Valkyria Chronicles sur PlayStation 3, le test de Snake_in_a_box

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10
Snake_in_a_box PS3

Windmill Troopers

 

Que manquait-il à la France pour battre l'Allemagne nazie dès le début de la Seconde Guerre Mondiale?
Des armes?
De l'équipement?
Des généraux moins cons? ("Mais la ligne Maginot est infranchissable mon ami! Rentrez chez vous, colonel De Gaulle et ne vous inquiétez pas.")
 
Non.
 
Il nous manquait une boulangère.

 

Valkyria Chronicles, manifeste sans précédent pour une armée de réservistes, réussi à prouver qu'un prof de bio, une boulangère et une chanteuse de music-hall peuvent stopper net la marche vers une guerre mondiale.

Gallia, sympathique pays aux verts pâturages et aux paisibles moulins à vent, subit les velléités du terrible Empire qui envisage d‘annexer ce mignon Plat pays. En effet, le sous-sol du secteur est riche en Ragnite, sorte de pétrole local qui sert aussi d’explosif et d’antibiotique (si si je vous jure).
Dans ce cadre propice à l‘invasion, nous suivrons les aventures de Alicia, apprentie boulangère qui aime tellement son pays qu’elle trouve que l‘Armée de Terre, c‘est l‘engagement par excellence. Suite à un quiproquo des plus cocasses (j’en ris encore) elle rencontrera Welkin, étudiant en biologie.
Une foule d’autres civils mettront l’uniforme, parce qu’on ne déconne pas avec le patriotisme à Gallia. Ca part de la mère de famille à l’écolier en passant par la star de ciné. Tout ce petit monde défendra sa terre, et l'ennemi à beau être 1 000 fois plus nombreux et mieux équipé ça l'empechera pas de se faire bouter hors de.


Les personnages:

Chaque personnage de Valky se veut développé dans son histoire. Le figurant aura droit à sa fiche perso bien documentée, tandis que la/les star(s) aura droit à ses missions dédiées et ses cut-scènes.
Cependant, bien qu’ils aient chacun leur personnalité (affirmée façon manga, c’est pas du Maupassant non plus), ils restent bloqués au style de combat de la classe dans laquelle ils sont incorporés.
 
Ces classes sont cinq, avec, vous vous en doutez, des avantages et des inconvénients pour chacune.

L e Scout: L’arme absolue de Valky, L’éclaireur garde une petite foulée qui le mène loin et le met vite à couvert. Son rifle bien rétro aligne tout, même de loin. Cette unité encaisse efficacement les tirs d’interception et est une vraie plaie pour l’adversaire qui doit y passer devant. Trois Scouts bien placés peuvent tenir une place forte sans problèmes. Leur évasion garanti même une esquive très correcte des tirs de Sniper.

Le Shocktrooper: Fantassin équipé d'une mitraillette, le Shock résiste assez bien aux tirs croisés qu‘il évite en sprintant en permanence. Force de frappe importante, ce soldat peut dessouder à courte portée n’importe quel adversaire. Gros défaut, il a une capacité de déplacement très réduite que sa vitesse de pointe ne compense pas. A l’interception, vaut mieux ne pas trop trainer devant: un chargeur de mitraille dans les fesses plie rapidement un trouffion mal entrainé.

Le Sniper: Les tireurs d’élite de Valky ne savent pas enchainer deux pas sans faire une pause. Ils encaissent les tirs comme un ballon de baudruche et ne peuvent pas intercepter les Reds qui passent à leur portée. Comme vague compensation, le Snipe peut foudroyer un Imperial de très loin. Inutile au début de partie, le Snipe devient un vrai nettoyeur avec un meilleur fusil et une expérience patiemment cumulée. Pour les roublards et les patients. Vers le milieu/fin du jeu, un Sniper placé sur un mirador peut ouvrir un boulevard.

Le Lancer: Dans le monde de Valky, le pilote de char est le gars le moins veinard du monde. En effet, il existe un type d’unité spécialement créée pour péter en deux ce joli cercueil à chenilles. Le Lancer est équipé d’une sorte de charge creuse et d’une lance qui sert de « mortier/bazooka » pour propulser le dit projectile. Inefficace contre les personnes (ca passe à coté 9 fois sur 10) Ce machin souffle un char sans forcer si on tape dans le point faible. (Oui les chars, ca craint les guilis sous le radiateur). Le Lancer ne va pas bien loin et est lent, mais il encaisse très bien les tirs croisés. Il est incapable d’intercepter et devient en conséquent une cible facile à abattre même pour un Scout sans munitions, boiteux à 2 HP.

L'Enginneer: Le gars qui sert à peu prés à rien. Il porte sur lui les munitions et réapprovisionne les potes sur le champ de bataille. Utile pour le Snipe et le Lancer, quasi inutile pour le Scout et le Shock (les munitions réapparaissent à chaque nouveau tour). L’Engine est surtout utile pour sa clef de12/tenailles qui répare le char, démine le terrain (vital sur certaines missions) et reconstruit les barricades. Après, c’est pas le gars qui a eu 10/10 au tir pendant les tests… Il court pas vite mais va loin, et tient le coup sous le feu comme un glaçon sous un jet d’eau.

Special gest, le Tank: Welkin le prof de SVT est le capitaine. En tant que tel, il dirige les opérations depuis son tank, l’Edelweiss (la vieille bécane de son père héros de guerre). Sa sœur d’adoption, ingénieure, se charge de le piloter. En tant qu’unité, le Tank n’a rien à craindre des balles. Mais il est vital de ne pas trop s’exposer aux chars adverses et aux Lancers. En effet, un diction de Valky dit: « Char qui pète, partie qui s’arrête. ».Vous êtes prévenu.
Le Tank offre surtout du soutien. Une petite mitrailleuse très dispersante se charge d’intercepter l’imprudent en quête de médailles. Un mortier à longue portée balaye les couverts et les malheureux derrière. Plus tard, les fumigènes deviendront, dans les situations délicates, vos meilleurs amis. En attaque, le Tank est aussi efficace qu'un Lancer pour détruire les chars adverses.

Chaque individu se distingue par des compétences qui lui sont propres. Ces dernières sont positives ou négatives. Un perso allergique au pollen sera fragilisé dans l'herbe . Par contre, un gosse des rues sera à l'aise dans les guérillas de ville.  Toutes les comp s'activent pendant les phases de déplacement, suivant les circonstances dans lesquelles se trouvent les personnages. Alicia, perso très bien pourvu en compétences, peut tenir la baraque à elle toute seule...


Tactical Rifle Action.

Valkyria vous met dans la peau de Welkin. Le prof de SVT, après avoir été bombardé capitaine (quand on vous dit que réserviste, ca paye), se retrouve à gérer toute une escouade de civils avec des uniformes (y’a juste 2-3 militaires de carrière). Dans les baraquements, il pourra modifier à loisir son équipe, l’entrainer, la rééquiper et s’intéresser au monde qui l’entoure par le biais de fiches relatives à l’univers (très complètes).

Une fois votre organisation achevée, vous irez voir le colonel Varott (brune type secrétaire dominatrice) qui se chargera de vous confier la mission.

On lit la mission (en le langue de l’anglais de l’être), et c’est parti! Dans le menu, on choisit la position de départ de ses unités (10 le plus souvent). Une fois qu’on le sens bien, on lance la mission.

Sur la carte tactique, vos unités sont représentées par le symbole de sa classe. Posez le curseur dessus et vous aurez toutes ses caracts. Une fois que vous aurez décidé quel malheureux volontaire ira au feu, la caméra bascule et on suit votre soldat qu’il vous incombe de diriger.

Le coup de génie de Valky, c’est ça: Pas de déplacements par cases, pas de limitations. Vous allez où vous voulez. Bon c’est vite dit, mais c’est l’esprit. Libre de la manette, vous diriger votre soldat sur la carte comme un jeu d’action classique. Une fois votre trouffion placé, on passe au suivant. Quand vous avez épuisé votre stock de déplacement, on passe à l’adversaire qui fait pareil. Et ainsi de suite.

Mais restons sur la carte, car  une fois votre volontaire au Chemin des Dames déplacé, il a de fortes chance de rencontrer un opposant. Ce dernier vous tirera à vue, donc à vous de riposter. En appuyant sur R1, votre perso bascule en mode tir, il épaule l’arme qu’il équipe et un viseur apparait. Pendant que vous aligner le malheureux, le temps se fige, vous laissant tout loisir pour ajuster votre tir. Une fois satisfait de votre placement, vous enclencher le tir,  ce dernier se calcule alors comme un tactical, c’est à dire en suivant tout un tas de règles bien relou (arme, défense, couverts, précision, etc…). Les dégâts sont déduits d’une barre d’HP, une fois à zéro, le perso est dead.

Ceci, c’est les bases du jeu. Les subtilités sont bien plus nombreuses. Chaque déplacement doit se millimétrer, chaque couvert doit être astucieusement mis à profit, il faut couvrir ses perso, anticiper les déplacements de l’adversaire... Bref de la vraie tactique. Plus qu'une bataille de stats, le placement, le choix de l'unité, des cibles prioritaires, tout est fait pour vous faire réagir en bon tacticien. Le "mission complete" de fin n'en est d'ailleurs que plus gratifiant tant ce jeu flatte la ruse. Certaines "incohérences" trouble un peu la fête, le plus souvent, ce sont vos soldats qui rateront l'immanquable (parfois trois fois de suite!). Ces errements des statistiques ne compromettent pas les missions, mais les sacrifices pour arriver à la fin sont tels que vous préférerez recharger la partie.

 

L'Univers:

Gallia et l'Empire sont une uchronie assez convaincante de l'Europe des années 30-40. Gallia fait figure de France/Belgique/Pays-Bas qui aurait vailllament résisté aux cruels Teutons plutôt que de courber l'échine. Cette mentalité de résistance à tout prix se retrouve dans tous les shonens et il est assez curieux pour nous occidentaux, de voir cette mentalité typement japonaise transportée dans un unviers européen. Le charact design rend les personnages attachants. Alicia a une bonne bouille, Rosie a du charme et Welkin rentre bien dans son rôle de jeune premier. Le mecha design respecte le niveau industriel de l'époque (la vraie) et propose une vision steam/diesel-punk pas désagréable (surtout à la fin du jeu).

La narration est un pur shonen, les cut scenes inter-mission qui developpent l'histoire  n'innovent pas le genre mais le doublage japonais reste convaincant.

Le plus contrariant dans Valky est son traitement des questions graves de racisme et de génocide pendant la Guerre. L'équivalent des Juifs, les Darcsens , sont victimes de ségrégation, de persécutions et de massacres. Ces graves problématiques sont traités avec... comment dire, légèreté. Une légèreté dérangeante pour un occidental. D'ailleurs, quel acceuil le jeu a-t'il eu en Allemagne?  Néanmoins, soyons clair, le révisionnisme n'existe pas dans le jeu. Mais la gravité que justifierai les thématiques n'est pas présente. Ce sérieux mis en place, et Valkyria pouvait devenir une référence vidéoludique pour une réflexion sur la guerre en général et la deuxième en particulier. 

 

Valkyria Chronicles fut un vrai coup de coeur. Les amateurs de manga ne pourront que constater et apprécier la finesse du charact design et du mecha design. Ce jeu à réellement une âme. Une âme pastel, légèrement niaise sur les bords, mais curieusement attachante. Valky réussi surtout à transfigurer le T-RPG pour lui donner toute la portée tactique que l'on est en droit d'attendre de ce genre exigeant. La revisite de la Seconde Guerre à de quoi faire grincer les dents d'un occidental, tant ce pan de notre histoire reste sensible. Cependant, il ne sert à rien de se focaliser sur cela. La force et la réussite de Valkyria Chronicles est son système de jeu qui contient de légères imprécisions, mais on sent que ce sont des choix mûrement réfléchis et non des errements d'une équipe de développement dépassée par son jeu.


 

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