Mirror's Edge sur PlayStation 3, le test de Kokoro

Publiez votre test
Signaler
Kokoro
6
Kokoro PS3

Le jeu casse gueule

Qui n'a jamais rêvé d'escalader des immeubles, de sauter d'un toit à l'autre, avant de se laisser tomber dans le vide pour se rattraper au dernier moment à un rebord? Pas moi en tout cas, car j'ai un peu le vertige! Mais cela ne m'a pas empêché de jouer à Mirror's Edge, une nouvelle licence lancée par Electronic Arts en 2009. Mais Mirror's Edge est bien plus qu'une nouvelle licence, c'est aussi un nouveau genre de jeu, ou plutôt un mélange inattendu entre deux genres: le jeu à la première personne et le jeu de plate forme. Le résultat est il à la hauteur des tours que l'on escalade ou a t on un jeu aussi plat que la poitrine de l'héroine? Réponse tout de suite!

 

 

La première chose que l'on peut se demander sur ce jeu, c'est évidemment ce que cela donne manette en main. Inutile de vous cacher que durant les premières minutes, on est un peu déboussolé. A moins d'avoir déjà joué à la démo, qui représente d'ailleurs le tutoriel du jeu. Les vieilles habitudes ont la peau dure, et la touche de saut placée sur une gachette au lieu de l'habituel bouton croix, ca fait bizarre. Mais il le fallait bien. Pour nous permettre de nous déplacer efficacement mais aussi de réaliser les plus belles acrobaties, les développeurs de Dice ont opté pour une configuration simple mais efficace. La touche L1 est ainsi attribuée aux sauts, la touche L2 permet de s'accroupir ou de faire une roulade pour bien retomber quand on saute de haut, la touche R1 de se retourner rapidement, et les deux joysticks conservent leur rôle habituel: se déplacer pour le gauche, regarder autour de soi pour le droit. C'est autour de ces commandes que tourne tout le jeu. Il faut savoir que la touche pour s'accroupir sert aussi à glisser lorsque l'on court, pour par exemple passer sous un objet que l'on ne peut escalader. On peut également courrir sur les murs, s'accrocher à des tuyaux ou des rebords, se balancer, glisser le long d'un fil, etc... Bien sur si le saut restera l'action la plus courante, le level design réussi du jeu vous poussera à effectué des actions de plus en plus compliquées au fur et à mesure de la progression. Si on pouvait avoir quelques craintes sur la difficulté à savoir à quel objet on peut s'accrocher ou pas, les développeurs ont eu la bonne idée de nous donner des indices via un code de couleur. Ainsi dans la ville les couleurs dominantes sont claires. Les objets qui apparaissent en rouge vif sont ceux qui vous permettent de progresser, que vous pouvez utiliser pour sauter, vous accrochez, etc... Ce système baptisé sens urbain, vous permettra facilement d'identifier vos prises et le chemin à emprunter, et est plutôt bien pensé car on pourrait mettre pas mal de temps avant de trouver la solution sans cette aide. Toutefois il est important de préciser qu'on peut le désactiver et qu'il n'est pas disponible dans le mode de difficulté le plus élevé. D'ailleurs en parlant de difficulté, Mirror's Edge n'est pas un jeu simple. Le jeu demande en effet quelques bons réflexes et une certaine précision, sous peine de mourir très rapidement, car un saut raté à 100 mètres du sol, ca ne pardonne pas. Cependant si certains passages compliqués vous rendront parfois dingue, il n'y a rien d'impossible, enfin, en ce qui concerne le coté plate forme. Mais assez parler du gameplay, parlons un peu des sensations, car c'est important quand même. Si on aurait pu craindre que le mélange FPS/plate forme soit injouable ou rende certaines personnes malades, il n'en est rien. Au début ca fait un peu bizarre, car tous ceux qui jouent aux FPS savent que les sauts dans ce genre de jeu sont généralement très peu précis, mais tout est fait dans ME pour que l'on ressente le corps du personnage que l'on incarne. Quand Faith court, on a une bonne impression de vitesse avec un champ de vision qui se floutte un peu et les bruits de sa respiration, qui s'accélère Quand elle tombe, elle a un petit cri de douleur. Il arrive qu'on s'accroche à moitié à un rebord, et qu'on parte en arrière avant de se raccrocher, pour de bon cette fois, de justesse. A certains moments même, alors qu'on veut en faire de trop, on tombe, sur le dos. On peut aussi voir tout son corps,  souvent ses mains et avant bras, et même ses pieds! Cela contribue donc à renforcer l'immersion, et quand on court, on se sent presque "vraiment" courir. On fini même pas connaitre les limites de notre personnage, et par exemple se dire "ca va être tendu là niveau distance" ou se féliciter d'avoir réussi un enchainement de mouvements compliqués. Les sensations sont donc très bonnes.

 

Mais si l'aspect plate forme est plutôt réussi, ce n'est pas le cas pour tout... Bien que la majorité du temps on cherche à fuir les ennemis, il est aussi possible de se battre, on a parfois pas trop le choix d'ailleurs. Le système de combat à mains nue n'est pas si mal. La touche R2 sert à donner un coup, et peu se combiner avec une glissade, un saut ou même après un mouvement acrobatique pour encore plus d'effet. La touche triangle sert quant à elle à contre attaquer lorsqu'un ennemi tente de vous attaquer au corps à corps, et a pour effet de le désarmer et de le mettre KO. Cela demande de bons réflexes, sauf si vous stoppez le temps avec la touche carré. Ce "pouvoir" se recharge automatiquement lorsque vous faites quelques acrobaties. Faire une prise à un ennemi signifie aussi s'emparer de son arme. On ne garde jamais longtemps une arme car on ne peut plus s'accrocher à tout lorsqu'on l'a en main, logique. Mais de toute facon le mieux est encore de ne pas les utiliser, car cette partie du jeu est clairement mal faite. Que ce soit les armes, qui ont un design simpliste, ou les sensations que l'on ressent en tirant, on voit bien que cela n'a pas du être très travaillé. Mais après tout c'est un jeu de plate forme avant d'être un FPS. En ce qui concerne les ennemis, qui ne sont pas très variés (deux types  d'ennemis...), ils ne sont pas à sous estimer. Trois balles peuvent avoir raison de vous, et un coups encaissé au corps à corps sera généralement synonyme de mort. En plus de cela ils sont résistants. Tout semble clairement fait pour qu'on évite le combat au maximum, et que l'on cherche plutôt à s'enfuir.

 

Si seulement il n'y avait que la partie armes à feu du jeu qui était ratée... Honnêtement, j'ai voulu croire en ce jeu, jusqu'au bout, car j'apprécie le fait qu'EA ai voulu nous proposer quelque chose de neuf et original. Mais, malheureusement, il y a de nombreux défauts dont je ne peux faire abstraction. Le scénario par exemple. Autant vous dire tout de suite qu'il est raté. Dans une ville où les gens ont renoncé petit à petit à leur liberté au profit d'une meilleure sécurité et donc d'une vie paisible et banale, les messagers se déplacent sur les toits pour délivrer des informations ou faire des courses. Ils sont employés par les personnes qui ne souhaitent pas vraiment se soumettre aux autorités. C'est pratiquement tout ce que je trouve à dire en fait. Car il n'est jamais vraiment dit le role précis des messagers, ni qui sont les clients. Même les ennemis ne sont pas travaillés, le maire de la ville, que l'on peut supposé être un dictateur en puissance, n'apparaissant même pas. Et autant vous dire tout de suite que le scénario est très quelconque, avec un coup monté classique au possible et des retournements de situation que l'on sent venir à dix kilomètres (pas dur de devenir en même temps, vu qu'il n'y a que 10 personnages...). Tout cela semble juste être un prétexte pour expliquer notre aisance à se déplacer si agilement. Faith dit que la ville est devenue sans ame. Malheureusement elle a raison. On ne croisera jamais aucun civil, même sur une rame de metro, tout semble désespérément vide, en dehors de nos ennemis et des quelques messagers qui nous servent d'amis. D'ailleurs c'est le jeu en général qui est sans âme. On apprendra jamais rien de plus sur nos compagnons, tout juste aura t on quelques phrases pour en apprendre plus sur Faith. Rien n'est développé, aucune information sur la ville, de documents à récupérer. Mais la partie histoire semble clairement avoir été baclée, et c'est dommage car le design de personnages était réussi. Mais non seulement il y en a très peu (certains sont même juste cités sans jamais apparaitre), mais en plus ils ne sont absolument pas travaillés. Du gachis si vous voulez mon avis. Autre déception, mais plus personnelle cette fois, car on ne peut pas vraiment faire cette critique au jeu. C'est dommage que le jeu soit découpé en missions. Je trouve qu'il aurait gagné à nous proposer un peu plus de liberté, nous laisser nous promener entre deux missions, défier d'autres messagers dans des courses, ce genre de choses. Ca aurait empecher le jeu d'être aussi linéaire. Si on peut aller de plusieurs manières à un endroit lorsqu'on se déplace en ville, on ne peut pas  vraiment se déplacer librement. De plus, il y a une très grande répétitivité dans les objectifs de mission, car une mission consiste en général à aller d'un point A à un point B, puis de s'enfuir du point B en question. Et malheureusement, cela pour toute les missions. A aucun moment on nous demande une chose en particulier, on doit juste bouger. C'est certes l'essence même d'un jeu de plate forme, à condition cependant qu'il soit en 2D. Ici, ca ne le fait clairement pas, et un peu de diversité n'aurait pas fait de mal, je pense à des enigmes ou des pièges, typique de ce genre de jeu. Mais ici, rien que de la "course". Surtout que le jeu à un autre gros défaut. Sa durée de vie est vraiment risible. Il y a neuf missions, que l'on bouclera facilement en 6 heures... Linéarité, durée de vie très courte... Malheureusement, Mirror's Edge semble n'avoir hérité que des défauts des FPS. Certes il y aura une trentaine de parcours qui vous proposeront de mettre vos capacités et vos réflexes à l'épreuve et les niveaux rejouables en contre la montre, ainsi que quelques malettes cachées dans les niveaux qui débloqueront des illustations, mais c'est une facon déguisée de rallonger la durée de vie artificiellement... Impossible donc de ne pas être décu, tant on a l'impression que le jeu a été fait sur une bonne idée mais qu'au final il n'y a rien autour. C'est vraiment dommage.

 

 

Bien qu'il soit original et offre de très bonnes sensations lors de ses phases de plate forme, Mirror's Edge est une réelle déception pour moi. Car un concept, aussi bon soit il, ne suffit pas pour faire un jeu. Le scénario inintéressant, certains aspects peu travaillés comme l'univers, les personnages ou les phases de tir, la répétitivité des missions et la durée de vie misérable sont de trop nombreux défauts qui finissent par gacher l'expérience de jeu. Alors certes, Mirror's Edge est unique et propose de nouvelles sensations, mais le problème c'est qu'il ne propose que ca, au détriment de tout le reste. Finalement le succès mitigé du jeu est peut être plus lié à sa qualité qu'à son statut de nouvelle licence. Prévu pour être une trilogie, il ne reste plus qu'à espérer que Dice redresse la barre et nous propose une suite plus réussie, et surtout plus enrichie.

Ajouter à mes favoris Commenter (6)

Vos tests de Mirror's Edge

Reppa
Culte (X360)
Reppa
10
tous les tests