Runaway : A Twist of Fate sur DS, le test de Atticus

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Atticus
8
Atticus DS

Where is Brian? Not in the kitchen...

 

Il aura fallu attendre Avril 2010 pour enfin connaitre le fin mot de la trilogie Runaway, débutée en 2003 sur PC par le très bon développeur espagnol Pendulo Studio. A l’aide de la recette miracle du jeu d’aventure en point & click (de plus en plus mise de côté), Runaway raconte l’histoire d’un jeune homme, Brian Basco, qui dans le premier épisode met à mal la mafia accompagnée d’une moitié de charme, Gina. En 2006, Runaway : The Dream of the Turtle nous permettait de retrouver les deux protagonistes se frottant cette fois-ci à l’armée. A Twist of Fate est donc la suite plus ou moins directe de cet épisode. Véritable ode au jeu d’aventure classique, Runaway possède néanmoins une identité propre et plonge le joueur dans un univers unique et haut en couleurs.

 

Le scénario de ce troisième et dernier acte s’ouvre donc sur les conséquences du deuxième volet : c'est-à-dire sur l’enterrement de Brian Basco, vécu dans la peau de Gina, sa petite amie. On apprend rapidement que ce dernier fut condamné pour le meurtre d’un colonel de l’armée, Kordsmeier. Bien entendu, Brian clame son innocence et prétend ne se souvenir de rien. Le tribunal l’envoie donc à Happy Dale où le Dr Bennett devra clarifier tout cela. Cependant, Brian y trouve la mort, victime d’un accident pour le moins sanglant. Enfin… en apparence… Si vous êtes un néophyte dans la série Runaway, sachez qu’il ne faut pas douter un seul instant de la capacité de Brian Basco à s’extirper de toute situation calamiteuse. On se rend donc rapidement compte que le fiancé de Gina a tout manigancé pour réussir à s’échapper de l’établissement psychiatrique et ainsi fuir la condamnation qui lui pendait au nez. C’est ainsi que l’aventure est lancée : Gina se voit attribuée la tâche d’innocenter Brian et de mettre la lumière sur les évènements survenus entre la fin du deuxième épisode et le début de celui-ci.

 

La trame est digne d’un véritable film : Brian et Gina font face à des situations complètement rocambolesques, souvent improbables dont la conclusion ne fait que relancer une nouvelle intrigue. Toutefois, il vous faudra oublier les plages de sable chaud, les ruines exotiques, le surf et les serveuses en bikini : A Twist of Fate se ne déroule plus sur une île paradisiaque mais bien de retour dans notre civilisation. Le plaisir est démultiplié dans ce nouveau chapitre par le fait d’incarner différents personnages dans des lieux diamétralement opposés : Gina dans un cimetière, le colonel Kordsmeier dans un camp de l’armée, Brian dans un hôpital psychiatriques, etc.… Le scénario met donc un terme à l’intrigue amorcée par Runaway, premier du nom et, fidèle à ses prédécesseurs, cet épisode est truffé de personnages singuliers. En effet, chaque nouvelle connaissance est détentrice d’une identité unique et d’un comportement piquant : du scénariste talentueux devenu SDF au technicien de maintenance rocker de l’H.P. en passant par l’homme de main ninja. Au travers de ces personnages, le jeu est empreint d’un humour décapant dont les tirades ne laissent jamais sans un sourire.

 

Le gameplay est un véritable hommage au point & click classique. En effet, vous vous déplacerez en pointant à l’aide du stylet l’endroit où vous voulez vous rendre, chaque chapitre se découpant en plages de décors regorgeant d’éléments interactifs qu’il vous faudra trouver, inspecter et souvent embarquer. Et ce sont bel et bien ces objets qui feront progresser le scénario. Assembler, découper, retirer, insérer, casser et jeter sera votre lot durant cette aventure. Vous mettant dans la peau d’un véritable McGyver, Pendulo Studio débride votre sens de la logique et vous pousse à imaginer l’improbable pour parvenir à vos fins. Ainsi, il vous apparaitra tout à fait normal, après quelques temps d’adaptation, de vous emparer de votre chalumeau, de monter sur le toit d’un immeuble, d’y chauffer la base d’une statue de poulet géant afin que sa patte tombe sur l’immeuble d’en face. Tout ça, vous l’aurez compris, pour fabriquer un pont de fortune.

 

Et c’est bien sur ce point que réside toute la difficulté du jeu : vous ne progresserez dans l’aventure qu’en résolvant des sortes d’énigmes à l’aide des items trouvés et, souvent, combinés entre eux. N’ayez craintes ! Il se peut qu’à plusieurs reprises vous soyez bloqués face aux limites de votre propre imagination (ou face à des stratagèmes un peu tordus à trouver, je vous l’accorde) ! Mais une aide, incarnée par J***** (non, je ne spoilerai pas), est en permanence accessible via une simple touche. La plupart du temps, les indications sont suffisantes pour venir à bout d’une situation jusqu’alors dans l’impasse. Toutefois, sachez que le recours à ce guide nuit gravement au plaisir du jeu tant il réside dans la réflexion que vous mettrez à l’œuvre pour avancer. Autrement dit, la difficulté du jeu s’avère peu élevée à certains moments et insurmontable à d’autres puisqu’elle dépend de votre propre mode de logique. Comptez une dizaine d’heures pour finir l’aventure tout en prenant soin de suivre la trame, nettement moins si préférez recourir à l’aide dès le départ. A l’instar de son prédécesseur, A Twist of Fate se compose de six chapitres, chacun s’ouvrant dans un nouvel environnement dans lequel vous repartirez à zéro.

 

Côté graphismes, le jeu conserve son empreinte visuelle déjà détectable dans le second Runaway : The Dream of the Turtle et reprend la base visuelle de la version PC, c'est-à-dire des paysages somptueux, minutieusement détaillés et toujours cohérents entre eux. Les personnages sont soignés, toujours reconnaissables et surtout variés. On trouve plusieurs décors, tous admirablement composés (ruelles de ville, chambre d’H.P., maison de campagne, etc. …). Les dialogues sont eux aussi exploités au maximum. Au passage, sachez que ceux-ci tiennent une place essentielle dans le déroulement de l’histoire car il vous faudra discuter avec bon nombre de personnages pour vous orienter dans votre quête. Chaque personnage a sa propre manière de parler et son propre humour offrant ainsi une immersion maximale dans l’univers de Runaway. Les musiques s’accordent bien avec les différents épisodes de l’histoire bien qu’elles ne soient pas exceptionnelles ni particulièrement mises en avant. On regrette la quasi-inexistence des bruitages qui laisse parfois place à des phases de jeu bien (trop ?) calmes.

 

L’impression finale ?

                Fidèle aux point & click de jadis dans son gameplay (Sam and Max, Monkey Island ou encore Grim Fandango), Runaway : A Twist of Fate offre un scénario maitrisé et intéressant de bout en bout, laissant toute place aux phases de recherches du joueur. Cet épisode ne trahit pas ses deux ainés tant dans son visuel que dans sa réalisation. Les joueurs avertis prendront plaisir à retrouver cet univers si particulier et les nouveaux arrivants ne mettront pas longtemps à se familiariser avec un style de jeu devenu assez rare aujourd’hui. Par conséquent, le gros point faible du soft réside dans sa dimension linéaire. En effet, les différents chapitres de ce Runaway se suivent et se ressemblent. Mais quand on aime, on ne compte pas.

 

 

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