L.A. Noire sur PlayStation 3, le test de Nightmare1984

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Nightmare1984
8
Nightmare1984 PS3

Elle est noire.

Il aura su se faire attendre. Après une annonce en 2006, un long silence radio de plusieurs années, un changement d’éditeur (perte d’exclusivité) et un parti pris risqué de créer un gameplay différent des GTA-like, on pouvait craindre que LA Noire porte les cicatrices d’un développement mouvementé. Et pourtant le miracle est là proposant un excellent jeu d’aventure dans le Los Angeles de 1947.

 

Une ambiance noire pour une réalisation haute en couleurs.

 

De retour de la seconde guerre mondiale, on incarne Cole Phelps un ancien Marine décoré de la Silver Star qui intégrera la prestigieuse LAPD. Prestigieuse pas tant que ça vu que les flics sont pour la plupart corrompus et que nos supérieurs pensent plus à leur carrière qu’à sauver la veuve et l’orphelin. La ville est en plein essor et Holywood(land) vends du rêve américain qui on le verra tout au long de la vingtaine d’heures de jeu ressemble plus à un cauchemar : trafic de drogue, tueur en série, politicien véreux, pédophiles etc…heureusement Cole est ambitieux et veut faire régner l’ordre.

De simple officier de patrouille pendant quatre petites missions servant de tutorial, il deviendra vite inspecteur de la circulation, pour ensuite être muté à la Crime, aux Mœurs même si ça ressemble plus aux Stups et pour finir au bureau des incendies criminels. En tout ce seront 17 missions qui nous seront proposées. Entre chaque chapitre, des flashs back feront leurs apparitions sur le passé de Cole durant la guerre qui auront une répercussion dans l’intrigue principal. Car LA Noire ne se contente pas de nous raconter des faits divers à résoudre, mais propose une histoire captivante sur fond de conspiration et de corruption faisant référence à LA Confidential ou au Dahlia Noir. Les références ne s’arrêtent pas là et chaque enquête commence par une cinématique en noir et blanc avec le titre écrit en capitale comme dans les polars noirs des années 40. Il y a même un hommage à Heavy Rain dans le jeu. N’allez pas croire pour autant que les développeurs ont plagié toutes les meilleures œuvres du genre. Team Bondi a su créer une histoire passionnante grâce à une réalisation toujours au service de l’immersion.

Un travail minutieux a été fait sur la reproduction de la ville de Los Angeles de 1947. Chaque maison, chaque immeuble est unique et de ce fait on n’a jamais l’impression de traverser les mêmes quartiers. La ville est immense. De mémoire j’en ai jamais vu une d’aussi grande dans un open world! Le souci du détail ne s’arrête pas là avec ses grandes artères remplis d’automobilistes à l’IA douteuse qui aiment griller les feux, les tramways avec leurs bruits caractéristiques, les piétons vaquant à leurs occupations. Bref le décor est planté pour rendre l’univers de LA Noire cohérent même si à l’instar de Mafia 2, la ville n’est qu’un prétexte pour s’immerger encore plus dans l’aventure qu’à un terrain de jeu à part entière.

Cole Phelps ainsi que tous les personnages que l’on rencontrera dans le jeu sont de vrais acteurs et ont donné leurs traits afin de rendre vie aux protagonistes imaginés par Brendan McNamara. Grâce à la technologie Motion Scan, les visages et leurs expressions faciales sont reproduits à la perfection. En plus de jouer un rôle déterminant dans le gameplay pour essayer de deviner si notre vis-à-vis nous ment, cela renforce une fois de plus l’immersion notamment avec ces dialogues savoureusement bien écrits.

La VOST est d’excellente qualité avec une interprétation magistrale du jeu d’acteur et la synchronisation labiale est tout simplement parfaite à tel point qu’on oublie parfois qu’on est devant un jeu vidéo. Par contre le manque d’une VF se fait cruellement ressentir. LA Noire est un vrai jeu d’investigation ou les dialogues en plus d’être nombreux ont tous leurs importances surtout lors des interrogatoires. Il n’est pas rare de faire un saut dans le menu « mémo » pour relire les dialogues sous-titrés trop rapidement.

Les musiques de type jazzy sont splendides et parfaitement dans le ton de l’action. Dynamiques lors des fusillades et courses poursuites ou déprimantes dans une séquence dramatique, elles peuvent aussi être utile pour le gameplay. En effet lors de la recherche d’indices, une musique spécifique fera son apparition et s’arrêtera automatiquement une fois ces derniers tous trouvés. Une option qui pourra être désactivée.

 

Les superpouvoirs de Cole.

 

LA Noire a pour ambition de proposer une nouvelle vision du jeu d’aventure où la part belle est faite à l’investigation et la réflexion entrecoupées de quelques fusillades et courses poursuites. Pratiquement chaque affaire commence de la même manière. A savoir un briefing de nos supérieurs au commissariat nous invitant à rejoindre la scène de crime ou le lieu du délit accompagné de notre coéquipier. Ce dernier pourra même nous conduire directement sur place ce qui permettra de pouvoir lire tranquillement les sous titres lors de discussions au volant.

Une fois arrivé, il faudra rechercher le plus d’indices possibles et interroger d’éventuels témoins. Chaque indice découvert sera marqué dans notre carnet ainsi que tous les personnages importants de l’enquête que ça soit la ou les victimes, les témoins ou les suspects. Une fois qu’on a obtenu une adresse où enquêter, il suffira de se rendre sur place pour commencer à interroger d’éventuels suspects qui ont un lien avec la victime.

Commence alors les interrogatoires. Il faudra poser les questions prédéfinies de notre carnet. Ces dernières peuvent être sélectionnées dans l’ordre que l’on souhaite ce qui aura parfois une importance fondamentale. Selon la réponse de l’interrogé on aura le choix de le croire, de douter ou d’affirmer qu’il ment. Dans ce dernier cas il faudra obligatoirement le prouver avec un indice préalablement découvert. Ce système est par moment un peu confus et il aurait été plus judicieux d’avoir le choix à de vraies phrases à sélectionner comme dans Red Johnson’s Chronicles par exemple.

Selon les bonnes réponses obtenues, on gagne de l’expérience pour obtenir des points d’intuitions. Ces derniers servant à éliminer un choix parmi les 3 proposés que sont « vérité, doute, mensonge » afin de nous faciliter pour répondre.

Certains suspects prendront directement la fuite soit à pied ou en voiture pour des phases de courses poursuites passionnantes mais scriptés. Contrairement à un certain Driver, ces passages sont trop courts et il suffira d’apprendre par cœur le chemin pour réussir. Ces évènements tout comme les fusillades sont ici pour varier un peu le gameplay et se reposer les neurones entre deux interrogatoires.

Une fois que l’on pense avoir trouvé le coupable, il suffira de l’inculper. On pourra se tromper et faire condamner la mauvaise personne mais cela n’aura aucune incidence sur la suite des évènements. Il existe plusieurs façons de résoudre une enquête selon les indices trouvés et les réponses obtenues lors des interrogatoires qu’il sera possible, lors d’une seconde partie, de refaire un chapitre avec un déroulement et des situations différentes.

En plus de l’histoire principale, LA Noire propose 40 missions annexes à résoudre. Ces dernières sont disponibles par radio pendant l’aventure et il suffira de valider l’appel du Central pour qu’une icône apparaisse sur la carte à l’endroit du méfait, qui se traduit souvent par une fusillade ou une course poursuite. Cependant toutes ces missions sont uniques et bien mise en scène. Ce qui est regrettable c’est que l’on ne puisse pas avoir le choix de sortir son arme ou pas durant ces missions. Contrairement à un True Crime, la méthode pour arrêter les malfrats est toujours la même.

Et pour ceux qui en voudrait encore plus, et afin de profiter d’une ville parfaitement modélisée, il existe des voitures cachées et des bobines de film à récupérer ainsi que des monuments célèbres à découvrir. Dommage que les sauvegardes ne soient pas manuelles pour ces quêtes annexes, nous obligeant de les faires entre deux missions de l’aventure principale.

 

Les plus:

 

- La réalisation.

- L'ambiance.

- Le scénario.

- Un jeu d'enquête...

 

Les moins:

 

- ... trop linéaire.

- Des interrogatoires par moment confus.

- Aucune sauvegarde manuelle.

- L'IA des automobilistes.

 

Au final LA Noire se révèle être un pari risqué remporté haut la main. Dans un monde vidéoludique dominé par les superproductions où l’action prime sur la réflexion et où les scénarios tiennent sur un ticket de métro, le dernier jeu estampillé Rockstar bouleverse tous ces codes pour nous proposer un titre d’une grande richesse, une réalisation de haute volée et une histoire passionnante jusqu’au générique de fin. Alors oui LA Noire a des défauts, mais c’est parce qu’il invente une nouvelle approche du jeu d’aventure et qu’il propose un nouveau type de gameplay.

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