Project Zero sur PlayStation 2, le test de KingTeDdY

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KingTeDdY
8
KingTeDdY PS2

Tourisme spectrale

<Ce test est tiré d'une série d'avis que j'avais écrits il y a longtemps sur un forum que je fréquente. Je me disais que ces tests seraient tout aussi bien ici.>

 

Le Japon tout entier est terrifié par la légende du manoir Himuro. On raconte que d'étranges rituels y avaient lieu jadis jusqu'au jour où tout prit fin brutalement.

 Depuis on retrouve de temps à autres des corps démembrés et décapités aux alentours de l'ancienne bâtisse.

 Le romancier Junsei Takamine , son assistante et son éditeur ont disparu alors qu'ils venaient visiter le légendaire manoir Himuro. Quelques jours plus tard Mafuyu Hinasaki, petit protégé de l'auteur, vient sur les lieux et ne donnent plus signe de vie à son tour. Peu de temps après la disparition de Mafuyu nous arrivons au manoir dans la peau de sa sœur Miku.

 

Et c’est qui qu’on appelle ?

 C'est évident, Project Zero a fait sensation lors de sa sortie. Après tout, qui aurait pu deviner que Tecmo, the studio de Dead or Alive et Ninja Gaiden, sortirait un survival horror sans filles aux poitrines surdimensionnées et réussi de surcroit?

 Pour le coup Tecmo a joué malin et a apporté de nouveaux éléments au genre. Ici point d'armes à feu, point de zombie, point de mutant. Vous n'êtes qu'une jeune fille comme les autres qui explore une maison hantée.

Heureusement on découvre très vite une "arme" sous la forme d'un très vieil appareil photo. Celui-ci semble, en effet, réagir à l'approche d'éléments surnaturels et semble même capable de repousser les Yurei. (Le nom donné aux esprits vengeurs dans la culture nippone, sauf erreur de ma part)

Nous voici donc parti pour explorer salle après salle le manoir Himuro et si par malheur on croise un revenant un combat intense va s'amorcer.

 

Où est mon pack de Protons ?

Comme n'importe quel cousin éloigné de Casper les ennemis de Project Zero passent à travers les murs tout comme ils peuvent léviter ou disparaitre complètement. Et croyez moi, il n'y a rien de pire que de chercher vainement dans toute les directions d'où peut provenir le fichu bruit que fait tel ou tel spectre ! Pour courronner le tout, les affrontements ont lieu exclusivement en vue subjective, à vous les joies (et les sursauts) de lorsqu’un fantôme surgit dans votre champ de vision alors que vous vous retourniez !

Pire, le jeu nous encourage à la proximité. Plus la cible est proche et plus on lui fera de dégâts via un cadrage fatal. Et quand je vous dis proche, c’est vraiment proche… Par exemple pour certains spectres, le cadrage fatal nécessite qu’ils se jettent sur vous et que vous les photographiez juste au dernier moment.

 De plus à la différence des survival horror plus classiques, aucun ennemi n'est réellement générique. Chaque spectre a une histoire qui lui est propre. Ainsi on finit par développer une sorte de curiosité morbide à comprendre qui faisait quoi à l’époque et pourquoi il est mort. Un élément d’immersion intéressant, un peu comme lorsqu’un enfant se fait peur tout seul juste après avoir appris une légende urbaine type « Dame blanche » ou autre.

 Vous ai-je dit qu’on peut conserver les photos sur sa carte mémoire ? (Des fois que vous auriez envie d’avoir des trophées de chasse un peu glauque ?)

 La Camera Obscura est upgradable via les points remportés lors des combats et offre même quelques pouvoirs spéciaux disponibles en échange de pierres spirituelles parsemées dans le jeu. Enfin on peut également changer la pellicule employée, augmentant ainsi les dégâts occasionnés (je vous conseille d'ailleurs de jouer l'économie et d'utiliser au maximum les pellicules de base qu'on peut recharger aux points de sauvegarde)

 

Promenade nocturne

 Project Zero est avant tout un jeu d'exploration où les allers-retours sont de rigueur. La Camera Obscura est d'ailleurs bien utilisée à ce niveau : les photos prises sur certains éléments du décor servent d'indice à la résolution d'énigmes ou à la recherche de clé.

 Cependant il y a une forte probabilité que certains trouvent cela lassant car au fond l'exploration dans ce jeu se limite à aller de droite à gauche en suivant des photos et ouvrant des portes de la même façon à chaque fois. Un peu plus de variété aurait été intéressant.

 Mais rassurez-vous Tecmo a pensé à un petit quelque chose pour éviter la monotonie ! Pour des raisons scénaristiques que je ne dévoilerai pas, le manoir change : des portes s'ouvrent, d'autres se ferment, de nouveaux spectres font leur apparition ainsi que des objets.

 En d’autres termes seule la forme des pièces vous sera familière. Le contenu, lui, pourra changer du tout au tout. Ainsi partir au fin fond de la maison en quête d'objets de soin est possible même après en avoir fait le tour mais cela se fait au risque de tomber nez à nez avec un fantôme trop coriace.

Enfin les documents sont très bien gérés, allant de la cassette audio à la photo en passant par les sempiternels journaux intimes et coupures de presse. (A croire que je suis le seul au monde à ne pas tenir de journal ou à collecter des documents divers, vu comment ces pratiques sont répandues dans le survival-horror !)

Le menu Dossier offre même un organigramme pour bien saisir les liens entre chaque personnage. De quoi renforcer l'aspect "je suis le héros d'un film d'épouvante à la japonaise avec que des japonais".

 

Le jeu n'est cependant pas parfait. Le doublage anglais est tout bonnement immonde par moment. (Et tout juste correct le reste du temps)

D’autre part, le moyen choisi pour effrayer le joueur n’est pas toujours adéquat selon moi.

Pour faire simple le jeu semble avoir un quota de cinématiques à respecter et certaines apparitions n'ont lieu qu'ainsi. Je pense qu'il aurait été plus efficace de nous laisser "tomber" sur le spectre par hasard et non par une cinématique car au final dans ce jeu qui dit cinématique dit fantôme donc 0 trouille à l’arrivée puisqu’on finit par anticiper qu’il va se passer quelque chose devant nous effrayer.

Le jeu perd également légèrement en ambiance dans son chapitre final lorsqu'on est attaqué à répétition par certains fantômes (4 fois de suite quant même !) ce qui donne à PZ un aspect "jeu de shoot" un peu dommage comparé au reste de l’aventure.

Enfin pour clore le chapitre des défauts, il faut savoir que notre héroïne ne se déplace pas très rapidement même en courant. Certains pourraient donc être frustrés par la lenteur de l’action. Donc voila, évitez d’y jouer si vous êtes pressé par le temps.

 

Pour ce qui est de la durée de vie cela va entre 8 et 10 heures la première fois. Toutefois on débloque un mode combat (En gros on affronte des spectres sous certaines conditions de temps et de munitions) qui permettra de débloquer un autre niveau difficulté ainsi qu'un costume etc etc… Vous aurez compris que si vous accrochez à ce jeu vous en aurez pour un moment avant d’en avoir fait le tour complet.

 

Project Zero est donc un excellent jeu qui n'a pas pris une ride. (ou du moins pas trop) Se voulant haletant, le jeu offre un climat de claustrophobie très prononcé. Vous êtes seul face à des ennemis qui défient toute les lois naturelles. Le trouillomètre a la bougeotte, et on s'amuse.

 

 

 

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