Gears of War sur Xbox 360, le test de BlackLabel

Publiez votre test
Signaler
BlackLabel
1
BlackLabel X360

Les premiers seront les derniers

Les graphismes dans le jeu vidéo, c'est souvent capital. Pas toujours, évidemment, puisqu'il existe des exemples de très beaux jeux qui se sont viandés, faute d'un bon système, ou parce que bouderie des joueurs qu'on s'explique mal. Gears of War lui a été le premier jeu qu'on appelait à l'époque "next gen", du moins le premier à se démarquer. Avant ça, on faisait face à des titres graphiquement plus costauds que sur PS2, mais il n'y avait pas encore eu ce cap visuel qui fait dire "Là on tient de l'inédit". Argument recyclable à toute les nouvelles gens, on avait l'impression de voir un film (comme avec un jeu Star Wars à l'époque de la GC). Alors oui aujourd'hui le jeu semble monotone, gris et flou, mais on ne peut pas lui retirer d'avoir été le premier à marquer le coup visuel.

Pour le reste... À quoi tient son succès ? Honnêtement, je n'en sais rien. Personnellement, lorsque j'ai eu ma PS3, mon premier jeu next gen a été Dark Sector, un clone de Gears of War ; décors ternes monochromes qui semblent répétitifs, TPS mou et lourd où on enchaîne les gunfights chiants et statiques en vidant des chargeurs dans des arènes peu inspirées. Après la claque graphique (je passais à une autre génération), il m'est resté un jeu que je n'ai jamais terminé parce que j'avais l'impression d'y avoir joué déjà 1000 fois. Alors Gears lui offre quand même la coopération et le multi en ligne sur console de salon, ce qui existait déjà sur la gen précédente mais sans être aussi accessible. Ok. Sauf que la coop se résume à jouer à plusieurs à un jeu mou et chiant. La coop de la campagne n'a rien de pertinent (des chemins alternatifs qui se résument à des choix gardgets), le multi garde la lourdeur du gameplay.

On joue des militaires gros et carrés qui flinguent des E.T. gros et carrés (les locustes). L'histoire ? Un mec sort de prison et flingue des locustes, à un moment il va chercher une bagnole et flingue des locustes, à un autre il va dans une usine et flingue des locustes. Ça se passe sur quelle planète ? Pourquoi on fait ce qu'on fait ? Je sais pas. Les dialogues sont virils et cons, et le doubleur FR du héros, dont la voix colle pas, double facilement 4 ou 5 persos différents (en changeant sa voix mais c'est flagrant et ça fait cheap), parfois dans la même scène on l'entend de deux bouches différentes.

Le jeu se résume à vider des chargeurs depuis une couverture. Y'a peut-être un chapitre où on ne flingue pas tout de suite, mais comme on ne fait que marcher (sans exploration), c'est un passage à vide. Au bout d'une heure quinze de jeu, je rencontre un boss, un des rares passages réussis. Mais il arrive trop vite. En nous assommant sous d'incessants gunfights, le jeu doit essayer de renouveler son bestiaire, ses situations ; donc, par exemple, après les ennemis qui nous court dessus, on a les ennemis qui nous courent dessus... et explosent... Vers la fin on fait face à "l'élite" locuste, c'est-à-dire des ennemis gros et carrés qui demandent de vider deux chargeurs.

Avec sa structure compacte et étouffante, son unique gimmick de gameplay peu attrayant et qui ne varie qu'artificiellement, le jeu est incapable de poser une ambiance autre que la monotonie, et les boss, classiques et fonctionnels, sont moins des desserts qui concluent magistralement un menu réussi, que des rafraîchissement au milieu d'un repas morne, comme si on prenait un peu de vin après avoir avalé 5 sandwichs au pain.

Gears of War, modèle d'une génération, n'a pas d'histoire à raconter, pas de DA à proposer, pas de décors convaincants, ni de gameplay stimulant. Mais graphiquement, il a été le premier.

Ajouter à mes favoris Commenter (1)

Vos tests de Gears of War

tous les tests