Le Blog de l'otarie

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Par Waldotarie Blog créé le 21/08/12 Mis à jour le 22/07/14 à 19h52

Le blog d'un type avec des moustaches et une peau luisante,qui rugit fièrement au clair de lune. Amateur de musique, de littérature, de BDs, de mangas, de films... et un peu aussi de jeu vidéo évidemment !

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Catégorie : Sans commettre d'impair...

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Sans commettre d'impair...

Hello everybody, 

Oui, je sais bien que j'avais annoncé à maintes et maintes reprises que je reprennais mon blog, et je ne l'ai pas fait, ce qui est très vilain ! Mais voilà, la crise internationale à régler, un brushing à entretenir, Michel Sardine, Léa Deysoux, et on se retrouve dépassé par le flot tumultueux des événements, pris dans la poigne d'acier du destin qui vous emporte à travers le temps et l'espace (comme une vieille cabine téléphonique moche et bleue, c'est ça !).

La routourne du destaing tourne, si vous préférez !

Jusqu'au jour où par hasard, on croise du coin d'un regard un article qui nous interpelle et nous ramène brutalement à la réalité, à tout ce temps écoulé, à toute cette nostalgie, et ce regard vers l'arrière,  et les manteaux de duc traînent dans leur fourrure, pendant que des grandeurs on monte les degrés, un bruit d'illusions sèches et de regrets, comme, quand vous montez lentement vers ces portes, votre robe de deuil traîne des feuilles mortes... mais je m'égare un brin là ! 

Quoique non en fait, c'est exactement cela qu'il nous faut porter aujourd'hui : le deuil d'un des plus grands songwriters qui ait jamais existé. Il y a dix ans exactement s'éteignait Elliott Smith, et puisqu'il est prévu depuis que ce modeste espace blogaire a ouvert ses portes qu'il doive un jour y prendre place, le moment ne saurait être plus approprié. Aujourd'hui donc, nous parlerons rapidement d'Elliott Smith. (Technique de journaliste ça, on écrit quatre fois le sujet en gras. J'en ai appris depuis que je suis arrivé !)

"Miss Misery"

 

La chanson qui l'a révélé au grand public, avec la BO de Will Hunting, en 1998. Nominé pour l'Oscar de la "meilleure chanson originale".

Qui sera remportée par Céline Dion, de toute évidence bien aidée par ces fichus traîtres de caribous.

Il a déjà 3 albums à son actif, et quelques petites pépites...

 

Son premier album, "Roman Candle" parait en 1994. Les chansons sont assez simples, avec peu d'arrangements, dans ce style typique d'un folkeux. Beaucoup de guitare acoustique, quelques vagues riffs d'électrique, deux pauvres riffs de batterie mais un jeu déjà de bonne qualité et quelques belles harmonies vocales, et surtout quelques morceaux superbes, comme celui-ci :

 

"Condor Ave"

Parce qu'il faut faire un choix, et que j'ai décidé de me limiter à un morceau par album (déchirement !)

Album qui se finit étrangement sur un morceau plus expérimental, signe avant coureur d'une volonté d'évolution...

 

L'année suivant parait un album éponyme, "Elliott Smith"  (technique de journaliste toujours, vous pouvez pas comprendre !). Un album dans la lignée du premier, toujours très acoustique, avec cependant quelques choeurs qui viennent s'ajouter (sa petite amie sur "St Ides Heaven" par exemple...). Surtout, la qualité remarquable des compositions ne faiblit pas, et malgré son aspect dépouillé l'album résiste comme son prédécesseur parfaitement aux assauts du temps ! C'est pourtant probablement celui que j'aime le moins, tant la suite sera délectable...

 

"Southern Belle"

 

 

En 1997, parait son premier véritable chef d'oeuvre, "Either/Or". C'est avec cet album que j'ai découvert l'artiste voilà une petite dizaine d'années, et il passe encore très régulièrement à portée de mes oreilles, tant ses qualités de composition, d'arrangements et de richesse musicale en font une oeuvre hors de portée du commun des mortels. Il serait vain de tenter d'en énumérer les qualités, je vais plutôt vous supplier d'aller l'écouter, pour savoir ce qu'un excellent album de folk peut être, et surtout découvrir par vous-même les merveilles que je ne peux poster ici. Faire un choix entre des titres comme "Between the bars", "Ballad of Big Nothing", "Speed Trials", "Pictures of me", "Cupids Trick" ou "Say Yes" est un supplice.

 

Je me suis finalement rabattu sur "Angeles"...

 ...qui figure dans la BO de "Girl Next Door", et surtout de "Paranoid Park", encore une fois de Gus Van Sant.

 

Comme (presque) tous les fichus génies qui errent dans le monde de la musique, il se drogue régulièrement et sombre parfois dans la dépression, malgré le succès d'"Either/Or". 

Son album suivant, "XO"  poursuit l'idée d'ajouter des instruments. On trouve désormais un piano, en plus du trio basse guitare batterie (et de l'enregistrement multipistes de la voix, qui donne ce son caractéristique), et les morceaux gagnent encore en diversité, proposant même parfois des sons rarement entendus ailleurs, où les guitares cristallines s'égrènent derrière des basses profondes, presque sous marines, ou des notes de piano viennent s'entremêler à un maelstrom sonore, à un mur du son puissant et plein de larsens. Les breaks se font encore plus fréquents, les découpages des titres plus complexes, et la relative violence alterne avec des volutes délicates... Encore une fois, choisir une chanson n'est pas évident. "Sweet Adeline" compte sans aucun doute parmi mes 5 préférées de l'artiste... c'est pourquoi je prends "Waltz #2" !!!

 

 

 

Son album suivant, "Figure 8", sera le dernier à paraître de son vivant, et donc le dernier à avoir son aval complet quand à la réalisation. Il continue sur la lancée des albums précédents, avec une variation entre des morceaux plus doux ("Somebody that I used to know", "Everythnig Reminds me of her", ou le très beatlesien "Everything Means nothing to me" son piano et ses harmonies vocales...), ou franchement rock ("L.A.", "Would'nt mama be proud", "Pretty Mary Kay"...). 

 

Et comme encore une fois je suis étouffé par la qualité globale, et que je suis même incapable de faire ressortir une seule piste je mets juste la première : "Son of Sam" 

 

 

Mais Smith est une personne torturée, comme cela transparait certainement dans ses chansons. Il devient peu à peu accroc à l'héroïne, alcoolique, sombre dans la paranoïa, se nourrit de plus en plus mal et se produit (évidemment) de moins en moins en concert... Cependant, tout cela ne semble pas tarir sa verve créatrice, et à l'instar d'un Jimi Hendrix il parait même ne jamais devoir épuiser son inspiration, continuant à écrire nombre de chansons, détruisant celles dont il ne s'estime pas assez satisfait (combien de merveilles a-t'il réduites en cendres ?)...

Son entourage parvient cependant à l'astreindre à une cure de désintoxication, et à lui faire échapper au monde de la drogue, même s'il reste fragile. C'est dans ce contexte que suite à une dispute avec sa petite amie, il est retrouvé mort, de deux coups de couteau dans l'abdomen. Les circonstances semblent assez mystérieuses, et si la thèse du suicide est retenue (et paraît cohérente vis-à-vis de son état psychique), un homicide parait possible...

"From a basement on the hill" parait donc à titre postume, en 2004. il est élaboré à partir des nombreuses pistes enregistrées les 4 années précédentes par Elliott Smith. La qualité globale reste excellente, même si l'album n'aurait probablement pas été celui ci si son auteur avait pu le mener à bout (un peu à l'image de "Sketches for My Sweetheart the Drunk" de Jeff Buckley...). Ses proches parlent d'une production plus brute...

 

"A fond Farewell"

 

 

Enfin, en 2007 parait un double album, "New Moon" compilation de morceaux enregistrés entre 1994 et 1997, qu'Elliott Smith n'avait pas considéré comme suffisamment bons pour être intégrés à ses albums de l'époque. C'est à ce genre de détail, en écoutant un album comme celui-ci qu'on reconnait un artiste d'exception. Certes, les compositions sont légèrement inférieures à celles de "Either/Or" ou "Xo" (et encore !). Mais elles sont encore d'une qualité à faire pâlir d'envie quiconque qui ait tenté un jour d'écrire une chanson. "High Times", New Monkey", "Riot Coming", Georgia Georgia", ou la tendre reprise du sublime "Thirteen" de Big Star pour ne citer qu'elles. Mais puisqu'il faut un morceau pour finir tout cela, je me propose plutôt d'achever avec "Angel in the snow" qui me semble mieux adapté à la situation...

 

 

 

Voilà. Je sais que j'ai posté beaucoup (trop) de titres, mais que je considère qu'il s'agit d'un artiste qu'on ne peut traiter avec quelques chansons. Il n'est pas une chanson d'Elliott Smith que je n'aime pas, et en dix ans de temps, jamais je ne m'en suis jamais lassé. Ses albums reviennent régulièrement, tous, tant la densité de son oeuvre est remarquable, tant je ne peux me résoudre à préférer tel album plutôt que tel autre. Tout comme si on m'avait demandé de faire la biographie d'un Neil Young, il m'aurait été impossible de se contenter d'une pauvre compilation. Ce serait passer à côté de trop de merveilles.

De la même manière, on sent une volonté d'évoluer permanente, une qualité instrumentale remarquable, et une voix tendue, particulière, reconnaissable entre mille.

Simplement, un des songwriters les plus doué de tous les temps, les plus sensibles, les plus admirables, quelqu'un dont le nom peut être accolé à Neil Young ou à Bob Dylan, qui a marqué la musique de son époque, et sur lequel le temps semble n'avoir aucune emprise... Quelqu'un de déjà culte avant sa mort, et qui le devint encore plus après.

Si vous avez apprécié, ne serait-ce qu'un peu ces morceaux, allez écouter "Either/Or", "XO" ou "Figure 8". Plongez vous dans ce son si particulier, avec cet étrange traitement sonore sur la voix. Quand vous aurez vraiment accroché, vous aurez des centaines de titres, à écouter et réécouter tout le restant de votre vie...

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Hello à tous !

Cela fait bien longtemps que je n'ai pas publié sur ce blog (hormis pour le CNC* évidemment, il y a des priorités dans la vie). Je m'excuse envers les deux fidèles qui suivent mon blog, particulièrement Critobulle, qui restera donc célibataire ce soir, faute de ne pas avoir pu draguer les filles en leur vantant les mérites de groupes inconnus. De toutes façons crois-moi sur parole, ça ne marche pas !!

C'est que j'avais des choses importantes à faire. J'avais par exemple résolu de prendre de l'avance sur mes posts, pour proposer tout un tas de trucs intéressants. Ou encore de finir tout pleins de jeux, livres et autres films ! Ou encore de dormir. D'ailleurs j'y suis parfaitement arrivé.

 

Et donc, pour mon retour, un groupe que j'avais programmé de longue date -sans jamais faire le post bien entendu, je ne suis pas président honorifique à vie de l'Orde des Joyeux Procrastinateurs pour rien !! - parce qu'il me semble parfaitement correspondre à ce jour : Love.

 

 "Alone Again Or"

 

Un bon jeu de guitare espagnolisant, quelques trompettes... dynamique et représentatif ! 

 

Love fait partie de ces groupes cultes des années 60 qui n'ont pas connus à l'époque un succès amplement mérité (comme les Zombies, Nick Drake,...) mais qui sont depuis passé à la postérité. Ce morceau, "Alone Again Or" ouvre leur troisième album, qui est aujourd'hui fréquemment (pour ne pas dire systématiquement) cité dans les classements des plus grands albums de rock de tous les temps, "Forever Changes"

Ce groupe est originaire de Los Angeles, emmené par le génial Arthur Lee, et à la particularité d'être sur le même label (Elektra) que les Doors, et de partager le même producteur qu'eux, Bruce Botnick. il serait même plus exact de dire que les Doors sont en fait arrivés dans l'ombre de Love, qui était alors le groupe sur lequel Elektra fondait ses espoirs (et que Jim Morrison et Arthur Lee était compagnons de boisson, bien entendu !). Mais le fait que le groupe était réticent à aller donner des concerts hors de leur Californie chérie leur a certainement été fatal.

En même temps pourquoi aller s'emmerder ailleurs quand on a le soleil, la plage, le désert et de la drogue sous la main, je vous le demande...

 "A House Is Not A Motel"

 Ce jeu de guitare... cette voix.... Cette construction de morceau...

 

 

"Andmoreagain" 

 Personnellement, sans doute mon morceau préféré. 

And you don't know how much
I love you
Oh, oh, oh...

 

Ces trois morceaux que je vous ai présentés, sont tout simplement... les trois premiers morceaux de "Forever Changes" !! Bien entendu, le reste est du même acabit. Si vous avez apprécié cette écoute, vous avez le DEVOIR d'écouter cet album. Voir de l'acheter ! 

 

Pour finir, je vous laisse avec cette superbe reprise de la pochette de l'album (une cover de cover en quelque sorte) 

 The kittencovers, découvert grâce à ipiip !!

Une pochette que j'ai découvert grâce au blog d'ipiip, bien entendu !! 

 

*Comité des Nanardeurs Confirmés. Maintenant vous savez !

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Cela faisait très longtemps que je n'avais pas fait de « morceau du jour pair » (nom de chronique stupide qui devrait plutôt être « artiste du jour pair » mais passons...), et en ce début de l'année je ré-attaque logiquement avec alt-J. On m'a offert leur excellentissime album à Noël, avec une prise de risques défiant toute concurrence, qui devait se baser sur le fait que ça sonne un peu électro et donc je ne devais pas connaître.

Raté.

Par bonheur je ne l'avais pas encore acheté, et ça tombait à pic ! :) (Il faut dire aussi que ça sonne électro plus proche de Radiohead que de Daft Punk...)

 

Peu de choses à dire sur la biographie du groupe, qui n'en est donc qu'à son premier album. (Mais pour un coup d'essai c'est un coup de maître !). Par contre, je me suis naturellement posé la question de savoir d'où pouvait bien venir ce nom étrange, et après recherches rapides (oui oui, Wikipédia, c'est ça), il s'avère que cette combinaison de touches permet de tracer un Delta (Δ), et qu'ils aimaient cette double lecture.

Ils aiment les triangles aussi manifestement, la chanson "Tessellate" contenant ces paroles : « Triangles are my favourite shape, three points where two lines meet. » Un dangereux groupe Illuminati manifestement. Je tremble.

 

Mais trêve de blabla, place à la musique !

 

 Breezeblocks. 

 Attention, ce morceau peut s'infiltrer sournoisement dans un coin de votre cerveau pour ne plus vous lâcher. Vous êtes prévenus

 

 

Un superbe morceau  avec une construction assez originale, qui part sur une rythmique tressautante, avant de se finir en étonnant canon, faisant la part belles aux harmonies vocales. 

 

Dissolve Me.

 

Matilda 

 

Apparemment en rapport avec le personnage de "Léon", du temps où Luc Besson faisait encore des films. (Et non pas des saloperies commerciales, vous m'avez compris.)

Un morceau faisant référence à Natalie Portman, c'est forcément le Bien !

 

Je mentionnais plus haut avoir déjà écouté ce groupe avant Noël, en vérité c'est principalement "Breezeblocks" qui m'est resté en tête un paquet de temps, des collègues l'écoutaient en boucle cet été... Et par la magie d'internet et des playlists Deezer, j'ai pu redécouvrir l'album début décembre, ce qui me permet d'affirmer haut et fort avec suffisamment de recul qu'il est assez remarquable ! L'ensemble des chansons est de même calibre que celles que j'ai - difficilement - choisies, et si jamais vous avez apprécié cette écoute, foncez dessus, c'est un des albums de l'année (Les prix s'enchainent d'ailleurs, meilleur album pour les Inrocks, prix Mercury....)

 

Vous pouvez écouter leur concert de la route du Rock de cette année à cette adresse si le coeur vous en dit : 

http://liveweb.arte.tv/fr/video/Alt-J_Route_du_Rock/

 

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Quoi ? Un post musical qui touche au Seigneurs des Anneaux ? Alors qu'il est de notoriété publique que je déteste les adaptations cinématographiques de l'oeuvre de Tolkien ? (Enfin de notoriété publique pour la dizaine de personnes dont je squatte pourri les statuts) Que je les abhorre ? Que je les hais ? Que je les conchie doucement ? Que je les trouve ratées, nulles, mauvaises, en deça de tout ce qu'on était en droit d'attendre avec un budget pharaonique ? (***)  Et que j'en rajoute un max quand même ? Surtout que le premier film est plutôt bon...et le deuxième convenable. Quoique. A peine. Non en fait !

Mais c'est qu'opportuniste comme je le suis, je saute sur l'occasion pour pondre un petit billet sur un artiste français bien connu qui a parfois frôlé l'excellence : le facétieux et dynamique Jacques Higelin.

Mais quel peut bien être le rapport entre ce chanteur excentrique et le Seigneur des Agneaux me demanderez vous ?

(Si vous ne demandez rien, soit vous avez la curiosité d'un poisson rouge, soit vous connaissez déjà la réponse à la question. Dans les deux cas, vous likez pour me prouver votre admiration légitime, et vous êtes libres de partir après ça.)

Et bien il s'est tout simplement inspiré d'un des personnages majeurs du livre de Tolkien pour réaliser cette chanson que voici : Tom Bombadilom. (Si vous ne savez pas qui est Tom Bombadil, il apparaît dans la "Communauté de l'Anneau" - passage qui a été fort intelligemment supprimé dans le film, évitant un désastre cinématographique, le personnage de Tom Bombadil étant extrêmement difficile à représenter. C'est aussi et surtout signe que vous feriez mieux de lire le livre. Vraiment.).

 

 L'énergie naturelle de Jacques Higelin colle très bien avec ce personnage.

 

Je connais assez mal l'oeuvre de cet artiste, j'ai juste redécouvert récemment  "Tombé du ciel", très bon album, paru en 1988. Pour mémoire, Higelin était (déjà) une star à cette époque, il avait notamment rempli Bercy deux ans plus tôt. Depuis, je dois réécouter le reste. Trop la flemme.

 

Pour les curieux qui voudraient (re)découvrir cet excellent album (assez varié, travaillé au niveau des paroles, bien produit...), j'en mets également deux extraits. A commencer par le tube éponyme. 

 

On trouve également des morceaux plus calmes et mélancoliques, et d'autres aux arrangements plus travaillés, voir exotiques. Comme celui ci. 

 

 

(***) insérez ici une longue litanie d'injures diverses à votre convenance.

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On est lundi soir, et comme tous les lundis soir, vous avez ramené(e) un(e) nouvel(le) inconnu(e) croisé(e) par hasard dans la rue à la maison. L'ambiance monte, mais vous voici désespérement en dêche de CD, vous avez épuisé toute votre collection de Marvin Gaye et autre Elvis Presley, vous êtes en manque d'inspiration, et il vous faut impérativement un album à mettre, là, tout de suite maintenant ?

Ne paniquez pas. (Ce qui peut faire une double négation qui en s'annulant ne déplairait pas à Krystalwarrior.)

J'ai la solution.

La musique tranquille d'un lundi soir. Celle des norvégiens de Minor Majority, un groupe Folk formé en 2000 et qui a réalisé depuis 4 albums. Que je ne connais pas, me contentant du très bon "Candy Store" qui fait office de Best of et est porté par la voix sublime du chanteur et des arrangements très propres, qui en font une parfaite musique à écouter un soir d'hiver, avec la petite touche de mélancolie et de chaleur qui conviennent...

Détendez-vous, ce soir on se pose tranquillement pour bien commencer la semaine... Et on conclut ! 

 

 

 

 

Sinon, ça marche aussi très bien si on est tout seul comme un con, comme tous les lundis soirs !! :)

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Et je veux bien entendu parler ici des "Talking Heads" célèbre groupe de la fin des années 70 et du courant des années 80. Nom étrange qui viendrait de la lecture d'un magazine de télévision et qui désigne, dans le jargon du métier, les plans fixes et rapprochés de présentateurs, censés transmettre "uniquement du contenu, et pas d'action".

Un nom qui prit sous cet aspect là, correspond assez bien à ce groupe formé fin 73 début 74. En pleine vague Glam Rock donc, même si Bowie, toujours un coup d'avance dans les années 70 à déjà sauté du train en marche - avec brio - et que T.Rex est déjà en train de se prendre les pieds dans le tapis, alors que Kiss, Queen ou les New York Dolls (coup d'essai pour Malcolm McLaren qui lancera par la suite les Sex Pistols...) émergent. Ceci étant dit pour resituer rapidement l'époque. (Tiens, "Rocky Horror Picture Show'" sortait également l'année suivante !). 

C'est donc  au milieu de cette mode des costumes à paillettes, des maquillages outranciers et du gros rock qui tâche que David Byrne et le couple formé par Tina Weymouth et Chris Frantz (bientôt mariés) se rencontrent dans une école d'art de Rhodes Island où ils écrivent ce premier morceau totalement à contre courant que voilà :

 

"Psycho Killer", Qu'est-ce que c'est  ? Fa fa fa fa fa fa fa fa fa fa.

 

Encore un magnifique clip qui justifie pleinement ma chronique de demain !!

 

En 1974 donc, ils s'exilent à New York (juste à côté donc), et forment un groupe totalement atypique qui les voit jouer en tenues décontractées (polo, pantalon, la classe Glam en moins) sur un étrange rythmique syncopée qui n'est pas sans évoquer Devo ou B-52's, avec un aspect robotique et théâtral volontairement surjoué qui leur donne un aspect aliéné, voir même psychotique (vous avez pu vous en rendre compte). Ils sortent ainsi leur premier album, intitulé simplement "Talking Heads 77"... en 1977 !

Deux points en plus au prochain devoir pour les deux du fond qui ont suivis !!

C'est également à cette époque qu'ils rencontrent Brian Eno, célèbre arrangeur/producteur qui collabore à la même époque à la fameuse "trilogie berlinoise" de David Bowie, qui marquera les années 80 et ouvrira la porte à la Cold Wave et au Punk de par son inventivité musicale exceptionnelle.

Ils sortent ensemble un deuxième album (dispensable) intitulé "More Songs About Buildings And Food" en 1978, puis le très bon "Fear of Music" en 1979, bien plus travaillé avec l'apport de percussions et de trames de synthétiseur. Le mix entre la voix particulière de Byrne et le travail d'arrangement de Brian Eno porte ses fruits, et l'album est d'une rare puissance, avec des paroles étranges, presque déséquilibrées. 

 

"Heaven

Heaven is a place where nothing ever happens.

L'année suivante sort l'excellent "Remain in Lights" qui n'est presque plus que la collaboration Eno/Byrne, et qui pousse plus loin encore le concept d'expérimentation dans la production, et qui sera une grande source d'inspiration pour la "World Music" durant toutes les années 80 (jusqu'à aujourd'hui en fait même !!)

Le groupe se séparera alors, multipliant des pojets solos ("My Life in The Bush of Ghosts" pour Eno/Byrne, le groupe Tom Tom Club pour le couple Weymouth-Frantz...). Ils se retrouveront avec le bon "Speaking in Tongues", avant d'enchaîner divers projets plus ou moins anecdotiques...

Et je vous laisse avec le morceau le plus percutant de "Remain in Lights", celui qui a inspiré cette chronique car présent dans la bande annonce des "Mondes de Ralph"

 

"Once in a lifetime"

 Un clip qui justifie pleinement que... Oh et puis zut !!

 

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Et si je fonce tête baissée dans les références mythologiques, c'est que la demoiselle dont je vais vous parler s'y prête plutôt bien, étant donné qu'elle a relancée presque à elle seule la mode du Folk au milieu de la première décennie du XIXème siècle (bon, si je prends soin d'oublier Ben Harper, Devendra Banhart ou Cat Power, mais c'est ma chronique après tout !!) . Très clairement, on ne parle pas ici d'une inconnue, mais d'une artiste qui a marqué ces dernières années et qui est toujours aujourd'hui prise très régulièrement comme point de repère, je veux parler bien entendue de la prêtresse Folk, la sublime, la "wild divine" Alela Diane.

Comme tous les courants artistiques, la musique subit des effets de mode, et tout n'est qu'un éternel recommencement. Et cette chanteuse s'inclut parfaitement dans cette optique, en ressuscitant le folk des années 60, ce qui la fit comparer à Vashti Bunyan, Buffy Sainte Marie, Karen Dalton... (Où je m'aperçois de tout ce qui me reste à faire... :/)

Il faut dire qu'avec son look de petite indienne, ses nattes et son air sage elle avait tout à fait le profil !!

 

"The Pirate's Gospel"

Une chanson dont le titre n'a rien de mensonger !! 

 

Alela Diane n'a vraiment rien de l'artiste préfabriquée, elle traînait tranquillement dans son coin en jouant de la gratte avec ses amis et sa famille lorsqu'elle se fit repérer par une radio locale, se qui aboutit rapidement à la parution d'un premier album, intitulé donc "The Pirate's Gospel". (Cette information est à prendre totalement avec des pincettes, je suis dans l'incapacité la plus totale de me rappeler où j'ai bien pu lire ça !!)

Les morceaux de l'album sont donc extrêmement simples, avec très peu d'arrangements et d'instruments, un banjo ou une mandoline par-ci par-là et quelques choeurs épars (son amie Mariee Sioux, qui s'est depuis lancée en solo, son mari, ses petits cousins..). Et surtout, surtout, la voix magnifique, exceptionnelle d'Alela Diane qui est le centre de tout l'album, qui le porte littéralement, lui donnant une profondeur et une richesse insoupçonnées au premier abord. Une voix qui altèrne entre le déchirant et le chaleureux, le nostalgique et le gai, une voix intemporelle comme les chansons qu'elle chante.

Nous sommes dans la communion avec la nature, dans la connexion spirituelle, il y a quelque chose de tellement pur et naturel...

Oh, My Mama

Il paraît que sa mère lui chantait des chansons quand elle était petite... 

 

Suite à ce premier album, qui recevra un accueil critique excellent (et totalement à raison), un projet de reprises (Hum hum...) sera monté à la va vite pour valoriser les talents de chanteuse d'Alela, et "Silent of Love" d'Headless Heroes voit le jour. Il permet à Alela de prouver que sa voix s'exprime parfaitement pour divers types de chansons. 

Elle s'attelle ensuite à l'enregistrement d'un deuxième album, qui paraîtra en 2009, et qui s'intitule :

 

"White as diamond"

 Le premier single de son deuxième album. Je l'avais attendu comme le messie, je n'ai pas vraiment été déçu...

 

Cet album est comme on pouvait s'y attendre plus travaillé, avec des sonorités issues du folkore irlandais. Le résultat est absolument magnifique, les divers arrangements ne nuisant aucunement à la qualité des compositions.

 "The Ocean."

 

Elle fera ensuite une collaboration avec Alina Hardin (la fille du fameux Tom Hardin). Un album malheureusement assez difficile à se procurer, puisqu'il n'était sorti qu'en vinyl !! (J'avais acheté l'édition collector qui incluait un CD dans une pauvre pochette en carton. C'est dire si j'adule cette artiste !!) 

Un troisième album sort en 2011. Alela Diane & Wild Divine, introduisant un nouveau groupe, avec des morceaux plus pop et encore plus travaillé. Le niveau reste excellent, même s'il s'agit de l'album que j'aime le moins des 3... il a pourtant tourné en boucle des mois !! Et surtout, à l'instar de tous ces autres albums, je le remets régulièrement, car je ne me lasse jamais de cette musique et de cette voix si simple et belle.

 

Voilà. En conclusion je dirais que moi plus tard dans la vie, ce que je veux faire, c'est me marier avec Alela Diane !! :)

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Evitons de nous laisser enfermer dans la mélancolie galopante transmise par les derniers artistes auxquels je m'étais attaqué, retroussons nos manches et attaquons guitare électrique à la main et grosse caisse au pied un des plus fameux groupe de punk anglais. Encore une musique un peu vieille certes. Mais qui bouge encore et toujours, plus vivante que jamais.

Et j'ai donc nommé, les plus attentifs l'auront devinés, les Buzzcocks. Tout de suite, un extrait. (Cette rubrique se professionnalise, dites donc !!)

Leur premier 45 tours, "Orgasm Addict".

Well you tried it just for once found it all rights for kicks

But now you found out that it's a habits that sticks

And you're an orgasm addict, you're an orgasm addict.

 

Ce qui donne à peu près : "Tu as essayé ça une fois pour prendre ton pied, mais là tu t'aperçois que c'est une habitude qui adhère, Et tu es un accro à l'orgasme, tu es un accro à l'orgasme..." Sublimes paroles. On devrait en avoir plus souvent des comme ça, ça changerais des chanteurs mielleux qui se donnent des airs de grands romantiques...

Les Buzzcocks donc, est un groupe qui s'est formé à Manchester en 1976, autour de Pete Shelley (chant) et Steve Diggle (guitare). Les deux autres membres en sont Steve "Paddy" Garvey (basse), et John Maher (batterie). Relativement peu connus aujourd'hui (en tout cas beaucoup moins que les deux autres groupes majeurs du mouvement punk de l'époque, The Clash et Sex Pistols), ils ont tout de même eu une assez grande influence sur la scène indépendante des années 80 et 90, notamment par tout l'aspect mélodique et romantique de leur musique et de leurs paroles ("Orgasm Addict" n'est peut être pas le meilleur exemple, j'en conviens...) assez atypique dans le monde du punk.

 

 Et pour appuyer mes dires, quoi de mieux que "Love you More" ?

 

Pete Shelley a grandi en écoutant les Beatles, David Bowie, T. Rex, Lou Reed et le Velvet Underground, les Stooges et Roxy Music. Une référence en matière de bont goût, et une influence qui se retrouve dans le son du groupe. Je trouve à titre personnel le son assez inspiré de ce qui se fit du côté de la Factory avec le Velvet Underground, ce son marqué par des guitares très claires et mélodiques et qui se retrouve beaucoup dans le Punk et la Cold Wave anglaise des années 1970. 

 

"Ever Fallen in Love (With Someone You Shouldn't Have Fallen In Love With)"

Leur titre le plus connu (je crois qu'il me semble).

 

Les Buzzcocks est le premier groupe de punk à naître à Manchester. Pete Shelley et l'ami avec qui il fonda le groupe (Devoto, futur fondateur de "Magazine") entendent parler des Sex Pistols par un article de journal, et décident d'aller les voir en concert à Londres. Extrêmements marqués par la performance du groupe de Johnny Rotten, ils se teignent les cheveux en orange, dénichent des vieilles fringues chez les fripiers, se mettent des lames de rasoir en guise de boucles d'oreilles, et deviennent les premiers punks de Manchester !! Ce qui leur vaudra manifestement de se faire régulièrement agresser dans la rue au passage...

What Do I Get ?

Never Mind The Pixels, Here The Buzzcocks !! :D

 

Ils sortent en 1978 leur premier album, "Another Music In A Different Kitchen" malheureusement assez inégal. La même année paraît également "Love Bites", qui contient la majorité des pépites que je vous propose, et qui même s'il reste variable en terme de qualité, est à mon sens bien meilleur et plus varié que le premier. (Je ne pourrais cependant pas le recommander aussi chaudement que s'il s'agissait du "London Calling" de The Clash -pour ne citer que lui- qui est un sans faute sur l'ensemble de l'oeuvre !). 

 

"Nostalgia", extrait lui aussi de "Love Bites"

On pourrait également citer des morceaux comme Sixteen again, Love Lies...

 

Je pensais en débutant cette modeste chronique que c'était les seuls albums de cette période. Je me trompais lourdement, puisqu'en 1979 parait ce qui est aujourd'hui considéré comme leur meilleur album, "A Different Kind Of Tension" qui amène de par le son et l'atmosphère plus lugubre (il suffit de voir le titre des chansons !!) une transition progressive vers une musique plus proche de la Cold Wave, à la manière de ce que fera Joy Division. Je n'ai pas encore le recul suffisant, l'ayant découvert hier soir, mais des morceaux comme "Raison d'Etre", "I Don't Know What To Do With My Life", "Hollow Inside", "A Different Kind Of Tension" (avec sa rythmique moderne et ses voix digitalisées à la Kraftwerk),...me pousseront sans aucun doute à approfondir cet album.

Trois 45 tours paraitront ensuite, avant que Shelley ne décide en 1981 de laisser tomber, ce qui signe la fin du groupe... jusqu'à leur reformation dans les années 90 !!

 

On se quitte avec un instrumental, "Walking Distance"...

Qui se rapproche plus du son qu'on pourra retrouver au début de Joy Division,

inspiré par la trilogie Berlinoise de Bowie... Mais c'est une autre histoire, pour une autre fois...

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Sans commettre d'impair...

Comme l'indique si parfaitement le titre de ce fantastique billet, je vais vous présenter une infime partie de l'oeuvre indispensable du malheureusement totalement inconnu Merz. Et il serait temps que j'arrête de mettre des adjectifs tous les deux mots, c'est franchement insupportable !!

J'ai découvert cet artiste un peu par hasard, un morceau contenu dans une compilation qui m'avait particulièrement tapé dans l'oreille (c'est à dire au sens propre du terme, le marteau frappant l'enclume pour me mettre de la meilleure des manières le pied à l'étrier). Compilation qui m'a également fait découvrir Coconut's Records, La Maison Tellier, Richard Thompson, ou encore cette fabuleuse reprise de Tori Amos... Ainsi que bien d'autres choses que je trouverais le temps de vous faire découvrir à l'occasion (je viens de remettre la main dessus, et c'est une belle source d'inspiration !).

Cette chanson n'est malheureusement pas uploadée sur youtube, je vais donc simplement vous mettre un lien audio.

 Une superbe chanson mélancolique...

 

Mais que mettre après ça sur un album ?

Il suffit d'être capable d'écrire cela !! 

 

Ces deux morceaux sont issus de l'album Loveheart, paru en 2006, 7 ans après un premier album éponyme que je n'ai découvert qu'après, et qui sonne bien plus électro. Ce sera pour une autre fois, j'en garde sous la semelle !! (Ou sous l'étrier, restons logiques !)

Ces albums sont très bien reçus par la critique mais ne connaissent aucun succès commercial. (En même temps, qui en a entendu parler, je vous le demande ? J'ai dû passer par la case internet pour me les procurer, et c'est bien parce que je savais très clairement ce que je cherchais !!). 

En 2008, il publie un nouvel album intitulé "Moi et mon camion", tout aussi excellent, et synthèse à la fois des morceaux électro de "Merz" et plus Folk de "Loveheart". En voici deux extraits, choisis parmis d'autres tout aussi bons.

 

Le morceau d'ouverture de l'album.

Désolé pour le clip, je trouve ce que je peux... :/

 

Lucky Adam, un morceau plus dynamique pour finir. ^^

 

Voilà. J'en sais très peu sur lui, il y a bien une page Wikipédia chichement renseignée, mais je préfère me contenter de sa musique. Je sais juste que c'est un des meilleurs songwriters actuel, et qu'il ne m'a jamais déçu. J'ai pu constater qu'il avait sorti un album cette année, et je me le suis procuré en toute illégalité (en attendant de le récupérer autrement bien entendu), je vous tiendrais au courant, savoir s'il a réussi à continuer avec le même invraisemblable niveau de qualité ; et si dans 30 ans des experts abasourdis le redécouvriront comme on a exhumé les albums de Nick Drake, Love, ou The Zombies en criant (à raison) au génie. Ce jour là, je pourrais enfin me la raconter et crier à la face du monde que je l'avais découvert, que je l'aimais, et que je le disais déjà à tous. Ce blog en est la preuve. 

 

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Sans commettre d'impair...

En cette veille d'Halloween, je me fais un plaisir d'exhumer ce groupe du caveau où il pourissait, et de vous faire profiter de ce qui est aujourd'hui considéré comme un groupe culte. Mais pas de culte sataniste, ne vous attendez pas à un gros rock caverneux composé à la tronçonneuse, nous sommes ici en présence d'esthètes atypiques qui viennent concurrencer les Beatles, les Beach Boys et autres Kinks dans la catégorie fort limitée des pépites pop symphonique des années 60 !! (Les inscriptions sont closes, plus la peine de postuler.)

The Zombies donc, est un petit groupe qui se crée en 1961 à St Albans, près de Londres. Les membres en sont Chris White, Rod Argent, Colin Blunstone (qui poursuivront une carrière solo, s'aidant mutuellement après la dissolution du groupe), Paul Atkinson et Hugh Grundy. C'est d'ailleurs assez classe de voir Argent/White accolé à toutes les chansons, et il m'a fallu un peu de temps pour me rendre compte qu'il s'agissait en fait des auteurs ! Ils font à leurs débuts comme tous les groupes de cette époque (Animals, Beatles, Stones, Kinks...) des reprises de Rythm'n blues agrémentées de quelques morceaux originaux. Et sortent au passage en 1964 "She's Not There", que voici, et qui restera leur plus gros tube.

 

Ne me demandez pas le pourquoi du clip...

Mais ce morceau a comme bien souvent chez les Zombies une ambiance bien particulière !

 

Une ambiance un peu nostalgique dûe à l'utilisation d'un mode mineur (paraît-il, le solfège et moi ça fait trois !!) qu'affectionnaient particulièrement Rod Argent et Chris White, grands amateurs respectivement de musique classique et de jazz, influences très peu communes dans le rock moderne. Il faut dire que les Zombies étaient originaires de petites familles bourgeoises, et ne jouait donc pas du tout sur un aspect plus prolétarien cultivé par les Beatles ou les Who. Dans la même logique, les différents membres avaient une formation musicale traditionnelle quand ils entamèrent leur carrière, qui faisait d'eux des musiciens accomplis. (Pour beaucoup de groupes de cette époque, les premières années sont relativement faibles musicalement, et on voit l'évolution au fur et à mesure des albums). 

Ce qui explique également une richesse harmonique et surtout rythmique bien plus élaborée que leurs contemporains !!

 

Leave me be.

Un échec commercial, mais une chanson magnifique.

 

Malgré leur origine bourgeoise ce n'est pas pour autant un groupe de garçons particulièrement désireux de plaire particulièrement aux mères de famille, en témoigne leur nom de groupe (un peu macabre pour le début des années 60 tout de même !!) qu'ils ont choisis parce que "personne d'autre n'aurait osé s'appeler comme ça". Ils avaient juste envie de faire de la musique, s'entendait bien et voulaient créer ensemble. Un groupe tel qu'on rêve d'en avoir quoi.

Ils resteront toujours amis d'ailleurs, continuant à collaborer les uns avec les autres au grès de leurs carrières solo.

 
"Tell Her No". Leur deuxième grand tube américain après "She's not there".
Sincèrement, qu'on-t-il à envier aux Beatles sur un morceau comme celui-ci ?...
 
De manière assez curieuse, entre la parution en 1964 de "Tell Her No" sur l'album "Begin Here", et la sortie de l'album suivant en 1968, les Zombies ne parviendront pas malgré leurs efforts (participation à un film, nombreuses tournées...) à rencontrer vraiment le succès en Grande Bretagne, en dépit des (très) bons morceaux qu'ils continuent de sortir en 45 tours. En 1967 ils sont lachés par leur maison de disque (Decca) et financent eux-même la production d'un nouvel album aux mythiques studios d'Abbey Road. A court de sous ils manquent de ne pas réussir à le finaliser, mais Al Kooper (le fondateur de Blood Sweat and Tears) entousiasmé par la qualité des bandes, décide de leur venir en aide et parvient à trouver un financement aux Etats-Unis. L'album sort en 1968, deux semaines après la dissolution du groupe éreinté par des mois de galère, Colin Blunstone notamment ayant envie de revenir à une vie plus tranquille.
 
Care of Cell 44. Qui ouvre l'album.
A propos d'une lettre envoyée à une jeune femme qui va bientôt sortir de prison...
 
 
Cet album, intitulé "Odessey&Oracle" est aujourd'hui considéré comme un chef d'oeuvre absolu de pop anglaise, d'une constante richesse mélodique, plein d'inventivité. Le nom devait bien sûr être "Odyssey& Oracle" mais une lettre mal écrite provoqua cette erreur, que personne n'avait les moyens financiers de rattraper...
Le mélotron donne un charme particulier aux morceaux, accompagnant les nombreuses harmonies vocales, soulignant parfaitement la voix pure et vaporeuse de Colin Blunstone. Il apparait toujours aujourd'hui dans les classements de "meilleurs albums de tous les temps" (classements certes un peu idiots, vains et subjectifs, mais qui signifient tout de même un certain niveau de qualité, surtout quand on y est toujours présent).
Le single "Time of the Season" connaitra un succès satisfaisant, mais trop tard pour permettre la reformation du groupe, qui laisse en chant du cygne une oeuvre impérissable.
Une oeuvre qu'à titre personnel  j'ai dû le plus écouter plusieurs centaines de fois Et il est très rare que je me lasse aussi peu à l'écoute d'un album...
 
Time of the Season.
Qui cloture l'album. Les 12 morceaux qui le compose sont autant de chef d'oeuvres.
Que vous vous devez d'écouter.
 
 
L'ensemble des morceaux des Zombies mérite le détour, ainsi que les carrières respectives des membres qui composèrent le groupe. 
Je reviendrais dessus un jour...
 
To be continued...
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Édito

Bien le bonjour (Bonsoir. Salut.),

Première tentative de blog pour ma part, qui me verra donc tatonner pendant quelques semaines avant de trouver un rythme qui je l'espère saura convenir à quelques uns... (et un style graphique aussi, je vais y travailler !!)

Je suppose qu'on peux dire que je ne suis qu'un casual gamer, puisque je n'ai qu'une Wii ! :p

Blague à part, cette console à parfaitement occupé le peu de temps libre que j'avais (que j'ai), et je m'attache maintenant que j'ai un PC qui tient la route à rattraper les chefs d'oeuvre indispensables à côté desquels je suis passé ces dernières années... (Bioshock, me voilà !)

J'essayerais juste de vous faire partager de mieux que je peux quelques découvertes culturelles (musique, vieux films douteux en noir et blanc, BD, découvertes internet...), et éventuellement si je suis par un malencontreux hasard pris d'une subite inspiration, je ferais peut être un article de fond sur un sujet quelconque en rapport avec le jeu vidéo, en tentant de faire preuve d'une analye critique profonde et d'un style flamboyant afin de tenter de me hisser au niveau de certains qui errent dans ces parages...

Bonne lecture et bonne découverte ! (j'espère... :/)

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