Borderlands sur Xbox 360, le test de SamPlay

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SamPlay
8
SamPlay X360

Passé la frontière, les armes sont autorisées!

 

Surtout connu jusqu'alors pour ses 360 000 armes disponibles, Borderlands n'est plus aujourd'hui réduit à une simple pelleté d'armes. Car en plus de compter pas moins de 17 millions de guns en tout genre (si ils le disent...), le titre de Gearbox Software (Brothers in Arms entre autre) se révèle être en réalité un sacré First Person Hack'n'Slash Shooter! Grosses pétoires, univers à la Mad Max, second degré, il ne m'en fallait pas plus pour partir avec mon stick et mon couteau sur Pandora!

Après une scène d'introduction absolument excellente qui met tout de suite dans l'ambiance, vous vous retrouvez dans un vieux bus où il vous faudra choisir l'un des quatre héros disponibles. La gonzesse qui comme d'hab' fait dans la finesse et la défense, le gros bourrin qui se bat avec ses poings et un lance-roquettes, le chasseur plutôt orienté vers le sniper et accompagné d'un aigle et le dernier, parfaitement équilibré et armé de fusils à pompe et mitrailleuses. Comme vous pouvez le constater, rien de bien original, et ce n'est pas du côté du scénario qu'il va falloir aller chercher cet aspect. Clairement pas focalisé sur l'intrigue - narrant la recherche d'une arche légendaire – le jeu mise tout sur son gameplay et son ambiance.

 

Du sable à perdre la vue...

Alors ne me demandez pas de vous exposer le background de cette planète ni le pourquoi du comment de l'histoire car on en sait rien. Hostile et peuplée d'autochtones étranges, voilà le postulat de base. Ensuite, il ne tiendra qu'à vous de vous créer un perso armé jusqu'aux dents et de vous frayer un passage jusqu'au ridicule boss de fin. Mais avant d'en arriver là, il va falloir en dézinguer des trucs! Pas d'inquiétudes, dés les premières minutes les ennuis commencent... A peine descendu du bus vous êtes accueilli par un petit robot (un clap-trap) qui vous indique le chemin jusqu'à la première bourgade. Évidemment, vous allez découvrir l'hospitalité locale et faire la connaissance des délinquants du coin. Clairement à la masse, parfois difformes mais toujours agressifs, les méchants du jeu vont du toutou qui préfèrent les coups de dents aux coups de langues aux insectes géants en passant par des humains (enfin ça y ressemble...). On sait donc rapidement où l'on a atterrit ; et les paysages on beau flatter la rétine avec leurs étendues désertiques et leurs petites bourgades façon Bioshock sec, on est en permanence menacé. Et la population dans tous ça? Comment dire... Rare sont les personnages qui ont toute leurs tête. Tout part en vrille sur Pandora et les conditions ont beau être exécrables, il y a toujours de la place pour l'humour et la dérision. Les développeurs auraient pu choisir de garder une ambiance «sérieuse» comme c'était le cas dans les premières versions du jeu, mais ici les dialogues sont crus et le ton volontairement léger. «Mon père disait toujours: Pourquoi marcher quand on peut rouler!, d'un autre côté il était cul de jatte...». Ça en jette comme réplique et en plus c'est drôle! De même les petits robots sont absolument tordants! Cela faisait longtemps que je n'avait pas vu de personnages aussi charismatiques! Quand celui-ci est mal en point, il sort des phrases telles que: «J'ai une fuite!» ou «Je baigne dans mon huile!», le tout avec une voix robotique qui n'a rien à envier à celle de Portal.

 

17 millions d'armes et moi et moi et moi...

Que serait Borderlands sans les armes? Pas grand chose. Mise en scène et scénario quasi-inexistant, quêtes et trajets rébarbatifs, les lacunes sont nombreuses mais le système de jeu compense heureusement ces souçis. Premièrement, la vue à la première personne, en plus d'être parfaitement adaptée à ce culte de l'arme, est quelque chose d'originale pour ce type de jeu. Entre FPS et Hack'n'Slash, Borderlands a trouvé le juste milieu. Gardant l'essentiel des deux genres, il offre certes arbres de compétences, chasse à l'XP et équipements aux multiples capacités (dégâts, éléments, coups critiques, cadence de tir, bonus de santé...) mais également une partie tir jouissive et nerveuse. Une richesse de jeu qui doit aussi beaucoup à la palanqué d'armes disponibles et au plaisir presque obsessionnel d'obtenir celle qui a la méga classe! Effectivement, elles sont toutes unique (look et capacités) mais en plus chacune d'entre elles a un comportement qui change sensiblement votre façon de décapité des têtes et d'arracher les membres. A vous de trouver gâchette à votre doigt en ouvrant les coffres rouges planqués un peu partout. Ils sont souvent synonymes d'objets sympathiques et sont le seul moyen de trouver des objets digne de ce nom. Car ce n'est pas sur les cadavres ou même sur les boss – tous plus faiblard les uns que les autres – que vous mettrez la main sur les armes qui défouraillent grave. C'est un des problèmes puisque l'on se rend vite compte que mise à part des dollars le looting est sacrément radin (ça c'est de l'expression de geek!). Après, il reste toujours les échoppes ambulantes (distributeurs) proposant souvent des fucking objets coutant la peau des fesses.

 

Nature morte

Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais le style graphique était à la base beaucoup plus conventionnel. Puis, à la surprise général, Gearbox a cru bon de tout changer en cours de route et d'opter pour le Cel-shading. Un procédé permettant un rendu BD du plus bel effet et collant parfaitement à l'humour du titre. Il est ici utilisé à merveille et donne aux environnements un cachet certain. On ressent en permanence la chaleurs, la crasse, le sable et autres trucs dégueulasses. D'ailleurs en parlant de ça, le «médecin» du coin fait dans le genre boucher si vous voyer ce que je veux dire... Enfin, trêve de gaudrioles! Pour revenir à la personnalité artistique du titre, celui-ci se situe entre un Bioshock (ambiance 50s, distributeurs, société en perdition) et un Fallout (aspect cartoon et second degré). En un mot comme en cent: c'est réussi! Maintenant nous allons parler de la vision texto-centriste au théâtre... Ah merde! Non, ça c'est du théâtre! Faut vraiment que j'arrête d'écrire en cours! En attendant, place au doublage et à la bande-son! La VF est pour commencer quasi-parfaite, mise à part quelque traductions foireuses («retourne voir ton vrai père!» Ça c'est de l'insulte!). Les musiques quant à elles sont très réussies ; avec un coup de cœur pour celle de l'introduction. Un jeu à forte personnalité donc...

 

World of Pandora

Une personnalité artistique mais un certain goût pour la voie de la facilité quand il s'agit d'occuper le joueur. Amateurs de MMORPG coréens, réjouissez-vous! Borderlands regorge de quêtes toutes aussi inintéressantes les une que les autres. «Va chercher 50 cristaux, ferme 3 valves (vive Half-Life!), tue 5 trucs, ramène-moi ceci ou cela» ; on se fout royalement de se que l'on fait. Au final, ce n'est pas bien grave puisque ce qui nous intéresse c'est de gagner de l'expérience et atteindre la surpuissance à l'état pure! Mais on se dit quand même que le contexte et les personnages auraient mérité plus d'attention. Un jeu narcissique en somme ; où l'intérêt est de booster son perso, gonfler ses stats (et son ego par la même occasion) et où l'autre n'a pas plus d'importance qu'un nain psychopathe radioactif. Enfin, tous ça c'est de la gnognotte par rapport au problème ultime: le monde ouvert. D'habitude, le territoire façon bac à sable (normal c'est le désert), c'est méga cool! Mais là c'est super lourd... Pour commencer, la division du monde en zones multiplie les temps de chargement qui deviennent à la longue vraiment agaçants. Mais en plus de nous faire attendre durant plusieurs dizaine de seconde devant des écrans fixes, les trajets – pour peu que l'on soit à pied – cassent le rythme et finissent par ennuyer. Ces éléments d'ordre pratiques sont clairement malvenues mais privent surtout Borderlands d'une mise en scène et d'un scénario digne de ce nom. Honnêtement, il aurait été préférable de proposer des environnements plus «étriquées» mais mieux exploités, étant donné le peu de chose qu'apporte la liberté qui nous est offerte. Pour terminer sur une bonne note, j'évoquerais la durée de vie qui, pour peu que l'on veuille atteindre le niveau maximal (50), vous occupera facilement une trentaine d'heure. La présence de trois parcours différents – synonymes de nouvelle partie + - est également bienvenue et encourage fortement à retourner au combat pour poursuivre la chasse à l'arme.

 

Aujourd'hui, j'ai l'irrépréhensible envie de faire une analyse à deux balles façon décryptage pseudo-artistique dont nos compères du septième art – entre autre – raffolent. Borderlands propose sa vision d'une Amérique profonde, devenue le symbole de notre planète laissée aux mains de pillards capitalistes surexploitant une terre qui, dans un futur proche, sera semblable à Pandore. Une planète perdue et aride dont on aura laissé s'échapper – comme la jarre de Pandore – toutes les ressources synonymes de vie, pour ne garder qu'un fond crasseux et pollué. Tout de suite ça donne de l'importance et de la tenue à quelque chose qui ne paye pas de mine...

 

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