Mafia II sur PC, le test de Harry Codder

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Harry Codder
4
Harry Codder PC

Mafia II : Un joli costume mais des pieds coulés dans le béton

Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans...

L'histoire de Mafia II commence pendant la seconde guerre mondiale et vous amènera jusqu'aux années 50 à travers l'histoire de Vito Scaletta, jeune immigré sicilien qui va progressivement monté en grade dans le milieu de la mafia Italienne d'Empire Bay, ersatz du New York de l'époque.

Et on sent que les développeurs de chez 2K Czech on eut le souci de travailler au mieux le réalisme de leur titre tant celui-ci respire les années 50. Que ce soit dans les décors, les voitures, les armes, les costumes ou la musique, l'immersion est totale.

Tenue correcte exigée.

Tant qu'on est dans les points forts du jeu, parlons réalisation. En effet, le jeu est très beau si tant est que votre bécane puisse le faire tourner. Si vous avez la possibilité d'activer les effets PhysX, ceux-ci ajouteront encore un peu à la qualité graphique du titre. Alors évidemment tout n'est pas parfait, quelques textures sont en retrait et les passants ont un peu tous la même tête mais rien de bien choquant.

Au niveau sonore, l'ensemble est excellent. Les musiques sont magnifique et les différentes chansons que l'on retrouvera dans les auto-radios sentent bon le milieu du siècle dernier. On regrettera simplement leur nombre un peu restreint. Les nombreux dialogues sont bien doublés en français même si la version originale est de loin préférable si vous maitrisez quelque peu la langue de Shakespeare.

Tu bluffes Martoni.

Maintenant qu'on s'est bien rincé l'œil et qu'on s'est fait plaisir aux oreilles, il serait peut-être temps de se mettre aux choses sérieuses. Et c'est là que les choses se gâtent.
En effet, il n'est pas dur de résumer le déroulement de l'action dans Mafia II : la plupart du temps, il est à peu près aussi répétitif que celui des épisodes de Dr House.

Vito se réveille le matin au son du téléphone, c'est le début de la mission. Puis il doit se rendre à un point A où on lui expliquera en détail ce qu'il va se passer. Il conduira encore au point B où il faudra effectuer quelque action plus ou moins ennuyante. Enfin il conduira une fois de plus pour rendre compte au point A ou éventuellement rentrer chez lui. Et voilà, fin de la mission. Et ceci en boucle pendant une dizaine d'heure (en mode de difficulté normale et sans chercher toutes les petites gâteries cachées ça et là).

Touche pas à ma caisse.

Vous l'aurez compris, dans Mafia II, on passe beaucoup de temps en voiture. Des voitures à la maniabilité douteuse censée recréer les défauts des automobiles de l'époque mais dont le comportement n'est tout de même pas franchement convainquant. Ajoutez à ça que la plupart du temps c'est pour faire des aller-retours et vous aurez vite compris que ça finit par être particulièrement saoulant.

Après, on tombe dans l'incompréhensible. Votre voiture consomme de l'essence (oui, dans les jeux vidéo ça force la précision) et vous trouverez quelques stations dans Empire Bay mais concrètement vous n'aurez jamais besoin d'y passer de tout le jeu.
Il y a des magasins d'armement dans lesquels vous ne passerez jamais non plus puisque vous ramasserez de quoi équiper une armée sur les corps de vos ennemis.
Et enfin il y a les magasins de vêtements à peu près aussi utiles que les deux précédents.

Mafieux ou Rock Star, il faut choisir.

 Et c'est là qu'on se rend compte que Mafia II n'est pas un GTA-like. En effet, à aucun moment (vraiment, aucun) le jeu ne vous invite à errer dans Empire Bay. Vous enchaînerez systématiquement les missions les unes après les autres ce qui est un bon point pour le déroulement du scénario ceci dit.

Mais on se demande vite quel est l'intérêt d'une ville ouverte si on ne peut rien faire dedans : pas le moindre petit événement aléatoire comme on en trouve dans GTA 4 ou Read Dead Redemption ou même la moindre mission annexe.

Vis ma vie de mafieux.

En fait, le plus gros défaut du jeu, ce n'est pas l'absence totale de missions annexes, c'est que les trois quarts des missions principales ressemblent à des missions annexes. En effet, si la fin du jeu réserve pas mal d'action avec des gun fights plutôt intéressants sans devenir des références du genre, le jeu est plombé par des objectifs sans intérêts, pliés en deux minutes mais qui vous auront forcé à conduire vingts minutes pour y parvenir.

 Heureusement, les nombreux trajets sont souvent prétexte à de longues conversations avec les différents protagonistes du jeu ce qui aidera à trouver le temps un peu moins long pendant votre énième traversée de la ville. Les dialogues étant globalement bien écrits, on ne peut que saluer cette aspect de la mise en scène.

Une moitié de jeu interactif. 

 Outre les dialogues, le jeu dispose de tout un tas de scènes cinématiques réalisées avec le moteur du jeu. Plutôt bien mises en scène et bien interprétées, elles vous dévoileront la quasi intégralité du scénario au fil de votre progression dans le jeu. Scénario correct pour un jeu vidéo mais qui ne surprendra guère les amateurs de films noirs tant il reprend les codes du genre.

Vous ne pourrez d'ailleurs absolument pas influer sur le déroulement de l'histoire, aucune décision n'est à prendre dans Mafia II, vous ferez ce qu'on vous dit et basta. Quelque peu regrettable tant titiller la conscience d'un mafiosi aurait pu être intéressant.

Une moitié de jeu d'action

La conscience de Vito sera d'ailleurs durement mise à l'épreuve tout au long du jeu. Vol, meurtres, trafic de drogue, meurtres, trahisons, meurtres, meurtres. Car oui, n'oublions pas qu'à défaut d'être un bon jeu, Mafia II reste un jeu d'action. On se retrouve donc avec un TPS classique avec un système de couverture efficace et quelques éléments de décors destructibles histoire de renforcer le réalisme.

En effet, les fusillades ne jouent pas trop dans la surenchère bourrine et il vous faudra faire attention à votre peau si vous souhaitez rester en vie. Car si Vito regagne de la vie après des blessures légères une rafale un peu conséquente dans le buffet vous enverra directement entre quatre planches.

Les sous-doués dans la rue

Du côté de l'intelligence artificielle, ça va du mauvais au très moyen. Pendant les gun fights, vos ennemis se défendront plutôt bien et ne se laisseront pas trop tirer comme des pigeons. Par contre ils ne prendront pas trop d'initiatives non plus et attendront sagement de se faire débusquer de derrière leur position la plupart du temps.

Dans la rue c'est une autre histoire. Heureusement que vous n'y passerez que très peu de temps tant les réactions des passants ou même des autres conducteurs sont parfois aberrantes. Difficile de marcher tranquillement sans se faire insulter par une bonne femme qui vous trouve déjà trop collant parce que vous allez dans la même direction qu'elle depuis à peu près trois secondes...

L'aile ou la cuisse

N'oublions pas les forces de police qui feront tout pour vous ennuyer, que ce soit pendant vos trajets si vous ne respectez pas suffisamment le code de la route (avec plus de tolérance que dans le premier opus tout de même) ou pendant les fusillades en vous alignant copieusement à la mitrailleuse.

Heureusement, ces derniers sont plutôt facile à semer pour peu que vous n'ayez pas piqué un veau en guise de voiture et également assez facile à abattre pour peu qu'il vous reste des munitions. Par contre, si les policiers peuvent vous tirer dessus depuis leurs véhicules, vous ne pourrez pas en faire autant (une chose particulièrement étonnante et frustrante) ce qui pourra vous amener dans quelques situations délicates.

Conclusion :

Mafia II est donc une énorme déception. Peut-être parce qu'avec le matraquage marketing extrêmement efficace orchestré par l'éditeur du jeu on s'attendait à un truc absolument extraordinaire nous mettant dans la peau d'un mafieux des années 50. Au final on se retrouve juste à suivre un type auquel on n'aura ni le temps ni l'envie de s'attacher tant le jeu est court et les actions à effectuer ennuyantes la plupart du temps.

Techniquement réussi, Mafia II a réussi l'exploit de ne garder que les inconvénients des jeux open world à la GTA sans en être un lui-même. Un comble.
Les phases d'actions sont sympathiques mais globalement trop courtes et suffisent à peine à sauver le jeu du naufrage.
 

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