Poste très intéressant (je ne suis pas d'accord avec abolument tout mais c'est bien le but d'un débat), mais je voudrais en particulier revenir là-dessus :
Kokoine, le 05/09/2007, 15:07, dit :
Mais on oublie un peu vite que dans les entreprises qui développent des jeux il y a avant tout des gens qui aiment créer.
Malheureusement dans le jeu video, faire ce qu'on aime ne fait pas toujours vivre. Pour être temporairement passé dans un tout petit studio de passionés, la passion, c'est bien, mais aujourd'hui un éditeur il ne te demande pas que tu aies fait ton jeu avec passion, il te demande des garanties que ton jeu va rapporter de l'argent. Il y a bien sûr les EA ou les Ubisoft capables de s'autoproduire et donc de faire ce qu'ils ont envie (et encore, pouvoir le faire est très loin de vouloir dire le faire, si les développeurs ont envie de faire un jeu de pétanque je pense qu'ils vont se faire jeter). Mais pour tout studio de taille inférieure, le jeu video est un monde où les éditeurs font la loi, pas les développeurs.
Gardons simplement l'exemple de Clover en tête : des jeux magnifiques, de passionés intransigeants (Okami redémarré from scatch après une première version qui avait adopté un rendu "réaliste"). Mais on leur a fait comprendre que créer, c'est bien, l'argent, c'est mieux. Car au bout du compte, n'oublions pas que le jeu video est aussi (surtout? peut-être bien malheureusement) un business.
Alors quand d'un côté on a des utilisateurs super exigeants, qui, pour être satisfaits, vont demander un jeu avec un budget de malades et un développement long et cher, alors que de l'autre, on a des utilisateurs en passe de devenir au moins aussi nombreux que les premiers à qui on arrive à vende une compilation de jeux du hors-série Télé 7 jours de l'été qui va être développé en deux semaines, la décision est facile à prendre. Même si le jeu se vend moyennement, le RoI reste tellement plus élevé qu'en tant que société, c'est une décision qui s'impose.
C'est là que je repars sur l'idée que les jeux casuals en eux-même, c'est très bien, mais que le phénomène de mode, s'il ne s'essouffle pas, risque d'avoir des conséquences assez dramatiques sur les chox des éditeurs.