POSTAL : 10th Anniversary Collector's Edition sur PC, le test de SamPlay

Publiez votre test
Signaler
SamPlay
6
SamPlay PC

Postal 2: des conneries à la pelle!

 

Postal 2 est ce que l'on pourrait appeler un jeu à problèmes. Sorti tout droit d'un petit studio situé dans l'Arizona et surtout connu pour toute la polémique qui a entouré sa sortie, le jeu en lui-même est un peu passé inaperçu. Bien qu'interdit dans de nombreux pays (France, Allemagne...) pour son contenu extrêmement cru et immoral, il serait tout de même bon d'aller au-delà de la réputation sulfureuse du titre pour tenter de formuler un jugement constructif. Simple déferlement de cadavres, de décapitations et de vulgarité ou caricature acide de la société américaine?

Pour commencer, il serait peut-être bon de mettre les choses au clair en citant une phrase des développeurs: «Rappelez-vous... Postal est aussi violent que vous l'êtes» ; un slogan qui nous met la puce à l'oreille quand au recul à prendre vis à vis de l'omniprésence de la vulgarité et de la violence. Car il ne faut pas le nier, Postal 2 est sans aucun doute l'apogée vidéoludique de la violence. Ici pas de scénario palpitant ou de personnages attachants mais un grand n'importe quoi s'étalant sur cinq jours. Du lundi au vendredi vous accomplirez diverses missions (acheter du lait, rendre un livre, payer un amende, aller voter...) qui finirons généralement en boucherie. Le personnage principal, lui, est tout ce qu'il y a de plus repoussant et son aspect freak le place immédiatement en marge de tout. Vivant dans une caravane en piteux état avec sa femme et arborant fièrement un long manteau noir et un tee-shirt représentant une tête d'alien, sa condition en fait le parfait bourreau de l'ordre et du droit chemin.

Un chemin alternatif qui vous emmènera voir l'envers d'un décor – une ville fictive de l'Arizona en l'occurrence – qui contient à peu près tout les outils pour une critique acerbe de l'Amérique. Asile, poste de police, magasin, bibliothèque, bureau de poste, centre commercial, tout est regroupé sur une carte que vous pouvez parcourir librement. On est tout de même loin d'un GTA puisque d'une part la ville est découpé en petites zones et il n'est pas question de prendre des véhicules. De même l'absence de mise en scène et d'histoire donne plus l'impression de jouer à un «jeu blague» fait entre amis qu'a un «vrai» jeu vidéo. Un ramassis de caricature, de moqueries et de situations à la limite du mauvais goût. Une sorte de safari où le moindre lieu serait prétexte à écorcher de façon saignante des institutions ou des personnes. Les développeurs semblent n'avoir aucunes limites et c'est d'ailleurs le principale attrait de ce Postal. Le plaisir ne provient pas du gameplay ou des graphismes mais de l'envie de voir quel sera le prochain délire de l'équipe.

Vous avez vu beaucoup de jeu où vous allez rendre visite aux développeurs de celui-ci pour repousser l'attaque de manifestants anti-jeux vidéo armé de M-16? Ou encore un jeu où l'on rencontre Oussama Ben Laden à la bibliothèque au rayon «Bombes et attentats»? Vous allez aimer visiter une fabrique de steak haché où des humains sont balancé dans les broyeurs et où les toilettes sont placé à coté des quartiers de viande. Vous serez heureux de découvrir que derrière votre caravane se cache le repaire de talibans fabriquant des armes bactériologiques. Et vous succomberez certainement au charme d'une balade en foret se terminant en joyeux massacre de bucherons. Comme vous le constatez, on ne peut pas dire que la demi-mesure soit au rendez-vous! Et tout ceci n'est qu'un petit aperçu de ce qui vous attend ; pour peu que vous fassiez preuve de curiosité et que vous maitrisiez un minimum la langue de Shakespeare. La religion, la politique, le sexe, l'administration, la publicité, personne n'est épargné! Une affiche pour une assurance vie avec pour slogan «Eh les enfants! Vos parents vont mourir» prouve que chaque recoins de Paradise City est bourré de blagues de ce genres. Le jeu est donc beaucoup plus fin qu'il n'y paraît mais la violence gratuite est loin d'être exclue et pourra en déranger plus d'un.

Sur ce point on peut dire que les polémiques étaient justifiées. Et même si les développeurs jouent habilement sur la question de la morale, Postal 2 n'en reste pas moins un défouloir gore et parfois bien pire. Car même si en théorie on peut éviter d'utiliser sa pelle pour décapité des innocents, de lancer des ciseaux au visage de bimbo écervelées ou d'utiliser un chat comme silencieux (votre imagination suffira), le jeu vous force un peu la main. En vous collant des files d'attente interminables qui vous forcent à opter pour des méthodes plus expéditives par exemple ou en transformant une banale fête d'anniversaire en intervention de l'armée! Vous serez donc obliger de vous servir de l'armement improbable mit à votre disposition. Car en plus des traditionnels fusils, pistolets et mitraillettes, vous pourrez aussi vous servir d'un jerricane d'essence, d'un taser ou encore d'une tête de veau en décompostion(?!). Seul petit souci: l'aspect peu pratique de l'inventaire qui vous oblige à passer en revue tous vos objets pour en trouver un en particulier. Embêtant dans le feu de l'action. Mais le test est presque terminé et il n'a pas encore était question de la réalisation! Non pas qu'elle soit mauvaise, mais lorsque l'on croule sous tant de bêtises, on en vient à oublier nos réflexes de parfaits petits testeurs.

Pour commencer, le moteur du jeu – datant de 2003 tout de même - passe encore relativement bien malgré la présence de nombreux bugs (collision, script...). Par contre les temps de chargement lors du passage entre chaque zones finit par lasser, surtout lorsque on sait que les missions vous obligent constamment à parcourir la quasi totalité de la ville. A part cela, c'est dans la veine du reste: «cheap» à souhait!. Au niveau sonore, on ne peut pas dire que vos oreilles seront ravies! Les bruitages sont simplistes (mention particulière au M-16), les musiques se comptent sur les doigts d'une main et une des seules voix présentes est celle du héros. On ressent donc très rapidement le peu de moyens dont dispose le studio mais finalement le tout reste cohérent. Ce que l'on accepte moins en revanche, c'est la répétitivité de l'ensemble qui constitue le gros défaut du jeu. Le déroulement des missions est plus ou moins toujours le même et heureusement que les situations arrivent à nous surprendre car la routine aurait pu très vite s'installer.

Vous l'aurez compris, Postal 2 est un titre hors-norme qui tire toute sa force, non pas de son gameplay, mais de son aspect politiquement très incorrect. Certes la violence est omniprésente et le ton parfois extrêmement cru, mais le tout n'est pas à prendre au premier degré. Car au-delà de l'impression malsaine qui émane de l'ensemble, se cache un jeu truffé d'humour, de références (qu'il faut comprendre) et de délires décomplexés. Postal 2 n'est certes pas resté dans les mémoires pour ses qualités ludiques, mais sa réputation de vilain garnement du jeu vidéo, elle, est méritée.

Pour plus de folie et de jeu vidéo, rendez-vous sur mon blog!

 

Ajouter à mes favoris Commenter (0)

Vos tests de POSTAL : 10th Anniversary Collector's Edition

tous les tests