Point-pourpre

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Par Zinzolin Blog créé le 01/08/11 Mis à jour le 27/05/15 à 17h05

Un blog modeste d'un joueur qui porte le nom d'une couleur commençant par Z.

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Depuis jeudi dernier j'ai reçu ma livraison de comics et de manga de métropole. Génial. Je me suis pris en passant un exemplaire de Batman Un Long Halloween après avoir lu les critiques élogieuses à son sujet. Ensuite dans la semaine, j'ai eu un rapide entretien avec Bigquick sur un forum où j'ai avoué ma déception sur Batman Arkham City et son scénario tout en soulignant son ambition ; un nombre important d'antganiste et une volonté de s'émanciper des comics par sa fin. Mon interlocuteur m'a répondu que dans l'univers des comics on avait tout de même des histoires bien meilleures que celle-ci. Vraiment ? Bien sûr, je n'ai pas attendu son avis pour me procurer le bébé de Jeph Loeb alors ne rejettons pas ma déception sur lui.  Enfin le verdict est que Un long Halloween n'est pas aussi bien que ça ou la différence de qualité avec Arkham city est inexistante. Pour éviter la critique classique et varier un peu mes avis, j'ai décidé de comparer les deux trames rapidement en quelques points.

1. L'idée de départ

Le pitch, le point de départ de ces deux titres sont pour le moins intéréssant ; tant mieux parce que l'originalité -plus que la qualité parfois- fait vendre.

  • D'une part Arkham City : une partie de la ville de Gotham est devenu une prison à ciel ouvert où Hugo Strange va pièger Batman avant l'activation du protocole 10 et pendant ce temps notre héros va chercher un moyen de sauver un Joker malade pour éviter la contamination.
  • Du côté des comics : Le chevalier noir, le capitaine Jim Gordon et le procureur Harvey Dent décident de mettre un terme aux agissement du parrain de la pègre tout en étant confrontés à un tueur en série fait une victime chez les mafieux à chaque jour de fête obligeant les gentils comme les mauvais à franchir leur limite. On notera quand même que Un Long Halloween a servi d'inspiration pour The Dark Knight certaines scènes sont donc nettement moins surprenante après avoir vu le film.

2. Le format

Les jeux de Rocksteady peuvent avoir une certaine prétention pour des jeux de super-héros : c'est de poser une arène adéquat à l'inverse d'un Spider-Man on nous ne donnera pas New York comme terrain de jeu. Ville prison ou asile, on garde le même paysage du début jusqu'à la fin ce qui donne une certaine solidité et cohérence aux jeux. Je respecte d'autant plus cet exercice puisqu'ils arrivent à justifier l'action dans cette arène. L'aventure se déroule toujours sur un temps très court (une nuit ou une dizaine d'heure) et dans un lieu naturellement dangereux. Néanmoins, les désavantages des mondes ouverts sont tout de même là : un mauvais contrôle de l'histoire et une tendance à s'éparpiller dans les objectifs secondaires.

Pour un Long Halloween, est sans doute à l'extrême opposé avec sa ville et sa narration hachée sur un an. Si le format de poster un chapitre et un meurtre tout au long d'une année lors de la publication du comics permettait de faire durer la surprise en format graphic novel c'est moins convaincant. Le suspense insoutenable disparaît, les rappels sont nombreux et la transition en prend un sacré coup. En jeu vidéo ou en série ça passerait beaucoup mieux je pense (tient comme quoi, tous les formats passent en jeux vidéo). À titre personnel j'aimerai bien que le(s) prochain(s) Batman s'émancipe(ent) du format des deux précédent Arkham. Avoir un jeu divisé chapitre, avec de grandes zones, offriraient sans doute un meilleur contrôle de l'histoire, sans s'embêter sur un monde ouvert à programmer et puis la pseudo liberté et les quêtes annexes pop-corn disparaîtraient.

3. L'intégration des Vilains

Comme je l'ai prétendu les Batman Arkhams sont bons pour mettre un cadre solide du début à la fin. Justifier la présence de super-criminel avec une ville prison c'est très facile bien que dans Arkham City on tente de relier tous les vilains à l'histoire principale. Un cryogénisien a inventé un remède à la maladie du clown, ce scientifique givré est kidnappé par un manchot qui garde un monstre sous son repère et une ninja dans une vitrine, cette même ninja nous conduira à... STOP ! Les gens appeleront ça une histoire maîtrisée et complexe moi j'appelle ça un enchaînement de coïncidence facile et gênant.

Le format de Un Long Halloween, lui, a tous les honneurs, les apparations des vilains en deviennent plus crédibles et sont pas tous dirigé vers Batman en priorité. Certains affrontements sont l'oeuvre du pur hasard, de la routine de héros, d'amis pris pour cible, d'informateurs et surtout de l'influence des méchants de la pègre qui cherchent des mercenaires. C'est le chevalier noir qui va les chercher ou les croiser sans qu'il y est de lien entre-eux. Je critiquerai quand même la réunion finale où des méchants comme l'Homme Mystère ou Le Pingouin -des meneurs et des intellectuels- n'auraient rien à faire dans une telle scène d'action. D'ailleurs, cette même-scène est vite passé à la trappe puisque ce sont pas les affrontements qui font avancer l'histoire.

4. Le fond

Dans le comics on suit donc un thriller. Une enquête américaine où la réflexion minutieuse de Sherlock Holmes et autres anglais n'a pas sa place. Encore quelque chose qui devrait inspirer les jeux, plutôt de nous faire analyser des scènes de crime comme les Experts pour dire qu'on incarne le plus grand détective du monde il vaudrait mieux nous offrir des histoires de meurtres où le doute et le mystère seraient vraiment présents. Enfin dans Un Long Halloween, si Batman ne résout pas lui même l'affaire Holyday le titre du meilleur détective tombe à l'eau. Après cette ambiance thriller permet quand même de poser une ambiance triste et un sentiment d'impuissance. Batman ne peut arrêter ces meurtres, ne peut comme ses alliées enfermer le boss de la pègre. Les regrets, la volonté de croire en l'avenir et la haine envers le tueur dominent le comics. Tandis qu'avec la prison d'Arkham c'est surtout un sentiment d'héroïsme qui plane. Je ne sais pas si c'est par son statut de jeux vidéo mais j'ai ressenti très peu de chose dans AC. Le sentiment de puissance ou d'incarner la peur en infiltration était là (et encore le deuxième s'est perdu en route) mais c'est tout. Je retiendrais juste le moment de l'activation du protocole 10 et du dialogue qui le suit : le choix cornélien, le sentiment d'échec et l'ambiance apocalyptique; à ce moment là j'ai ressenti quelque chose de vraiment fort en survolant les rues. Un de mes rares moments d'émotions dans un jeux vidéo.

5. Le final

Le twist final -que je ne révélerai pas ici- de Arkham City est l'une des choses les mieux exploitées du script. Un retournement de situation qui offre un ultime combat pour enchaîner sur une fin s'éloignant complètement des codes du comics. Oui, si elle est respecté jusqu'au bout c'est une fin ambitieuse bien qu'elle ne m'a pas véhiculé les émotions voulues. La seule chose qui pourrait l'améliorer c'est sans doute ce DLC sur Harley Quinn qui approche à grand pas.

A contrario pour le chef-d'oeuvre de Tim Sale et Jeph Loeb la révélation de Holyday tient difficilement le coup. Déjà parce que j'ai vu The Dark Knight et que les dernières scènes m'évoquent trop le film. Ensuite, pour moi le twist final est nul et ne sert à rien. Le genre de twist de film d'horreur à la toute dernière scène qui ne sert à faire dire "Putain ! J'y crois pas". Là, ça n'offre aucune relecture à l'oeuvre, je vois pas ce que ça peut justifier ou éclairer alors si on voulait bien me donner des explications...

 

La conclusion s'il devait vraiment y en avoir une serait de dire que je trouve Un Long Halloween plus intéréssant à mettre en jeux vidéo que de garder les structures des jeux d'Arkham. Bien qu'il faudrait peser nos mots puisque les éditeurs pourraient bien nous faire suivre le solo sur un an par un DLC par moi. Côté comics je n'achèterai pas Victoire Amère, la suite directe du comics traité. Non, j'essayerai plutôt L'asile d'Arkham ou Silence pour voir si je tombe sur un vrai chef-d'oeuvre la prochaine fois.

Voir aussi

Jeux : 
Batman : Arkham City
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Commentaires

Zinzolin
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Zinzolin
Bon, j'ai apporté une petite correction (qui sait, si d'autres personnes lisent autant essayer de rendre meilleurs la lecture).

Je te rejoins sur les scènes d'actions abusées mais en tout cas, je préfère vraiment l'intégration des méchants contrairement aux jeux. Après, il serait peut-être temps que je prenne Year One.
BlackLabel
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BlackLabel
Je viens de le finir et j'ai pas accroché sur tout. Déjà le style est plus "comics" que Year One qui lui est assez réaliste (comme sa suite Proie que j'ai beaucoup apprécié). Le Joker avec ses 75 dents et son avion (?!!!), Ivy et ses cheveux en branches, les scènes d'action abusées, je trouve pas que ça colle avec l'univers à la Taxi Driver posé par Year One. De plus Batman est devenu un gros musclé géant, là où dans Year One il est plus réaliste, plus humain aussi car faillible (dans Proie aussi d'ailleurs).

L'apparition des bad guys sert généralement à rien sinon à étirer le récit, je les trouve souvent mal introduits, juste pour montrer que c'est eux qui vont prendre le relais à la fin. Puis y'en a clairement trop aussi.

Après j'ai bien aimé la trame concernant l'enquête sur Holiday. Oui on connaît la fin à cause du film de Nolan, mais c'est mieux raconté je trouve, et surtout le côté borderline de Dent est mieux souligné que dans le film. On sent le gars perdre peu à peu les pédales.
Spades
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Watchmen vaut le coup d'être essayer (pour moi c'est mon comics culte), et puisque tu as l'air d'aimer les histoires bien écrites je te conseille de jeter un oeil sur les comics de Brian Michael Bendis... ce mec est infoutus d'écrire un dénouement a une histoire mais il a un sens du dialogue qui est extraordinaire... (notamment Powers dont je suis fan...)
Zinzolin_Hallucine
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Zinzolin_Hallucine
Je m'en doute bien c'est pour ça que j'ai l'intention de prendre que des One-shot ou des petites séries. Year One, Dark knight Returns, Hush, Joker, l'asile d'arkham (killing joke me tente pas) tout ça sont sur ma liste. De toute façon je peux pas dépenser spontanément pour un comics puisque je commande tout de France. Il y a pratiquement aucun stand où je vis la seule oeuvre qui m'a paru potable et américain c'est Watchmen à 40€.
Spades
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Pour l'asile d'Arkham ça me dérange pas trop pour les visuels que j'ai vu. Je suis pas très exigeant en matière dessin et de cadre.

Ce n'est pas tant les visuels qui sont dérangeant, mais l'ensemble de l'oeuvre dans sa manière d'être présenté. Le terme graphic novel n'a jamais autant été aussi bien porté, car ici on ne peut plus parler de BD ni de comics, La manière dont la narration se fait est vraiment très très étrange et désorientante, mais une fois qu'on a passé le cap, c'est une oeuvre très interressante.

Pour le fait que ce soit ton premier comics Batman, ça va, ça aurait put être pire comme choix. Par contre petit conseil de vieux routard des comics : comprends bien que la plupart des personnages ont été créé il y a près (voire plus pour certains) de 70 ans, les personnages n'ont pas évolués mais ils ont carrement mutés tellement ils ont été revues et corrigés à travers le temps, donc si tu te sens largués, rassure toi c'est normal, si tu ne comprends pas certains pétage de plomb au niveau de la qualité qui peut aller de très haut à très très bas, c'est normal aussi : chaque équipe rédactionnel a modifié le personnage à sa convenance et des fois d'une période à l'autre ça m'a plus rien à voir.

Pour te donner un exemple de ce que je veut dire, on a déjà dut te dire que les films de Nolan sont les films les plus fidèles aux comics Batman, et bien c'est de la connerie pur et simple : chaque série de films a été representative d'une période donnée, ainsi les films de Nolan sont representatifs de l'age moderne (soit début 80 jusqu'a fin 90), période du comics qui nous a donné des momuments tel Long Halloween, Year One, Dark Knight returns etc; les films de Burton sont eux représentatifs de la période Neal Adams et Dennis O'neil, qui ont eux l'idée d'apporter l'ambiance sombre et gothique dans Batman; Les films de Schumacher sont eux, à l'image de ce qu'était le comic avant l'arrivé de O'Neil et Adams: de la merde infame sous LSD qui à cartonné commercialement.
Donc si tu ne comprends rien à certains trucs, ne t'inquiètes surtout pas : C'EST NORMAL :lol:
Zinzolin_Hallucine
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Zinzolin_Hallucine

Roooh tu chipotes Bigquick...


Nan il a bien fait moi-même en me relisant j'avais honte.

Pour l'asile d'Arkham ça me dérange pas trop pour les visuels que j'ai vu. Je suis pas très exigeant en matière dessin et de cadre.

Pour ta critique de A long Halloween, je ne veut pas juger ton propos, mais on a parfois l'impression que tu l'a lut que dans le but d'en faire un comparatif avec les jeux vidéo de Rocksteady. Il ne faut pas oublier que c'est un arc bien particulier dans la vie du caped crusader et le jeu est une histoire indépendante bien que s'inspirant du même background.


J'vais être franc c'est le premier comics de Batman que j'ai lu de toute ma vie. J'ai connu le héros comme beaucoup avec le dessin animé et ce sont surtout les films (Nolan et Batman Mask of the Phantasm) qui m'ont ramené vers lui à l'adolescence avec les jeux.
Le comparatif était donc pour moi inévitable même si j'attends plus d'un comics que d'un jeu. La déception était aussi là à cause des critiques trop positives et de la comparaison encore une fois inévitable avec le film de Nolan.
Spades
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Roooh tu chipotes Bigquick...
@Efranck : Fait gaffe quand même avec l'asile d'Arkham c'est assez spécial en terme de présentation et ça en a rebuter plus d'un (perso j'adores). Sinon Hush, est très bien mais reste très mainstream dans ses propos.
Pour ta critique de A long Halloween, je ne veut pas juger ton propos, mais on a parfois l'impression que tu l'a lut que dans le but d'en faire un comparatif avec les jeux vidéo de Rocksteady. Il ne faut pas oublier que c'est un arc bien particulier dans la vie du caped crusader et le jeu est une histoire indépendante bien que s'inspirant du même background. Ca revient à vouloir lire a Killing Joke en se disant que c'est comme la trilogie de Nolan... la déception serait plutot au rendez vous, pourtant Killing smoke est une histoire courte d'excellente facture...
Zinzolin_Hallucine
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Zinzolin_Hallucine
Par contre j'ai toujours cru que c'était spitch qu'on disait pour un concept/ résumé d'histoire.
Zinzolin_Hallucine
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Zinzolin_Hallucine
Je rectifie ça. ._.

Édito

Je n'ai plus le temps d'écrire ou de tenir un blog. Je n'ai jamais réussi d'ailleurs, écrire à un rythme régulier, avoir toujours les derniers jeux sortis et faire de magnifiques mises en page illustrées ; tout ça ce n'était pas pour moi. Néanmoins, pour des cas exceptionnels je posterai des billets ici.

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