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Analyse transverse


La vidéo que je vous présente aujourd'hui date quelque peu. Réalisée en 2009 par Anthony Burch, alors rédacteur chez Destructoid, dans le cadre de ses Rev Rants, tirades rageuses sur les maux de l'industrie, elle m'a toujours pas mal parlé et j'y ai fait référence plus d'une fois. Je la mets en avant plus officiellement sur mon blog aujourd'hui car je la trouve toujours aussi pertinente. J'en propose également une version écrite en français traduite par mes soins pour la rendre accessible au plus grand nombre. Compte tenu du caractère oral du texte d'origine et de mes capacités limitées de traducteur, je vous prie d'être indulgent envers sa qualité.

Tous les deux mois, sans manquer, quelqu'un dans l'industrie explique que les jeux doivent mettre de côté la violence et le fun et se concentrer sur des concepts plus réfléchis, plus pertinents, qui susciteraient émotions et réflexions. On débat alors de la nécessité d'un Citizen Kane du jeu vidéo, du besoin de d'aborder des sujets plus matures que les flingues et les tronçonneuses, et à chaque fois, la réponse des joueurs sur les forums du monde entier est toujours la même : une minorité approuve vigoureusement tout en toisant le reste des joueurs qui affirment que les jeux ne devraient pas être sérieux, qu'ils n'ont aucune obligation d'être quoi que ce soit en particulier, que tous ceux qui pensent ainsi sont des connards prétentieux et qui s'en vont ensuite affirmer que les jeux doivent être fun, qu'ils ont grandi avec des jeux dont le but était d'être fun, qu'ils doivent donc être fun, que c'est leur principe même.

Il s'agit de commentaires inquiets d'un nombre conséquent de personnes qui pensent réellement que si des jeux vraiment sérieux, introspectifs, perçaient un jour, alors les jeux fun avec lesquels nous avons tous grandi, les jeux arcade, les jeux violents, les jeux d'action, disparaîtraient tous. Ces joueurs sont donc continuellement sur la défensive et redoutent l'idée qu'un jour les jeux comme God of War cessent d'être produits. J'ai deux choses à dire à propos de cette opinion. Premièrement, toute personne qui pense sincèrement que les jeux comme Gears of War ou God of War seront à l'avenir éclipsés par des titres comme Passage, Braid ou flower devrait sérieusement réévaluer cette crainte pour voir à quel point elle est illogique et stupide, quand on voit l'argent que rapportent des jeux comme Gears of War. Et deuxièmement, personne ne dit que tous les jeux doivent être très sérieux, évocateurs, ténébreux, prétentieux et nombrilistes. Ce qu'on dit, ou du moins ce que je dis, c'est que pour le moment 95% de la production est composée de fantasmes de puissance machistes puérils, stupides, absurdes, déconnectés de toute réalité et qui n'ont absolument rien à dire sur la condition humaine, qui n'ont aucune pertinence artistique. Ce ne sont que des divertissements abrutissants qui n'auront jamais le moindre impact émotionnel ou intellectuel durable sur qui que ce soit, comme est censé en produire l'art. Et que si les jeux ne se diversifient pas, s'ils ne commencent pas à s'attaquer à des sujets plus importants, à réfléchir à de nouveaux moyens d'interaction au delà de tuer ou de leveller, alors les jeux resteront comme cela à jamais.

L'espoir que les jeux deviennent plus sérieux et plus pertinents n'ambitionne pas de retirer le fun des jeux vidéo et transformer tout le monde en fillettes émos qui sanglotent dans leur coin en se demandant si elles ont compris les métaphores dans Braid. Ce n'est pas le but, le but c'est de s'assurer que les jeux ne se limitent pas à une seule caractéristique. Si vous pensez à n'importe quel autre art qui soit réellement considéré comme tel et respecté, pouvez-vous imaginer en imaginer un réduit à une seule émotion ou à un unique thème, répété encore et encore ? Que se passerait-il si tous les films que vous regardiez étaient obligatoirement des comédies romantiques ? Ils ne pourraient pas évoquer d'autre émotion que "Oh, je veux les voir s'embrasser" ou "Oh, c'est amusant et charmeur" sauf peut-être par hasard. Et si tous les livres que vous lisiez étaient des romans d'horreur ? Fondamentalement, ce genre d'idée nous dégoûte, voir un medium qui soit établi et respecté comme un art être réduit à un seul concept. Mais dès que quelqu'un suggère l'inverse pour les jeux, que nous devrions nous diversifier, les gens s'insurgent comme si l'on menaçait de prendre leur seul enfant et de le dévorer sous leurs yeux. Parce que nous sommes tous habitués aux jeux fun, les joueurs résistent véhémentement à la notion qu'ils soient quoi que ce soit d'autre. On s'insurge et, à la seconde où quelqu'un comme Jenova Chen dit que les jeux devraient être plus sérieux, on dit "Qu'il aille se faire voir !" "Qu'il aille se faire voir pour oser suggérer que les jeux devraient être plus sérieux ! Les jeux ne doivent pas être quoi que ce soit en particulier." Mais honnêtement si quelqu'un faisait tout le contraire et déclarait " Vous savez quoi ? Les jeux doivent simplement être fun. On se fout du sérieux, de la prétention, de l'introspection" vous pensez vraiment que des gens bondiraient de leur siège et s'énerveraient  comme ils le font dès que quelqu'un dit "Eh, arrêtons d'agir comme des gamins de 12 ans 5 secondes et faisons un jeu sur l'amour, la haine, ou n'importe quoi qui ne parle pas de combien c'est génial d'étrangler quelqu'un à mains nues".

Le cinéma est considéré un art à part entière parce qu'il a ce fondement de films vraiment pertinents, intéressants et artistiques, comme Casablanca, Citizen Kane, A Bout de Souffle ou Le Septième Sceau vers lesquels on peut se tourner pour pointer une utilisation pertinente du médium, non seulement de ses spécificités comme la cinématographie, mais ils racontent également des histoires qui parlent de la condition humaine, des choses qui importent réellement, comme la vie, la mort, l'honneur ou ce genre de choses. Et parce qu'il a ce fondement, les gens sont toujours prêts à payer pour voir ce genre de thèmes dans les films, parce qu'ils reconnaissent que les films sont capables d'adresser ce genre de sujets. Sur une année donnée, on a droit à trouze mille adaptations affreuses de comics, de films de Michael Bay ou assimilés, mais on a quand même droit à une dizaine ou une vingtaine de très bons films, ou à tout le moins de tentatives artistiques, qui évoquent la condition humaine,  venant des grands studios et pas seulement des studios indépendants, parce qu'il est toujours possible d'être rentable en respectant l'audience et son intelligence le temps d'un film. Les jeux n'en sont pas là. Pour le moment, les jeux n'ont aucun socle de jeux artistiquement pertinents et il est très rentable de ne pas l'être et d'être simplement crétin en disant "C'est fun de tronçonner hein ?" et effectivement c'est très fun, il n'y a pas de doute, mais se limiter à "C'est fun de tronçonner hein ?" et construire une industrie entière sur cette base, au point que si on ne se diversifie pas dès maintenant, si l'industrie du jeu vidéo ne va pas chercher au delà du fun de la violence et du fun de shooter, alors dans 50 ans ce sera toujours limité à cela, parce que la logique économique aura été démontrée, que personne n'aura jamais besoin de créer quoi que ce soit qui aille au delà du fun de tirer sur des trucs, parce que pourquoi se donner la peine ? Ca ne rapporte rien. Il ne restera plus que les développeurs indépendants pour s'y essayer, et les indés c'est génial, mais ils ne définissent pas les forces d'un medium.

C'est le cas dans les comics en ce moment par exemple.  Beaucoup de gens s'inquiètent, enfin, pas beaucoup, mais les gens qui attendent le Citizen Kane du jeu vidéo,  ceux qui disent qu'on doit être plus sérieux, disent que les comics présagent de ce qu'il pourrait arriver aux jeux vidéo si on ne se ressaisit pas. Parce que dans les comics il y a pas mal d'indés géniaux, comme Harvey Pekar, Chris Ware et Jeffrey Brown mais les gros éditeurs se limitent aux comics de superhéros, des comics avec des justiciers ou des nanas à gros seins. Donc le grand public regarde les comics et se dit "Ok, peut-être qu'il y a là le potentiel pour une expression artistique, mais pour le moment c'est crétin, ce ne sont que des fantasmes de puissance stupides pour gamins de 12 ans" et les jeux en sont exactement là. J'aime les comics de superhéros et j'aime les jeux très violents mais c'est du gâchis, quoi qu'on pense de la production actuelle, c'est du gâchis de voir un medium avec un tel potentiel d'expression artistique si mal exploité.

Des gens comme Roger Ebert disent que le jeu vidéo n'est pas un art, et il a tort évidemment, au vu du potentiel du medium, mais nous accourrons tous en criant "Non non non" et on écrit de très longs billets, avec des tonnes de paragraphes, de belles images et plein d'arguments prouvant qu'il a tort, mais en fin de compte si notre plan pour le convaincre c'est de le faire jouer à BioShock, un jeu où l'on passe le plus clair de son temps à tirer sur des gens après les avoir incendiés, pour les électrocuter ou les congeler ensuite, qu'est-ce que cela révèle sur notre medium ? Que l'un de nos jeux les plus estimés parle principalement de comment tuer des gens de façon inventive ? Le cinéma n'a pas ce problème, les livres n'ont pas ce problème, la musique n'a pas ce problème. Les jeux peuvent traiter tous les sujets, ils peuvent parler de l'exploration spatiale, du fait de manger son petit déjeuner, de tomber amoureux, d'exploser la tête de quelqu'un, d'emmener sa fille à l'école pour la première fois, d'apprendre que votre père est mourant, du fait d'attraper la tête de quelqu'un, l'ouvrir en deux, manger le cerveau et pisser sur le tout. Ils peuvent aborder tous les sujets grâce aux outils d'interactivité, de liberté, et d'immersion dont ils disposent, alors que les gros éditeurs se limitent à un seul sujet. Et c'est effrayant, c'est horrible. Et si vous pensez que vous êtes un vrai joueur, hardcore, ou simplement que vous évitez d'être prétentieux en souhaitant que les jeux restent fun parce que c'est ce qu'ils ont toujours été et donc ce qu'ils sont censés être à jamais, alors en vérité vous détestez les jeux vidéo, vous détestez ce qu'ils peuvent devenir et tout le potentiel expressif qui leur est inhérent. Vous avez peur de les voir changer de simplement fun en fun et tout un ensemble d'autres choses qui pourraient changer votre compréhension de ce que le monde pourrait être à travers l'interactivité, vous en êtes effrayés et si vous pensez que les jeux doivent être seulement fun alors vous êtes lâches.

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Commentaires

Gugus
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Gugus
Il est un peu extrémiste, mais je vais dans son sens pour ma part.
Et même si il a fondamentalement raison sur les possibilités du premier Bioshock, je trouve extrêmement intéressant ce que Levine et ses équipes ont montré faire avec Infinite : repousser les limites du FPS pour introduire cette dimension de choix et de question par rapport à un sentiment humain et connu (la relation entre Booker et Elizabeth), tout en utilisant des mécaniques de gameplay intéressantes (les déchirures et l'IA… enfin les scripts d'Elizabeth) et des techniques jamais tentées car trop "coûteuses" pour certaines productions (la direction d'acteur dans laquelle a été investi beaucoup d'effort pour les voix).

Je comprends le point de vue de BlackLabel par exemple, mais vu que je suis en plein débat avec à peu-prêt cette idée en tête (si SpiderSonic passe par ici, et je m'en assurerai), merci pour avoir remonté cette vidéo qui a le mérite de poser les choses autrement.
upselo
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upselo
J'entends pas la même chose que toi dans la bouche de David Cage et de Jenova Chen, mais si j'entendais ce que tu entends je partagerais ton avis.
A mon avis, ils proposent autre chose, peut-être des jeux sans challenge, mais c'est pas nécessaire ou obligatoire pour avoir des jeux sérieux ou artistiques. Peut-être que c'est plus facile à faire sans challenge et c'est pour ça que ça apparaît si souvent l'un avec l'autre, mais c'est pas obligatoire.
En tout cas, l'absence de challenge ne me dérange pas non plus pour autant.
BlackLabel
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BlackLabel
Oui je suis d'accord que ce sont des choses différentes, d'ailleurs LA Noire a réussi son coup sur la partie scénaristique. Mais disons que comme les studios peinent déjà à faire des comédies, je les vois mal passer à quelque chose qui demande plus de subtilité et de tact. En plus les jeux que je trouve réussis sur ce plan-là, comme LA Noire ou Dog Days ont pas vraiment l'air d'être des références pour le reste de l'industrie.

Sinon pour les jeux "sans gameplay", en fait c'est pas tellement les jeux en eux-mêmes qui me dérangent, j'ai d'ailleurs bien aimé Walking Dead alors que niveau gameplay c'est très léger. Ce qui me dérange c'est que sur cette gen, les jeux qualifiés d'artistique passent par une sorte d'absence de gameplay, comme si c'était naturel et la marque du bon goût, alors que pour moi ça l'est pas dans l'absolu. On peut très bien avoir un jeu bien fait à tous les niveaux, et avec un gameplay traditionnel. C'est comme Alan Wake (bon j'y ai pas joué :D ), dont certains joueurs justifient la faiblesse du gameplay par le scénario. Je suis pas d'accord avec ça. C'est aux devs de trouver un moyen de rendre ça attrayant à jouer.

J'aime pas cette distinction qui s'opère entre un jeu vidéo plus ou moins honteux car y'a du gameplay dedans, et un jeu vidéo pour l'élite car ce n'est pas du vulgaire challenge. C'est pas le challenge qui rend le jeu vidéo débile, c'est généralement l'enrobage scénaristique et la direction artistique. Le gameplay lui il peut rendre le jeu soit passionnant soit pas intéressant (ou entre les deux).
Mais quand t'écoutes David Cage ou Jenova Chen, eux c'est pas vraiment l'enrobage qu'ils remettent en question, c'est surtout le gameplay, et ça je suis pas d'accord. Dans le jeu vidéo, là où on trouve régulièrement des réussites, c'est sur le gameplay justement (et les trouvailles graphiques aussi). Ça me rappelle un pote qui disait que je jouais à de "vulgaires jeux de pan-pan", comme si ses J-RPGs à cheveux roses et bleus étaient infiniment plus intelligents...
upselo
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upselo
Perso, je pense que c'est deux choses assez différentes, et de la même manière qu'on ne s'entraînerait pas à faire des drames en se faisant d'abord la main sur les comédies, je pense qu'on peut directement essayer de faire des jeux sérieux, même si on réussira pas immédiatement.
Et je comprends ta distinction sur loisir débile/loisir de débiles.
BlackLabel
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BlackLabel

je t'aurais volontiers rangé dans la catégorie de ceux qui estiment que le jeu vidéo, ce "loisir de débiles", ferait mieux de se contenter d'en rester au fun plutôt que de prétendre à autre chose


Ben d'une certaine façon c'est le cas. Avant de s'attaquer à des trucs plus sérieux, ce serait bien qu'il réussisse déjà à faire des jeux funs réussis. Si on est pas capable d'avoir une histoire bien racontée pour un jeu léger, ça devient encore plus difficile à avaler pour un jeu sérieux (enfin pour moi).

Après je suis le premier catastrophé par la tournure scénaristique d'un Assassin's Creed, quand ils auraient pu nous faire voyager dans le temps autrement que visuellement, au lieu de pondre une bouillabaisse SF médiévale.

Par contre je considère pas que c'est un loisir de débiles, mais un loisir débile. C'est le jeu vidéo qui a un problème, pas les joueurs. Au contraire j'ai l'impression que les joueurs n'attendent que ça, des jeux mieux faits.
Zinzolin_Hallucine
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Zinzolin_Hallucine
Bon, ben, si c'est ça les exemples, je n'y crois pas. Surtout qu'actuellement, la tendance est de nous pousser à vivre les émotions dans un contexte virtuel. Emmener une fille virtuelle à l'école, pleurer à la mort d'un parent imaginaire, ça ne m'intéresse que si c'est l'histoire de mon personnage ; je peux m'attacher à une bestiole imaginaire (et encore, j'exagère), un animal virtuelle et ça peut me déranger un peu qu'il meurt, mais c'est carrément malsain de s'attacher à des êtres virtuelles.

L'idée de faire des banalités, des gestes quotidiens, ça m'intéresse un peu plus. Est-ce qu'il faut proposer des gameplay bancal pour retranscrire le quotidien ou faut-il au contraire embellir cette réalité pour y prendre plus de goût ?

Après, tu dis que le sujet n'est pas les jeux matures a raison puisqu'il parle surtout de diversité et de non-fun. Déjà, il y a bien d'autres offres que le fun de shooter, de conduire ou de découper comme il doit le savoir en citant Braid, ensuite si un jeu est ennuyant pour parler au quotidien ou sérieux en traitant de thème sérieux est-ce que ça renvoie pas inévitablement à la maturité. À moins que j'ai une vision erronée de la maturité ? =|
upselo
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upselo
Il propose plusieurs pistes : des interactions plus en prise avec la réalité (ne pas juste tuer), des thèmes qui font réfléchir ou émeuvent durablement, en abordant la condition humaine, la vie, la mort, l'honneur, etc, il donne des exemples des situations qui pourraient donner lieu à des jeux : conduire sa fille à l'école pour la première fois, faire face à la mort d'un parent,...
Il y a des jeux qui proposent des situations originales pour les jeux vidéo, comme Façade et ses problèmes de couple, Dinner Date et la solitude d'un rendez vous où l'autre ne vient pas, The Graveyard et cette mamie qui se rend sur la tombe d'un proche. Je ne dis pas que le gameplay suit forcément, ou que ça en fait des jeux matures (ce qui n'est pas le sujet soit dit en passant), mais ça montre une volonté de repousser les barrières, de faire des jeu qui parlent aux joueurs, de leur quotidien, de leur vie.
Zinzolin_Hallucine
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Zinzolin_Hallucine
Ils invitent à la réflexion, à se remettre en doute sur nos préjugés. Mais, il ne donne aucune piste aux jeux sérieux, je trouve. Est-ce qu'il faut mettre des scénarios terre-à-terre et profond à Metal Gear Solid ou Uncharted pour que ça devienne des jeux sérieux ? Faut-il revoir toute structure et vérifié la cohérence ?

Je trouve que Silent Hill Downpour, bien qu'ayant des points faibles est un jeu intelligent : il raconte l'histoire à travers son décor avec des non-dits, il possède des passages jouables qui font écho aux scénarios avec différente interprétation, le scénario n'est pas mauvais. Quand on a lu du Kafka à côté, on ne va pas dire que ça a changé notre existence, que c'était profond (il y a des thèmes durs comme la vie en prison, la pédophilie), mais le jeu ne m'a pas pris pour un con et m'a laissé différent niveau de lecture.
Personnellement, c'est l'idée que je me fais d'un jeu "mature".
upselo
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upselo
C'est marrant que tu dises ça BlackLabel, justement, parce qu'à te lire ici ou ailleurs, je t'aurais volontiers rangé dans la catégorie de ceux qui estiment que le jeu vidéo, ce "loisir de débiles", ferait mieux de se contenter d'en rester au fun plutôt que de prétendre à autre chose (notamment parce qu'il se vautre régulièrement sur ce terrain).

Après, j'ai beaucoup de mal avec le "sans gameplay" parce que pour moi le gameplay couvre bien plus de choses que pour beaucoup d'autres joueurs. Journey, flower, Dear Esther, The Stanley Parable, Noby Noby Boy, Endless Forest, Proteus en sont notamment l'exemple. Et c'est assez vain de se dresser contre ces "expériences" (si vraiment je dois utiliser un autre terme que jeu).

Enfin, oui, fun a surement une acception plutôt large dans sa bouche, mais je trouve qu'on comprend assez bien le principe.
BlackLabel
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BlackLabel
Merci pour la traduction !

Je pense qu'il est à côté de la plaque. Une certaine tranche des joueurs n'est pas contre des jeux plus sérieux, mais contre des jeux "sans gameplay". Je ne vois pas personnellement pourquoi un jeu ne peut être à la fois sérieux et "fun" (pour ce que ça veut dire, car au fond cette notion est très floue). Mais disons simplement que si fun rime avec "plaisir de jouer", c'est sûr que des jeux sur lesquels je m'ennuie ça ne m'intéresse pas, peu importe le sujet. Pareil pour les films, ce sont pas les sujets qui sont passionnants, mais la manière de les aborder par le réalisateur et de les rendre passionnants.

Puis je pense pas qu'on joue à un Silent Hill en priorité pour le fun, et même Mass Effect, Red Dead Redemption, Deus Ex HR, The Witcher 2 et d'autres, y'a beaucoup de gens qui y jouent pour l'ambiance, le scénario, etc. Ils y jouent pas pour le gros fun. Après évidemment ils doivent trouver du plaisir aussi à y jouer j'imagine, et ça me semble essentiel.
Pedrof
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Pedrof
Ouh la la il est pas content. Je trouve osée la référence à Bioshock et c'est là que j'ai vraiment pris le discours au sérieux. Un bel exemple, concret. En voyant ton billet, j'ai craint que tu ne fasses que poster la vidéo et pas une adaptation, et heureusement ce ne fut pas le cas et ça m'arrange parce que j'ai jamais pu comprendre cette vidéo. Par contre, il y a pas mal d'anglicismes, de fautes de frappe ou de mots que je n'aurais pas traduit comme ça. Mais bonne initiative pour ma part de proposer une adaptation écrite de cette vidéo que tu as effectivement souvent citée (autant que moi la poursuite pour sauver Xiu dans Dog Days ?).

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Par upselo Blog créé le 10/12/09 Mis à jour le 16/12/13 à 00h33

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Un blog ou vous pourrez trouver des critiques et des analyses qui essaient de discuter du game design, de la narration, et de tout ce que j'estime important dans les jeux vidéo :) Je m'efforce de développer des avis approfondis, les textes seront donc longs et n'hésiteront pas à spoiler si nécessaire pour discuter de ce qui en vaut la peine. Vous êtes prévenus désormais, bonne lecture !

Les commentaires et réactions à mes billets sont particulièrement appréciés.

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