1. Jeux Vidéo Gameblog
  2. >
  3. Dossiers du jeu vidéo
  4. >
    L'OST in Translation #02 - Um Jammer Lammy : Guitar Heroin II

L'OST in Translation #02 - Um Jammer Lammy : Guitar Heroin II

Par Thomas Pillon - publié le

Il fut un temps où les jeux musicaux ne s'encombraient pas de coûteux accessoires faits de plastique moulé pour vous donner la sensation d'enchaîner de furieux tapping électrisant les foules. En ces temps jadis, votre bonne vieille manette se suffisait à elle-même et vous permettait pêle-mêle de rapper en tant que vendeur aux puces, vous balader sur un fil de fer au son de vos morceaux favoris, ou encore d'éteindre un incendie en compagnie d'un chien pompier et de ses sympathiques choristes. La créativité débordante des années 1990... Une fois n'est pas coutume, L'OST in Translation saute cette fois dans sa Delorean pour déterrer un classique venu du fond des âges !

My Guitar is my Mind !

Avant que Guitar Hero et son frangin Rock Band ne s'épuisent en donnant vie à une descendance aussi cacophonique que non-désirée, avant même l'arrivée du très japonais Gitaroo Man, il y avait Um Jammer Lammy et son trio rock anthropomorphe. Faisant directement suite à Parappa The Rapper sorti en 1997 chez nous, Um Jammer Lammy prend le contrepied de son illustre aîné en balançant un concentré de l'histoire du rock aux riffs saturés et aux mélodies délicieuses. L'esprit déjanté qui habite cette seconde production du musicien Masaya Matsuura se retrouve dans le CD (vous les sentez les années 1990 là ?) qui lui sert de bande-son : plutôt que d'enchaîner sans fantaisie toutes les musiques du jeu, Make It Sweet ! - c'est son nom - se présente comme un véritable album studio où l'on suivra les turpitudes amoureuses de la pauvre Lammy.

Ouvrant sur le garagesque « KEEP YOUR HEAD UP!! » où la belle agnelle (si si) maudit son mauvais karma vis-à-vis de la gent masculine (It was the 36th time that he'd broke my heart/It as the 80th time that I'd fallen apart), Make It Sweet ! assume d'entrée un éclectisme musical remarquable : entamé comme une simpl(ist)e rengaine adolescente, le morceau fait progressivement entrer des cuivres, un xylophone et des cordes. Si cette variété confère à cette ouverture une dimension cartoonesque complètement assumée, elle annonce surtout qu'Um Jammer Lammy n'aura aucun mal à mettre à mal tous les codes étriqués du rock !

Et plutôt que de dérouler simplement les morceaux dans l'ordre où le jeu vous les impose, Make It Sweet ! joue la carte du véritable album : c'est donc « FRIGHT FLIGHT!! » et ses gros riffs de métaleux en rut qui vient réveiller vos tympans. Mais au lieu de jouer la carte du désaccordage unilatéral, le titre glisse avec malice des accents harmoniques surprenants : une bien habile manière de d'illustrer la schizophrénie du Captain Fussenpepper censé vous accompagner durant ce vol mouvementé. A un moindre niveau, on retrouvera cette dichotomie en fin d'album avec « POWER OFF! POWER ON! »

Changement radical d'ambiance dès la piste suivante puisque Lammy se retrouve aux prises avec de vilains mioches qui refusent de faire la sieste sur fond de rockabilly : les joueurs de l'original remarqueront alors les quelques modifications apportées à cette version. Un souci du détail tellement rare qu'il fallait bien le mettre un peu en lumière ! L'excellent « FIRE FIRE!! » débarque ensuite comme pour rappeler à ceux qui l'ignoraient que le rock et ses infinies subdivisions ne se limitent à de simples riffs enragés : il peut aussi groover comme personne. Avec son rythme bondissant, ses cuivres, ses double-voix et son synthé so 70's, impossible de résister à l'envie de bouger son body !

 

 

La rédaction vous recommande

1 commentaire
  • Les plus récents
  • Les plus anciens
Tous les commentaires (1)