Le nid du Zhibou

Le nid du Zhibou

Par zhibou Blog créé le 13/05/10 Mis à jour le 26/09/16 à 22h36

Le blog d'un animal nocturne qui se nourrit de cinéma, de jeux vidéos et d'autres aliments de la pop culture.

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Cinéma (Cinéma)

 

Que ce soit en tant que scénariste ou réalisateur, David Ayer ne s'est jusqu'alors illustré que dans des contextes urbains. Avec Training Day, ou encore Harsh Times, il réussissait à croquer les noirs versants humains par le biais d'individus crédibles et torturés dans les rues de Los Angeles. Malgré la malheureuse caméra à l'épaule de End of Watch, ou le triste raté qu'est Sabotage (dont le massacre du montage final semble bien loin des intentions de départ), il se dégage de sa filmographie une sincérité dans l'approche de ses personnages et une vraie conviction dans le traitement. Alors quand Ayer s'attaque frontalement à un pur cinéma de genre avec le film de guerre, il trouve là un cadre idéal pour mettre à l'épreuve une poignée d'hommes via l'iconisme que dégage les commandos de la seconde guerre mondiale. Contrairement à d'autres productions qui croient plus en l'aura de leur interprètes qu'en leur histoire (Monument Men pour ne citer que lui), le film a un objectif: Faire vivre au spectateur une aventure brut de décoffrage et sans concessions. Mission accomplie.

 

Le film ne tarde pas à faire part des ses intentions, dans les premières minutes, l'un des protagonistes refuse de lâcher la main d'un des ses compagnons, dont le corps en charpie recouvre les entrailles du Fury, le tank piloté par Brad Pitt et son équipe à travers le territoire allemand durant la toute fin du conflit. La photographie âpre mêlent les couleurs de chair, sang, boue et métal autant pour faire honneur au Sam Peckinpah de Croix de fer, que pour mettre en image la relation quasi-fusionnelle qui lie les personnages menés par Pitt au char américain. La troupe que l'on va suivre ici, est de celle que l'on avait l'habitude de voir dans les films de commandos, trop rares désormais. Un groupe hétéroclite, bien marqué à l'écran et facilement identifiable, où chacun répond à un «nom de guerre» qui résume aussi bien leurs fonctions que leurs personnalités. Archétypales, ces personnages le sont assurément. Mais ces figures, de primes abord simples, sont au services d'un récit qui refuse la moindre clémence envers ses protagonistes. Dans un cadre cru et par une violence graphique frontale, Fury met en lambeaux le peu d'humanité qu'il reste à cette bande de gars tout à fait normaux, des hommes qui ont juste vu trop de morts. L'utilisation du procédé narratif de la jeune recrue sert alors autant de point d'encrage à l'identification du spectateur que pour mettre en avant cette équipe qui est au bord du point de rupture. Ce ne sont plus des héros de guerre, il sont juste là pour «finir le job».

 

 

Le tout est servi par une interprétation juste, mais où se démarque clairement Brad Pitt qui donne assez de corps à ce sergent rongé par le conflit, autant physiquement que moralement. Durant les moments de calmes ou en plein dans les affrontements, son personnage inspire autant le respect que le dégoût dans ses choix les plus contestables. Il parvient à illustrer son incapacité à aspirer de nouveau à une vie normale, notamment dans une longue séquence dans une ville assiégée. Un moment de répit au c½ur du film, qui surligne un peu plus à quel point lui et sa bande sont devenus des produits de la guerre. Le film offre assez d'affect et de conviction en ses personnages et en ce qu'il raconte pour impliquer son audience entre deux phases de combats. Ces dernières, véritables attractions principales du métrage, assurent définitivement le spectacle. Les assauts de chars conjuguent tension et puissance dans une mise en scène qui met à profit la lourdeur des engins et l'ingéniosité des man½uvres de leurs équipages respectifs. L'un des points culminants est sans aucun doute cette rencontre avec un Tigre allemand. En plus de jouer la carte de l’authenticité en utilisant le dernier modèle encore en état de marche (de même les Sherman américains ne sont pas des répliques, mais bien des tank de l’époque), le tank adverse transperce l'écran tel un monstre implacable, faisant de lourds dommages dans le camp allié. Entre ce moment de bravoure et les autres scènes d'actions pures, le film dégage une nervosité galvanisante, ce sans jamais perdre en lisibilité et soutenu par les ch½urs de la bande son viscérale de Steven Price (Gravity). On est bien face à un divertissement guerrier qui aborde son sujet avec assez d'assurance pour emporter l'adhésion.

 

 

 

Assumant son statut de pur film de genre, Fury est un actionner qui délivre des batailles trépidantes, en offrant aux amateurs de films de guerre ce qui sont peut être les meilleures scènes de Tanks imprimées sur un écran. Il est de cette espèce de films d'exploitation qui aspire seulement à faire partager au public un vrai moment de cinéma. Dans la chair, le sang et l'acier, David Ayer atteint son noble objectif à grand coup de canons. 

 

Cet article a été originellement publié sur Chronics Syndrome :

http://chronicssyndrome.wordpress.com/2014/11/11/chair-dacier-critique-fury/

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Commentaires

Alexia
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Alexia

Je ne suis pas fan du réalisateur,il a de très bonnes idées, mais il n'arrive pas à donner corps à ses récits, sauf avec son avant dernier film était pas mal, mais bon je suis souvent peu impartiale quand il y a Arnold Schwarzenegger. Bref ce Fury est une belle surprise, imparfait, mais bien, ce qui plombe principalement le film d'ailleurs est la musique... mais en dehors de cela quelle claque. C'est un vrai film de guerre et on peut dire que c'est un bel ouvrage, pourtant ce n’était pas gagné d'avance. Avril 1945. Les Alliés mènent leur ultime offensive en Europe. À bord d’un tank Sherman, le sergent Wardaddy et ses quatre hommes s’engagent dans une mission à très haut risque bien au-delà des lignes ennemies. Face à un adversaire dont le nombre et la puissance de feu les dépassent, Wardaddy et son équipage vont devoir tout tenter pour frapper l’Allemagne nazie en plein cœur… Le film nous propose des vrais moments de bravoure, sérieusement il y a des scènes ou j'étais O_O, d'un côté c'est romancé bien entendu, mais bon on se dit que si les soldats ont vraiment eu des moments aussi intenses, on ne peut que les remercier de nous avoir sauvé, je suis peut-être maladroite dans mes propos, mais c'est vraiment ça. C'est impressionnant. le film est épique, sincèrement c'est vraiment une des meilleures oeuvres guerrières que j'ai vue depuis quelques années.

On est à la fin de la guerre et on suit le parcours d'une unité de soldats, une unité mobile, je crois que l'on dit ainsi, enfin bref avec un tank et ils vont avoir une mission désespérée façe aux troupes allemandes. C'est vraiment épique et dramatique, nous on sait que la guerre se termine par la victoire des Alliés, mais ce sont toutes les petites étapes de ce conflit qui ont fait cette victoire et certains épisodes nous sont totalement inconnus, et pour ma part celui-ci l'était. J'ai souvent eu en tête la bouleversante musique House of Cards de Audiomachine. C'est le même genre de thématique et le réalisateur sait nous faire entrer dans le conflit, dans le quotidien de ce groupe et on apprend à les aimer bien qu'ils nous apparaissent comme trop inhumains, cette guerre en a fait des machines de guerre et pourtant ils restent des hommes dans une guerre horrible. Il y a de l'humour, mais vraiment très très minime et permettant aux hommes de décompresser, il y a aussi des scènes ou une simple phrase est plus importante qu'une simple exposition comme celle-ci que vous avez peut-être eu l'occasion d'entendre "Les idéaux sont pacifiques, l’Histoire est violente" C'est un film vraiment beau, mais cruel, il nous montre la guerre dans tout ce qu'elle a de plus horribles et ce que j'aime dans le récit, c'est qu'il n'y a pas de jugements de la part du réalisateur, ce sont des soldats et ils font le travail pour lequel ils sont présents en Europe. Ils sont brisés par ce qu'ils ont fait et le personnage principal perd son humanité dans une scène de meurtre qui peut paraitre banal vu que c'est la guerre, mais qui semble logique dans la construction du personnage. Ils ont peurs également et c'est une touche qui permet de rendre attachants les personnages.

Les acteurs y sont pour beaucoup, Brad Pitt c'est c'est le Sergent Fury des comics (d'ailleurs Fury est le nom du tank dans le film.) C'est le même homme pour moi et j'adore la manière dont il joue son rôle, on croit en lui. Les autres acteurs sont tous aussi impliqués, et ils impressionnent dans le film. Le récit est impeccable dans son récit, par moment sa manque de respiration, mais ce n'est pas un un problème en soit on peut dire. C'est la guerre et cette mission est désespérée, et on ressent cela. Les acteurs sont bons, le réalisateur sait donner une force à son récit, c'est un film de guerre qui fonctionne bien du début à la fin, on sent les recherches de la part du réalisateur, la structure narrative du récit est parfaite, et les 24 heures du récit sont d'une grande utilisé dans la narration pour comprendre aux mieux les changements chez les personnages. Bref même quand on pense ne pas pouvoir être étonné par un film de guerre, on l'est et c'est plaisant, vous devez voir ce film en tout cas si vous voulez passer un bon moment, c'est du 9/10 en ce qui me concerne.

kaizer5
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kaizer5
je l'ai vu la semaine dernière est j'ai plutôt bien apprécié. c'est vrai que brad pitt est vraiment bien dans ce film mais j'ai également apprécié la prestation de shia leboeuf.
les scènes de combats sont superbement filmés, et comme tu dis le duel (plus trois contre un) avec le tigre
est impressionant.
enfin perso, j'ai beaucoup aimé la scène avec les 2 allemandes dans la ville et la tension au maximum quand le reste de la troupe arrive... génial
malheureusement, ça manque de surprises je trouve et on s'attend un peu à se qu'il va se passer.

Édito

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Vous aurez en effet droit aux articles écrit par mes soins, publiés en intégralité sur Gameblog. Je ferais de la pub racoleuse seulement pour les articles de mon collègue de blog. Cela me semble plus juste ainsi.

Donc, des critiques d'un coté (cinéma, jeux, etc...) mais aussi quelques rares bonus qui n'ont pas leurs place sur les Chroniques. Un cru spécial pour la comunauté Gameblog.

 

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