Tokyopoke

Par pokepoke Blog créé le 19/12/09 Mis à jour le 16/06/17 à 19h21

De Tokyo, voici un extrait de milliers de pensées, élucubrations et stéréotypes faisandés, sous fond de reviews de jeux vidéo et de non-culture japonaise. Un beau voyage d'une jouissante tristesse au milieu de l'impopularité galactique.
Le mode d'emploi c'est ici: http://bit.ly/h13PaG !!!

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Catégorie : Archéologie Vidéoludique

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Archéologie Vidéoludique
Quelle belle trouvaille faite en ce début de saison des feuilles mortes au détour d'une "takara bako" (boite aux trésors) d'un célèbre magasin d'Akihabara.

 

Il faut dire que l'illustration sur la boite du précieux sait capter l'attention chalant. Elle affiche un complex militaire au design futuriste à l'ancienne, d'où la sévère et machiavélique silhouette du Führer émerge d'un ciel en proie aux flammes de l'apocalypse. La typographie éclaboussée de sang titre en dessous :Hitler no Fukkatsu , La résurrection d'Hilter en bon François.

Le mauvais gout du saké, et du scénar...

Cette superbe pièce d'archéologie vidéoludique n'est  rien d'autre que le célèbre jeu NES Bionic Commando dans sa version Nippone non édulcorée. On y incarne Joe, un super soldat au républicanisme prononcé, plongé au coeur d'une bataille héroïque contre la bien connue armée de cyber-nazis qui se tapi quelque part depuis des lustres (marotte de nos peurs comploïtes) ayant à l'occasion de ce scénario décidé de passer à l'action.  A la tête de la reconquête d'une gloire ancienne se dresse bien évidement le diabolique Adolf ramené à la vie à l'aide d'un soi-disant collagène nucléaire par des médecins du futur : les chirurgiens esthétiques. C'est du moins ce que j'ai compris de la notice japonaise.

Membré d'une arme de tous les fantasmes, une prothèse bionique extensible à foison, vous enchainerez les sous-missions jusqu'à débusquer l'ancêtre et faire de sa nouvelle mort la Une de nos manuels scolaires de demain.
Tous les ingrédients buzzifiants sont au rendez-vous de ce soft d'action plateforme dont l'originalité et la difficulté résident dans l'incapacité du héros à sauter. Sans doute due à une ostéoporose  précoce. Ou pas, bien entendu.

Thèse, antithèse, prothèse

En marge de ce divertissement au scénario douteux, je voudrais insister sur le caractère historique de ce jeu qui malgré ses apparences de série Z constitue une matière pédagogique de valeur pour cerner le regard de nos amis Nippon sur cette triste période.
Au pays du soleil levant, le négationnisme  ou le révisionnisme n'existe pas. Nous sommes dans ce que j'appellerai le total acceptationnisme, une forme pacifiste de l'assumassionnisme. huuuummm...
A l'inverse de ce qui fut fait en Occident avec le retrait de tout emblème du troisième Reich pour éviter d'exhumer les démons du passé, dans Wolfenstein 3D sur Snes comme dans notre version de Bionic Commando; au Japon et en l'occurrence dans Top secret-Hitler no Fukkatsu, les croix ne sont pas gommées
Rien de l'inspiration relative à notre lourd contexte historique n'est masqué, car il est primordial que le joueur japonais comprenne qu'il incarne le bien allant gaillardement griller les fesses du gredin nazi. Nombreux  sont les Japonais  portant le fardeau de leurs ancètres qui ont trouvé le salut par cette voie numérique.

Un peu plus sérieusement, si vous venez au Japon

Ne soyez pas trop étonné en découvrant l'inexistante pudeur envers toute représentation du parti national socialiste (et ici je ne parle pas de la svastika boudhique) . Il est très simple de se procurer des produits dérivés allant du costume intégral de Waffen SS jusqu'à la moustache postiche. Photo à l'appui : un simple tour dans un grand magasin de jouet suffit. Toutefois, rassurez-vous. Nos crazy  japs se fichent de cette idéologie. C'est avec une certaine ignorance et naïveté que la jeune génération considère désormais Hitler comme un méchant de manga, au même titre que Freezer ou Hydargos.

En tant que tel, ne se doit-il d'avoir son costume en rayon ?

 

Avec ça, faites Führer en soirée costumée :p

 

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Archéologie Vidéoludique

 

Un jeu sans OGM

C'est avec la banane qu'il faut accueillir le grandiloquent revival d'une cartouche Nes au contenu jardinier, prônant l'échange équitable de prunes et de pêches pour une écologie sanguinolente.

Ce soft, c'est Double Dragon 2 The Revenge, adaptation de la borne d'arcade 80s du même nom, qui nous rackettait le fondement du porte-monnaie par à-coups de pièces de dix francs.

Un scénar' en pomme granite

Il met en scène Billy et Jimmy, deux frères jumeaux, fils de fermier saoulard, de mère inconnue (???), et élevés dans la plus profonde rusticité consanguine propre certaines régions du Nord de la France.
Le jeu voit son intrigue débuter, au moment où les deux frères décident de descendre sur la capitale, afin de débusquer Shadow, le patron d'un congloméra néolibéral  adepte de l'hyper-utilisation des OGM dans l'exploitation agricole.

C'est à l'aide leurs seules pognes sculptées au dur labeur de la ferme, au bêchage et co-bêchage du potager, et aux « montages » de bovins dans l'étable, que nos deux eco-guerriers sur-dopés aux bons produits du jardin, vont tenter de faire valoir les préceptes altermondialiste  dictés par mère nature.

Le premier niveau se déroule à leur arrivée Gare du Nord. Les deux ch'tits dragons se retrouvent aussitôt confrontés aux agressions de tous les passant croisés, soudainement submergés d'une rage citadine à leur égards de ploucs.

La vérité est dans les choux/coups

Nos deux disciples de José Bové auront vite fait de découvrir le pot aux roses.
Leurs assaillants ne demeurent en fait que de simples citoyens rendus esclaves par surconsommation d'OGM empreinte d'une société de libre échange, dont l'esprit réduit à l'état de légume transgénique s'est pris de folie mondialisationniste destructive.
Billy et Jimmy (ou l'inverse) comprendront bientôt que ces mutations ne sont que l'un des engrenages du plan savamment faisandé par Shadow lui même, dans le but d'assouvir sa soif de domination des parts de marché.

Les jumeaux altermondialistes vont alors à travers les 9 niveaux du jeu, prêcher les quinze point-américains du Forum de Porto Alegre, moyennant distribution de patates et délivrant produits biologiques faits mains nues dans la che-tron de leurs détracteurs au brevet ADN douteux.

Comme dit le précepte, « Qui sème les vents récolte la tempête », et c'est Shadow qui verra les fruits de sa stratégie non fertile pourrir sur le sol qu'il foulera a son tour, pliant sous les coups des deux frères lui apprenant l'abécédaire de l'alimentation bio., à savoir:  comment manger les pissenlits par la racine.


                                     Symptomatique d'une mutation OGM,
                      les passants aux cheveux courroucés se ruent sur Billy.

 

                      Billy et Jimmy s'empressent d'inculquer au profane citadin les vertus
        de la culture ch'tit, prêchées par leur paternel pendant les soirs de solitude.

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Car Se prendre pour un super héro nuit gravement à la santé...


Pour ce nouveau volet de la rubrique Architecture Vidéoludique, attaquons nous à un monument du Jeux Vidéo, un classique ayant fait ses premières "games" sur notre bonne vieille Nes. Acheté fraichement à Akihabara pour la somme de 2000 yens, voici Megaman !

 

Megaman est en avance sur son temps. A l'époque, la plupart des jeux video prospèrent en mettant en scène des aventures champêtres où des héros, parfois plombiers et moustachus, s'entêtent à délivrer des garces des princesses.
La recette est simple, le divertissement est atteint efficacement et légalement, mais les dommages collatéraux s'amassent du coté de la différence scénaristique et de la complexité des personnages.
Au diable toute cette belle analyse des états d'âmes, et de la justification du passage à l'acte! On ne connaitra jamais les motivations d'un dinosaure à aller capturer une humaine avec laquelle il ne peut s'accoupler.

Capcom jette donc le pavé Megaman dans ce marasme imaginatif, en proposant d'incarner non plus un chevalier servant, mais un garçon souffrant de schizophrénie  catatonique aiguë, interné dans un établissement psychiatrique. Place donc à un personnage principal tourmenté, en proie à une constante bataille contre les résidents de son bulbe menaçant à tout moment de faire violemment surface.

Qui suis-je ? Je suis toi.

Le décor est planté dans l'hôpital du Docteur Willy d'où Megaman tente de s'échapper pour la centpiternelle fois. Au détour de chaque couloir de ce dédale labyrinthique, les patients et sbires infirmiers du Doc sont prêts à en découdre avec le fugitif. La plus sérieuse menace pour vous est la présence des fous sortant de la cellule psychiatrique Super Héros.
Pas question d'y rencontrer de gentils originaux coiffés de chapeaux de Napoléon ou bien d'entonnoirs, en train de changer une ampoule. Non! Le diagnostic est tout autre car vous êtes face à des forcenés se prenant pour des super héros, faisant tout en leur âme et inconscience pour stopper votre fugue.

Ils se reconnaissent par des noms scandaleusement ronronnant tels que Metal Man, Bubble Man ou encore Tiep Man. Ils substituent leur super pouvoir, qu'ils sont convaincus de posséder, par tout objets se trouvant à leur portée, du moment qu'ils aient un rapport avec leur nom : si Metal Man vous fourvoie de scies circulaires chirurgicales, Bubble Man, moins efficacement, vous souffle des bulles de savon à la guïeule...

                      La fiche des patients de la division super héros.              
Notons que le confrère Européen de Ronald Mc Donald y est enfermé.
Saurez vous le trouver ?


Pour se défendre, Megaman prescrit sans ordonnance des neuroleptiques et nombreux sédatifs dont ses poches débordent. Son armement évolue après chaque justicier irraisonné terrassé. Megaman s'accapare la personnalité de ses victimes lors d'une violente crise cognitive. Il peut dès lors emprunter leurs « super pouvoirs » pour faciliter, ou pas, sa progression.
L'échappée l'amènera jusqu'à l'inévitable bureau du Docteur Willy, le gentil de l'histoire, qui a bien raison de maintenir enfermé un cas instable tel que Megaman, sous peine de non assistance à personne en danger.

La came isole

On comprend mieux pourquoi ce soft plein d'audace révolutionna l'industrie. En plus de proposer une alternative aux héros lambdas en surpopulation, il dénonça les méfaits de la prolifération d'histoires de super héros (notamment américains) qui entrainaient les fans à abuser de créatine et corticoïdes par mimétisme écervelé, donnant naissance à une augmentation des syndromes dissociatifs , des comportements violents, et des gosses en slip et cape retrouvés morts défenestrés.

Pour la petite anecdote, le concept de la schizophrénie, véritable leitmotiv ici, s'insinuera même jusque dans le nom du titre. Megaman change de nom pour la personne de Rockman au Japon, et se décline sous d'innombrables versions.

            Megaman administre facialement à un éléphant ayant perdu la boule,
   2 suppositoires neuroleptiques.

 

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Archéologie Vidéoludique

Bien avant Arkham Asylum

Pour renouer avec la tradition perdue, aujourd'hui je vais vous compter l'histoire d'un bon vieux jeu Nes, l'un des premiers sortis, le j'ai nommé Batman, dont le scénario, et vous allez être surpris, a inspiré un épisode de Friends sitcom des 90's.

 

Batman sur Nes, c'est la triste histoire du jeune Bruce Wayne qui a la bonne idée de se rendre à un bal costumé de la belle époque dans une combinaison intégrale moulant son corps d'un cuir luisant et libidineux, comprenant même un masque de chauve souris d'où seules ses lèvres son mises à nues. Bruce fait fureur dans la soirée, récolte les 06 et met le feu à la piste de danse; dans son costume il est le roi.
Mais la magie prend vite fin lorsque le fier jeune homme s'aperçoit que la sueur du succès fait rétrécir le cuir de son costume qui lui colle maintenant à la peau, et dont il ne peut plus s'extirper. Bruce Wayne, à peine 20ans, est condamné à vitam aeternam à une apparence de chauve souris aux penchants sexuels dit-vergents et hétéro-clites...

...il devient alors Batman.


Batman, c'est la tragédie d'un homme dont la vie sociale est ruinée par son indissociable costume au sadomasochisme  prononcé. L'homme masqué est contraint de vivre avec sa lourde différence, supporter le regard accusateur, l'agressivité et la moquerie des gens. Malgré sa sortie en 1989, Batman traite de maux sociaux toujours d'actualité, à savoir le phénomène de discrimination menant à l'exclusion et parfois à l'éradication d'un groupe ou individu jugé différent. Par une mise en abime astucieuse, cette mouture NES propose à chacun de se confronter à plusieurs variations d'intensité de sa propre intolérance en incarnant cet homme dans son quotidien, tout au long de niveaux dont les missions ne consistent qu'à simplement se rendre au supermarché, prendre le métro ou aller acheter le journal.
Le challenge de la vie quotidienne ne semble pas pimenté aux premiers abords, mais c'est une fois le bouton START poussé que l'on se rend compte que la moindre sortie dans la rue fait esclandre, ameute la foule inquisitrice, et qu'il faut bien rudoyer les boutons de sa manette pour sortir Batman de chaque battue des passants.

 

Batman, pris en grippe par des cailleras fans de théâtre.

                              Batman, pris en grippe par des cailleras fans de théâtre.

 

Survivre dans l'enfer de la société rongée par la peur de l'inconnu, c'est le mot d'ordre pour Batman qui ne recevra de cadeau de personne. Le jour, pour se rendre d'un point A à un point B de la ville, vous devrez affronter le mépris des gens et les noms d'oiseaux fusant dans votre dos, essuyer les jets de pierres des enfants des rues, détaler devant les chiens qui grognent, et éviter les croche-pieds des personnes âgées qui laissent trainer leurs cannes volontairement.

« Obsédé ! vieille pédale ! Viens m'su... !»

Le soir tombé qui ne dissimule que peu votre silhouette de cuir ne vous offrira pas plus de répit, bien au contraire. La traque continue, et seuls diffèrent vos opposants. Cette fois le bestiaire varie du loubard cherchant les noises, aux groupes de skinheads homophobes en rut, en passant par des flics de la BAC, les mêmes que ceux du Droit de Savoir, aux contrôles d'identité musclés et à l'appetit sexuel attisé.
Tout sera prétexte aux provocations, aux rixes saignantes, ainsi qu'aux harcèlements sexuels, vous obligeant à rivaliser d'agilité et d'astuce pour préserver votre intégrité physique jusqu'au pas de votre porte.

La plus grande menace de ce Batman sur Nes est sans aucun doute le prostitué transsexuel qui règne en maitresse sur les trottoirs de votre quartier. Cette créature dissimulant sa masculinité sous un maquillage grotesque lui donnant un air de Joker de carte à jouer, vous prend pour une concurrente brésilienne venue tapiner du martinet sur ses plates bandes, et en a juré votre peau tannée.

En mettant en scène toute cette diversité sociale, Batman va même jusqu'à souligner la fatalité du mal; où les premières victimes de traitements discriminatoires sont elles-mêmes les bourreaux d'un autre quidam, décrivant un cercle vicieux tel un bat-boomerang fendant la nuit.

Que ceux qui ont apprécié la richesse de l'expérience de ce premier volet de la série, s'abstiennent de jouer aux suites, qui ne se limitent qu'à un tas de nanards où Batman fait du kung-fu au côté de son petit copain Robin contre des méchants sortis de la Foire du Trone.
Pour les autres, foncez !

 

Le destin cruel dans homme 10 ans en retard sur la mode.

                           Le destin cruel dans homme 10 ans en retard sur la mode.

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Archéologie Vidéoludique

L'archéologie vidéoludique vous intéresse,

vous êtes plutôt fans de littérature avant-gardiste,

votre mère vous traite de Nerd, et vous la méprisez en secret...

Venez masturber votre encéphale à l"espace Archéologie Vidéoludique de Tokyopoké.

 

Gamer

Le premier gamer de l'histoire de l'humanité fut retrouvé en position "pad en main - avachi sur canap"

 

Pour la petite histoire, il y a trois ans j'excavais au moyen d'un billet de 1000yens une NES d'un four-tout d'Akiba.

Depuis, avec un ami diplomé d'histoire et de mythologie, nous explorons les trésors Nerdifiant d'entemps, rapportant nos impressions.

Les premiers post viendront donc de mes archives, à raison de 1 par mois (EDIT: ou plus), jusqu'à la publication de nouvelles et fraiches études.

Bonne lecture :p

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Édito


Féru(e)s de litterature pixelisée, de stéréotypes sur le Japon, de chats et de chiens,
venez consulter les non-dits et non-écrits de Tokyopoke d'ores et déjà élu:

- Médaille d'or des consommateurs 2010
- Grand prix de l'odeur Automne 2010
- Meilleur espoir du phrasé 2010

Tokyopoke, c'est ici !!!

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