I solemnly swear that I am up to no good.

Tout le monde le sait, l'Espagne détient la vérité. Par exemple ils ont légalisé le mariage pour les couples homosexuels en 2005 et le pays existe toujours. Il gagne même au football.
Chaque année, le Prince des Asturies remet des prix à différentes personnalités. Après Umberto Eco et la Société du National Geographique, après les revues scientifiques Nature et Science, c'est Shigeru Miyamoto qui vient de recevoir le prix 2012 Communication et Humanités.
Traduction d'un extrait des minutes du jury :
"Le créateur de personnages et de jeux mondialement connus, Shigeru Miyamoto, est le principal architecte de la révolution qui a rendu les jeux vidéo instructifs, éducatifs, et constructifs. Il s'est distingué en excluant la violence de ses créations et en innovant avec des programmes et des formats qui aident à exercer son esprit dans ses multiples facettes, en plus d'être de grande valeur d'un point de vue éducatif.
Miyamoto n'est pas seulement le père du jeu vidéo moderne : grâce à sa grande imagination, il a aussi réussi à créer des rêves virtuels qui permettent à des millions de personnes de tous âges d'interagir, créant ainsi de nouvelles formes de communication et de relation capables de dépasser les frontières idéologiques, ethniques et géographiques."
Un bien bel hommage. J'en retiendrai notamment l'accent porté sur le dépassement des frontières idéologiques, ethniques et géographiques qui traverse les crations du monsieur, dont j'ai déjà pu longuement discuter sur les beaux forums de gameblog, avec des gens que je salue, notamment mojosav qui parle de tout ça très bien.
Je pourrais mettre une photo de Miyamoto, mais je préfère celle du Prince des Asturies, qui est carrément canon.

Quelques amis et moi continuons à chroniquer tranquillement sur des livres qui nous plaisent, et on avait envie de parler de Proust.

Selon l'occasion où vous parlez de Proust, vous direz que vous le relisez pour faire comme tout le monde, ou bien vous vous tairez par peur de passer pour un intello, et vous vous êtes promis depuis cet incident en 4èmeC que plus jamais ça n'arriverait.
Voici quelques mots, quelques pistes, pour entrer dans le premier tome de La Recherche, Du côté de chez Swann, pour se ballader dans ce texte magnifique, ou juste pour briller en société.
Et si vous tenez jusqu'au bout, vous découvrirez même comment on en arrive à mentionner Assassin's Creed III dans une émission littéraire, trop obsédé par le dernier trailer !
Bonne écoute !
Des gens franchement adorables mais complètement inconscients m'ont confié l'animation d'une partie d'une émission de radio consacrée aux livres. Pour la première, dont le thème était la soumission volontaire à l'autorité, j'ai proposé qu'on parle de Bartleby d'Herman Melville, un court récit qui décrit un narrateur aux prises avec un employé sur lequel il ne parvient à n'exercer aucune autorité. Ce patron, habitué à ce qu'on lui obéisse, suppose que comme tout le monde Bartleby suivra ses instructions. Mais il n'en est rien. L'employé modèle du départ se met peu à peu à répondre à certains ordres : "I would prefer not to." Je préférerais ne pas faire ce que vous me demandez. Dès lors, comment réagir pour le patron ? Sur quoi se fonde son autorité sinon sur le fait qu'on lui obéit sans jamais questionner ses ordres ? Et s'il suffisait de préférer la liberté, et de l'assumer jusqu'au bout ? Récit d'une insoumission qui se construit petit à petit, en regard de toutes ces petites obéissances auxquelles on consent quotidiennement, de façon tout aussi subtilement insidieuse.

Extraits de l'émission : dans la première partie on plante le décor, dans la deuxième on débat autour de différentes interprétations du récit.
Bonne écoute !
Titres diffusés :
Rien, d'Elephant.
Small 2, de Serafim Tsotsonis.
Pour prolonger la réflexion, l'article wikipedia de l'expérience de Milgram.
Dans certains jeux, on ne peut jamais vraiment gagner. Dès le départ on sait qu'à un moment où à un autre, on perdra. Et pourtant, on essaie quand même.

Sir Cucumber, il y a quelques années, a eu l'idée de rapprocher ces jeux des philosophes de l'absurde.
Pour Camus par exemple, l'homme est comme Sisyphe qui continue à pousser son rocher alors qu'il sait qu'il n'arrivera jamais en haut de la colline : le rocher lui échapera toujours avant et redescendra la pente. L'homme est ainsi fait : il s'engage dans des structures répétitives, alors même que ce qu'il construit finira toujours par disparaître. Et pourtant, il continue à essayer. Notamment parce que ce n'est pas le but qui importe : la vie n'a de toute façon ni finalité, ni sens. Mais ça ne nous empêche pas de vivre entre temps. "Il faut imaginer Sisyphe heureux".
Balloon Trip: an Existential Journey from Sir Cucumber on Vimeo.
"Pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai pensé à maman. Il m'a semblé que je comprenais pourquoi à la fin d'une vie elle avait pris un « fiancé », pourquoi elle avait joué à recommencer. Là-bas, là-bas aussi, autour de cet asile où des vies s'éteignaient, le soir était comme une trêve mélancolique. Si près de la mort, maman devait s'y sentir libérée et prête à tout revivre. Personne, personne n'avait le droit de pleurer sur elle. Et moi aussi, je me suis senti prêt à tout revivre. Comme si cette grande colère m'avait purgé du mal, vidé d'espoir, devant cette nuit chargée de signes et d'étoiles, je m'ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l'éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j'ai senti que j'avais été heureux, et que je l'étais encore."
Camus, L'Étranger.
C'est bientôt l'été, les vacances, la plage peut-être... l'étranger ?
En tous cas, sortez couvert : prenez toujours avec vous votre carte d'assurance maladie européenne. On ne sait jamais ce qui peut arriver.
Je suis en plein dans une partie de Galactic Civilization II et mes deux acolytes, l'un à Paris, l'autre à Lyon, sont en train de se pigner le nez via instant messenger, pour établir leurs prochains coups. J'ai donc tout le temps de partager ce que j'écoute à l'instant.
Il s'agit de la captation d'un concert qui a eu lieu il y a un peu plus de deux ans, à La Villette, dans le cadre d'un festival de jazz. Il s'agissait de la rencontre entre un orchestre de musique de chambre, "Les Siècles", et Carl Craig, un des DJ les plus connus de la mythique scène de Détroit. Cette réunion se tenait notamment par l'initiative d'un jeune et talentueux pianiste, Francesco Tristano, qui a traduit certains des morceaux de Craig pour des instruments classiques.
Le fragile équilibre du pari de cette soirée a accouché d'une inattendue magie, au rythme de laquelle un imperturbable Craig associe ses machines à l'orchestre, où les silhouettes des musiciens et du chef esquissent des mouvements de pied et de tête comme s'ils prenaient un verre aux Bains Douches, et le public ondule à la manière d'étudiants en fin de rave, où tout le monde est épuisé mais se balance encore un peu comme un seul corps.
Extrait :
Le concert dans son entièreté est visible ici.
Au royaume des personnages de jeux vidéo dont on ne sait pas s'ils rêvent, si on doit les aider à se réveiller, ou pas, on a récemment eu Alan Wake. Malgré les louanges émanant de sources sures, je n'y ai toujours pas joué... mais sur les conseils de JoZozo (reconnaissance éternelle) j'ai rencontré Pete.
Dans Coma, « petit » jeu flash d'une vingtaine de minutes, on dirige Pete dans un univers onirique truffé de références à des jeux connus, de Portal à Silent Hill.

Il s'agit pour Pete de délivrer sa soeur, enfermée dans les sous-sols de la maison, condamnée à mourir de faim par son père. Pete parcourt les alentours de la maison à la recherche d'un moyen pour délivrer sa soeur, dans un monde magnifique où un humour absurde mime le genre d'incohérences qui truffent nos rêves.
Ce genre de petit jeu connait une exposition grandissante depuis le phénomène Braid, et on peut lui reprocher tout un tas de défauts, de sa faible durée de vie au relatif manque de challenge, en passant par la critique en bonne et due forme d'un scénario qui cherche peut-être trop à être mystérieux, au point d'être franchement ininterprétable, selon certains joueurs.
Sauf que voilà, même si on peut facilement plomber Coma de tous ces défauts-là, il n'en reste pas moins que son jeune auteur, Thomas Brush, a mis un talent indéniable dans l'exécution des graphismes, de la bande son et de la programmation. Et si certains joueurs attachés à l'idée de vouloir trouver un sens à l'ensemble de l'aventure risquent de rester sur leur faim, certains tableaux sont tellement pertinents et vertigineux dans les significations qu'ils superposent que l'expérience vaut d'être tentée.
Cliquez sur l'image ci-dessus si vous voulez jouer.
Cliquez sur l'image ci-dessous pour écouter le thème principal du jeu.
Le Zinegoak, le Festival International du Film LGBT de Bilbao, a proposé en février dernier un concours du meilleur "court-métrage express". Chaque participant doit réaliser un film d'une à quatre minutes en quatre jours, pendant la durée du festival ; le film foit faire référence à un objet imposé par le jury : cette année il s'agissait d'une orange.
C'est le film El ataque de las naranjas homofobas (L'Attaque des Oranges Homophobes) de Pablo Isidro qui a gagné cette année. Il mime la composition d'une bande-annonce d'un film à la Grindhouse. Perso je rêverais qu'un long métrage correspondant soit tourné !
Je prends pas le temps de tellement venir sur internouilles en ce moment. Mais là, je viens de tomber sur un superbe folioscope (vous savez, ces petites albums dont les pages tournées rapidement créent une animation par persistence rétinienne).
C'est Jamie Belle, un étudiant en art, qui a réalisé cette très courte histoire de la vie sur terre pour ses examens de fin de semestre. Alors il y a quelques résumés qui s'arrangent avec ce qu'on sait de l'Histoire (Que font des Spartiates devant les Pyramides ???) mais l'ensemble est juste brillant.
Et le trait de bic sur les cahiers d'écolier, ça a un charme fou. Je vais peut-être me remettre un coup sur Crayon Physics, d'ailleurs !
À mes frères (et à ma sœur) d'arme.
Les gardes
Le garde souverain de l'adret
Était là au commencement
La fée Morgan forgea son rai
Pour qu'il fende quiconque ment
Et son bois grava les arrêts
Le second barbu et violet
Charme les cœurs chauffe les veines
Sa belle lame a un ourlet
Et elle chante un air qui traine
En enfer ceux qu'elle a violés
Quand la troisième fouette l'air
C'est la ténèbre qu'on abbat
Le métal blanc de sa colère
A l'injuste sonne le glas
Et à chacun rend la lumière
Bon et juste vient le sixième
Son fléau bat le blé humain
Son fléau noir qui tient en rènes
La paille séparée du grain
Il voit le bien quoi qu'il advienne
Le quatrième ne dit mot
Il écoute il attend de voir
Où l'armure aura un défaut
Un seul coup et le sang va choir
Pour laver les torts et les maux
Le garde des cimes du Nord
Connait les mines et tunnels
Et les lignes de code encore
En la terre enfouies éternelles
Des palais et leurs rois l'honorent
L'éclaireur arpente les routes
Et va où le portent ses pas
Mesuré il pèse et il doute
La Vérité n'existe pas
Mais tous les chemins d'un ciel d'août
Le huitième scelle la paix
Pour prêcher il n'a pas de bible
Et pour vaincre il n'a pas d'épée
L'ami au cœur indéfectible
Éclaire tout sans se tromper
Le neuvième en un coup de faux
Puisqu'il faut bien que tout finisse
Nous rendra tous libres et égaux
Dur et doux ce garde métisse
Tranche doux et dur pour de faux
Que le dernier chante leur geste
Après que tout se sera tu
Lecteur si tu flannes si leste
C'est qu'ils veillent au loin sais-tu
Dix gardes de paix s'il en reste
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I solemnly swear that I am up to no good.




