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"Il y a de fortes chances que 2019 soit l'année de G2", notre interview de Scok au Six Invitational

"Il y a de fortes chances que 2019 soit l'année de G2", notre interview de Scok au Six Invitational

Par Eva Martinello - publié le
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À l'occasion du Six Invitational, l'équivalent des mondiaux sur Rainbow Six Siege du 11 au 17 février, nous avons pu nous entretenir avec le commentateur emblématique du jeu : Guillaume "Scok" Beck.

Guillaume "Scok" Beck commente Rainbow Six Siege sur la chaîne officielle française depuis 2016. Pour le troisième anniversaire du jeu au Six Invitational, qui s'est déroulé dans la ville de naissance du jeu (Montréal), il revient sur la compétition et le cast avec ses collègues, Sébastien "FuriouSG" Guérineau et Benjamin "Sixquatre" Leray.

Le début de la dynastie G2 Esports

Que représente le Six Invitational pour toi ?

C'est clairement l'anniversaire du jeu et de sa scène eSportive. Le tout premier Six Invitational a été le premier événement où Ubisoft a largement investi pour montrer sa proximité avec la communauté. Comme le dit l'équipe, c'est vraiment comme un festival, un lieu d'échange entre la communauté et les développeurs... et il grossit chaque année !

Est-ce que cette édition est différente de l'année dernière pour toi ?

Elle est beaucoup plus grande, mais le concept reste exactement le même : d'un autre côté, on a les meilleures équipes du monde réunies et de l'autre, un événement dans l'univers du jeu qui se déroule dans un stade de hockey, avec l'histoire du jeu dans les couloirs, des panels qui présentent les nouveautés aux joueurs... seule l'échelle a changé.

Est-ce que tu dirais que le public français, de son côté, a évolué ?

Malheureusement, il a dû aller chercher plus loin que les équipes françaises, car il n'y trouve pas son compte : ça fait bien longtemps qu'elles ne gagnent plus de compétitions, donc les fans se divisent entre toutes les équipes, qu'elles soient européennes ou de la région Asie-Pacifique. Il n'y a plus de grande ferveur derrière une équipe française qui se démarque, mais j'espère que ça changera.

Pour toi, qu'est-ce qui a manqué à LeStream Esport pour passer la phase de groupes ?

Pour moi, il leur manque de l'expérience. C'est une équipe qui est trop jeune et je pense que c'est clairement la pression de l'événement qui les a empêchés d'être au maximum de leur potentiel, car ils ont été en-dessous de ce qu'ils peuvent nous offrir. Ils sont sortis en phase de groupes, alors qu'on les attendait bien plus hauts dans la compétition.

Qu'est-ce que tu aimes particulièrement dans Rainbow Six Siege ? 

J'aime tout l'aspect stratégique autour du simple concept de jeu de tir, de FPS. Mais il y a aussi une autre dimension stratégique avec la destruction de l'environnement, qui offre la possibilité d'utiliser des techniques comme les travers. Il y a aussi le fait que le jeu d'équipe est primordial : ça ne demande pas que des mécaniques pures, un seul joueur très fort ne pourra pas faire gagner son équipe tout seul. Chacun doit jouer de concert pour que ça fonctionne, et c'est aussi ce qui le différencie des autres FPS du milieu et c'est, je pense, ce qui va faire vivre le jeu pendant longtemps...

Quelle est l'équipe qui t'a le plus marqué dans le tournoi ?

Nora-Rengo ! Cela fait un moment que je ne vois pas de choses nouvelles sur le jeu, dans le sens où ce sont toujours les mêmes équipes très sérieuses qui proposent un jeu professionnel... et là, on voit des joueurs qui dansent et qui ont une joie de vivre qui manque aux autres régions !

Pense-tu que 2019 va encore être l'année de G2 Esports ?

Il y a de fortes chances que ce soit l'année de G2. Ils sont au-dessus, car ils ont une maturité. Ils ont compris depuis longtemps comment travailler sur le jeu et ont une avance considérable sur les autres. Il y a 5 joueurs très bons, qui savent communiquer entre eux et faire abstraction de leurs échecs personnels. Autour d'eux, un coach et un analyste leur permet de gagner... encore plus facilement, j'ai envie de dire.

Les mondiaux dans le Montréal hivernal

Comment t'es-tu préparé pour ce tournoi ?

Comme pour n'importe quel tournoi : je me suis renseigné sur les équipes participantes, sur leurs affrontements passés et ce qu'ils auraient dû changer lors de ces matchs, ce genre de détails. J'essaie de me renseigner un maximum sur elles et je me prépare physiquement à l'événement : même si je peux toujours tomber malade le jour-même, je me prépare pour produire le meilleur cast en termes de débit, d'intensité et d'analyses.. 

Est-ce que tu dirais que tu as encore des moyens de t'améliorer après plusieurs années de cast ?

Je pense que c'est un peu comme pour G2 : s'ils se disent demain qu'ils sont la meilleure équipe au monde et qu'ils n'ont plus rien à apprendre, ils arrêteront de gagner. Pour un commentateur, c'est la même chose, il faut toujours s'améliorer et j'ai beaucoup de façons d'y arriver.

Était-ce un défi d'intégrer Sixquatre à l'équation pour ce tournoi-là ?

Pas du tout ! À partir du moment où tu ajoutes une personne qui a de l'expérience, qui sait s'exprimer et qui est motivé pour plancher sur l'amélioration d'un groupe de travail, c'est tout sauf un défi. 

Comment avez-vous travaillé le triocast, pour ce Six Invitational ?

Nous n'avons pas eu besoin de faire une session importante de travail ni de gros briefing pour la préparation parce que Furious, qui est mon duo de base, est quelqu'un qui sait parfaitement quand prendre la parole et quand se mettre en retrait au profit de quelqu'un d'autre. Sixquatre a aussi cette façon de faire et il apporte des choses très intéressantes, donc la répartition de la parole s'est très bien faite. 

Pour toi, c'est quoi un bon commentateur ?

Un bon commentateur sait transmettre une information au spectateur, que ça soit sur ce qu'il se passe en partie, mettre en avant des choses que tout le monde ne voit pas... et il y a aussi le fait de mettre de l'intensité quand la partie le permet, ou encore mettre du débit quand l'action s'accélère. Il faut aussi pouvoir transmettre l'émotion aux spectateurs et revenir sur les actions que l'on a pu rater. En résumé, le but est d'apprendre toujours quelque chose au spectateur en plus de lui faire ressentir des émotions.

Que pense-tu du planning de 2019 sur le jeu (détaillé ici) ?

Pour quelqu'un qui arrive sur le jeu, c'est positif d'avoir du contenu régulièrement, tous les 3 mois. Cela force aussi les joueurs professionnels à se renouveler et à ne pas se cantonner à un seul style de jeu sans en changer. Pour les commentateurs, cela permet d'avoir de nouveaux styles de matchs à cast... bref, ça fait vivre le jeu sans que ça fasse trop de changements à digérer. 

Ubisoft se concentre sur l'accueil des nouveaux sur le jeu, est-ce que c'est quelque chose que tu essaies aussi de faire en cast ?

C'est quelque chose que l'on faisait beaucoup au début, mais on le fait beaucoup moins aujourd'hui. On part du principe que les spectateurs comprennent désormais le vocabulaire et que l'on n'a pas à l'expliquer, car on passerait notre temps à le faire. Mais mes collègues essaient d'expliquer les différentes actions en jeu, pour que le spectateur qui ne s'y connait pas trop puisse apprendre des choses, tout comme les puristes, ou les spectateurs très expérimentés.

As-tu quelque chose à dire aux personnes qui te suivent ?

L'engouement pour Rainbow Six Siege ne cesse de grandir depuis 3 ans, et je trouve ça très gratifiant. Pas personnellement, mais le fait de voir à quel point le jeu s'est relevé par rapport à des débuts très compliqués, que ce soit sur le plan technique ou d'autres. Merci aux gens de s'y intéresser, car cela nous permet de travailler dans des conditions toujours plus folles et meilleures. Cela nous permet aussi d'en vivre, et j'espère pouvoir satisfaire les spectateurs avec de l'eSport toujours plus qualitatifs !

Merci à Scok pour cette interview ! Vous pouvez suivre son actualité sur son compte Twitter.

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