Dragon Age : Origins sur Xbox 360, le test de iNC

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Dragon Age : Origins - La suite spirituelle de Baldur's Gate ?

Il y a de trop nombreuses années, Bioware sortait un jeu qui allait révolutionner le jeu de rôles sur PC : Baldur’s Gate. Le soft nous proposait un scénario fouillé mais surtout une liberté incroyable. A partir de là, les autres jeux du genre se sont de plus en plus tournés vers des possibilités de dialogues permettant de choisir entre le Bien et le Mal mais en occultant de plus en plus cette liberté d’action chère à nos souvenirs.

Voici donc que je teste enfin le dernier bébé de Bioware : «Dragon Age - Origins». Les développeurs clament haut et fort un retour aux sources du jeu de rôles sur PC avec un feeling très proche des ténors du genre. Je lance la bête et déjà, première déception, je n’ai le choix qu’entre trois races (nains, elfes ou humains) et trois classes (mage, guerrier ou voleur). De quoi nous déstabiliser quand la plupart de ses ancêtres nous proposaient dix fois plus de combinaisons. Soit, je continue. Vient alors à moi le choix de choisir mes origines (d’où le titre). Selon qu’elles soient nobles ou plus modestes (voire pouilleuses), le début de l’aventure ne sera pas le même et surtout, les PNJ ne réagiront pas de la même façon face à nous. Et à postériori, on se rend compte que cette phase de création est une belle mise en abîme du concept du jeu. En effet, les créateur ont décidé de sacrifier la liberté du joueur au profit d’une narration, d’une crédibilité et d’une cohérence accrues.

Mais avant d’aborder ces points, laissez-moi vous parler un peu de l’univers dans lequel prend place l’histoire. Des elfes, des nains, des humains, tout cela sent bon l’héroïc-fantasy de base comme on nous le ressert depuis des années. Mais ici, tout est plus sombre. Les ennemis ne sont pas des orcs et des gobelins mais l’Engeance, un amas de créatures immondes et chaotiques ravageant tout sur leur passage. Certes, la différence est maigre mais elle évite de faire croire au joueur qu’il se trouve dans Wow ou dans le Seigneur des Anneaux. Les elfes ne sont pas de nobles et fiers guerriers parfaits mais sont ici les parias de la région. On les retrouve confinés dans des cloîtres, sortes de bidonvilles de la capitale. Le ton est sombre, cru et très pessimiste dans son ensemble. Arborant un design dans les tons bruns-gris, l’univers n’en est que plus cohérent, respectant toujours la teneur tragique des évènements.

Ce qui frappe directement, c’est la richesse des dialogues. Bioware nous a habitués depuis Neverwinter Nights et Mass Effect à nous laisser le choix entre agir pour le Bien ou pour le Mal. Mais ici, le concept va plus loin. A maintes reprises, je me suis retrouvé en plein jeu de rôles sur table, tant les possibilités étaient nombreuses. Nombreuses mais surtout plus subtiles. Il n’est pas rare de sélectionner une réponse en apparence anodine et de se voir sanctionné de sentences aussi lourdes que la perte d’un coéquipier. Pire, ce dernier retournera parfois sa veste et il vous faudra l’éliminer, la larme à l’oeil. Il va vous falloir vraiment suivre le scénario pour suivre tous les tenants et les aboutissants des décisions que vous prendrez et elles seront légion. En effet, il ne se fera pas trois mètres sans quelqu’un ne vous accoste ou que vous ne soyez témoin d’une scène réclamant votre intervention. Et c’est là le point fort de Dragon Age. Avec Neverwinter Nights, je m’étais souvent plaint que l’histoire se résumait à «moi parle, moi accepte quête, moi tue quelques chose, moi prend récompense». Ici, la plupart des quêtes peuvent (enfin) se résoudre par le truchement du dialogue et on a vraiment l’impression de pouvoir influer sur les scripts prévus par les créateurs. Pour ne rien gâcher, si l’on évite pas certains classiques du genre («oh non! ma cave est remplie d’araignées géantes! Vous êtes niveau 1 ?»), beaucoup de quêtes parviennent à nous surprendre. J’ai souvent accepté ces dernières sans conviction pour me rendre compte par la suite qu’elle ne tournait pas du tout comme je l’avais prévu et je les finissais sourire aux lèvres car elles s’étaient avérées plus passionnantes qu’à priori. Les scénaristes se sont bien creusés la tête pour nous prendre à revers et ne jamais tomber dans la facilité. La quête principale est peut-être un peu cousue de fil blanc, mais les quêtes secondaires, plus que nombreuses, sont en général, bien ficelées.

Mais ces pérégrinations perdraient certainement toute leur saveur si elles n’étaient pas ponctuées de par l’intervention de nos compagnons. Rencontrés tout au long de l’aventure et surtout très différents les uns des autres, ils auront leur mot à dire sur toute action que vous entreprendrez. Ils interviennent dans les dialogues pour exprimer leur approbation ou au contraire, leur mécontentement vis-à-vis de vos réactions. Parfois, ils n’attendront pas que vous les sollicitiez et converseront entre eux, ce qui donnera lieu à des joutes verbales bien senties. Et c’est encore une fois l’énorme travail d’écriture dont ont fait preuve les développeurs qui est mis à l’honneur. On attend toujours avec impatience la prochaine réplique de l’un ou l’autre personnage et c’est parfois cela qui motivera le fait que l’on choisisse dans l’équipes plus que ses talents martiaux. Il est d’ailleurs dommage que l’un des personnages les plus intéressants du jeu, le golem Shale, ne soit qu’un personnage optionnel uniquement disponible via un DLC.

Ce qui nous amène à un autre point du jeu, indissociable des JDR : les combats. Je n’ai testé que la version Xbox 360 et il est clair que la difficulté a été tronquée par rapport à la version PC que l’on m’avait annoncée comme exigeante. La vue aérienne et la pause active ayant été supprimées, et avec elles une bonne dose de possibilités tactiques, Bioware a eu le bon goût de revoir la difficulté à la baisse. Malheureusement, sans ces deux composantes essentielles, les combats se résument sur console à un action-rpg trop brouillon et trop facile. Certes les créneaux tactiques nous permettent de planifier des stratégies assez pointues basées sur des «si telle condition...alors faire ça», mais cela reste toujours trop pauvre comparé aux possibilités offertes par la version PC et ses options. De même, un menu radial, aussi bien pensé soit-il, ne remplacera jamais le confort des nombreux raccourcis d’un clavier. En bref, malgré tous les efforts déployés par Bioware, il ne m’a fallu que deux heures pour mettre le jeu en facile et ne plus me soucier des combats, point faible de Dragon Age sur consoles (j’ai bien dit sur consoles).

Autre point à aborder : les graphismes. Inutile de tourner autour du pot, Dragon Age n’est pas beau. Ce serait simple s’il était moche, mais ce n’est pas le cas non plus. Disons qu’il accuse très certainement son long temps de développement. Les textures sont corrects et comme je l’ai dit plus haut, l’univers est cohérent. La distance de vue est correcte et les personnages bien modélisés bénéficient d’un équipement qui a de la gueule une fois porté. Malheureusement, ils sont désespérément inexpressifs. Leur visage reste impassible en toutes circonstances, tout comme leur posture, et ils sont donc parfois peu crédibles malgré un jeu d’acteur inspiré, même en français. Enfin, l’univers vaste gagnerait à pouvoir être exploré sans être sans arrêt interrompu par des temps de chargement. Chaque bâtiment, chaque zone nécessite plusieurs secondes de temps mort. C’est pourquoi j’ai zappé certaines quêtes fastidieuses qui demandaient de nombreux allers-retours.

Pour terminer, un petit mot sur la liberté que je citais comme si chère aux rôlistes ayant goûté aux joies des baldur’s gate et autres icewind dale. De ce point de vue-là, Dragon Age ne s’en approche pas plus qu’un Neverwinter Nights ou qu’un Mass Effect. Il est toujours impossible d’attaquer qui bon nous semble et les quêtes sont beaucoup plus scriptées. Encore plus fort, certains bâtiments n’ont aucune cohérence (des auberges sans chambre ?!). Où est donc passé le temps où nous attendions la nuit pour crocheter les portes et assassiner les gens dans leur sommeil...juste parce qu’on pouvait.

En conclusion, Dragon Age m’a énormément plu. L’univers est riche et le nombre de quêtes plus que conséquent. Les personnages inspirés et plus profonds qu’ils n’en ont l’air de prime abord réagissent de façon crédibles à nos actions et nous donnent sans cesse envie d’avancer plus encore dans l’histoire. Le ton est mature, cru et sanglant, ce qui nous change des productions timorées. Le jeu n’est entaché que par une réalisation un peu datée. Les graphismes, quoique nous offrant un univers cohérent, peinent rivaliser avec d’autres productions actuelles et les temps de chargement nous empêchent de profiter pleinement du vaste univers que Bioware a peaufiné dans les moindres détails.

Les plus :

L’univers mature et sombre - Les compagnons intéressants - Le nombre de quêtes secondaires... - ...dont beaucoup nous surprennent

Les moins :

Les graphismes - Les temps de chargement incessants - Les combats bien moins intéressants et exigeants que sur PC

Pour plus de tests, rendez-vous sur www.lavisestdur.com

 

 

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