Mafia II sur PlayStation 3, le test de arnette1980

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Mafia II

Vu que le scénario occupe une place importante dans Mafia II, commençons par parler de ça. L'histoire se déroule entre 1945 et 1951, à Empire Bay, le New-York façon 2K Czech. On incarne Vito Corl... euh Scaletta, un italo-américain, dont la principale ambition est d'échapper à sa condition d'immigré, condamné aux boulots laborieux et mal payés. Et le moyen le plus rapide pour s'élever socialement, c'est le crime, car, comme tout le monde sait, le crime paie (ou pas). Sous les conseils de son meilleur ami, Joe Barbaro, il va donc s'acoquiner avec une des trois familles qui contrôlent une grande partie des activités illégales de la ville. Pour le meilleur et pour le pire.

C'est cette ascension au sein de la Mafia qui nous est narrée tout au long du jeu. Pour ma part, impossible de lâcher la manette avant de connaître le fin mot de l'histoire. D'ailleurs, sans trop vouloir spoiler, la conclusion est décevante, car elle se termine sur un cliffhanger trop abrupte pour être honnête. Comme s'il manquait l'épilogue de l'histoire, le seizième chapitre. Peut-être sortira t-il plus tard en DLC ? Hum hum... Mis à part ce détail agaçant, le scénario est plutôt bien foutu et intéressant à suivre, avec une galerie de personnages et de situations pas dégueulasses du tout. Bien sûr, on n'échappe pas aux nombreux poncifs liés à la Mafia, qu'on a vu et revu dans les films ou séries. Mais peu importe.

L'histoire est donc assez classique. On ne peut pas en dire autant de la narration, plutôt inédite pour un jeu bac à sable. Comme indiqué plus haut, Mafia II est décomposé en chapitres, au nombre de quinze, qui nécessiteront une petite douzaine d'heures pour être complétés. Ils se déroulent à peu près tous de la même manière. Au petit matin, Vito est chez lui, en train de dormir. Le téléphone sonne, un mec lui dit de s'habiller, de prendre un flingue et de venir le rejoindre. On fait la mission. Une fois le boulot accompli, on rentre chez soi, le soir, et Vito va se coucher. Fin du chapitre. Début d'un nouveau, avec la même rengaine qui recommence.

A aucun moment, on ne peut choisir l'ordre dans lequel on veut effectuer les missions. D'une manière plus générale, le jeu n'a pratiquement pas d'à-côté à proposer : pas de missions secondaires, ni de mini-jeux. Seuls quelques magasins (vêtement, armurerie, garage, station-service) et quelques objets collectables (avis de recherche et magazines Playboy) sont présents. Rien de bien folichon (quoique les pin-up de Hugh Hefner sont plutôt appétissantes). Les développeurs ont très clairement choisi d'imposer leur rythme narratif, en ne laissant aucune liberté aux joueurs, pour mieux les imprégner du scénario. Cette ultra-linéarité dans le déroulement de Mafia II risque d'en laisser certains sur le carreau, notamment ceux qui ne jurent que par la (pseudo) liberté qu'offrent les Grand Theft Auto sur ce plan-là. Perso, cela ne m'a absolument pas gêné. Les missions secondaires parasites qui embrouillent plus qu'autre chose, j'en ai ma claque.

Je reviens vite fait sur le contenu des missions. Au niveau de l'action, on est servi grâce aux phases de shoot, dans le plus pur style TPS. Elles sont archi-classiques : on se met à couvert, on tire, la barre de vie se régénère toute seule. N'empêche qu'elles sont aussi très efficaces, avec une visée qui répond bien, un recul des armes satisfaisant, et un arsenal varié. De temps en temps, on a droit à une petite séquence d'infiltration ou de combat à mains nues, pour varier les plaisirs. Bref, j'ai enchaîné les missions sans jamais ressentir le moindre ennui. Et pourtant, le rythme du jeu est très posé, parfois à la limite du contemplatif. Les très nombreuses scènes cinématiques, superbement réalisées et bien mises en scène, n'y sont pas étrangères. Les longs trajets en bagnole non plus. Mais l'extraordinaire ambiance du jeu (dont nous reparlerons plus tard), ainsi que la maniabilité très sympa des voitures (à condition de jouer en mode simulation), font passer la pilule concernant les déplacements sur la carte. Évidemment, celui qui n'accrochera pas à l'histoire ou à l'ambiance ne partagera pas mon avis, et risquera de se faire chier.

Un petit mot sur les forces de l'ordre. Le système de recherche est basé sur des étoiles. Plus on fout le bordel, plus on est recherché. Quand il s'agit d'une petite infraction (style excès de vitesse ou léger carambolage), on paie une amende et les flics nous lâchent. Mais dès que ça devient plus grave (braquage d'un magasin, tirer des coups de feu en pleine rue), ils n'hésitent pas à sortir les flingues et à nous pourchasser. S'en suit une course-poursuite dans Empire Bay, où les petites ruelles feront merveilles pour se planquer quelques instants, histoire de se faire oublier. A moins que nos amis de la police n'aient lancé un avis de recherche contre Vito et/ou son véhicule. Dans ce cas-là, un changement de sapes ou un maquillage de voiture (plaque d'immatriculation, couleur de peinture) feront l'affaire pour qu'on nous laisse tranquille définitivement. Comme dans tous les jeux du genre, les réactions des flics sont assez déconcertantes : parfois crédibles, parfois complètement surréalistes.

Comme promis, passons maintenant au gros point fort de Mafia II : son ambiance. Là, rien à dire tellement c'est somptueux. 2K Czech a abattu un boulot fabuleux en reproduisant merveilleusement bien le charme délicieux des années 50. Que ça soit les affiches publicitaires, la modélisation des voitures, les tenues vestimentaires ou les intérieurs des bâtiments, c'est un véritable enchantement. Et que dire de la bande-son : des standards du rock ou du barbershop de l'époque. Se balader en bagnole dans les rues enneigées de Empire Bay, avec comme fond sonore du Dean Martin, c'est juste l'extase. Et vu que l'histoire du jeu se déroule sur six ans, les développeurs n'ont pas oublié d'intégrer les améliorations technologiques (au niveau des voitures, par exemple) ou les changements de mode (la décoration des appartements), ce qui donne au jeu une incroyable authenticité, malgré quelques anachronismes pas vraiment gênants. Je m'arrête là, car j'ai usé presque tous les superlatifs de la langue française. Mais l'ambiance mérite amplement cette avalanche de compliments.

Et pour finir, parlons de l'aspect technique. Le jeu est beau. La modélisation des visages est bluffante de réalisme. La map, d'une taille moyenne, est flatteuse pour les yeux. Vu le peu d'interactions qu'elle propose, c'est un moindre mal. Malheureusement, de nombreux bugs viennent assombrir le tableau : énormément d'aliasing, beaucoup de saccades et de micro-freezes, pas mal de tearing, et un tout petit peu de cliping. Comme tout bon jeu bac à sable qui se respecte, on a droit à une armée de clones qui se baladent dans la ville. Quant aux doublages français, sans atteindre l'excellence de la version originale, ils sont plus que corrects.

Au final, que penser de Mafia II ? Que c'est un jeu qui va forcément diviser. La voie narrative qu'a choisie 2K Czech est tellement radicale pour un jeu bac à sable que certains joueurs n'adhéreront pas au principe. Ces derniers reprocheront au jeu une trop grande linéarité et un manque de contenu. Les autres, ceux qui auront su apprécier l'histoire et la manière dont elle nous est contée, s'éclateront. Perso, je fais partie de cette seconde catégorie. Et j'ai pris un pied fou à jouer à Mafia II.

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