Deus Ex : Human Revolution sur PlayStation 3, le test de Pedrof

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Pedrof
4
Pedrof PS3

Déception j'écris ton nom.

Ce que je reproche à Deus Ex, c'est son histoire qui manque d'ampleur et qui n'est pas arrivé à m'emporter comme je l'aurais aimé. A cela des causes possibles.

Des phases de FPS aux enjeux inexistants.

En terme d'exploration, Deus Ex c'est super basique. Les déplacements n'ont aucun intérêt étant donné que l'on a constamment à l'écran l'objective locator avec la distance ; les développeurs ne s'en rendent probablement pas compte mais ça provoque sur ma télé des trucs qui vraiment ne ressemblent à rien. Concrètement, je fixe mon viseur sur l'indicateur d'objectif, je fonce tout droit et quand il y a un mur je le contourne en allant dans la direction qui me rapproche de l'indicateur. Je n'ai absolument pas besoin d'observer les décors, de regarder quoi que ce soit, de m'approprier la géographie des lieux : le niveau zéro de l'intéressant.

Et même au seul endroit du jeu où il n'y a pas d'objective locator, ça reste dégueulasse à jouer parce que les niveaux ne sont pas faits pour être joués sans ; ils sont labyrinthiques et sans repères visuels. Je devais trouver des gens dans un complexe sans aucun indice, je n'avais aucune idée d'où aller ! Bon pour le dernier c'est bien, je savais qu'il était au "bio-mech lab" et j'ai vu des panneaux qui en parlaient, donc là ok. Mais les précédents je les ai trouvé au pif, et c'était assez flippant vu la gueule du complexe super immense.

Autant GTA III j'ai fini par connaître la ville par coeur, autant GTA IV jamais. Sur cette génération on se retrouve avec des niveaux pas faits pour qu'on puisse se les approprier et apprendre à les connaître. Du coup on bouffe des OL qui ruinent tout l'intérêt des déplacements puisqu'on se met en pilote automatique. Il n'y a plus aucun travail visuel à faire pour décider "où je vais".

Enfin, les gardes, les ennemis, etc, enfin tous les éléments qui se mettent en travers de nos déplacements vers les objectifs. Bah c'est simple on les bute un par un. Ça n'a rien de particulièrement excitant même si tirer dans la tête au fusil à pompe ça reste efficace et gratifiant. Les combats sont mous, ça marche en se mettant à couvert et en tirant au bon moment, du classique de chez classique franchement pas drôle, à mille lieux de l'inventivité et de l'efficacité que propose dans le même genre Quantum Theory. C'est clair que je pourrais décortiquer ça, mais j'ai pas envie donc je vais juste dire que c'est du pauvre tir en couverture pas drôle comme on en bouffe régulièrement sur cette génération.

L'infiltration c'est compliqué donc je ne m'y suis pas beaucoup risqué, et j'avais pas de raison de le faire vu que ça marche très bien en niquant tout sur son passage. Deus Ex ne te demande pas grand chose pour finir le jeu, et j'ai joué en mode normal. Les combats de boss sont d'une simplicité enfantine, j'y suis allé soit au lance-roquettes soit à la mitrailleuse lourde et ça s'expédie en quelques secondes. C'est aussi con que ça, oui oui, Deus Ex le jeu qui se prend des pures notes dans la presse et que tout le monde adule, ne propose aucun challenge lors de ses boss. Ils sont désarmants de simplicité.

Je pense que les phases de FPS de Deus Ex, c'est pas pour les gens qui cherchent un challenge, parce que la solution est toujours débile (cover shooter de bas étage)(et pourtant avant de commencer l'aventure j'ai bien dit "give me a challenge") mais plutôt pour ceux qui aiment les playmobil en avant les histoires. Je pense qu'il faut aimer se retrouver dans un bac à sable et se raconter des histoires pour apprécier ce que propose Deus Ex dans ses phases de FPS.

Un jeu long pour pas grand chose.

Alors Deus Ex ça m'a paru extrêmement long, mais au final l'histoire ne m'a pas semblé avoir plus d'ampleur qu'un stand alone de Fringe. Le truc c'est que ce jeu prend énormément de temps, parce qu'on passe des heures entières à faire les poches de tous les ennemis, inspecter les tiroirs, allumer les ordis, aller et venir sans cesse dans les zones ouvertes (il y en a deux dans le jeu, ils appellent ça des hubs)... Ou jeter un article de son inventaire, ramasser les munitions, recharger son arme et ramasser de nouveau l'article jeté précédemment. Alors que l'histoire, le récit du jeu, tient sur trois lignes, il ne se passe pas grand chose. J'ai envie de dire tout ça pour ça ? J'ai passé des heures et des heures à faire des trucs inintéressants dans le cadre d'une histoire super modeste.

Un scénario qui manque d'intensité.

A ce niveau là pour moi le jeu est déjà mort : un challenge inintéressant pour ce qui constitue le gros du jeu, c'est-à-dire la partie FPS, ça l'enterre carrément. S'il n'y a pas de challenge, il n'y a pas d'histoire, et s'il n'y a pas d'histoire je ne suis pas content. C'est sans doute l'omniprésence du scénario qui m'a permis de me traîner jusqu'à la fin du jeu : il y a quasiment des dialogues en permanence quand on joue, souvent des cinématiques assez intéressantes... Je dis assez parce que ça ne décolle jamais vraiment ; je parlais d'un épisode de Fringe, pour moi c'est pareil : ça se laisse suivre plus ou moins distraitement mais ce n'est jamais vraiment passionnant. Ça manque vraiment de rebondissements, le gros du jeu c'est de l'enquête pépère qui ne met pas vraiment le personnage en difficulté, en situation de crise. Il a juste à faire son boulot du début à la fin ; il y a une révélation qui l'affecte à un moment donné mais la mission suivante n'a rien à voir avec ça : il continue de faire son boulot de flic international bien impersonnellement. Je regrette vraiment cet aspect très "détaché" de l'histoire, une enquête qui ne met pas assez son enquêteur en danger et le garde toujours à distance des évènements.

C'est quand même une déception, parce que vu l'histoire d'amour qui a existé entre Adam et Megan je m'attendais à une histoire beaucoup plus passionné, où il y aurait de la rage, de la haine, de la rébellion et en fait pas du tout. Human Revolution ça confronte Adam à ce qu'il sait faire de mieux : son boulot de flic. Ainsi, comme dans un mauvais stand-alone de Fringe (à moins que ce soit un pléonasme), les enjeux de l'enquêteur sont dictés par son enquête et pas par ce qui fait de lui ce qu'il est profondément - mais cela a-t-il seulement été écrit ? Dans la mesure où l'on parle d'un jeu qui prétend laisser une certaine liberté au joueur dans la manière dont se déroulent les évènements, j'en doute.

Je veux dire, est-ce que c'est possible d'écrire une histoire qui touche aux tripes du personnage, va par exemple inclure des missions uniquement justifiées par les sentiments et émotions du héros (par exemple, aller assassiner en dehors de toute juridiction le meurtrier de son ex), quand on cherche à laisser autant de latitude au joueur sur par exemple la moralité de son personnage ? Je n'en suis pas sûr et c'est pour ça que je n'ai pas envie de jouer à Mass Effect 2.

En conclusion, il y a plus de passion dans la saison 2 de The Killing où Sarah Lund enquête pour la police sur une affaire qui n'a rien à voir avec elle ou sa famille plutôt que dans Deus Ex Human Revolution où Adam Jensen enquête pour Sarif Industries sur les gens responsables de la disparition de celle qu'il aime. Et ça pour moi, c'est un gros problème.

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