est pas vraiment elle qui va vous motiver à mener votre périple jusqu’au bout.

 

AL BUNGIE

Affublé de cette combinaison futuriste qui vous donne un galbe des plus avantageux, vous allez devoir retrouver Gould tout en évitant deux faction armées et dangereuses certes opposées, mais qui n’hésiteront pas à en découdre avec vous. D’une part la milice chargée de récupérer la combinaison, et d’autre part les aliens. Pas de différence de traitement donc, qu’il s’agisse de militaire ou de poulpe de l’espace, il vous sera conseillé de dégainer au plus vite. Quoique…

Si Crysis avait fait bonne impression c’est également grâce aux innovations qu’il avait apporté au FPS, puisque la nanosuit confère un certain nombre de capacités. Elles étaient quatre dans le premier opus : vitesse maximum, force maximum, camouflage et armure maximum ; le tout étant bien évidemment limités par une batterie. Très enrichissant ce gameplay pouvait cependant  se révéler des plus délicats pour les malhabiles ne sachant pas efficacement switcher entre les diverses capacités. Ici, le problème se pose moins. Le choix a été divisé par deux, probablement pour des raisons de simplification du gameplay à l’attention du large public et surtout pour une question d’ergonomie au pad. Il vous suffira donc de choisir entre le camouflage (avec ‘effet’ Prédator et bruitage qui va avec) et l’armure. La vitesse (soi-disant) maximum s’active dès que l’on court et l’usage de la force est quasiment inexistant. Ces deux capacités se sont vues conséquemment modifiées. Pour faire court, elles pompent beaucoup d’énergie sans être d’une efficacité redoutable (l’attaque manuelle aérienne parvient même à vous blesser). De mauvais points pour ces aptitudes.

A contrario, l’ensemble du gameplay semble reposer sur l’art de se dissimuler et attaquer en traitre ou bien celui de faire front et feu à toute berzingue. Au fil de l’aventure il sera possible de choisir les spécificités de son arme. Il ne s’agit pas là de customisation mais de simple choix d’ordre stratégiques ou préférentiels. Ainsi on pourra choisir de munir sa mitraillette d’un silencieux ou encore de sélectionner le lance-grenade que cette même arme propose. De même, au fil de l’aventure, le joueur pourra débloquer des compétences pour sa nanosuit (alarme pour indiquer la présence d’un ennemi…)

 

DONT F.E.A.R. THE POULPE

De par son aspect citadin, son univers ‘clos’ et son choix des armes, Crysis 2 fait un peu penser à la saga F.E.A.R. Car on se trouve ici en présence de couloirs qui débouchent sur des espaces plus ouverts que l’on assimilera immédiatement à des arènes. L’intérêt de ces arènes c’est qu’elles vous proposent plusieurs itinéraires (généralement trois), plusieurs façons d’attaquer l’ennemi ou de vous rendre d’un point A à un point B. C’est ici que le joueur effectuera son choix tactique optant soit pour un échange de coups de feux à base de couverture, soit pour une approche davantage liée à de l’infiltration.

Dans les phases de tir, si les éléments de couverture se révèlent salvateurs, le système de visée à couvert fait rapidement ses preuves et l’on s’y adapte très facilement. L’infiltration, quant à elle, est plus émoustillante, efficace et offre une valeur ajoutée qui ne sont finalement pas légion dans ce titre. Cependant, si les égouts et objets de couverture (voitures, pans de murs) permettent de la jouer discrète, on regrettera que les développeurs n’aient pas davantage travaillé sur des phases mettant à mal notre ingéniosité.

D’autre part, les ennemis ne sont pas des plus réactifs et on conviendra qu’en difficulté ‘normal’, l’I.A. n’a pas inventé le fil à couper l’eau chaude. Quand on connaît Crytek, on est en droit d’être surpris d’une telle faiblesse sur ce point.  Ainsi a-t-on au bout d’un moment l’étrange impression de déjà-vu, ou plutôt de déjà joué. Mais peut-être est-ce là faire un mauvais procès tant on sait que les FPS ne brillent que rarement de par leur variété. Quoi qu’il en soit, cette absence de variété se ressent davantage dans la sempiternelle sensation de quitter une zone pour en rejoindre une autre. Et ce n’est pas la pauvre session en véhicule qui dépaysera le joueur.

 

RACONTE-MOI UNE HISTOIRE… OUBLIE, DONNE-MOI UNE KALACH !

En termes de scénario, Crysis 2 ne va pas vous faire vous relever la nuit. A trop vouloir être dynamique, l’histoire se voit dynamitée de par sa narration poussive à base de flashback qui font mal à la tête. Les glisser entre deux phases de shoot n’était as une idée des plus judicieuses. L’histoire n’en finit pas, les rebondissements téléphonés depuis l’autre bout de Manhattan peinent à surprendre et l’on se désole d’avoir suivi un itinéraire précalculé alors que l’on sentait le traquenard à plein nez. Enfin, c’était dans le script…

Techniquement, il n’y a rien à redire. C’était presque un acquis, Crytek n’a fait que confirmer et a produit un bien joli travail. Le Cry Engine 3 montre enfin de quoi il est capable et flatte les mirettes. Le moteur de Crytek ne force pas le respect par son foisonnement de végétation, comme le studio allemand en a pris l’habitude via les environnements proposés dans Crysis ou Far Cry, mais davantage dans les textures des décors et les effets de lumière ou d’eau. Les arènes sont  fort bien rendues et la cité de verre est vraiment très crédible. Les effets spéciaux notamment lors de phases scriptées sont à tomber par terre. La musique est également à l’honneur avec des compositions signées Hans Zimmer et un thème principal assez saisissant.

 

Que le FPS peine à se renouveler, ce n’est pas franchement une nouveauté. C’est peut-être en partie pour cela que l’on attendait Crysis 2, un fol espoir que ce titre mette un coup de pied dans la fourmilière. Avec la crédibilité du Studio en question et le temps de développement qu’il a fallu, on était probablement en droit d’en attendre un peu plus. Mais peut-être en avons-nous trop attendu. Car il s’agit là d’un bon titre. Esthétiquement irréprochable, intéressant à plus d’un titre, doté de bonnes idées, même si ces-dernières ne sont pas exploitées de façon ‘maximum’, Crysis 2 saura satisfaire la majorité et peut-être est-ce là tout ce que les actionnaires d’E.A. attendaient. Car de blockbuster, Crysis 2 en cumule nombre de topos. Le joueur évitera ainsi de s’attarder sur une histoire bancale, banale, bref, oubliable pour concentrer ses efforts dans l’appréhension tactique des combats ou pour tout simplement se défouler sur des ennemis qui, par le nombre ou par la force, savent se révéler coriaces.

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