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"Ce God of War est plus intime, plus personnel", notre interview de Cory Barlog

"Ce God of War est plus intime, plus personnel", notre interview de Cory Barlog

Par La Rédaction - publié le
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Il y a peu, nous avons pu nous essayer pendant de longues et belles heures aux prochaines aventures, accompagnées, de Kratos. Au terme de notre trip scandinave fait de démembrements et de patates divines, nous avons eu l'occasion de nous entretenir une poignée de minutes avec Cory Barlog, réalisateur sur cet épisode PS4 très attendu... L'occasion de discuter de Kratos, de certains choix du jeu, de paternité et de nom de famille.

Kratos, passé pour être présent dans ton futur

Gameblog : Pourquoi avoir ramené Kratos pour ce nouvel épisode ?

Cory Barlog : Aux prémices du développement, nous avons eu des discussions sur ce qu'est God of War. Kratos est-il intrinsèquement God of War ? Il est LE Dieu de la Guerre mais cela peut-il exister sans lui ? Nous sommes partis de ça et une idée me fascinait : celle de faire de cet anti-héros, détestable par moments, quelqu'un d'appréciable. Tout faire pour que quelqu'un qui le déteste ait de la sympathie pour lui à la fin du jeu. Ce genre de transition est un tel défi pour un scénariste ! C'est ce qu'il y avait de plus intéressant pour moi. Je ne voulais pas faire table rase. Il est certain que c'est compliqué de créer un nouveau personnage, mais je pense qu'il est encore plus difficile de tirer quelqu'un du bord du précipice.

Ce qui nous fait penser que sa longévité était envisagée puisqu'à la fin du tout premier épisode il était présenté comme devenant le Dieu de la Guerre de toutes les époques, on pouvait voir qu'il était derrière chaque conflit, y compris les guerres modernes...

C'est très intéressant. A la fin du développement du premier God of War, David Jaffe (lead designer et co-créateur, ndlr) a mis le doigt sur toutes les trames possibles en mettant cette vidéo en épilogue. C'était une façon de dire que personne ne pourrait toucher à quoi que ce soit. Je pense qu'on s'est détendus à ce sujet avec tous les volets parus, même si les réalisateurs ont du composer avec. Mais j'ai tendance à croire que tout ceci est bien canon, que Kratos ne peut pas mourir. Il sera là pendant un long moment. Mais beaucoup de choses peuvent arriver entre la fin de God of War sur PS4 et une période plus proche de nous.

Vous avez évoqué l'Egypte récemment. Mais peut-on vraiment envisager quelque chose de plus proche de notre temps pour un God of War ?

Oui ! J'ai creusé vers des histoires potentielles. Pour cet épisode, je me suis demandé ce que donnerait un God of War moderne, un God of War Maya... Il y a un énorme potentiel. Pour moi, il y a des possibilités de croiser dans le sens où les mythologies qui sont des créations culturelles séparées par la géographie. Chacune raconte la naissance de sa culture dans une partie isolée du monde. Et ça se passe au même moment. Ces dieux pourraient éventuellement interagir les uns avec les autres. Il y a des preuves, ou au moins des écrits, qui parlent d'interactions entre les dieux nordiques et les dieux romains.

Vous avez vous aussi une mythologie qui vous passionne davantage ?

J'ai surtout appris des choses sur la mythologie grecque à l'école. Les livres d'Edith Hamilton (historienne du XIXème siècle, ndlr) sont pratiquement obligatoires dans le cursus américain. Et puis, vous savez, Le Choc des Titans, ce spectaculaire et effrayant film de mon enfance, avec la Méduse... Les mythes nordiques sont aussi fascinants ! Mais c'est difficile d'en choisir une, elles sont toutes fantastiques.

Toujours concernant Kratos, pourquoi le placer dans un jeu sur la paternité, la famille... alors qu'il a massacré la sienne.

Je pense que ce qui nous a amené là c'est moi qui comprenais que la meilleure façon de raconter une histoire crédible c'est d'utiliser sa propre vie comme un miroir. En partant de ça, vous avez des interactions plus réelles. Je pense aussi que la période grecque de Kratos c'était surtout lui blâmant les autres pour ses problèmes, les pointant les autres du doigt en leur demandant de lui ôter ses visions, c'était surtout son inaptitude à ne pas prendre ses responsabilités concernant son passé. Je ne dirais pas que c'est un nouveau départ pour lui, mais il ne peut pas vivre dans le passé, accuser les autres. Il doit construire un meilleur avenir. Pour lui, avoir un enfant lui permet de faire mieux qu'auparavant, de montrer à son fils une meilleure façon d'être un dieu - en opposition avec ce qu'il a vécu avec son père, qui a essayé de le tuer. Cette sorte de cycle tragique de méfiance familiale, il veut le rompre. Je ne crois qu'il se soit dit qu'il voulait consciemment s'installer pour avoir un enfant. Mais l'enchaînement des situations l'a amené là, à se dire qu'il veut un meilleur lendemain.

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