A Plague Tale : Innocence sur PC, le test de Abilou

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Abilou
1
Abilou PC

Un jeu qui ne m'a pas du tout convaincu

L’histoire :

Amicia de Rune a un petit frère malade et il faut le soigner.

Le contexte :

La France est ravagée par la Peste Noire et des « Inquisiteurs » parcourent les rues pour terroriser les braves gens.

Après y avoir joué plusieurs heures (j’ai fait 15 chats pitres sur les 17 que propose le jeu), je suis en mesure de dire que je suis assez déçu.

Les avis sur le jeu étaient pourtant dithyrambiques (tous sites confondus) … Je ne comprends pas en quoi le jeu mérite ces éloges…

Les émotions :

=> Le jeu manque d'émotions (et pourtant je suis quelqu'un que l'on qualifie généralement d’assez émotif)

=> Les personnages sont bien peu attachants (voire parfois franchement agaçants)

 

Les graphismes :

=> Les graphismes du jeu ne sont franchement pas terribles. Et j'ai pourtant tout mis en ultra ! Pour un jeu de 2019, on était en droit d'attendre bien mieux ! Beaucoup de jeux depuis 15 ans parmi lesquels Assassin's Creed (2004), Mirror's Edge (2007), Mass Effect 2 (2010), Mass Effect 3 (2012), Tomb Raider (2013), Rise Of The Tomb Raider (2015), Hellblade : Senua's Sacrifice (2017), Detroit : Become Human (2018) ou encore Shadow Of The Tomb Raider (2018) ont fait beaucoup mieux que ce jeu de 2019 !

 

La cohérence :

Côté cohérence, ce n'est pas brillant non plus :

=> Hugo (le petit frère d’Amicia) est quasiment mourant à un moment donné, et pourtant, sans être soigné, la seconde d'après il court et rit comme s'il n'avait jamais été malade...

=> Lucas, un jeune garçon est aux côtés de son père Laurentius atteint de la Peste... Mais lui, Lucas, il va bien, la super forme même ! Contamination ? Jamais entendu parler !

=> Hugo voit des montagnes de cadavres, il sait que les rats et l'Inquisition sont après lui, il sait que ses deux parents et son chien sont morts, mais pourtant, il s'amuse comme s’il se trouvait dans un parc d’attractions !!...  Euuuh, même quand on a 5 ans, quand il y a du danger, de l’horreur et de la souffrance, on les ressent !! On y est peut-être même encore plus réceptif que quand on grandit !

=> C'est après une très longue marche au milieu de cadavres, de rats et des féroces gardes de l'Inquisition que Hugo est visiblement dévoré par le mal qui l'habite... C'est à un tel degré qu'il ne semble pas en état de pouvoir tenir plusieurs heures. Pourtant Amicia et Lucas décident de revenir à la maison des de Rune (la famille d'Amicia et de Hugo) d'où Hugo et Amicia sont partis au tout début du jeu, pour y trouver un remède. N'aurait-il pas été plus simple, plus logique et plus rapide de faire demi tour avant ? Le temps est raccourci dans le jeu, mais pour parcourir la distance que les personnages ont parcourue, il faut au minimum plusieurs jours. Vu l'état de Hugo, il ne devrait jamais tenir aussi longtemps. Le fait de retourner au point de départ, compte tenu de la distance et de tous les obstacles rencontrés à l'aller, ce n'est absolument pas cohérent.

 

La crédibilité :

=> Il s'agit là d'un grand problème du jeu : il manque assez cruellement de crédibilité… tout est dans la démesure. Les rats font trembler la terre comme un séisme de 7 sur l'échelle de Richter et dévorent tout ce qui bouge en 1 seconde 5 dixième ! On nous prend vraiment pour des buses ! Les rats, même à l'époque de la Peste noire ne dévorent jamais leurs proies aussi vite, surtout si elles font plusieurs fois leur taille (humains, chevaux, cochons) ! Des fois, je me demande si les développeurs du jeu ne nous ont pas pris tous pour des Hugo ! (en passant, les rats, les vrais, ne s'attaquent jamais à des êtres vivants (qui plus est plus grands qu'eux, ils en ont peur, justement !))

=> Le langage est hyper contemporain, pas du tout médiéval ! Ca casse pas mal l'immersion, la crédibilité d'entendre des gens dire au Moyen-Âge "Putain, merde ! Fait chier !"

=> Il est assez inquiétant que le jeu tente de nous faire croire qu’une fille de 14 ans et un gamin de 5 ans (qui est assez bruyant et dangereusement insouciant) réussissent à berner toute une armée adulte, et qui plus est avec les mêmes bonnes vieilles méthodes de diversion déjà très connues et depuis bien longtemps !

=> Il y a, dans le jeu plusieurs séquences où Hugo est à l’agonie à un moment donné, et sans être soigné, la seconde d'après il court et rit comme s'il n'avait jamais été malade !

=> Pour faire diversion, il faut lancer une pierre parfois à droite, parfois à gauche… et parfois à droite et à gauche successivement quand les gardes sont côte-à-côte. L’un partira à droite et l’autre à gauche, car les gardes, trop gourdes pour éviter de tomber dans un panneau pourtant gros comme une maison, en plus d’être sourds comme des pots puisque le premier garde qui commence seulement à s’éloigner pour voir d’où vient le bruit, n’entend pas qu’il y a eu un autre bruit juste après, mais cette fois, dans la direction opposée…

=> Après un parcours interminable, Amicia parvient à rejoindre l'université. Celle-ci est présentée comme un haut lieu de savoir, un lieu regorgeant de livres de la connaissance... et l'on apprécie ce respect témoigné à la culture... Et tout d'un coup, tout cet apparent respect s'effondre brusquement lorsqu'Amicia rencontre Rodric et que tous deux tombent sur le précieux livre d'alchimie qui permettra à Amicia de soigner son frère. Ce livre était si précieux, ce qu'il contenait était si dangereux s'il tombait entre de mauvaises mains que le père de Rodric l'avait puissamment protégé par des mécaniques complexes, des murs épais et des portes lourdes. Arrivés sur place, Rodric prend le livre et le lance à Amicia "Tiens, attrape !" lui dit-il... Et là, tout se casse la gueule. Tout ce respect pour les choses précieuses et rares, tout cet égard pour la culture et la connaissance, tout cela disparaît d'un coup. Au niveau scénaristique, ce n'est pas mieux parce que cela se traduit finalement par "Ce livre si bien protégé n'a, en réalité, aucune valeur" !

 

Les personnages :

=> Là aussi, le bat blesse. Les personnages sont très loin d’être attachants, certains sont d’ailleurs carrément irritants… Hugo (ce Hugo, décidément, quelle invention !), bon d'accord, il est jeune, mais il ne faut pas confondre "jeune" et "idiot"...  Il sait qu'il y a un danger, il se montre discret le plus souvent (ce qui prouve qu’il a bien compris l’ambiance du jeu !) mais quand tout un village est à nos trousses et que l'on réussit à se planquer, duchnock tape du marteau et hurle, et lorsque sa s½ur essaie de le calmer, il se barre à toutes derzlingues et court comme un taré à travers les rues du village !

(Notez que j’aurais pu mettre ce passage tout aussi bien dans « la partie « La cohérence » ou « La crédibilité », mais cela fait également partie de ce qui énerve fortement le joueur (en tous cas moi) chez le gamin.)

Là, c'est le boulet de service que l'on se traîne tout le long du jeu et qui nous ralentit et plombe notre jeu terriblement ! On en vient secrètement à souhaiter qu'il lui arrive malheur… Malheureusement, le jeu ne permet pas de se débarrasser de ce petit emm… euh… de se débarrasser du petit Hugo ! :) ... en tous cas pas avant l'avant-dernier chapitre où on a finit par le remplacer par un autre gamin (Lucas) plus vif et plus intelligent que le Hugo qu'on nous avait collé pendant presque tout le jeu ! (Ouf ! Quel soulagement !!!) ... Mais ne crions pas victoire trop tôt, plus tard on n'incarnera plus Amicia mais Hugo (qui assez curieusement, une fois tout seul, comprend complètement le sens des mots "danger" et "discrétion" ! 

Mais, de toutes façons, comment voulez-vous que le jeu génère un sentiment d’attachement aux personnages (dont les liens sont d’ailleurs assez distants) ou même de l’empathie quand ailleurs il nous oblige à enfermer un cochon vivant afin de le faire dévorer par les rats sur l'air du "Désolée, on n'a pas le choix" prétexté par Amicia ? Il s'agit là d'une cruauté totalement gratuite, et qui n’était absolument pas indispensable au scénario du jeu. C'était juste pour mettre du gore. Comment voulez-vous que nous puissions ressentir des émotions en général et de l’empathie en particulier puisque ce n’est, apparemment, pas au menu ?

 

Le rythme du jeu :

Là encore, le jeu a un soucis : 

=> Le jeu traîne en longueur, le jeu manque cruellement de rythme.

=> Le duo obstacles/actions sont continuellement les mêmes : nuée de rats qu’il va falloir clairsemer (le plus souvent avec une torche ou une brindille allumée), pelletée de garde qu’il va falloir occuper. Les actions sont donc très répétitives et le jeu nous les sort en boucle : se cacher dans les hautes herbes et jeter une pierre plus loin pour faire diversion et dégager le chemin, disperser les rats avec du feu ou en leur offrant une proie à dévorer (cochons, mais aussi humains, tant qu'à faire ! Morts, cette fois, "heureusement").

 

L'humour :

Une nouvelle fois, le jeu pose problème…

=>  Il n’y a aucun humour dans les dialogues des personnages.

 

L'influence du joueur sur le scénario :

=> Si l'on exclut le game over, il n’y en a aucune : Aucun choix cornélien, aucune interaction décisive n’est proposée au joueur menant à une version alternative du scénario. Rien. 

 

Le scénario :

=> La trame scénaristique est assez basique et, je trouve, assez peu inspirée. Le scénario est simple, trop simple même, et n’offre aucun coup de théâtre, aucune surprise majeure, aucun retournement de situation. Tout est beaucoup trop lisse et linéaire. Comme dit plus haut, aucune alternative n'est prévue.

 

Les choix d'angles de vue de la caméra :

=> Petits soucis ici aussi. Il n'est pas rare de voir les personnages soient si proches de la caméra qu'ils se désintègrent complètement sous nos yeux. Ce n'est pas une erreur de manip' de la part du joueur vu que l'on retrouve également ce phénomène lors des cinématiques.

 

Les temps de chargement :

=> Autre problème du jeu, ce sont les problèmes de latence dans les temps de chargement. Les temps de chargement sont, en effet assez longs, plusieurs jeu vidéo de ces dernières années sont parvenus à les réduire mais apparemment pas A Plague Tale : Innocence.

 

La portée historique :

=> On aurait pu penser que le jeu se déroulant à l’époque du Moyen-Âge, nous apprendrions beaucoup de choses sur cette époque, mais en fait, pas du tout. Il s’agit d’un Moyen-Âge contemporanisé. Outre le fait que les personnages s’y expriment avec des expressions d’aujourd’hui et ne parlent pas le vieux françois, il y a plus grave…

L’Inquisition médiévale est ici, complètement revisitée... Alors que dans la réalité historique, c'était un tribunal ecclésiastique qui s’était fixé pour objectif de combattre ce que la doctrine catholique de l’époque considérait comme des hérésies, dans le jeu, aucune référence n’est faite à quelque tribunal que ce soit, et le sort des hérétiques n’est même pas évoqué, pas plus que le mot lui-même. L’Inquisition du jeu vidéo est juste là pour faire office de forces de l’ordre appliquant la loi martiale. Rien de plus.Cela pose donc un réel problème que le jeu dénature ainsi l’Histoire, qui plus est dans la période de vacuité culturelle assez alarmante que nous traversons.

 

Le gameplay :

=> Le gameplay (en tous cas sur PC) est assez laborieux.

 

La durée de vie :

=> Le jeu se traverse en 15h seulement (ce qui n'est pas beaucoup pour un jeu vidéo)

 

Les expressions faciales :

=> Les personnages sont très peu expressifs,les expressions faciales sont complètement négligées dans le jeu.Les yeux sont vitreux et sans expression, comme le reste du visage d'ailleurs.

 

Les 10 points de mon évaluation :

1. Graphismes

2. Scénario

3. Gameplay

4. Musiques

5. Immersion

6. Durée de vie

7. Rejouabilité

8. Dialogues

9. Émotions

10. Influences du joueur sur le scénario

Je déteste mettre des 0/10, j'ai désespérément tenté de trouver quelque chose qui puisse au moins faire gagner 1 point à ce jeu, dans la version précédente de mon test, je m'étais même efforcé de trouver les graphismes bons alors que je n'en pensais pas un mot.. J'ai vraiment voulu ne pas mettre 0.

J'avais mis 3, précédemment, au jeu, mais c'était du pif au mètre, une estimation rapide, mais si j'énumère chacun des points qui peuvent compter pour évaluer un jeu, je suis désoilé de le dire, mais celui-ci perd vraiment sur tous les tableaux... Dans mon évaluation personnelle, je ne suis donc pas parvenu à lui donner ne serait-ce qu'un point, mais sur Gameblog il n'est pas possible de noter un jeu en-dessous de 1/10 (ce que je peux comprendre car faire un jeu vidéo n'est pas chose facile, ça demande beaucoup de temps, de technique, de monde et d'argent pour l'élaborer.

Disons alors que ce 1 sur 10 est le mérite de son existence, même si ce point ne correspond à aucun des 10 points que j'ai mentionné dans ma liste.

 

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