Far Cry 2 sur PlayStation 3, le test de Pedrof

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Pedrof
6
Pedrof PS3

Une expérience originale à plus d'un titre

Far Cry 2 vous met dans la peau d'un agent (?) chargé par un gouvernement (?) de tuer un trafiquant d'armes qui alimente la guerre entre factions dans un pays d'Afrique. Vous arrivez dans la savane avec ce seul objectif. On vous fait rapidement comprendre qu'il va s'agir durant tout le jeu d'accomplir vous-même des missions pour les factions (!) afin de remonter la filière jusqu'au Chacal (c'est son petit nom au trafiquant). Ben ok.

Vous pouvez constater dès maintenant que tout n'est pas parfaitement cohérent dans cette trame. Le héros, apriori investi d'une mission morale, ne va pas hésiter à se salir les mains et à jeter de l'huile sur le feu pour retrouver le Chacal. Les missions pour les factions se passent un peu comme dans GTA, on va voir le chef de faction, il nous raconte sa vie, ses problèmes, on encaisse les diamants (la monnaie du jeu) et on part en mission, ou devrais-je dire "à l'aventure". Oui car dans ce jeu assez décrié, s'il est un aspect réussi c'est ce trip du mercenaire balancé sur un territoire immense et qui va progressivement apprendre à le maîtriser. On explore des paysages magnifiques et le jeu demande de la patience : c'est ce que pas mal de critiques ont cassé dans FC2.

Ça traduit à mon sens un manque d'ouverture de leur part, car pour peu qu'on lui accorde du temps, Far Cry 2 nous fait bien vivre l'expérience de l'aventurier en Afrique : une carte en papier, des voitures, des jeeps avec mitrailleuse montée, des bateaux, des deltaplanes... Des planques à sécuriser hors des sentiers battus, bien pratiques pour sauvegarder et se régénérer. Et des missions aux quatre coins de la carte. C'est à mon avis une décision consciente des développeurs de n'avoir pas donné de moyen au joueur de parcourir la carte rapidement. Quoi qu'on en dise, les missions ne sont pas faites pour en faire trois à la minute : le déplacement sur le territoire est en soit une partie du gameplay, dont l'intérêt provient de la contemplation des paysages, les voyages en véhicules (assez variés) et la survie en république bananière. Avec ce dernier point je parle des fameux postes de garde placés un peu partout sur la carte et qui régulièrement sont réapprovisionnés en ennemis.

Alors pour moi tout s'est bien passé jusqu'à la moitié du jeu. J'ai accroché jusque là, grâce à comme je l'ai décrit une expérience intéressante dans un endroit somme toute très exotique. Si je n'étais pas en extase, le jeu étant plutôt froid émotionnellement et en dehors du tourisme n'ayant pas grand chose d'autre à proposer, j'avais passé un bon moment. Problème, au détour d'une mission assez dure pour les nerfs, je me retrouve sur une nouvelle map flambant neuve. Quelques nouvelles dizaines de kilomètres carré à explorer donc. Et là ça m'a dégoûté. Parce que le jeu n'était pas assez intéressant pour que je me refasse chier à m'adapter à un nouvel environnement, refaire les mêmes missions (ouais c'est un peu toujours la même chose, ça c'est sûr)... J'ai néanmoins persévéré.

Cette deuxième partie se révèle très noire au niveau du scénar et des missions, très cynique. Y'a un événement avant la fin du jeu proprement choquant, qui se passe tout à faitin-game, et qui enfonce le clou du ton bien pessimiste. Les postes de garde sont plus chiants, et les mortiers apparaîssent, très chiants eux aussi car impossible à repérer. On entend juste le son caractéristique du tir avant qu'un obus nous tombe sur la gueule. Sympa.

Bon après le gameplay en lui-même, c'est du Ubi Soft, qui traîne ses tares habituelles. Les mecs sous couvert de réalisme arrivent avec une maniabilité pas du tout marrante voire reloue. Du genre obliger à mettre l'arme à l'épaule pour viser (iron sight on appelle ça); le problème c'est qu'alors l'arme prend tout l'écran et c'est bien dur de se rendre compte si on est train d'allumer notre cible ou juste à côté d'elle. En plus visuellement ça prive complètement de profiter de la violence graphique des impacts. Les armes sont tout à fait imprécises sans iron sight. C'est assez spectaculaire d'ailleurs, à deux mètres d'un mec on peut le louper si on ne juge qu'au viseur (à activer dans les options). De plus, les armes ont un comportement "rigide" : leur recul est grave scripté et on n'a jamais l'impression de les contrôler vraiment. C'est assez difficile à décrire mais le feeling est mauvais. En plus il faut quinze balles pour tuer un gadjo. De l'Ubi Soft tout craché.

On trouve quelques subtilités qui participent à l'expérience, les armes à acheter et à améliorer chez l'armurier, les partenaires qui vous aident pour vos missions et peuvent vous sauver la mise lors de situations périlleuses. Partenaires auxquels il faudra faire attention car plutôt vulnérables...

Bon, comme c'est Ubi on a aussi droit à de jolis décors qui jouent pour beaucoup dans la réussite du trip de l'aventurier dans la Savane. En conclusion c'est pas un jeu inintéressant, vous pouvez le faire, avec de la patience et de l'ouverture d'esprit. N'y allez pas en attendant je ne sais quel autre jeu, GTA ou un FPS, FC2 est une expérience à part et j'ai été assez content de ce que Ubi Montréal est arrivé à produire. Une expérience originale à plus d'un titre.

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