Entrez dans l'antre d'un gamer partageur

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Par Matthieu Meignan Blog créé le 22/02/10 Mis à jour le 12/01/14 à 20h00

Joueurs de tous poils, entrez si vous l'osez...

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Humeurs

Bonjour à tous,

 

Récemment, David Cage déclarait : "Il y a des gens qui ne veulent pas que le jeu vidéo change". Le créateur et fondateur de Quantic Dream, a l'habitude de piquer le monde vidéoludique au vif, et cette déclaration faite lors d'une interview pour Figaro.fr datant du 20 septembre dernier n'échappe pas à la règle. Si le personnage de David Cage ne laisse personne indifférent, cette déclaration à le mérite de favoriser une réflexion qui sous-tend notre média : Le jeu vidéo est-il en train de se faire recouvrir d'une couche de poussière assez conséquente, en vivant à l'intérieur de canons dont peu de studios osent s'éloigner de peur de subir l'opprobre des joueurs ? Ou alors est-ce simplement un état passager, et l'arrivée des nouvelles consoles va bousculer cet ordre établi pour nous émerveiller encore et encore ? C'est ce que nous allons voir tout de suite.

 

Le jeu vidéo, un domaine cyclique où tout va très vite

 

Le jeu vidéo a approximativement 40 ans. Il a même fêté dignement son demi-siècle d'existence si l'on tient compte des prémices du jeu vidéo, symbolisés principalement par Tennis for Two. Mais ne soyons pas mesquins et ne le vieillissons pas trop vite, ce cher média aux quatre décennies. Et 40 ans, dans l'histoire des médias, c'est extrêmement court ! Le jeu vidéo est le bébé des médias, et il a déjà connu de profondes mutations. De l'arcade dans les cafés au règne sans partage des shoot'em up en passant par la révolution de la 3D sur consoles, pas une décennie n'a échappé à une profonde remise en question de notre manière de jouer. Si aujourd'hui les joueurs se plaignent d'une surabondance de FPS, avec un Call Of Duty annuel ou encore de la sortie annuelle également des plus grandes simulations de sport, il faut se rappeler qu'à une époque pas si lointaine, c'est Street Fighter II avec un suffixe plus débile que le précédent qui appliquait cette cadence. Même s'il faut reconnaître que Capcom nous refait le coup avec Street Fighter IV... Le jeu vidéo suit des phénomènes cycliques et les éditeurs tentent de suivre. Et il en est ainsi dans tous les domaines de la culture. La rentrée littéraire, certains genres de films plus populaires que d'autres... L'être humain construit des jalons dans tous les domaines. C'est aussi simple que cela.

 

Malgré cet état de ronronnement de l'industrie, certains créateurs tentent des choses !

 

David Cage fait partie des gens qui tentent de bousculer les codes du jeu vidéo, c'est un fait. Que l'on apprécie ou non le travail de Quantic Dream, Heavy Rain, Farenheit ou le prochain jeu du studio Beyond : Two Souls, l'approche créative à le mérite d'être différente, en mettant l'accent sur l'impact émotionnel du joueur. Mais David Cage (apprécié par les uns et conspué par les autres) n'est pas le seul créateur à tenter des choses. Eric Viennot avec son expérience trans-média Alt-Minds, a tenté lui aussi de donner une autre dimension au jeu vidéo. Comment ne pas citer les créations de Jenova Chen et de son studio thatgamecompany, dont Journey a été salué par la profession ? Et ce ne sont là que quelques exemples qui démontrent que le jeu vidéo est une forme d'expression à part entière. Le petit truc en plus, c'est que contrairement à un film, une pièce de théâtre ou encore une peinture, le joueur est acteur de l'oeuvre qu'il découvre. Si ce fait entretient la polémique pour GTA V et le "Oh mon dieu, quelle horreur de tuer des gens virtuellement !" c'est aussi sa force. Chaque joueur peut vivre une expérience différente en interagissant avec le jeu. C'est toute la beauté de la chose, finalement.

 

Alors, oui ou non, le jeu vidéo va-t-il mourir à petit feu, coincé dans ses principes ?

 

Bien sûr que non, c'est une évidence. Le jeu vidéo n'a jamais eu autant de formes différentes. Sur console, sur PC, sur supports mobiles, notre média regorge d'expériences différentes à offrir aux joueurs, quelque soit leurs aspirations. En revanche, le médium est arrivé à un tel degré de maturité qu'il est capable d'avoir une certaine forme d'académisme dans son approche et sa conception. Dès qu'un jeu s'identifie à un genre précis et qu'il en respecte les canons et les principes fondamentaux, on peut considérer que le jeu est académique, c'est à dire sans surprise, mais capable de satisfaire les joueurs qui apprécient le genre de jeu auquel le soft appartient. Même s'il faut reconnaître que beaucoup de jeux actuels mixent plusieurs types de jeu dans leur gameplay. En parallèle à cela, des jeux qui portent une idée dans leur conception ou sont l'expression de la vision de l'auteur du jeu vidéo cohabitent avec les jeux académiques pour la curiosité du joueur et l'effervescence du média dans son ensemble. Et c'est aussi une preuve éclatante de la maturité du jeu vidéo à l'heure actuelle.

 

Vidéoludiquement vôtre,

 

Utori

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Commentaires

s4ngsu3
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s4ngsu3
Article très pertinent et qui fait preuve de beaucoup de réflexion. Merci beaucoup.
Tulkas
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Tulkas
S'est un peu simpliste comme article, s'est un sujet bien plus compliqué qui mérite d’être approfondie.
Et nous sortir quelque jeu indépendant (qui sauve un peu la mise) s'est un peu court comme argumentation.
Mangouste
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Mangouste
C'est une mode qui revient de manière cyclique depuis des annés que de se demander si le jeu-vidéo est arrivé à sa propre fin. -_-

La réponse est pourtant évidente et sans appel: NON !

Les jeux ne se sont jamais aussi bien vendus qu'aujourd'hui. Le public des joueurs n'a jamais été aussi important que depuis l'arrivée massive des smartphones et autres tablettes. Les façons de jouer ou de créer des jeux se sont multipliées: consoles de salon, consoles portables, Steam, jeux dématérialisés sur tout les supports, jeux indépendants, crowdfunding, mmo, free-to-play, etc.

Nous sommes dans l'âge d'or des jeux-vidéo et même s'il fait parfois chercher un peu plus dans la masse pour trouver les titres de qualité, ils sont bien là. ;)
gollum59plus
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gollum59plus
ce pavé de dég non renseigné et basé sur un affect clairement leaké.
minicupi
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minicupi
jviens de finir brother, tales of two sons, l'année derniere y'avait walking dead, encore avant Journey.
Pour moi le jeu video est en constante evolution, et comme dans toutes evolution, tu a des cousins eloignés, au final ca ne fait que des jeux de plus en plus variés et une large gamme de choix, il suffit juste de ne pas se cantonner aux jeux qui cartonnent a noel.
Resh
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Resh
L'art au sens actuel du terme n'est plus dans le média mais dans la démarche
Pros3
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Pros3
Perso, je pense que le jeu vidéo peut être concidéré comme un art. Y'a tellement de jeux qui sont plus profond, vont beaucoup loin dans le scénar, sont beaucoup plus beau...qu'un certain septième art.
Y'a aucune raison qu'on ne le cite pas comme tel.
ruth baby ruth
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ruth baby ruth
bla bla bla....le jv ne grandira pas s'il essaie de conter fleurette comme la saga du dimanche, mais quand il s'acceptera pour ce qu'il est.
Mikawelll
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Mikawelll
Je redoute une chose: l'extrême "casualisation" du jeu via les free to play, les micros paiements etc....
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
J'abonde dans le sens de mes deux camarades précédents.
Le titre était alléchant, le traitement lamentable.

Celim.
Anfalmyr
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Anfalmyr
y'a des "faits" et des "évidences" venus un petit peu de nul part là dedans. En même temps ça économise un ou deux paragraphes supplémentaires de tourner certains passages, sujets à débat, comme des faits avérés.
Take Shelter
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Take Shelter
Cet article est quand même très limité et c'est dommage, il y a tant à dire.
Tu négliges les différentes scènes (indé,amateur,f2p,tablettes,AAA etc...), le côté business de masse, l'hégémonie de telle ou telle licence...
Ton article fait à peine figure d'introduction à quelque chose de plus grand e tau final, seul le titre parle vraiment du sujet, le contenu tend plus à dire : "on peut faire ça mais david cage fait autrement et c'est cool".
Resh
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Resh
Ca dépends ce qu'on entends par "le jeu vidéo", il parle en tant que boss d'une boite qui fait des exclus PS3, donc il doit fixer sur les ventes PS3.
Et le top ten de la PS3 c'est ; CoD, CoD, CoD, GT5, CoD, GTA 4, FIFA 13, BF3, FIFA 12, CoD.
A ce niveau y'a vraiment de quoi se dire que rien n'a changé depuis le passage à la 3D et qu'on est trop dans le pan pan vroum vroum
Astha
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Astha
@fonz "le jeu vidéo est-il de l'art ? " : Je ne me pose jamais cette question car je suis assez souvent totalement hermétique à de nombreuses formes d'art comme par exemple le peinture, la sculpture... et je ne sais pas si par exemple le cinéma que j'apprécie en lui même un art. Par contre, si je me réfère à certaines expérience (de plus en plus nombreuses) il y a certains titres que je ne comprends pas, et qui me laissent totalement froids, comme certaines formes d'art. Par exemple je reste froid sur des titres comme Dear Esther, mais j'apprécie beaucoup Thomas was alone...

Donc un art je ne sais pas, mais plus le temps passe, et plus il en partage certains aspects.
Astha
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Astha
C'est surtout un média relativement jeune, et même si la progression est rapide, il ne faut pas griller les étapes. Le cinéma ou la littérature ont mis des années avant d'évoluer et de proposer des expériences multiples et parfois surprenantes. Il y a du cinéma d'auteur, des blockbusters, des romans de gare, de la poésie et des jeux qui prennent peu de risques ou tentent des expériences différentes, il en faut pour tout le monde.

Ce qui me dérange un peu dans l'article, c'est le fait de prendre David Cage comme exemple. Je pense qu'il ne révolutionne en rien le média, et qu'il ne le fait pas plus évolué qu'un autre. Il passe juste son temps à communiquer sur ses jeux en les présentant comme "différents" alors que personnellement je n'ai rien trouvé de fantastique dans ses jeux. Sympa, mais certainement pas révolutionnaires ou différents d'autres titre sur le plan technique ou narratif pour citer un élément qu'il aime mettre en avant. A force je trouve que comme un Peter Molyneux, il exagère tellement sur les qualités et les innovations de ses titres, qu'on se retrouve toujours un peu déçu du résultat.

Comme tu l'expliques, je pense que c'est juste un média qui évolue avec son temps et avec les envies du public. Il y a des valeurs sures, avec peu de prises de risques, et d'autre titres qui visent des niches, qui pourraient devenir le genre à succès après quelques tentatives. Sclérosé ? Si on l'observe sur le court terme et en se contentant des grosses sortie, peut être un peu, si on est patient et que de temps en temps on cherche un peu plus loin et que l'on picore un peu partout en tentant différentes expériences, certainement pas.
fonz
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fonz
intéressante lecture sur cette double possibilité du jeu vidéo .. mais il aurais été intéressant de mettre en parallèle sa dépendance vis à vis du moteur de création le plus souvent utilisé : la perspective de profit . on pourrais y voir un éclairage différent avec cette donnée dans l'équation : " le jeu vidéo est-il de l'art ? "

Édito

Oyez, oyez, braves gens, vous êtes ici de plein gré pour la plupart. Détendez vous, vous êtes ici pour la découverte, des jeux, de la musique, des humeurs de son hôte aussi. L'important dans la vie, c'est de sourire et de profiter de certains petits bonheurs. Le jeu vidéo, ça peut aussi être cela.

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