La Caverne de Vinsou

Édito

Mon Dieu,quelle excitation en ce début d'année 2010 ! La sphère vidéoludique est en pleine effervescence, pour tout dire je me laisse un peu emporter par ce raz de marée de jeux qui déferlent sur nos rivages en ce moment. Mais en plus de tous ces softs extraordinaires, c'est l'industrie toute entière qui s'enflamme, entre annonces et teasing, on la sent bouillante, pleine d'idées, de grandes idées. Nous sommes en train de vivre l'adolescence du jeu vidéo, son passage à l'âge adulte. Tel un ado, notre industrie se sent pousser des ailes, elle veut explorer ses limites (ce que tente Heavy Rain) elle est habitée par une ferveur mystique, l'excitation de vouloir tout faire. A terme ce bouillon ne peut etre que positif, cependant, une telle agitation va entrainer des remous et dans la cohue, certains vont se faire écraser. Mais pour le joueur, cete année s'annonce dantesque (en revanche le jeu éponyme, lui n'a rien de dantesque...) En espérant que ce mois ci la pile de jeux à finir va s'amoindrir.

Votre dévoué serviteur, Vinsou.

Mars 2010

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La Caverne de Vinsou

Par Vinsou Blog créé le 28/12/09 Mis à jour le 25/07/10 à 17h01

Des articles aux vertus littéraires ecrits pour des passionés par un passioné !
*Ecrits parus sur Gameblog*
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Essais
De retour de Rapture

Bioshock: un jeu exceptionnel, encensé par la critique, adulé par les professionnels du média qui en ont souligné la maîtrise technique, chéri par les amoureux du jeu vidéo qui eux ont été impressionnés par son design et son univers. Tous ont acclamé un scénario, qui, bien qu'avare en paroles, offre tellement plus que ce à quoi le jeu vidéo nous a habitué. 

Mais moi ce que je retiens de Bioshock, c'est sa musique. Dans Bioshock tout est musique. Chaque souffle du héros, chaque message d'Andrew Ryan s'inscrit dans la musique générale du jeu, créant ainsi une partition globale où chaque trémolo, chaque crescendo vous prend aux tripes et vous bouleverse. Bioshock, c'est la fugue de Bach manette en mains ! Un chrosome bondit, une goutte choit et se noie dans l'immensité humide d'une flaque d'eau croupie, un Protecteur vidé de sa vie s'effondre dans un bruit sourd ; chaque événement, de la gouttelette perlant du plafond jusqu'à la mort d'une Petite soeur est régi par cette partition. 

Les développeurs sont à la fois musiciens et compositeurs, tandis que le joueur n'est que l'instrument, parcourant peu à peu la partition, découvrant chaque note d'un oeil nouveau. D'un angle jusqu'ici inconnu. Toute note jouée est amplifiée par la caisse de résonance de l'instrument; ainsi chaque événement a un écho particulier en fonction de l'instrument utilisé. Chaque joueur voit dans Bioshock le reflet de sa propre folie. Le jeu est comme un prisme nous renvoyant à nos peurs les plus profondes, les plus refoulées. Nous devons accepter notre animalité pour avancer et chaque injection d'Adam, nous rappelle que la limite entre ce qui est considéré comme humain et ce qui ne l'est pas est mince et instable. 

La fragilité de cette membrane protectrice de notre humanité est là pour nous rappeler notre chance, elle remet en lumière l'histoire d'Icare, mort en tentant d'approcher le soleil. Bioshock nous montre le déclin d'une civilisation. Cette société a sombré à cause de l'humanité de son créateur. Les idées utopiques sont le propre de l'homme. Croire en un monde rose balayé par des zéphyrs printaniers, un monde d'herbe grasse et de fleurs colorées est une erreur et Bioshock nous aide à ouvrir les yeux sur la bêtise de notre éspèce 

Nietzsche l'a dit, l'humanité doit évoluer pour survivre, elle n'est pas une finalité ni un aboutissement mais bien un maillon de la chaîne de l'évolution. Le philosophe allemand et moustachu, nous raconte cette évolution à travers le prophète Zarathoustra, qui, pour accéder à l'état de surhomme, doit éclairer ceux qui l'entourent et leur montrer la voie de la raison, mais cette voie n'est pas plate et tranquille, elle est longue et sinueuse, parsemée d'embuches et d'obstacles à priori insurmontables. Ainsi parlait Zarathoustra nous conte l'histoire d'un homme parcourant le chemin vers l'état de surhomme. A sa manière, Bioshock nous montre aussi le chemin pour s'élever et accéder à la Vérité. Cependant, contrairement à Nietzsche, Ken Levine nous promet l'exaltation et la transcendance de l'état humain par la compréhension des faiblesses inhérentes au statut qui est le notre. Pour surpasser notre humanité,il faut comprendre sa déchéance.

Jack et Zarathoustra se sont élevés et nous montrent la voie vers l'ascension spirituelle, ils nous font prendre conscience de l'importance de l'érection de l'humanité.  

Pour moi, Bioshock sonne comme la douce musique de la philosophie. Il m'a montré la voie à suivre pour accéder à la lumière.Il a changé ma vision des choses et je peux, sans mentir, dire que pour moi il y a eu un avant et un après Bioshock.

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Jeux : 
BioShock
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Les derniers mots d'un moustachu

Je me suis réveillé un matin de l'année 1981, moustachu malgré moi, D'abord charpentier, j'ai vite été réorienté vers la plomberie. Ma bonhomie maladive, m'oblige à exprimer ma joie en  permanence avec des petits cris suraigus et des sauts pleins d'allégresse. Pourtant, je ne suis pas heureux et sous mes airs de plombier jovial je suis un homme frustré, lacéré par la vie. J'ai du mal à comprendre mes actes, qui semblent dictés par une puissance supérieure que je ne comprends pas. Moi, je ne demande qu'une chose, réparer des tuyauteries, mais je ne sais pourquoi, surement à cause des problèmes oedipiens de mon papa, ma vie se résume à une course sans fin en quête d'une figure féminine plus maternelle qu'amoureuse. Au long de ma course j'ai été amené à combattre le bonheur ambiant qui s'emble s'acharner sur moi, cependant quoi que j'y fasse les gens qui m'entourent semblent joyeux et contents de leur sort. Quand j'avance, la nature s'ouvre pour moi, les plantes, d'ordinaires hostiles et carnivores deviennent tout chose à mon passage et se fendent d'un sourire dentelé qui m'exaspère. Je commence à ne plus pouvoir supporter les mimiques suggestives de mon ex-Village People de frère. Dans mon monde, les végétaux sont trop verts, les tortues trop heureuses de porter le double de leur poids en guise de carapace, le ciel trop bleu, les méchants trop peu méchants, les gentils bien trop gentils, les princesses blondes beaucoup trop blondes et tout ce bonheur mièvre et suranné commence à me sortir par les pores de la peau. Je me pose la question du suicide: après avoir sauté sur tous les coins de la Terre et même dans l'espace, après avoir conduit d'extravagantes voiturettes, après avoir fait la fête avec tous les ravis qui me servent d'amis, après m'être battu contre toutes les créations de mon bridé de père, après avoir soigné des maux incurables à la manière d'Alexei Pajitnov, je me demande si ma vie n'est pas arrivée à son terme. Je n'ai jamais pu contrôler mes actions, j'ai toujours été guidé par les mains d'êtres supérieurs et incompréhensibles. Mais il y a une chose sur laquelle je peux avoir un contrôle direct et total. Ma mort. Beaucoup ont cru pouvoir jouer avec ma vie, mais le jeu est fini et ils ne pourront pas jouer avec ma mort. Pour une fois, mon saut à la courbure si parfaite ne se conclura pas par un rebond sur la carapace rouge et gonflée d'une tortue. Mes pieds n'auront que le vide pour soutien, et je pourrais dire "The Game Is Over". 

Mario.

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