Tokyopoke

Par pokepoke Blog créé le 19/12/09 Mis à jour le 19/10/12 à 11h26

De Tokyo, voici un extrait de milliers de pensées, élucubrations et stéréotypes faisandés, sous fond de reviews de jeux vidéo et de non-culture japonaise. Un beau voyage d'une jouissante tristesse au milieu de l'impopularité galactique.
Le mode d'emploi c'est ici: http://bit.ly/h13PaG !!!

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Lieux insolites de Tokyo

 

Comme souvent, c'est à vélo que l'on complète la cartographie mentale d'une grande ville, que l'on découvre ses fabuleux endroits, dissimulés aux premiers regards, en retrait des trajets les plus empruntés quotidiennement.

Cette invention parfaite m'avait déjà permis de vous présenter le premier lieu insolite de Tokyo sur ce blog. (Cliquez, ouvrez les yeux et rappelez-vous)

C'est encore cette fois-ci grâce à mon deux-roues que j'ai pu découvrir, bien malgré moi, un nouvel endroit clef de Tokyo, totalement mystique : l'Avaleur de vélos.

Le vélo au Japon c'est paradoxalement.. le pied ! Son utilisation est à l'abri de tout règlement strict et contraignant ; c'est à dire qu'on ne vous blâmera pas d'emprunter la route à défaut du trottoir réglementaire. Puissant face aux piétons, rapide dans les bouchons, pas d'amende honteuse de 90 bouzourfs pour infraction minime à la mode vélib. Ici vous êtes les princes de la ville.
Le seul handicap assez casse coucougnettes, c'est l'interdiction de parquer son bolide librement.

Aux alentours des gares notamment, pullules des panneaux de ce genre, dont on se passerait bien :

 

Ceci n'est pas un parking

 

Emplacement hostile aux bicyclettes

 

Règle du jeu oblige, on y gare tout de même sont vélo, en rigolant aux nez des petites étiquettes d'interdictions que l'on retrouve collées aux guidons passées quelques heures.

 

on commence par un petit warning...

 

... puis on plonge dans la grosse consommation

 


Puis un sale jour, le vélo disparaît. Et là, on se met à déchiffrer comme un looser (énervé en plus) le panneau d'interdiction, jusqu'à sa dernière ligne, comme le revers du paquet de céréales au ptit dej. On y remarque alors une carte jusqu'alors totalement ignorée. Elle indique l'antre de l'Avaleur de vélos.

 

"Putain de hieroglyphes ! On est au béaba de la cartographie !"


C'est grossomodo ce qui m'est arrivé.

J'ai donc pris le métro en direction du lieu dit, non sans une étrange appréhension. Après un changement, j'arrive à Shinagawa Sea Side, une petite station au Sud Est de la grosse gare de Shinagawa, qui comme son nom l'indique se trouve près de la mer, en bordure de la baie.

Loin du Tokyo électrique et coloré que l'on a l'habitude de présenter dans les docus TV, me voilà débarqué dans le Tokyo austère des films de Kitano, celui respire les années 80-90. L'espace est étouffé par de gros  bâtiments vétustes dont le "blanc façade" a essuyé les gaz d'échappement, emmuré par des locaux d'entreprises dépouillées de toute fenêtre ou ouverture, semblant avoir été abandonnés depuis l'explosion de la bulle économique japonaise.
Il y a aussi des grands axes routiers qui s'entremêlent du sol jusqu'au dessus des têtes. Juchés sur d'imposants pilonnes crasseux, ils forment un épais plafond bloquant lumière du jour, ou parfois, lui appliquant un filtre salissant.
L'atmosphère oppressante propage un fort sentiment de déprime, pareil à un mauvais et interminable Dimanche chez grand-mère.

La carte indique qu'il faut emprunter un pont pour rejoindre la presqu'île du mystérieux Avaleur de vélos. Cela tombe bien, le noir commençait à m'envahir.

J'entame la traversée du pont. La visibilité sur l'horizon est retrouvée. Le ciel est d'un blanc uniforme, éblouissant et intemporel. En bas, l'omniprésence de la mer et de ses flots sombres et glacés font naitre des pensées sordides dans ma tête. Elles m'avertissent du faible taux de survie en cas de chute malencontreuse ou volontaire. Laul.

Je suis tiré de mes pensées par le bruit d'un poids lourd circulant entre les différents hangars du coin. Son passage fait vibrer mollement l'édifice d'acier qui se charge de compléter mon réveil. En jetant un regard en arrière, on peut contempler la façade extérieure de la ville découpée par de grands buildings, un aspect du paysage Tokyoite que découvrent habituellement les voyageurs ou les immigrants venus par bateau.
C'est en observant ce genre de paysages typiques, qui me rappelle fortement des films de Kung Fu en VHS, que je prends pleinement conscience de vivre dans une ville d'Asie. Re-laul.

Me voilà à l'autre bout du pont.


Pour ceux qui ont lu jusqu'ici, rendez-vous [MAJ: prochainement] pour la deuxième partie !

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Commentaires

Kokoïne
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Kokoïne
La photo du vélo couvert d'avertos est vraiment excellente ! J'en ai jamais vu des comme ça !
michel_bokushi
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michel_bokushi
mouais enfin toute celle belle prose roubourative pour dire que tokyopoke s'est encore fait tirer son velo par les keufs, que c'est pas la premiere fois, et qu'en bon opportuniste il en profite pour faire un post sur son blog.
En langage pyromane ca s'appelle "faire feu de tout bois".
Mortipoil
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Mortipoil
J'adore, on se croirait dans un film de Miyazaki.
Et aussi dans l'excellent "The Host".
pokepoke
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pokepoke
merci !
espérons que la suite que je ne connais pas encore tienne a route.
Enimal
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Enimal
Ouah, tu est doué :)
WandaNoOrchestra
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WandaNoOrchestra
Très jolie plume, soit dit en passant.
niponimovais
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niponimovais
Quel teaser Kojimiesque !!!
SeeDreeks
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SeeDreeks
Vite la suite ! ^__

Édito


Féru(e)s de litterature pixelisée, de stéréotypes sur le Japon, de chats et de chiens,
venez consulter les non-dits et non-écrits de Tokyopoke d'ores et déjà élu:

- Médaille d'or des consommateurs 2010
- Grand prix de l'odeur Automne 2010
- Meilleur espoir du phrasé 2010

Tokyopoke, c'est ici !!!

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