Fin alternative

Fin alternative

Par Voron Blog créé le 09/05/12 Mis à jour le 02/01/17 à 12h09

Ami, si tu est ici, c'est que tu as probablement foiré quelque chose au cours de ta partie. Tu n'auras donc pas la bonne fin. C'est dommage, tu vas devoir recommencer le jeu depuis le début.

Mais puisque tu es là, pourquoi ne pas en profiter pour découvrir celle que je te propose?

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Jeu vidéo (Jeu vidéo)

On entend souvent dire dans le milieu du jeux vidéo, que la plupart des productions ont une tendance misogyne, ne laissant aux personnages féminins qu'une position de faire-valoir. La faute sans doute à l'équipe commerciale qui vise, à tort, surtout un public d'homme hétérosexuel. Mais peut être est-ce également un problème de point de vue. En effet la plupart des game-designers sont des hommes et par conséquent font des jeux d'un point de vue masculin. Bien sûr ça n'excuse pas tout, mais s'il y avait plus de femmes aux commandes dans l'industrie, alors peut être que les jeux serait créés avec des points de vue différents. Analogue : A hate story & Hateplus sont des exemples de jeux réalisés avec un point de vue rare dans le milieu : celui d'une femme homosexuelle.

Transhumanisme, féminisme, vaisseaux spatiaux

Digital : A love storyAnalogue : A hate Story est un jeu écrit par Christine Love. Le genre se situe quelque part entre l'aventure textuelle et le Visual Novel (grosse différence n'est-ce pas ?). C'est même une suite spirituelle de Digital : A love story, du même auteur. Digital est un jeu se déroulant à l'époque des premiers balbutiements d'internet où les gens discutaient via les BBS (Bulletin Board System), l'ancêtre des forums. L'interface du jeu est en fait un système d'exploitation simplifié où vous pouvez prendre des notes dans un fichier, vous connecter à un BBS, discuter avec des gens, « pixel-lover » (verbe signifiant vivre une histoire d'amour sur internet...), déjouer des complots, et tout cela depuis votre chaise de bureau. (Digital est téléchargeable gratuitement. Il dure environ 2 heures et s'il n'est pas vraiment parfait, il vaut tout de même le détour).

Analogue reprend ce même principe, mais cette fois l'intrigue ne se déroulent plus dans le passé, mais dans un futur lointain. L'interface du jeu est en fait l'interface du communication d'un vaisseau spatial. Là encore il s'agit d'une sorte de petit système d'exploitation où vous avez à votre disposition un navigateur de fichiers texte, un IM chat (ou quelque chose qui s'en rapproche) pour discuter avec une IA (Intelligence Artificielle) et une console de commandes pour modifier certaines configurations du vaisseau.

Ces jeux, plutôt que de nous faire incarner un personnage qui est, soit écrit à l'avance, soit créé par le joueur, ne nous font incarner personne d'autre que nous. Cela demande cependant de se projeter dans un lointain futur de science-fiction (ce qui n'est pas très compliqué à imaginer). Le héros, c'est vous et vous partez à l'aventure, armé de votre clavier et de votre souris !

On se connecte donc à ce gigantesque et mystérieux vaisseau, et on va y trouver des traces de la civilisations qui s'y était autrefois développées, sous formes de lettres, de logs et de journaux intime rédigés par les passagers et ce faisant, vous aller découvrir leurs histoires. Mais j'y reviendrais plus tard.

Vous ne serez pas seul, car l'ordinateur du vaisseau garde en mémoire deux IA (*Hyun-ae et *Mute) qui vous accompagnerons dans votre travail. Elle pourrons vous parler plus amplement de certains documents et de certains personnages et peuvent également vous fournir d'autres documents pouvant vous aider à approfondir un sujet. Il se peut aussi que parfois, elles auront juste envie de discuter, parce que quelques siècles sans parler à personne, on fini par se sentir seul, même pour une mémoire numérique.

Analogue : A hate story

La narration d'Analogue nous raconte une histoire à plusieurs niveaux. D'abord les IA ne sont pas uniquement là juste en tant qu'assistante, ce sont des personnages avec leur personnalités propres qui ont eut leur rôle à jouer dans le passé, mais aussi dans le présent. Vous n'allez pas uniquement revivre une histoire révolue en déterrant les traces écrites, vous allez aussi vivre une autre histoire : la votre. Celle où il vous faudra faire des choix qui influerons sur le cours des événements.

Analogue est un concept de narration interactive riche, ayant pour inspiration lointaine celle des Visual Novel japonais, où le principe est de choisir entre plusieurs personnages féminins et d'entretenir une relation amoureuse avec l'une d'entre elles (et parfois plus, selon le jeu. Si vous voyez ce que je veux dire). Analogue n'est, bien sur, pas un dating-sim et encore moins un eroge, mais rappelle vaguement ce système, avec deux personnages « suivables » et 5 fins possibles. Le character-design est clairement inspiré du style manga bien évidement, et l'écriture des personnages le sont aussi. Une des deux IA est à mon avis basée sur un archétype de tsundere. Mais cela reste de simple références à la culture japonaise et ça ne devient jamais une copie de VN classique. Non, le propos tenu est tout autre.

Namjon yeobi (les hommes sont honorés, les femmes sont rabaissées)

Comme mentionné plus haut, l'histoire racontée se divise en deux : celle du passé, et celle du présent.

L'époque révolue est racontée sous la forme d'un roman épistolaire. L'histoire prend place à bord du Mugunghwa, un vaisseau lancé depuis la Terre dans le but de coloniser d'autres planètes. Le voyage est tellement long que le vaisseau est construit comme une ville volante, gérée par une structure politique indépendante, sensée accueillir plusieurs générations jusqu'à ce que tout ce petit monde atteigne sa destination. C'est donc par le biais de lettres, de pages de journaux intime et autres écrits que l'ont découvre cette civilisation qui s'y est développée. On y fera la connaissance des différentes familles et des différents personnages qui les composent, on suivra des intrigues parlant de manoeuvre politique, mariage d'intérêt, histoire d'amour et d'inceste, relation homosexuelle, scandales en tout genre et j'en passe.

On suivra en particulier l'histoire d'une jeune fille, qui faisait partie de la deuxième générations du vaisseau et qui est atteinte d'une maladie incurable. Ses parents la mettent en sommeil cryogénique, dans l'espoir d'un jour, dans le futur, la médecine pourra la soigner. Elle va malheureusement être réveillée prématurément par ses descendants qui voit en elle un cadeau providentielle pour sauver la destinée de leur famille (une jeune fille à marier...). Nommée « Pale Bride » par ses parents adoptifs, elle va découvrir amèrement que le Mugunghwa, à régressé vers une société extrêmement sexiste. Les femmes y occupent en effet une place peu enviable et sont sous le total contrôle des hommes.

L'autre partie d'Analogue, qui se déroulent donc dans le présent (dans le présent du jeu bien sur, plusieurs siècles dans le futur) raconte l'histoire de quelqu'un (le joueur) qui a été engagé par une grande compagnie pour se connecter aux fameux Mugunghwa qui dérive, sans vie, dans le vide inter-sidérale depuis bien longtemps, et y récupérer toutes les traces écrites qui s'y trouvent. Dès votre « arrivée », vous serez accueilli par *Hyun-ae, une intelligence artificielle chargée des archives. Aidé par cette charmante bibliothécaire vous aller pouvoir parcourir les textes racontant les déboires de cette société, et en particulier ce qui a provoqué sa chute au point que tout ses habitants soit tous mort.

Vous ferez également la connaissance d'une autre IA, nommée *Mute, au caractère bien trempée, qui était en charge de la sécurité. Vous allez toutefois apprendre que les deux dernières « survivantes » du vaisseau ne sont pas vraiment en bon terme...

Attention à ce que vous dites...

Plus d'amour, et plus de haine

Hate Plus est la suite directe d'Analogue. Le premier épisode racontait la fin du vaisseau, le deuxième, lui, revient sur ses origines. Le principe est globalement le même : on suit une histoire à partir de documents, toujours accompagnés de votre IA. Mais cette fois vous vous retrouvez à manipuler l'interface de votre propre vaisseau. Un système de temps dans le jeu vient toutefois ajouter une particularité.

Cette fois, les documents ont besoin d'être décryptés avant d'être lu, et cette opération demande à votre vaisseau une large quantité d'énergie. Et pour récupérer cette énergie, vous devrez faire des pause de douze heures. Votre vaisseau faisant route vers la terre pour un voyage qui durera trois jours, vous allez avoir du temps à tuer. Entre vos session de jeu (environ deux heures), vous aurez donc du temps libre pour faire autre chose que de jouer toute la journée (comme faire cuir un gâteau par exemple... si si), sauf si bien sur vous décidez de tricher ! Mais bon il n'appartient qu'à vous de faire ce que vous voulez dans l'intervalle...

Recentrons le sujet. Hate Plus remonte loin dans les années pour revenir vers les premiers siècles de ce grand vaisseau. Cette fois ci, plus d'empereur, plus de société misogyne, nous sommes dans une démocratie ou tout le monde vit sa vie librement. En gros le monde dans lequel la jeune « Pale Bride » avait grandi avant de se réveiller dans une société liberticide. Mais alors que c'est t-il passé entre temps ? Quel événements ont poussés ces gens à régresser vers une vision archaïque de la société coréenne ?

Relayée en tant que personnage secondaire dans Analogue, l'IA *Mute, plusieurs fois centenaire, est cette fois mise en avant. En charge de la sécurité du vaisseau, elle est très présente et est souvent consultée pour les affaires politiques. Les différents récits nous conterons une nouvelle fois l'histoire des habitants du vaisseau et les manoeuvres politiques visant à maintenir l'ordre dans un système démocratique, mais qui pourtant sombre implacablement vers les dérives qu'on connaît...

Composée par Isaac Schankler, les belles mélodies collent bien avec l'ambiance

Analogue/Hateplus offre au joueur une aventure textuelle passionnante, qui fascinera ceux qui pour qui le fait de déterrer un passé secret font rêver. Accompagné d'un personnage attachant à vos cotés, le jeu se révélera très vivant, et l'histoire très sombre. Mais au delà, Christine Love nous propose une réflexion féministe sur la place et les rôles des femmes dans un système oppressif et brutal envers elles, racontée via des thèmes variés tel que les relations humaines, le mariage, l'homosexualité, la politique, l'amour, la haine ... Elle nous place des fois dans la peau de certaines d'entre elles, et d'autres fois en tant que spectateur. Le jeu vous amènera finalement à faire des choix, à juger, à prendre parti et à réfléchir... même après avoir fini le jeu.

Certes, le format choisi pour ces jeux en rebutera plus d'un, et techniquement parlant, ils sont parfois imparfait. On pourrait même leur reprocher de ne pas être vraiment des jeux vidéo (ce à quoi je ne suis pas d'accord d'ailleurs). Pourtant Analogue et Hate Plus sont particuliers. Christine Love a son style, ses obsessions, ses thèmes qui lui sont cher, et ses oeuvres sont personnelles, pleines d'idées fraîches et de thématiques rarement abordées. Elle est le genre de game-designer dont l'industrie a besoin.

(notez que le jeu est totalement en anglais, un niveau correct est requis pour bien profiter du jeu... Analogue est aussi en coréen, si vous comprenez cette langue!)

 

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Commentaires

Ichikyo
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Ichikyo
Je vois pas de probleme avec les artworks, ca me rappele d'ailleurs les premieres versions PC d'Higurashi.
Voron
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Voron
@Liedh: Je comprend pas ce que tu veux dire. Enfin bien sûr je comprend qu'on puisse aimer ou pas le style, mais je ne pense pas que ce choix soustrait quelque chose (et puis ça fait écho à son "inspiration", même si je parlerai plus de déconstruction dans le cas présent).
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Quel dommage que les artworks soient aussi... stéréotypés.
ça contraste avec l'ambition du projet, je trouve. :(
Onink
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Onink
Sympa d'avoir des thèmes aussi complexes que ceux que tu cites présents dans un jeu vidéo. Je me le prendrais surement, après A Hate Story, lorsque j'aurais bien avancé dans ma pile de jeux!

Édito

Salut à toi et bienvenue.

Je suis Voron, et je suis passionné, entre autres, de jeux vidéo, particulièrement de jeux japonais et de jeux indépendant.

Ce blog parle donc de jeux vidéo, et parfois d'animations japonaise. Quand j'ai envie. Et quand j'ai de l'inspiration.

Bonne lecture!

 

psn: mpvoron

3DS: 3566 2417 1233

steam: Voronlisk

sc2/battletag: Voron#933 / Voron#2946

 

Jeux favoris:

Chrono Trigger, Xenogears, Virtue's Last Reward, FEZ, Spelunky, Persona 3 (liste non exhaustive...)

 

(La bannière vient du jeu Muramasa Rebirth, DLC de la Nekomata)

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