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Les Cahiers du Canada : Voir la Gamescom autrement

Les Cahiers du Canada : Voir la Gamescom autrement

Par Grégory Szriftgiser - publié le
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La GamesCom 2017 vient de fermer ses portes. Pour beaucoup d'observateurs professionnels, l'événement allemand aura vécu cette année ce qui semble être un tournant. En effet, s'il est toujours très fréquenté par le public, sa portée médiatique, qui était presque équivalente à celle de l'E3 il y a quelques années, achève de s'effacer. 

Pour autant, le petit nombre de nouveautés, d'annonces et de conférences autour des Blockbusters pourrait permettre à l'événement de faire émerger d'autres titres... si seulement on prenait la peine de le considérer autrement.


Grégory Szriftgiser, alias RaHaN, est un ancien journaliste jeux vidéo qui a fait ses armes dans la presse papier (Joypad, Joystick, PlayStation Magazine, Gaming) avant de fonder avec ses anciens compères le site Gameblog. Il quitte cette aventure en 2013 pour embrasser une carrière de l'autre côté du miroir, du côté des développeurs de jeux, tout en allant à l'autre bout du monde, au Canada. Il travaille actuellement sur différents projets, mais revient nous voir régulièrement pour publier ces billets d'humeur ou participer à des podcasts.

Une conférence Xbox remplacée par un stream vidéo tendance soporifique, un Sony qui ne s'est même pas fendu d'une telle initiative, boudant tout simpement l'événement pour réserver ses annonces à la Paris Games Week, et au final un événement qui ressemble plus que jamais à une redite de l'E3 - c'est le résumé qu'on pourrait faire de cette édition 2017 de la Gamescom.

Si on en croit les chiffres communiqués par les organisateurs du salon, tout va bien pourtant : le record de fréquentation de l'année passée aurait été battu, l'événement ayant attiré selon eux 350.000 visiteurs cette année, dont presque 31.000 professionnels. 919 exposants contre 877 l'année passée, venus de 54 pays (1 de plus qu'en 2016), étalés sur une surface de 201.000 m2 (contre 193.000 l'année passée) : tout semble au beau fixe.

Mais pour ceux qui n'ont pas voulu ou pu faire le déplacement pour faire des heures de queue dans l'espoir de jouer aux blockbusters de la fin de l'année qui y étaient présents, ou qui attendaient plus simplement d'y découvrir des gros titres inédits et des annonces fortes, il faut bien avouer que la déception reste de mise. Les Assassin's Creed Origins, Super Mario Odyssey, Star Wars Battlefront II et autres blockbusters qui ont trusté l'E3 ont en effet eu le champ libre pour continuer leurs efforts marketing sans qu'aucun nouveau prétendant jusqu'ici gardé secret ne leur fasse de l'ombre. Même les détails concernant le lancement la Xbox One X, attendus de pied ferme, n'ont pas vraiment suscité l'excitation ; il faut bien avouer que toute séduisante que soit la machine sur le papier, son catalogue de lancement semble toujours peiner à justifier son existence (surtout pour les joueurs PC, typiquement sur-représentés sur le marché Allemand, qui auront même droit à Forza 7). Certes, les précommandes ouvertes pour l'occasion avec le modèle limité "Project Scorpio" semblent avoir bien marché, mais pour ceux qui sont déjà passés d'une manière ou d'une autre à la génération de consoles actuelle, avec une PS4, une PS4 Pro ou une Xbox One, il manque probablement un titre étalon pour justifier un nouvel investissement.

Des tonnes de jeux dont vous n'avez jamais entendu parler


Biomutant, peut-être le seul jeu surprise ayant réussi à émerger médiatiquement un peu partout.

Pourtant, il y en avait des jeux nouveaux et/ou inconnus sur le salon. Certains ont réussi à émerger, comme l'action-RPG en monde ouvert Biomutant de THQ Nordic, le Jurassic  World Evolution de Frontier (Elite Dangerous et Zoo Tycoon) ou... euh... c'est à peu près tout. En tout cas, médiatiquement, Biomutant est peut-être la seule "surprise" largement citée, malgré d'autres annonces égrainées ça et là, comme un nouveau Age of Empires, ou les remakes de Secret of Mana et Fear Effect.

Mais en faisant un tour dans les villages d'autres pays (le Hall 4.1), en furetant dans les recoins sombres du salon, on pouvait découvrir des tas d'autres titres ne bénéficiant pas des macines marketing habituelles. Une tonne d'indies modestes, mais néanmoins intéressants, avaient fait le déplacement. Je citerais ainsi, en vrac :

  • L'ami Aurélien Beauregard (The Next Penelope : Race to Odysseus) qui avait ramené son nouveau jeu, AWAY: Journey to the Unexpected, co-développé avec Jim Genisson, un titre fun et barré à l'univers coloré et unique,
  • My Memory of Us venu tout droit de Pologne avec son esthétique léchée et son gameplay au confluent du jeu d'aventure, de plate-forme, et d'énigmes,
  • Frostpunk, du même pays, le nouveau jeu des créateurs de This War of Mine, qui joue la carte de la gestion et du city builder face à un froid apocalyptique qui poussera le joueur à des décisions difficiles,
  • Sigma Theory, un jeu français par les créateurs de Out There, qui s'attaque au thème de l'espionnage dans un univers fictif de guerre froide futuriste et globale, et vous fera gérer un roster d'agents à envoyer partout dans le monde en vous plaçant dans la peau du "handler" qui devra les tirer de mauvais pas et leur donner des instructions,
  • Children of Morta, issu d'un Kickstarter réussi et cochant les "cases caution" pixelart et rogue-like à niveaux générés procéduralement, pour les amateurs de hack'n slash tentés par l'histoire de sa famille de gardiens combattant les forces du mal avec leurs styles variés,
  • The Swords of Ditto, un Zelda-like aux graphismes très dessin animé et à l'humour loufoque, avec niveaux procéduraux et mort permanente gérée à la Rogue Legacy et avec du multi coopératif.

Le paradis de l'indie ?

Bref, pour les amoureux des blockbusters et autres AAA, cette Gamescom aura fait chou blanc. Mais comparativement à l'E3, qui reste le temps fort de l'année en matière d'annonces de gros titres, la Gamescom pourrait devenir un rendez-vous médiatique de premier ordre pour les indies, qui n'ont clairement plus autant la faveur et le soutien des constructeurs qu'ils pouvaient encore espérer il y a quelques années - surtout chez Sony qui les a purement et simplement abandonnés à Los Angeles cette année.

Encore faut-il approcher ce rendez-vous dans cet état d'esprit, plutôt que d'en attendre autant qu'un E3, dont il est assurément trop proche chronologiquement pour espérer retrouver ses meilleures années en matière d'annonces, lesquelles ont pu se hisser aussi haut que l'E3 simplement parce qu'il y avait bien plus à dire et de plus gros enjeux lorsqu'il s'agissait de séduire les joueurs en transition de génération entre les PS3/Xbox 360, et les PS4/Xbox One. C'est aussi, traditionnellement, bien moins pourvoyeur d'audience de favoriser les petits indies plutôt que les gros blockbusters, mais j'imagine que ce que j'essaie de dire ici, c'est que la Gamescom est loin d'être le salon périclitant que certains se plaisent à décrire. Il regorge en vérité de jeux nouveaux et originaux, tant même qu'il se heurte au problème de découvrabilité (lire : Trop de tout, tout le temps ? à ce sujet) qui gangrène également les plates-formes de distribution dématérialisées.

Bref, avant de l'écarter comme un vilain petit canard, ce salon annuel mériterait qu'on le considère autrement ; il a encore bien des surprises à nous donner.

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