Dead Space sur Xbox 360, le test de Vinsou

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Vinsou
10
Vinsou X360

Alien sans Sigourney Weaver

Dans le monde du jeu vidéo l’horreur est casanière et sa résidence se situe sur le sol nippon, en effet les survival-horror qui ont marqué l’histoire de notre médium étaient tous natifs du pays du soleil levant. De Resident Evil à Silent Hill en passant par les très angoissants Project Zero les séries phares du genre portaient en elle les marques de la culture japonaise qui les avait créées.  Ca, c’était avant Dead Space.

Dead Space, c’est l’horreur à l’occidentale, c’est Alien ; paradoxalement c’est surtout une bouffée d’air frais dans le monde du survival-horror. Mais Dead Space c’est avant tout un très bon élève : Il prend à Resident Evil la vue à l’épaule tout en la fluidifiant à la manière d’un Gears of War, en effet contrairement à nombre des titres japonais cités ci-dessus dans Dead Space vous ne conduisez pas un poids lourd, votre personnage se déplace de manière fluide, il peut viser tout en marchant… Outre cela Dead Space emprunte à Final Fantasy X son sphérier d’évolution pour l’amélioration des armes Quand à son scénario il s’inspire beaucoup du cinéma de genre et de films comme Alien ou Sunshine.

Justement au niveau du scénario le bat blesse beaucoup moins que ce à quoi on s’entendait, certes le scénario n’est pas aussi fouillé que dans un Bioshock mais il vous tiendra en haleine tout au long des 12 chapitres qui composent le jeu. Comparer le scénario de Dead Space à celui de Bioshock me semble assez justifié car j’ai retrouvé dans Dead Space le même genre d’ambiance, la même oppression que lorsque je me baladais dans les méandres de Rapture… De plus, la façon dont Dead Space raconte son histoire est assez similaire à celle de Bioshock : peu de cinématiques mais des journaux (textes) disséminés à travers les niveaux, ces journaux ainsi que quelques enregistrements vocaux témoignent d’une vie passée, d’une vie éteinte.

Dead Space... un sacré jeu de prolos !

Et oui dans Dead Space pas de marine sur-bodybuildé, pas d’aventurier au sourire ravageur, non dans Dead Space vous incarnez Isaac Clarke, mécano de son état et largué dans une station spatiale en perdition afin de la réparer suite à son inexplicable destruction. Bref vous êtes le péquin lambda, non vous êtes pire que le péquin lambda ; vous êtes un péquin lambda  affublé d’un mutisme affligeant, vous souffrez aussi du syndrome Gordon Freeman, à savoir que vous avez à peu près autant de charisme qu’une moule marinière plongée dans sa sauce. Pour moi le manque de personnalité d’Isaac Clarke constitue le plus gros défaut du jeu, en effet il est dur de s’identifier  à cet homme en quête de personnalité. Mais ce défaut reste mineur et il ne vous empêchera pas de profiter de Dead Space.

Une fois que votre alter-ego muet aura posé ses petits pieds sur les planchers rouillés de la station vous allez vite vous rendre compte que vous n’êtes pas seul et vos hôtes n’ont rien de la ménagère sympa sortie d’un « dîner presque parfait ». Non, vos hôtes sont suintants, sales, vicieux et visiblement ils veulent vous trouer la peau. Vos hôtes, ce sont des Necromorph ; leur particularité ? Pour les abattre il faut les démembrer. Et ce détail qui a l’air si banal est en réalité très déstabilisant pour les gamers chevronnés que nous sommes. Nos chers réflexes, dont nous sommes si fiers, ceux que nous avons tenté d’améliorer pendant des heures sur Call Of Duty ou autres Gears Of War ne nous sont plus d’aucune utilité. Ces vieux réflexes nous poussent à viser la tête de l’ennemi et dans Dead Space l’ennemi a visiblement la tête dure car il peut recevoir plusieurs chargeurs dans le minois sans même sourciller. En revanche ses articulations sont bien plus fragiles et ses bras se détachent avec une facilité déconcertante, vous avez donc compris ce qu’il vous reste à faire : Démembrer.

C’est d’ailleurs dans cette action que réside tout l’aspect bucolique de Dead Space. En réalité non, Dead Space ne fait pas dans le bucolique. En revanche on ne peut nier que Dead Space a quelque chose d’esthétisant. Chaque couloir, chaque salle est magnifique, la recherche artistique est exceptionnelle, les jeux de lumière vous oppressent à chaque instant  et les scènes de sortie spatiales sont juste… cosmiques ! C’est dans ces moments que Dead Space nous montre qu’il est plus qu’un bon élève, lorsque vous êtes hors de cette station symbole de désolation vous vous sentez libre, ces moments sont des respirations au milieu de l’oppression générale. Les petites bulles d’air qui s’échappent lentement de la station dans un silence spatial à peine rompu par le souffle rauque de votre respiration nous montrent que la vie, jadis présente dans la station s’échappe peu à peu. Ces bulles sont symboles du déclin de la station. Une station à l’agonie, une station lacérée (au propre comme au figuré car lors de vos sorties spatiales vous serez en mesure d’observez de longues plaques de tôle se détacher s’élever mollement vers les étoiles lointaines. Ces moments sont beaux ! Que dire de plus, à part que la BO est l’une des toutes meilleures BO de jeu vidéo de tous les temps et qu’elle est au moins aussi impressionnante que la direction artistique de Dead Space.

Le jeune prodige a surpassé  le maître

L’intérêt principal d’un test si tardif réside dans le fait que je vais pouvoir comparer Dead Space au très attendu Resident Evil 5. Tout d’abord il est bon de parler de l’aspect graphique de ces deux titres: Resident Evil est très beau techniquement parlant, tout comme Dead Space, en revanche le character design de Resident Evil 5 est bien moins inspiré que celui de Dead Space qui à mes yeux est tellement plus inspiré, tellement moins cliché, tellement supérieur ! Ensuite sur le plan du gameplay… Resident Evil possède une maniabilité datée d’au moins 10 ans, les personnages malgré leurs musculatures impressionnantes se déplacent comme des obèses sous morphine, en revanche Dead Space est un modèle de fluidité et de légèreté pour le genre. Isaac Clarke bouge avec aisance, tire tout en se déplaçant (impossible dans RE5). Là encore Dead Space est bien supérieur à Resident Evil .

Mais au-delà de tous ces critères froids Dead Space est infiniment plus enlevé, plus habité, plus inspiré que cette coquille vide Resident Evil.

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