Brütal Legend sur Xbox 360, le test de SamPlay

Publiez votre test
Signaler
SamPlay
10
SamPlay X360

Le test qui vous fait headbanger!

On connaît l’amour de Tim Schafer pour les univers marginaux et décalés. Ce n’est pas un Grim Fandango ou un Psychonauts qui me contredira. Mais il y a une autre chose qui lui tient vraiment à cœur : le heavy-métal. Un genre musical empreint de mythologie, de batailles héroïques et de look douteux. Un thème parfait pour un jeu en somme ! Après une promo menée tambours battants par le déjanté Jack Black, il est temps de voir si ce Brütal Legend est réellement le meilleur jeu jamais créé.

Au delà de toute prétention de la part de Double Fine en ce qui concerne la qualité de leur bébé, c’est surtout la volonté de se faire plaisir et de faire plaisir, qui transparaît. C’est quelque chose d’assez rare dans l’industrie vidéoludique pour être souligné. Cette totale liberté de thème et de ton apparaît dès le début et continuera jusqu'à la fin. Héros fumeur, arbre à binouzes et insultes ont ici leurs places pour notre plus grand bonheur ! Quel plaisir d’entendre notre métalleux lancer après avoir perdu une course : « Mais quel fils de pute ! ». De même dans l’introduction, on vous donnera la possibilité, non sans humour, de biper les vilains mots ou de censurer (avec un carton "censured" !) les scènes gores. Original.

Tout comme le scénario surréaliste mais maîtrisé de bout en bout, avec révélations, amour, amitié…et bastons façon Seigneur des Anneaux. Vous incarnez Eddy Riggs, un roadie (pas un radis), un vrai, un dur, condamné à subir les dérives du métal moderne. Heureusement, il va se retrouver projeté, grâce à sa broche de ceinture, dans le monde du métal, celui qui ne fait aucuns cadeaux à vos oreilles. Le soucis, c’est que celui-ci est en guerre. Donc les pogos ce sera pour plus tard. Pour l’heure, il est plutôt question de monter une armée pour bouter le gros méchant Doviculus hors du royaume de tonton Lars. Car dans votre quête « free-métal » vous croiserez la route d’une tripoté de bonhommes tout de cuir vêtu et à la personnalité...étrange. Un technicien un peu con, des gros bras lobotomisés, des headbangers parodiant le fan de métal moyen, une famille de chauve- souris, ou un mec volant avec ses cheveux ( ?!), vous n’allez pas être déçu du voyage.

Un voyage au multiples excursions. C’est là la grande force du titre : le fait de mêler plusieurs gameplay pour ne pas lasser et proposer quelque chose d’originale. Le résultat est réussi, même si le syndrome Assassin’s Creed pointe le bout de sa lame. En effet, les missions secondaires ne sont pas vraiment variée (5 types) et même l’histoire principale nous met face à des objectifs déjà vus mille fois, dans un GTA par exemple. Protection, destruction, voyages sur la map, l’influence de la série de Rockstar est palpable. C’est quelque chose de récurrent dans les productions récentes de Schafer: ces influences aux maîtres tels que Zelda. Les bases sont donc rarement originales mais la façon de les exploiter, elle, le sont. Le principe des solos, par exemple, fait obligatoirement penser à l’Ocarina dans Ocarina of Time. Ceux –ci se jouent à la manière d’un Guitar Hero et vous permette d’interagir avec l’environnement ou de déclencher un « pouvoir » destructeur. Cela servira par exemple à déterrer des reliques (nouveaux morceaux, artworks) ou à accéder au garage métal tenu par Ozzy Osbourne et permettant de personnaliser votre monstre de la route, votre guitare ou votre hache.

On en vient donc à parler de ces trois objets qui en plus d’être utiles, vous donnent une certaine classe. La Destroymobile, comme l’appelle Eddy, vous permet de parcourir la carte, grande de son état, de heurter des trucs ou d’en dégommer d’autres. La guitare, elle, fait plus que de la musique, elle électrise les foules et les fait « jumper » avec violence (léger euphémisme). Enfin la hache ne fait pas des gaufres, comme on pourrait le penser, mais découpe des membres avec finesse. Mais tout ça c’est de la rigolade car les bastons prennent une autre échelle avec la partie stratégique de Brütal Legend. Car oui, aussi surprenant que cela puisse être, vous passerez le quart de l’aventure (et le mode multi) dans la peau d’un chef des armée ! Grâce à une pirouette scénaristique qui vous permettra de survoler l’action, vous dirigerez vos troupes, préalablement recrutées dans les missions du scénario. Et il faut bien l’avouer, les débuts sont un peu brouillon car il faut apprendre à utiliser les différentes capacités des diverses classes et assimiler les commandes permettant de cibler, attaquer ou encore sélectionner une unité précise. Pour l’emporter, vous devez protéger votre scène (base) et construire des stand de goodies (tours) qui vous rapportent des fans (ressources). Ces fans vous servent à acheter vos unités et améliorer votre scène pour en avoir de plus puissantes. Le but ultime étant de prendre les fans des autres et finalement détruire leurs scènes. Mais ce qui fait tout le sel de cette partie stratégique, c’est qu’elle s’avère assez riche pour ne pas lasser et qu’elle évite la redondance du gros morceau du jeu : l’exploration. Le cocktail est donc quasi-parfait et la patte artistique apporte une âme au jeu.

Il ne faut pas chercher du côté des graphismes pour vous prendre la claque attendue mais plutôt du côté des voix, des animations, des décors et de la cohérence de l’univers créé à partir des codes inhérents au monde du bruit. Le casting vocal, en VO, inclus la participation de Jack Black évidemment, mais aussi de toute les stars du milieu. La VF est, elle aussi, de qualité avec le doubleur officiel de Jack Black (ou Cartman de South Park aussi) pour Eddy. En ce qui concerne l’univers, c’est énorme ! Montagnes d’enceintes, buissons de cymbales, volcans, statues gigantesques, araignées tisseuse de cordes de basses, ruines, c’est sacrément destroy et l’on est constamment surprit par cet univers parallèle où tout ce qui touche au métal est présent puissance dix. Tout transpire la musique et l’on sus sang et bière pour survivre aux précipice mortels (et agaçants) et à la faune du coin, que l’on peux chevaucher cela dit en passant.

Brütal Legend est donc une sorte d’hymne à ce genre musical peu compris et seulement apprécié par les connaisseurs. On en ressort presque converti! Grâce, non seulement, à la tracklist monstrueuse (plus de 100 morceaux) brassant une grande partie de la culture métal (Motörhead, Black Sabbath, Judas Priest…) mais aussi au soin qu’a apporté l’équipe de développement à la représentation de cette mythologie. C’est tout ces éléments qui permettent de faire oublier les quelques défauts du titre comme une durée de vie riquiqui (10 heures pour le terminer 90%) ou une progression dans l’ensemble assez convenue. Une fois de plus, comme dans Psychonauts, l’originalité ne se trouve pas dans les mécanismes de jeu mais dans les dialogues, l'humour et le background exceptionnel. Et puis comme dit Ozzy : " lâche toi putain ! "

Ajouter à mes favoris Commenter (0)

Vos tests de Brütal Legend

tous les tests