BioShock sur Xbox 360, le test de Panckoucke

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Panckoucke
6
Panckoucke X360

Bioshock, quand les bonnes idées tombent à l'eau

Cinq ans ! Cinq ans pour qu'enfin je découvre ce jeu dont on a m'a tant vanté les mérites.
Et malheureusement, navré d'avance, je n'ai pas eu l'impression de rencontrer ce que tout le monde s'est accordé à appeler une oeuvre majeure.

Je dois pourtant reconnaitre que j'ai été bluffé par l'univers qui entoure ce jeu. Le travail de recherche historique et de direction artistique est magistral. Les membres de la "faune" locale interagissent entre eux d'une façon fort crédible. Vraiment on s'y croirait. L'ambiance est unique, d'ailleurs j'en ai encore des frissons.

Mais ne me dites pas que ce jeu tutoie le cinéma ou la littérature. Pour moi, le scénario est bidon. Transcrivez ça au cinéma et vous n'obtenez qu'un lamentable film SF de série B. Les ficelles sont trop grosses et en aucun cas je n'utiliserais le mot "subtile" (souvent rencontré dans la presse) pour qualifier ce scénario. Pourtant la base était prometteuse. L'Histoire de l'utopie de Rapture, cité sous-marine des années 60 aurait pu être le commencement d'une aventure palpitante. En fait, c'est l'aventure du héros qui est tout à fait invraisemblable. A ce niveau, Bioshock tombe dans l'éternel panneau de la plupart des jeux : il faut que le héros ne soit pas là par hasard. Il faut que tout soit lié. Résultat, un scénario à la mort-moi-le-noeud. Il est temps que les studios de jeu vidéo se paient les services de vrais scénaristes.

La narration, qu'on nous a présentée comme incroyable, laisse, elle aussi, à désirer. Elle est d'abord polluée par ces absurdes et interminables recherches d'objets à travers les niveaux  (là on ressent les 5 ans d'age!). Ensuite, détail technique, les enregistrements, pour peu qu'il y ait de l'action sont inaudibles. Défaut de mixage qui empêche de tout entendre correctement. Et comme toute la narration passe par cette radio, c'est, vous en conviendrez, regrettable.

De plus, le jeu manque, à mon avis, cruellement de phase de respiration. C'est à dire qu'à tout moment, le joueur est prêt à en découdre avec un infâme chrosome. D'autant plus dommage que cela empêche de s'extasier davantage sur l'environnement et sur le souffle qui en émane.
Mais le pire (et attention, là je spoile), c'est ce sempiternel coup du pantin dont sont friands les créateurs de jeu vidéo. C'est toujours la même chose. On se fait manipuler depuis le début et le méchant n'est pas le vrai méchant tout comme le gentil n'est pas aussi gentil qu'on le pensait. Quand je lis dans les critiques "narration révolutionnaire", j'avoue que je tombe des nues. Tous les jeux à l'ambiance travaillées nous servent ce coup de théâtre à toutes les sauces! Je pense qu'il est grand temps de passer à autre chose.

Autre défaut : la profusion. Il y a trop d'éléments. Ne serait-ce que dans les attributions du personnage. C'est gargantuesque. Plasmides, armes, renforcements, manufactures, adam, piratage (dont la répétitivité du système n'a d'égal que son non sens total (on pirate tranquillou un droide pendant que des ennemis vous canardent sans perdre un gramme de vie)). Non, vraiment, trop c'est trop. Le joueur, au lieu de se laisser posséder par l'ambiance, est distrait, si ce n'est oppressé par la quantité d'informations qu'il reçoit. Je suis un gamer aguerri, donc j'ai pu surmonter tout ça. Mais un joueur peu expérimenté ne peut en aucun cas surmonter la frustration des premières heures de jeu. Aucune chance qu'il n'aille jusqu'au bout. L'art doit être accessible. Un jeu si complexe ne peut prétendre à l'art.

On m'avait vendu des choix éthiques. Des choix? A aucun moment je n'ai eu l'impression que récolter un peu ou beaucoup d'adam sur les petites soeurs (oui car c'est ça en fait le "choix")  influent sur l'histoire. Renseignements pris, ils n'influent que sur la cinématique de fin.

Bref, désolé les amis, mais Bioshock n'a pas su m'émouvoir. En fait, il m'a davantage frustré par ses archaismes. D'autant plus que le potentiel de l'univers était immense. Ce qui n'a fait, décidément, que me décevoir. Peut-être que les critiques de jeu vidéo devrait lire davantage et voir plus de films car du coup, tellement habitués aux Call of Duty et autres jeux d'action, ils pensent rencontrer un chef d'oeuvre dès lors qu'un jeu quitte légèrement les sentiers battus. Les gamers ont en effet ce défaut d'être très peu exigeants sur le scénario et la narration des jeux.

La vérité, c'est que Bioshock est à l'image du jeu vidéo en général. Il lui manque le principal pour tutoyer les arts, puis peut-être, Dieu : une narration digne de ce nom. La narration c'est la manière dont est contée l'histoire. Ca ne comprend pas que les dialogues ( ici la radio) ça désigne aussi toutes les mécaniques de jeu. En l'occurrence, chercher des objets aux quatre coins de la carte assassine la narration et condamne Bioshock aux profondeurs antédiluviennes dont le jeu vidéo a décidément beaucoup de mal à s'extirper.

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