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Une fille qui aime les bits #7

Une fille qui aime les bits #7

Stephen King Virtuel
Par Salome - publié le
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Stephen King Virtuel Chaque semaine, retrouvez une chronique
réalisée par Salomé,
Bloggeuse et joueuse invétérée.

Stephen King Virtuel

Aujourd'hui parlons frissons, parlons horreur, parlons angoisse. Parlons fantômes, parlons amants maudits, parlons cliffhangers haletants. Parlons forêts ténébreuses, parlons écrivain torturé, parlons personnages menaçants aux haches aiguisées : aujourd'hui, parlons Alan Wake !

Ayant tout juste terminé ce magnifique roman qu'est Alan Wake, je reste néanmoins depuis hier sur cette sensation désagréable de "déjà vu". En effet, l'écrivain virtuel maudit ne s'est pas contenté de s'incruster durablement sous mes paupières le moment du sommeil venu, mais a également réveillé en moi de vieilles sueurs froides dues au maître du genre, j'ai nommé Stephen King.

Je me suis alors demandé si les pulsions d'angoisse ressenties en traversant ces paysages nocturnes ne puisaient pas leur origine dans la nostalgie des romans fantastiques de Richard Bachman...

L'écrivain maudit. De vieux souvenirs ressurgissaient à mesure que j'avançais dans l'intrigue. En effet, pour toutes celles et ceux n'ayant pas encore effleuré le jeu, les pages du fameux manuscrit en représentent le fil rouge. Que ce soit dans la forêt, dans les forêts, ou encore dans le passage en forêt près de la fin, sans oublier ce fameux chapitre en forêt, Alan-torche-en-main se doit de ramasser les précieux feuillets constituant son histoire afin justement d'en sortir. Et quoi de plus simple quand celles-ci jonchent les sentiers mystérieux et embrumés de la quête de l'auteur maudit. Alors bien sûr, si pour Alan, la seule difficulté consiste à éclairer les ennemis lui barrant le chemin, lui au moins a l'usage de ses deux jambes... Ce qui n'est pas le cas d'un auteur vivant un drame très similaire au sien : Paul Sheldon. Souvenez-vous. Nous sommes en 1987, la neige commence à tomber, la voiture patine et le fossé abritant la maison de la très dérangée Annie Wilkes nous guette d'un oeil malveillant. On retrouve dans l'histoire d'Alan cette fatalité face à un écrit qu'il n'a pas le droit de maîtriser. Si l'auteur-héros de Misery demeure bloqué dans sa chambre glauque à cause de deux jambes cassées, forcé de revenir sur la fin tragique qu'il avait voulu pour son héroïne, Alan quant à lui ne peut fuir à cause de ses sentiments envers Alice qui lui font perdre tout sens des priorités. Deux écrivains maudits qui luttent contre des forces obscures au lieu de profiter tranquillement du paysage du Maine. Un jeu du chat et de la souris dont le scénario n'a rien à envier à Fenêtre Secrète, voir s'en inspire très librement...

J'avançais manette en main depuis moins de 10 minutes lorsqu'il surgit. Lui. Le souvenir trouble et paralysant de mes lectures de jeunesse : l'homme à la hache. L'ennemi type d'Alan Wake ne se contente pas de rivaliser de déformations corporelles et joue au contraire sur l'anxiété d'objet, comme la qualifie Freud. Si l'infirmière de Silent Hill ne fera ressurgir très certainement aucun mauvais souvenir d'hospitalisation, les sorcières, fantômes et autres matérialisations de frayeurs enfantines quant à eux, demeurent de redoutables chimères. S'il était trop facile de planter dans le décor des personnages aux pouvoirs surnaturels, rien de plus efficace au contraire que de faire appel aux pulsions cinématographiques d'antan. La grande force de Shining était d'avoir su allier folie fantasmée et manifestations violentes, sans que le lecteur ne parvienne clairement à distinguer le réel de l'imaginaire. Ainsi, c'est sans trop réaliser que des démons s'emparent de lui que Jack Nicholson brandit sa hache, et vient l'enfoncer dans la porte de la salle de bain. Résultat : les salles obscures sont terrorisées, et le succès assuré à chaque rediffusion télé. Alan Wake bien que partant très rapidement dans un univers cauchemardesque, aurait pu s'imposer comme un jeu d'horreur glissant dans la surenchère. À mi-chemin entre Silent Hill, Project Zero et - pour son aspect cinématographique - Heavy Rain, il aurait été facile de balader les joueurs dans des contrées sombres en leur imposant des monstres abjectes. Oui mais voilà. Ce genre d'ennemis laisse planer le doute. Car ce qui nous est donné à voir, c'est un monsieur tout le monde qui a visiblement grillé son dernier fusible. Subit-on le sentiment exacerbé de persécution d'Alan ? Qui de l'homme à la hache ou d'Alan est réellement fou ? À l'angoisse ambiante se superposent les souvenirs d'un roman dans lequel la victime était le bourreau. L'homme à la hache est efficace, l'ombre de Stephen King rôde sur le chalet...

La suite des similitudes est longue. On a tout d'abord les décors, non sans rappeler les paysages décrits par l'écrivain fou de son Maine natal. De larges forêts, des lacs en apparence calmes, un silence pesant. Jessie raconte l'histoire d'une femme qui en plein acte, menottée au lit de son chalet perdu dans les bois, tue accidentellement son mari. S'en suivent des jeux d'ombre, des silhouettes menaçantes qui viennent la hanter toute la nuit. On entend au loin des oiseaux... Les mêmes sans doute qui donnent tout au long de l'aventure de M. Wake tant de fil à retordre. Enfin, de nombreux passages du jeu reposent sur la peur de se retourner. Poursuivi par une force puissante et dévastatrice, Alan semble faire escale dans la nouvelle Les Langoliers, dans laquelle un "je ne sais quoi" sème le chaos et la terreur littéralement derrière les survivants.

Qu'il s'agisse d'ennemis, de paysages ou encore de roman maudit, Alan Wake s'inscrit clairement dans la lignée des ouvrages de Stephen King. On retrouve certes un peu de David Lynch et d'éléments qui ont fait le succès de nombreuses autres séries de jeu vidéo. Cependant ce qui fait la grande force du jeu est sa capacité à user (et abuser) du vécu du joueur, de ses peurs enfouies. Alan Wake propose une manifestation ludique de l'angoisse. Bourdonnements, sensation de faiblesse, panique, peur anticipatoire, évitements phobiques, tous les ingrédients sont présents pour dépasser les effets de surprise des ennemis en imposant une progression efficace du malaise.

Grande admiratrice et lectrice assidue de Stephen King, je reste néanmoins moi aussi sur un fantasme. Et si le maître de l'effroi subissait lui aussi la mise en abîme de ses romans ? Comment vivrait-il non pas de voir l'adaptation virtuelle de son oeuvre mais d'en avoir le contrôle ? Ayant fait trembler le monde entier, quelle serait sa réaction face à ses propres créatures ?

"Manette en mains, les rideaux tirés dans sa demeure du Maine, Stephen avançait dans la forêt menaçante. Il les avait tous créés, les avait imaginés et leur avait donné vie. Désormais, ce n'était plus aux créatures d'attendre de savoir quel sort le King leur réservait. Elles étaient là, tapies dans l'ombre, guettant l'écrivain dématérialisé, prêtes à prendre leur revanche..."

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