Day of the Tentacle sur PC, le test de SamPlay

Publiez votre test
Signaler
SamPlay
10
SamPlay PC

Le jeu d'aventure qui traverse les époques

Cela fait un petit moment que je n'avais pas testé un titre Lucas Art, et qui plus est un truc complètement barré. A cause d'une perte de sauvegardes le test a quelque peu traîné, mais après deux après-midi à essayer de me rappeler la solution des énigmes, je suis enfin paré à satisfaire mes 100 visiteurs par jour. Bon là je me la raconte mais ce que je ne dis pas c'est que j'ai péché. Oui, je suis parti souris à l'épaule, choper ce gros poisson que l'on appelle solution. Je sais que c'est mal, d'ailleurs je me retire actuellement les ongles de pied un par un pour y glisser du sel, mais ma santé mentale en dépendait. Mais l'essentiel est là: j'ai savouré chaque situation, réalisé le talent de ces demi-dieu que l'on nomme Tim Schafer et Dave Grossman, mais également lutté pour ne pas perdre la raison.

Il suffit en fait d'expliciter le scénario pour comprendre que nos deux énergumènes n'utilisaient pas que de la farine pour faire des crêpes. Tout commence au bord d'une rivière. Tout est beau, les oiseaux gazouillent mais ce qui va arriver risque de plonger le monde dans une horrible dictature. Le laboratoire d'un certain Docteur Fred est en train de déverser des litres de substance toxique dans l'eau de cette rivière et là ça part en sucette... Deux tentacules, l'une verte et l'autre pourpre, s'approchent. La verte est faible et naïf et l'autre a soif de pouvoir et de domination. Cette dernière décide donc de boire le liquide et se voit dotée de deux bras. C'est donc armé de ces deux nouveaux appendices qu'elle décide d'asservir l'humanité dans le futur. Mais non loin de là, trois amis reçoivent la visite d'un hamster qui leurs délivre une lettre indiquant que le monde a besoin d'aide. Ni lune ni dieu, Bernard, Hoggie et Laverne partent pour le manoir du Doc'. Celui-ci à fabriqué une machine à remonter le temps avec une voiture, 3 WC et un faux diamant. Ils souhaite les envoyer un jour dans le passé pour corriger cette bourde mais la fine équipe se retrouve dispersée. Hoggie est 200 ans dans le passé, Bernard dans le présent et Laverne 200 ans dans le futur.

Voilà, ça c'est la base, maintenant je vais vous raconter comment un métalleux a modifié la constitution pour y inclure une loi rendant obligatoire la possession d'un aspirateur dans la cave de chaque citoyens, comment une momie à réussi à gagner un concours d'humain avec un dentier de cheval et des pâtes sur la tête et aussi pourquoi un hamster cryogénisé et portant un pull en laine peut alimenter un générateur pour Chrono-WC. Mais je vois déjà la peur se dessiner sur vos visages vierges de tout non-sens "LucasArtien". Et vous avez raison! Car sortir de cette aventure indemne est une tâche des plus difficile. D'une part parce que le titre est absolument cultissime et bien ficelé et d'autre part parce qu'il est aussi particulièrement difficile. On est bien loin d'un Full Throttle, beaucoup plus instinctif et facile d'accès. Car ici l'aventure n'est pas linéaire mais se déroule dans un énorme environnement que l'on appelle le temps. Si au début on se perd un peu dans le manoir du présent, sachez qu'il faudra par la suite penser au manoir du passé et du futur. Car tout ce que vous faites dans une époque aura ses répercussions. Si par exemple vous coupez un arbre dans le passé, celui-ci disparaîtra instantanément dans le futur. Alors comme ça cela parait simple mais le "problème" c'est que certaines énigmes sont ulta capilotractées et d'un sadisme jamais vu!

Déjà que dans un Point'n Click du genre Monkey Island trouver la bonne combinaison d'objets relève parfois du coup de bol mais ici vous contrôlez trois personnages dans trois époques différentes et donc autant de possibilités. Rajoutez à cela une foule d'objets (plus d'une trentaine facile) tous plus bizarres les uns que les autres et vous aurez une idée de ce qui vous attend. Tient j'en ai une d'ailleurs! Vous allez tester votre imagination à travers cette situation. Nous sommes dans la pièce où se rédige la constitution américaine. George Washington est là et deux de ses collègues également. L'un deux a très froid et souhaite faire du feu mais l'autre refuse en invoquant le fait que le futur président, lui, n'a pas froid. Comment allez-vous arriver à faire du feu sachant que le président a un dentier en bois, que vous avez un briquet-pistolet, un cigare explosif et un dentier mécanique? Vous avez cinq minutes.

C'est bon vous avez trouvé? Bon et bien continuons alors. Je vous disais précédemment qu'il fallait s'accrocher à son slip pour ne pas devenir nervous breakdown et se mettre à la collec' de pins. Mais je vous assure que Day of the Tentacle va bien au-delà de simples considérations psychologiques. Ok, les énigmes sont tarabiscotées mais lorsque l'on trouve la solution on se dit: "Putain mais qu'ils sont cons! C'est super bien trouvé!" et on est heureux. Heureux de participer à ce grand n'importe-quoi divin extrêmement inventif. On est très proche d'un cartoon avec sa galerie de personnage tous plus fous les uns que les autres. Aucun n'est vraiment sain d'esprit, mise à part peut-être Hoagie et Bernard. J'ai d'ailleurs quelque préférés comme les agents du fisc ou les deux sculpteurs. C'est un vrai plaisir de découvrir toutes les situations et les évènements qui ont été imaginés et mit en scène avec un soin incroyable. Que ce soit graphiquement, artistiquement ou même au niveau sonore, on est pas loin du chef-d'oeuvre.

La cinématique au début donne une bonne idée de l'attention accordé à l'aspect narratif et technique. Le dessin et les animations n'ont rien à envier à un bon gros cartoon de la Warner. Si déjà à l'époque - il y a 17 ans quand même - le jeu était sublime, il n'a aujourd'hui rien perdu de sa superbe. Le design est empreint de la folie qui habite les personnages et fait de chaque tableaux une surprise. Il faut voir Bernard se faire culbuter par un clown gonflable (indice important!!!) et goûter à la farce d'un blagueur à la langue capillairement fournie pour avoir une idée du travail effectué. Même la musique a bénéficié d'un soin énorme! Peut importe le fait que ce soit du MIDI, les compostions sont inspirées, efficaces et sont un réel prolongement de l'aspect visuel. Parfois, on a même droit à quelque voix et les bruitages, cartoon à souhait, font leurs petit effets. On est donc face à un titre majeur du jeu vidéo et du Point'n Click surtout. Pour beaucoup, Day of the Tentacle est le jeu d'aventure ultime et bien je pense comprendre pourquoi et je vous invite tous à sortir vos petites tentacules et obtenir gratuitement ou pas cette petite merveille.

SamPlay (d'utiliser de la musique pour décoller du faux vomi accroché au plafond)

 

Graphismes: Malgré l'age avancé du titre, cela reste très beau artistiquement parlant. Le moteur Scumm fait encore des merveilles et le design très coloré et cartoon est un bonheur pour les yeux. Rien à dire...

Jouabilité: Il faudra attendre 1995 et Full Throttle pour dire au revoir au menu d'action à base de verbes. Il faut se faire à la relative lourdeur du système mais au final rien de bien grave. C'est du Point'n Click classique à la souris donc si vous avez déjà joué à Monkey Island ou tout autre jeux du genre no problem!

Durée de vie: Lorsque l'on fait Day of the Tentacle pour la première fois on en a pour son argent et il vous faudra sûrement entre 6 et 8 heures pour savoir si la tentacule pourpre va réellement dominer le monde. Par contre, pour ceux qui l'on déjà terminé, je pense qu'en un après-midi l'affaire est réglée. A noter tout de même que dans la version boite, vous avez accès à Maniac Mansion dans son intégralité. Pour tester l'ancêtre de DOTT, il vous faudra utiliser l'ordinateur situé dans la pièce où il y a le hamster et le benêt philatéliste.

Bande-son: Peter McConnel, à qui l'on doit la musique de jeux comme Psychonauts, The Dig, Full Throttle ou Grim Fandango, prouve une nouvelle fois son talent! Des morceaux qui rentrent bien dans la tête et qui apportent vraiment quelque chose à l'aventure.

Scénario: Je pense que le début du test est assez explicite... C'est du non-sens cohérent bourré de références (saurait-vous retrouver celle d'Alice au Pays de Merveilles?). Ca fourmille d'idées et on prend plaisir à voir comment le jeu part en cacahuètes. Ils ont dû bien se fendre la poire à développer ça chez Lucas Art! De toute façon avec Tim Schafer et Dave Grossman à la barre...

Plus de folie et de jeux sur Pourquoi SamPlay?, le blog fait avec A et Humour!

Ajouter à mes favoris Commenter (9)

Vos tests de Day of the Tentacle

tous les tests