Le nid du Zhibou

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Par zhibou Blog créé le 13/05/10 Mis à jour le 12/12/17 à 15h06

Le blog d'un animal nocturne qui se nourrit de cinéma, de jeux vidéos et d'autres aliments de la pop culture.

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Catégorie : Rétrospective Cinéma

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Rétrospective Cinéma (Cinéma)

Cette semaine vient de sortir en Blu-ray Die Hard : Belle Journée pour Mourir, un coffret réunissant tous les films en support HD est également disponible. L'occasion pour revenir sur cette saga qui fête également les 25 ans du tout premier film, Piège de Cristal. Jusqu'au années 2000, il s'agissait de la trilogie de films d'action ultime, mais c'était sans compter sur le pillage récent des anciennes gloires d'Hollywood. À l'heure où John McTiernan purge une peine de prison comme bouc-émissaire du star system, il semble bon de revenir sur ce monument instauré par le réalisateur de Predator et Last Action Hero.

 

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Rétrospective Cinéma (Cinéma)

Die Hard : Belle Journée pour Mourir (A Good Day to Die Hard, 2013)

Vu le succès, au box office, du quatrième film de la saga, une nouvelle suite était inévitable. Le peu d'optimisme que l'on pouvait avoir sur cette nouvelle itération se tourne vers la promesse d'un John McClane dans les rues de Moscou. Un dépaysement bienvenue et une unité de lieu retrouvé? Même si elle a peu de chance d'autant briller que la ville de New York, la cité Russe redonne-t-elle un souffle à la série? Pas la peine d'aller chercher bien loin, la réponse est non. A Good Day to Die Hard s'impose comme le pire film de la série, et comme le film d'action le plus désastreux de ces dernières années.

L'annonce de John Moore à la réalisation aurai du mettre la puce à l'oreille. Max Payne a déjà montré que le cinéaste était capable de transformer l'or en plomb,avec uneadaptation qui insulte le jeu dont il est tiré. Quand bien même la pauvreté de la mise en scène de Moore n'annonce rien de bon, il aurai de toutes façons fallu des efforts herculéens pour rattraper l'indigence du script. Il est sidérant de voir à quel point le montage même du film essaie de jouer les cache misères d'un des scénarios les plus absurdes qu'il ai été donné de voir depuis longtemps. Que ce soit les séquences de la bonne annonce qui passent à la trappe lors de la sortie en salle, ou carrément l'éviction du personnage de Lucy McClane dans la version longue du Blu-ray, tout porte à croire que le processus de tournage s'est fait sans une vision claire de la direction à prendre avec ce film. On peut aussi s'arrêter sur les quelques scènes coupées qui auraient offert un peu d'exposition à un film qui en manque cruellement, ou sur les prévisualisations qui montrent une introduction qui ouvrait le récit sur les méchants de manière plus spectaculaire et efficace. Die Hard : Belle Journée pour mourir est un bordel sans nom. La pseudo director's cut offerte ici ne sert qu'à tirer un trait sur la participation de Mary Elizabeth Winstead, et à rallonger une course poursuite qui n'en devient pas passionnante pour autant (Moore la compare pourtant, en toute humilité, à celle de Bullit, French Connection, ou La Mémoire Dans La Peau).

On n'en vient même plus à ce demander si le métrage respecte encore l'héritage Die Hard, trop distrait que l'on est sur la bêtise de l'histoire. Un récit qui, même avec la plus grande indulgence, ne fait clairement aucun sens. On est face à une vague histoire d'espionnage avec le fils McClane en agent de la C.I.A. et un gros poisson russe. Il est difficile de prendre au sérieux des coups de théâtre prévisibles ou ridicules (voir les deux). Essayer de coucher sur papier, de manière cohérente, le plan du prisonnier russe s'avère être un véritable défi. Attention tout de fois, il risque de s'avérer au final plus frustrant qu'autre chose. La petite escapade finale à Tchernobyl vient clôturer le film sur une touche à la facture DTV que l'on osait espérer. Les radiations? Pas un problème pour les débardeurs de la famille McClane. Mais ce qui choque le plus en fait,est l'intégration de John McClane à tout ce méli-méloscénaristique, en mépris de tout bon sens. Du début jusqu'à la fin, il amené à ce demander si la raison de la venue de McClane en Russie était bien justifiable. Durant tout ce périple improbable, il est également impossible de s'attacher aux moindre personnage, tant l'écriture verse dans une caractérisation quasi inexistante. La relation père-fils entre Jack et John est survolée à coup de one-liners insignifiants. Les méchants, dénués de toute charisme, sont iconisés de manière sommaire.On n'a droit à guerre plus que des mercenaires aux crânes rasés, une femme fatale, ou à une carotte mâchouillée (vouée à entrer dans les annales).

Un échec cuisant dans la narration qui n'est donc pas aidé par une mise en scène des plus anecdotique. Il triste et hilarant de voir John Moore essayer de justifier ses choix de plans dans le making of du film. «Là si vous regardez bien, le bord du cadre est toujours en mouvement. Comme si une personne sortait son Iphone pour assister à la scène.» Sidérant. Il est loin le temps de la mise en place réfléchie de l'espace. Dans ce même making of, le réalisateur insiste sur l'artillerie et l'hélicoptère du film. Des armes jamais utilisées au cinéma! Un hélicoptère inédit à l'écran, un véritable 747 à hélices! John Moore semble donc être un incollable du matériel militaire. Encore aurait-t-il fallu mettre à profit ce fétichisme de manière convaincante à l'écran. Encore un rendez-vous manqué. Au final, il n'y a que le compositeur Marco Beltrami qui présente la seule amélioration du film par rapport à l'épisode précédant, son score étant un peu plus inspiré que sur Live Free or Die Hard, pas au point cependant de recommander le métrage pour ce seul point.

 

Voilà donc avec A Good Day to Die Hard, l'aboutissement de la destruction de tout ce que représentait le personnage de John McClane. Si Die Hard 4 péchait déjà departis pris discutables, il est à réévaluer devant une telle débauche de médiocrité. L'annonce d'un sixième opus se murmure déjà. Mais que reste-t-il à espérer de la débâcle que représente désormais la série? Les fans de la première heure essayeront de laver cet affront de leur mémoire, mais le mal est déjà fait. Die Hard : Rest in Peace. 

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Die Hard 4 : Retour en Enfer (Live Free or Die Hard, 2007)

12 ans séparentUne Journée en Enfer de Die Hard 4. Il est ainsi amené à s'interroger sur les raisons qui ont poussé à ramener la saga sur le devant de la scène. Simplement un appât du gain de la Fox en manque d'idée? Bien sûr, mais ça serai passer à coté d'un mal dont souffrent la plupart des films hollywoodiens actuels. Live Free or Die Hard est en fait un mauvais produit «geek». Len Wiseman est donc à charge de réaliser une nouvelle aventure de John McClane. Ce dernier ne cesse de répéter qu'il est un fan absolu de la série, qu'il a fait, tout jeune, un Die Hard dans son jardin. Un discours de passionné pour convaincre Bruce Willis de rempiler dans la peu de son personnage fétiche. Un discours pour assurer la Fox qu'il a bien les épaules pour rependre en mains la série. Seulement, comme beaucoup de sa génération, Wiseman n'est qu'un fanboy. Il récite ses références sans en saisir l'essence. On est donc face à une entreprise de démolition du mythe de John McClane, et tout ça dans l'enthousiasme. Car qui finalement n'a pas envie de «faire un Die Hard»?

Wiseman et son équipe sont convaincus qu'il faut remettre au goût du jour toute l'imagerie Die Hard. Dans un sens oui, ce qui a marché hier peut ne pas attirer le public d'aujourd'hui, qui a digéré depuis quelques temps la mode Matrix. Le postulat de départ est donc une bonne idée: faire affronter McClane, le dinosaure de la police New-yorkaise, face à une menace technologique qui le dépasse. L'envie est là, l'exécution survole l'essentiel. Pour imposer ce terrorisme virtuel, encore faudrait-t-il que l'on puisse croire à l'univers du hacking mis en place. Las, dès la scène d'introduction, l'on nous présente les pires clichés du monde informatique. Des écrans surchargés, pas crédibles pour un sou, dignes de [email protected], de jeunes informaticiens collectionneur de figurines collector qui se sont tous donné le mot pour jouer à Gears of War. N'en jetez plus, on croule sous les stéréotypes. Le méchant du film ne viendra pas rattraper le tout, ni lui, ni ses ambitions. Déjà que le peu de charisme dégagé par Timothy Olyphant fait de la peine (il faut le voir, les larmes aux yeux quand il s'adresse à McClane), on peut difficilement prendre au sérieux un terroriste dont la menace est constamment désamorcé par un film terriblement pudique. Ce n'est pas quelques feux qui s'éteignent avec un carambolage minime qui amèneront un peu de tension. De ce point de vue, même le récent World War Z est plus convaincant dans ses scènes de panique urbaine. On ira même jusqu'à une pâle imitation d'attaque d'envergure, Il ne faudraittout de même pas froisser le spectateur PG-13 (chaque film précédant assumant son classement R). Là où Une Journée en Enferouvrait dans une explosion violente, Die Hard 4 fait figure d'enfant sage.

Déjà amoindri par ce manque flagrant d'audace, le film présente aussi une esthétique terriblement froide. La photographie au teintes peu chaleureuses rendent le tout terriblement ennuyeux à regarder. Ajoutons à cela un casting très propre sur lui (hors Bruce Willis, la moyenne d'age doit difficilementatteindre la quarantaine), et des décors dénués d'identité et qui n'arrivent pas à trahir, pour la plupart, leurs origines de studio. Malgré tout ce que Len Wiseman et son chef décorateur Patrick Tatopoulos peuvent bien dire, le panorama offert par Die Hard 4 sonne faux, loin de l'approche viscérales des précédents films (Die Hard 2 compris). L'héritage d'Underwolrd des deux collaborateursse fait bel et bien sentir (idem dans le remake de Total Recall qui suivra). Cet univers fade est illustré par la musique de Marco Beltrami qui singe les motifs de Michael Kamen (compositeur sur la trilogie originale), sans pouvoir en amener l'impact. Il est difficile de sublimer un matériau visuel aussi peu flamboyant, il n'est alors guère à blâmer.Si seulement il n'y avait que les apparats d'aseptisés, malheureusement c'était sans compter sur le renie total du personnage de John McClane.

Le mauvais gars, au mauvais endroit, au mauvais moment. La fameuse accroche qui caractérise au mieux le flic le plus malchanceux du monde. Une formule qui trouve sa force dans l'unité de lieu, pour montrer un McClane qui doit toujours faire face à des situations contre son gré. Un immeuble, un aéroport, même la vaste ville de New York respecte cet règle. Première entorse au personnage, Retour en Enfer n'a aucune cohésion géographique. John est trimbalé à travers les États Unis, mettant en relief un rythme bancal et le manque d'immersion des décors décrits plus haut. Si encore l'action était propice à faire ressortir la débrouillardise de John. Encore loupé, le film fait la monumentale erreur de transformer un type normal et vulnérable en super héros invincible. Quand il n'affronte pas des ennemis improbables (des arts martiaux et du Parkour, vraiment?), il fait des choix complètement aberrants qui jure avec le passif du personnage (Conduire une voiture dans un ascenseur!?!). Tout cela conjugué avec une personnalité de vieux réac', on obtiens un cocktail qui passe à côté de tout ce que l'on connaissait de John McClane jusqu'ici. Mais au final, qui connaît vraiment John McClane?

Dans un entretien de plus de 20 minutes entre Bruce Willis et Kevin Smith (présent en bonus des DVD/Blu-ray), les deux hommes se montrent fier du résultat de ce Die Hard 4. Une discussion tout en sobriété, sur un perron du studio de la Fox, où ils reviennent sur le parcours de Willis. Ce dernier affiche même, sans langue de bois, un rejet des deux films précédant (oui, Die Hard With a Vengeance inclus), et affirme être heureux d'avoir enfin un film solide qui rejoins l'esprit du premier épisode. C'est étrange de voir que finalement, la vision d'un personnage peut tant varier d'une personne à l'autre. Et cela amène une question qui peut être appliquer à de nombreuses sagas. À qui appartient vraiment l'identité d'un personnage? Dans la cas ici présent : John McTiernan? Joel Silver? Bruce Willis? Le Public?

 

Live Free or Die Hard souffre de la comparaison avec ses aînées et est un film d'action bancal et qui prend peu de risques. Mais ce qui ressort surtout, est une crise d'identité symptomatique de la génération geek. Malgré l'apparente passion des personnes à charge du projet, le manque de talent passe pour un trahison totale du mythe. Le film a peut-être été crée avec les meilleurs intentions, mais ne se concrétise jamais comme digne porteur du nom Die Hard

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Une Journée en Enfer (Die Hard with a Vengeance, 1995)

On l'a vu, la formule Die Hard tend dangereusement vers la redite avec 58 Minutes pour Vivre. Comment alors mettre en place un nouvel épisode sans tomber dans le syndrome Speed 2. Rappeler John McTiernan à la barre bien sûr. Et ce dernier, en plus de rafraîchir l'image de la série, en profitera pour encore une fois donner une leçon de cinéma au genre du film d'action. On cerne très vite l'ambition du cinéaste à l'ouverture du film. Des plan d'ensembles sur la ville de New York en plein été, les rues débordent de vie, soudain une explosion vient interrompre brutalement ce moment d'insouciance. Le terrain de jeu de ce nouvel opus sera la ville qui ne dort jamais. La menace terroriste s'impose d'emblée comme vaste et brutal dans ce cadre urbain, présenté comme un personnage à part entière. Une Journée en Enfer a pour but d'élargir le champ d'action de la série. Mais au lieu de procéder à la manière de Die Hard 2, le film utilise à bon escient l'espace mis à disposition. C'est le moins que l'on puisse attendre de McTiernan.

Pour réussir cette entreprise, les règles doivent changer. Si le premier Die Hard était parfaitement orchestré dans le domaine du Huit clos, l'ouverture à une ville entière ne peut reprendre les même ficelles. Et c'est bien cela que Renny Harlin n'avait pas compris avec son aéroport. Pour bien saisir cette ampleur il aurait été impossible de représenter chaque recoin des rues de New York avec la même précision que Piège de Cristal. Le cinéaste met donc au centre de son récit un élément majeur qui mettra constamment le film dans un état de tension : Le temps.

 Simon Gruber (joué par un Jeremy Irons impeccable) dicte les règles en poussant John McClane dans une éprouvante course contre la montre de tousles instants. En poussant le récit dans cette direction, le film peut mettre en place des courses poursuites haletantes et des sous intrigues qui complètent le tout à merveille. Ces dernières, soutenues par un casting juste, permettent garder le rythme effréné du métrage, et maintiennent cette cadence réglé comme une horloge. Elles mettent également en valeur tout le département de police de New York. McClane n'est plus isolé dans ses mésaventures, ajoutant à l'urgence de la situation. Cette structure s'avère au final largement payante, tant la ville prend forme sous nos yeux. Les habitants de la cité doivent sans mal reconnaître les points clés, les autres ont un aperçu qui ne les laisse jamais sur le bas coté. Avoir pu tourner la majorité des plans sur place, joue également grandement dans l'immersion. New York est fier de John McClane et le lui rend bien, la production a eu carte blanche pour filmer les sites phares de la ville.

La conclusion du film ne s'inscrit cependant pas dans cette continuité finement ciselé. La dernière séquence est par conséquent légèrement en retrait. Un peu confuse, et sortant du cadre New-yorkais, elle n'est là que pour le «Yippie-Kai-Yai» de circonstance. Il est d'ailleurs étonnant de s'arrêter sur la fin alternative visible dans les bonus des DVD/Blu-ray. On y voit McClane retrouver Gruber dans un bar allemand (à priori plusieurs mois après les événements du film), il se livrent à un jeu de roulette russe avec un mini bazooka. Une fin très modeste, qui a du être revisitée pour le besoin de terminer le film sur une touche spectaculaire. Mais on peut finalement le pardonner aisément, à la vue des morceaux de bravoure précédant. Il faut d'ailleurs rendre hommage au travail de l'équipe des cascades mené par Terry Leonard. Le voir sur le tournage (toujours dans les bonus), discuter avec John McTiernan pour mettre en oeuvre ces séquences explosives est vraiment enrichissant et passionnant.

Pour revenir au points forts du film, il faut parler du plaisir sadique de retrouver le flic le plus malchanceux de New York, qui traverse la pire journée de sa carrière. Introduit comme le pire des loosers (son mariage étant à nouveau une catastrophe), il en prends plein la gueule, et on en redemande. Lancé dans le jeu du criminel contre son gré et avec une gueule de bois carabinée, on retrouve ce qui fait le sel du personnage. Un mec normal qui se retrouve malgré lui dans des situations désespérées. Il est d'autant mis en valeur dans son périple par l'ajout du sidekick joué par Samuel L. Jackson. Une dynamique de buddy movie qui fonctionne divinement. Il faut d'autant plus profiter du McClane ici présent, car c'est bien la dernière fois que l'on y verra un personnage vulnérable mais guidé par une détermination en acier.

 Die Hard With a Vengeanceétait la conclusion idéal de la trilogie inauguré en 1988. Chamboulant les acquis de la série, élargissant le cadre de l'action, minuté par un rythme diabolique, tout porte le film vers l'excellence (à part le léger grief final). Un film précieux, puisqu'il représente aujourd'hui le dernier bon film de la saga.

 

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58 Minutes pour Vivre (Die Hard 2, 1990)

Après le succès de Die Hard, Joel Silver (producteur du premier film) n'hésita guère longtemps pour mettre en chantier une suite au film qui a mis tout le monde d'accord. Pour s'atteler à la tâche, Renny Harlin fut choisi. Soyons direct, Le réalisateur de Le Cauchemar de Freddy est loin d'avoir le talent de son prédécesseur. Cantonné à lasérie B sans prétention, ses films les plus notable sont, dans le meilleur des cas, sympathiques (Peur Bleue, Au revoir à Jamais, Cliffhanger, et donc Die Hard 2), mais loin de marquer les esprits. Pour ce film Harlin n'a donc qu'un poste de faiseur qui doit reproduire la formule du premier épisode. L'introduction est éloquente. John McClane argue pour ne pas payer une contravention à l'entrée de l'aéroport de Washington. Il en profite pour exposer au spectateur sa situation depuis le premier film (il est réconciliée avec sa femme et est flic à L.A.), tout ça par le dialogue. On voit y ici le gouffre qui sépare les deux films. Renny Harlin n'a pas les épaules pour porter sa narration par la seule force des images. Il a besoin de longs dialogues pour être sur de ne pas perdre son audience dans les péripéties du film. Le vice va même jusqu'à paraphraser les codes du personnage principal de la série. La fameuse réplique «You're the wrong guy in the wrong place at the wrong time.» en est l'exemple typique. Pour le puriste que je suis du cinéma de la narration par l'image , qui fait de Die Hard un film si parfait, la pilule est dur à avaler.

Ces problèmes narratifs ne sont guère aidé par la fainéantise du script. 58 Minutes pour Vivre ne s'écarte jamais du manuel de la suite plus large, plus grande, plus forte. Encore une fois les répliques, calibrées pour les bandes annonces, ne prennent pas la peine de le cacher. «How can the same shit happen to the same guy twice?» La réponse est toute trouvée. Harlin se repose sur les acquis du premier film, et n'en reprend que le squelette. Le casting recycle les personnages secondaires de Piège de Cristal pour en réduire certains au simple caméo (Al Powell n'est plus qu'un mangeur de twinkies qui n'apparaîtra que pour un scène mineure). Les situations sont on ne peut plus similaires, seule l'échelle change. Mais là où le huit-clos du Nakatomi Plaza est parfaitement mis en place dans une structure cohérente, il n'en est rein du décor de Die Hard 2. Dans les documentaire du film, Renny Harlin confesse lui-même toutes les entorses faite à la topographie d'un vrai aéroport. Il n'y a par exemple aucun sous-sol sous les pistes, comme l'on peut le voir ici. Les lieux sont agencée au bon vouloir des scènes d'actions, soit le pure négatif de la méthode McTiernan. Pour le besoin du spectaculaire on installe des sièges éjectables à bord d'un avion de ligne. Pour de ne pas perdre de vue les personnages isolés, on met à disposition des téléphones aérien. Quand en plus, on met en place le gimmick comme quoi McClane serait un allergique de technologie, ces incohérences rendent le film daté, tant il aime rappeler que l'on ai dans les 90's.

Le film ne s'embarrasse donc pas qu'une quelconque cohésion narrative. Harlin avoue même(toujours dans les mêmes documentaires) que l'une des principales préoccupations pour la construction des scènes d'actions, était de systématiquement faire échapper l'arme de John de ses mains pour qu'il se débrouille ensuite pour en retrouver une autre. De l'actionner décérébré qui... fonctionne.

Malgrés tout ces points qui font que Die Hard 2 n'est que l'ombre sur son aînée. Le film est loin d'être déplaisant. Oui les méchants sont hautement caricaturaux, mais iconiques. Oui, le métrage n'a aucun sens, mais on apprécie l'action qui reste rondement mené. Si Renny Harlin souffre de la comparaison avec John McTiernan, on peut au moins lui reconnaître qui livre ici un divertissement honnête. La structure n'est plus aussi précise, mais le spectacle est bien là. Le plus important restant que le personnage de John McClane est respecté. En ne prenant pas de risque vis à vis du matériau d'origine, on retrouve bien ce qui nous avez plu dans le flic qui en prend plein la gueule.

 

Loin d'égaler la richesse formelle de Piège de cristal, Renny Harlin offre pourtant une suite qui ne déshonore pas son personnage principal. Retrouver John McLane dans des situations impossible (littéralement) est toujours un plaisir. Si l'action ne repose pas sur une structure solide, elle délivre des moments de bravoure qui reste spectaculaire. Die Hard 2 est une copie imparfaite de son modèle, mais qui n'a pas perdu l'âme de la série au passage.

 

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Piège de Cristal (Die Hard, 1988)

Pour beaucoup, le meilleur épisode de la saga (les autres lui préféreront Une Journée en Enfer), et à raison tant le film de John Mctiernan est d'une précision chirurgicale. Non content de dynamiter le genre de l'actionner, la détermination du cinéaste pour amener le spectateur exactement là où il l'a décidé laisse pantois. Le film s'ouvre sur un avion qui atterrie, à bord est présent John McClane, l'on apprend qu'il est policier grâce au regard trop curieux de son voisin de siège. On le suit ensuite dans le hall de de l'aéroport. Il semble quelque peu désorienté, ses yeux lorgnent facilement sur les jeunes filles de la foule, Il tente de passer un coup de fil à sa femme qu'il l'attend à Los Angeles, il rejoint finalement son chauffeur de limousine bien trop loquace. Cette introduction, en plus montrer de quel manière McTiernan compte filmer l'espace dans tout le reste du métrage, permet de caractériser son personnage de manière très fine. Il faudra en effet bien peu dialogue pour cerner parfaitement à qui l'on à affaire. Sa relation difficile avec son épouse, son ancrage trop profond à la ville à la ville de New York, son dévouement absolu pour son travail. Tout les bases du personnage avec qui l'on partagera les événements du Nakatomi Plaza sont établies. Le travail d'identification a déjà fait le plus gros du travail, et l'on est que dans les premières minutes du film.

Un fois que McClane entre dans le building (qui est en réalité un immeuble de la Fox), le réalisateur va à présent habituer l'oeil de son audience au bâtiment, pour qu'elle ne perde jamais de vue ce qui se passera à l'écran plus tard. Il balaye le cadre pour faire parfaitement imprégner la topographie des lieux. Quand les «terroristes» feront intrusion dans l'immeuble, John devra jauger les forces en présence. Il finira donc d'explorer avec la caméra les derniers lieux encore inconnus du spectateur. Le rez de chaussée, le lieu de cérémonie, un étage «nu», des bureaux, chaque lieux comportent au moins un repère visuel. Avec la certitude que désormais le public est capable de se repérer dans l'enceinte du Nakatomi Plaza, les festivités vont commencé. « Now I have a machine gun. Ho ho ho. »

Avec cette mise en place ahurissante de l'espace, les scènes d'action profiteront à merveille du cadre pour être d'une lisibilité sans faille. Si les explosions, les empoignades et les coups de feu versent dans la démesure, grâce à cette mise en scène minutieuse, jamais on ne tombera dans l'absurde ou le non sens. La spectateur accepte ce qui ce passe à l'écran sans broncher. La suspension d'incrédulité ne tombe jamais, l'on est au coeur de l'action avec McClane.

Également dans l'intention de présenter un héros plus crédible que les mastodontes sans failles de l'époque, il était nécessaire de le rendre vulnérable. Un héros qui saigne et qui prend des coups. Outre la caractérisation citée plus haut qui décrit un homme qui échoue dans son mariage, des petits éléments en apparence anodins seront récompensés dans des moments de bravoure taillé sur mesure. À titre d'exemple, sous les conseils du passager de l'avion, John essaye de se détendre pied nus, il sera pris de cours et restera ainsi tout le long du métrage. Lorsqu'il sera contraint de marcher sur des éclats de verres suite à une fusillade dans les bureaux, il devra se soigner au calme en discutant à distance avec son partenaire d'un jour, Al Powell. Une conversation où les deux hommes se dévoileront, permettant une empathie forte pour ce binôme.

En parlant des dialogues via radio, ces derniers jouent un rôle déterminant dans l'affrontement entre McLane et Hans Grubber. Le plan huilé mis au point par le malfrat allemand sera perturbé par les interventions du flic qui ne manquent pas de répliques devenues aujourd'hui cultes. John McTiernan dans un making of avoue qu'il voie Grubber comme le vrai protagoniste de l'histoire car il a un véritable but, et que par conséquent, McLane en est l'antagoniste. Pas étonnant alors, à ce que l'ode à la joie fanfaronne quand Hans croie arriver à ses fins.

Ainsi Die Hard premier du nom est un film à la précision diabolique qui ne laisse rien au hasard. Que se soit le moindre petit élément de script, la mise en place de l'espace, le rythme, tout est amené à créer le film d'action parfait. Objectif rempli, un premier épisode qui met déjà la barre bien haut et qui marque le genre comme le modèle à suivre.

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