Mirror's Edge sur Xbox 360, le test de seblecaribou

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Run Faith run!

Les Yamakasis, au delà de nous avoir gratifié de l’un des plus mauvais films de l’histoire du cinéma, ont promu une discipline née en France et nommée le Parkour. Les pratiquants de l'art du déplacement sont de jeunes athlètes qui font de l’environnement urbain un terrain de jeu, ou chaque déplacement engage des mouvements et sauts spectaculaire. En 2008, EA nous propose de nous y mettre tranquillement installé dans notre canapé par le biais d’un jeu, Mirror’s Edge.

 

Mirror’s Edge fut au départ annoncé comme un fps qui repousserait les stupides limites des murs invisibles, ceux qui si souvent empêchent de se balader librement dans les décors. A coup d’images spectaculaires, de sauts, de bastons et d’un soupçon de shoot, le jeu a rapidement enthousiasmé du monde, jusqu'à ce que beaucoup déchantent car au final Mirror’s Edge n’est pas un fps révolutionnaire mais un jeu de plateforme à la première personne. Risqué ? plutôt oui ! Le jeu débarque dans les moins bonnes conditions possible (un noël blindé de grosses sorties), avec un marketing un peu douteux (un vague spot télé) et un concept que beaucoup n’ont pas compris, il est rapidement passé à la trappe d’un point de vu vente. Et une chose est sure, c’est bien dommage !

 

C'est juste histoire de dire qu'il y en a une...d'histoire

 

Bon enfonçons des portes ouvertes, clairement le jeu vaut le détour mais certainement pas pour sa puissance narrative. L’histoire inexistante, ou incompréhensible, met en scène des personnages sans charisme que l’on n’appréciera pas, soit parce qu’ils ne dégagent rien, soit parce qu’ils sont inutiles, soit parce qu’ils sont à peine mentionné. Les cut-scenes en animation sont à la fois peu passionnantes et assez douteuses d’un point de vu purement artistique et le tout semble n’être qu’un prétexte pour nous faire courir d’un point A à un point B. Le retournement final est cousu de fil blanc si on suit ce qui se passe ou alors passe complètement inaperçu tellement on ne prête aucune attention à la trame, ce qui a été mon cas.

 

C'est éblouissant (littéralement)

 

D’un autre côté si aucun soin n’a été apporté au background, la réalisation quand à elle est plus qu’honorable. Le personnage principale déjà est plutôt bien designé (même si cela reste une question de point de vu) et si on ne la vois en entier que lors des cut-scenes, la vue à la première personne permet de voir le corps de son personnage, ce qui pour une raison qui m’est inconnue est une chose très rare dans les FPS en général. Ce détail permet de bien se mettre dans la peau de l’athlète, et chaque sprint, saut, glissade, roulade et survol au dessus du vide se ressent et est appuyé par de petits artifices, comme le blur sur les bords de l’écran les effets de caméra ou les divers bruitages de Faith. Un point d’ailleurs sur la bande son très bien calibrée, et les musiques réussies, le travail est ici vraiment notable et participe grandement à l’immersion.

 

Les animations corporelles sont réalisées avec soin, et l’ensemble des graphismes , s’ils n’explosent pas les limites techniques, sont très agréables. Les décors épurés ont vraiment un charme et permettent un level design inspiré qui donne au gameplay toute sa saveur.

 

 Si on te dit saute d'un toit tu le fais? Plutôt deux fois qu'une!

Parlons en donc du gameplay, puisque ici plus qu’ailleurs, c’est le cœur du jeu. On a une touche dédiée au saut, une pour s’accroupir (qui combiné avec le mouvement devient une glissade) et deux pour le combat rapproché (désarmer et frapper l’ennemi). C’est une évidence dès les premiers face à face avec la police, vous n’allez pas aimé vous battre. Le système de combat est brouillon et frustrant. On ne ressent pas grand chose lorsque l’on frappe un ennemi, tout juste on appréciera de pouvoir le désarmer avec style. Le timing pour le désarmement étant parfois restreint, les développeurs ont ajouté une touche servant à ralentir l’action: sympathique bien que dispensable, on s’en servira peut être plus pour assurer un saut longue distance. Quoi qu’il en soit une fois l’ennemi désarmé, on se retrouve avec une arme à la main et l’on sent vite que cela encombre notre héroïne plus qu’autre chose. La plupart du temps on vide le chargeur sur le policier à qui on vient de mettre la honte ou on balance purement et simplement l’objet du crime, car on ne le répètera jamais assez Mirror’s Edge n’est pas un shooter.

 

Finalement ce que l’on retient vraiment du gameplay c’est les déplacement. Car c’est de ça dont il est question dans Mirror’s Edge. On court parfois poursuivie, parfois juste pour aller au point de l’objectif (dont on se fout royalement) et là c’est un vrai bonheur. Plus on joue et plus les courses deviennent fluide et rapide. Comme je l’ai déjà évoqué le level design est impeccable et laisse la place à l’intuition. Les sensations sont excellentes. J’ai moi même plusieurs fois retenu mon souffle durant un saut en priant pour que ça passe sans dommage. Mais malgré son gameplay dynamique et parfaitement calibré, on tombe et souvent, c’est mortelle.

 

Oldschool Baby!

Mirror’s Edge acquière du coup au bout d’une demi heure environ un goût de jeu oldschool en terme d’approche. Tout le jeu repose sur la dynamique du die and retry. On apprend par cœur le parcours (ou parkour) et on essaye de le faire le plus vite possible ou au moins de la manière la plus précise. Il n’y a en générale qu’une manière ou deux maximum d’atteindre le point B depuis le point A et finalement chaque mission ou chapitre est juste un run, non chronométré pour la partie "histoire". Certains apprécieront d’autre pas, mais il est clair qu’une fois finis on a envi de recommencer pour tout faire à la perfection. Je conseille d’ailleurs de désactiver les aides visuelles (qui mettent en rouge les éléments de décors permettant de progresser) cela donne plus de saveur au jeu.

 

"Il y a une séance dans un quart d'heure, ça te dit?

- Bah je finis Mirror's Edge et j'arrive..."

A noté enfin qu’il est heureux que le jeu laisse la place à la progression et la rejouabilité si l’on accroche, car la durée de vie est tout bonnement ridicule. Le mode histoire se fracasse en 6H en lambinant la première fois, puis se fait aisément en moins de 5H si l’on refait en le connaissant sur le bout de ses chaussures rouge. C’est très court…

 

 

En définitive, Mirror’s Edge est un ovni loin de la perfection. Avec une durée de vie risible et un scénario au ras des pâquerettes, on sent que l’attention n’a pas été apporté au background où à la variété des défis, mais avec une plastique très agréable (encore plus détaillée sur PC), une bande sonore irréprochable, et un gameplay parfaitement calibré dans le domaine qu’il vise (la plate-forme) le jeu parvient à accroché longtemps et donne des sensations réelement nouvelles, tout en se reposant sur une structure très oldschool. Le parkour sans danger de se péter un membre c’est possible, merci EA et DICE.

 

 

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