The 47 Org

Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 15/10/17 à 15h49

Retard gaming

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Retard Gaming (Jeu vidéo)

Piqure de rappel.

Il y a des gens au 47 qui n'ont toujours pas fait le jeu, je tiens donc à signaler que je ne spoilerais rien. Non je dis ça car tous les tests que j'ai lu ou vu jusqu'à présent spoilent beaucoup de choses. Oui, tous. Simplement parce qu'à partir du moment où tu commences à parler de l'histoire ou même des ennemis que tu croises et que tu mets des images en plus, tu spoils.

Dans l'absolu, pour ce genre de jeu, il ne faudrait même pas regarder les trailers, la jaquette du jeu en détail, pire, ne pas lire ce qu'il y a derrière. Alors, ce n'est pas grand-chose, je veux dire, c'est comme si un type te raconte le film E.T. et te dit, au début, il y a un extraterrestre qui arrive sur terre. Bon tu t'en doutes mais pour moi c'est spoiler déjà. C'est un jeu qui est story driven comme ils disent au states, qui plus est, de survie donc en grande partie basé sur l'inconnu qui vous entoure. Alors bon je ne veux pas faire le mec hard core ou rien du tout de la sorte, mais bon c'est comme gâcher une bonne surprise, ou pas si bonne, enfin t'inquiète on y revient plus bas. Donc je ne parlerais pas de l'histoire même si je pense que t'as déjà entendu tout ce qu'il y à savoir, malgré toi.

 

Mais ça veut dire quoi « bien écris au juste ? ».

Quoi ? T'insiste ? Bon ok, parce que tu y tiens, je vais te dire au moins ce que j'en pense de l'histoire, mais sans te la raconter. Je ne sais pas trop comment le dire sans devenir un vrai connard. J'ai été déçu, rien de transcendant. C'est bien, c'est propre, c'est classique. Mon agacement vient d'une incompréhension. Je ne comprends pas comment, ou plutôt pourquoi les testeurs de jeux vidéo (certains même que j'aime beaucoup) ont glorifié le scénario. Ce sont des journalistes, les gars ont lu des livres, ont vus des films et s'extasient devant ça ? Alors c'est peut être moi qui suis un peu trop blasé, je ne sais pas... C'est bien écrit comme on dit (c'est un peu la mode en ce moment de dire ça), mais ça ne vole pas très haut si je peux me permettre. Que ça aille de la fin soit disant magistrale et adulte (adultes surement bercés par Disney), aux rebondissements (hahaha laisse-moi rire) en passant par les set-up plus que vu et revu, je veux dire hum... j'ai comme l'impression qu'on s'est un peu tous emballés trop vite là.

 

Attend je reprends depuis le début.

Ouais l'histoire, ben comme je l'ai dit, si t'as un temps soit peu lu et regardé ce qui se fait en terme de zombies et de post apocalypse depuis, je ne sais pas, le début des années 90 (même surement bien avant mais je ne suis pas un expert), alors tu n'auras aucune surprise. Exit l'originalité. Hein ? Comment ? Ce n'est pas post Apo c'est post Pandémique, attends, vient là, oui, toi qui sort cet argument tout pété, viens là que je te mette une claque dans ta gueule de mec qui sort des arguments tout pétés. Un passage t'auras l'impression de voir une adaptation de The Walking Dead, un autre passage tu diras, attends j'ai déjà vu ça dans 28 jours plus tard, un peu plus loin encore tu penseras fortement qu'un certain film avec Will Smith avait déjà cette scène dedans, et puis là, tiens ça sent fort le Romero... Et ne pense pas que les références sont seulement hors jeux vidéo et justement, j'y viens. Parlons du gameplay.

 

C'est dommage que je ne puisse pas donner des scènes particulières en exemple mais sérieusement, prenons du recul. Si un film avait le même scénario avec les mêmes scènes fortes, les médias spécialisés en rigoleraient encore et nous aussi. Le fait que ce soit un jeu vidéo ne doit pas être une excuse pour se contenter d'un ramassis de clichés et d'idées éculées. Les joueurs sont réputés pour être des gens exigeants qui ne laissent rien passer, alors je ne comprends pas comment ça a pu glisser aussi proprement.

 

Bear Grylls born survivor.

Ha le gameplay... que dire. Tu prends Splinter Cell (le premier sur Xbox), tu remplaces l'obscurité par le son et t'as le system d'infiltration. Tu prends Dead Rising et tu l'ultra simplifie, t'as le système de craft. Tu prends n'importe quel TPS t'as le système de shoot. Voila. Ha pardon, maintenant il reconnaît les murs quand il est à coté de lui donc il s'appuie dessus, il y a des finish moves et le corps à corps est un peu plus cinématographié que sur la plupart des jeux. Ok. Quoi d'autre ?

 

Le pire dans tout ça c'est que plus j'écris, plus j'y pense et plus je me dis qu'au final le jeu se fout de nos gueules et qu'il a été super hypé pour pas grand-chose. Bon on passe au côté survie : il n'y en a pas.

Tu veux que je développe ?

Je pensais jouer à un jeu de survie en milieu hostile, quelque chose ou ta progression dans le monde qu'on te propose dépend directement de la propension du joueur à s'adapter aux différentes situations. De la survie quoi. Mais Joël est un superhéros de jeu vidéo comme les autres. Il n'est pas plus crédible et réaliste qu'un Nathan Drake, un Sam Fisher ou un Marcus Phoenix. Non, parce qu'à un moment donné il faut bien prendre conscience que Joël dézingue des tonnes de mecs armés et assez organisés, des monstres qui ont déjà ravagé quasiment la totalité du pays, qu'il n'est pas sensible au froid, à la faim etc... Sauf dans les cut-scenes et les passages scriptés bien définis qui essaient de te le faire croire. Mais il n'y a aucun impact son le gameplay.

Le coté survie se résume à ça : tu te balades dans ce long couloir (oui le jeu est juste un long couloir scripté, t'avais cru que tu te baladerais dans la nature et que tu allais te démerder pour survivre dans l'Amérique profonde, les campagnes, forets et les villes immenses comme les trailers le laissaient penser ? T'as perdu, tu fais ce qu'on te dit de faire et tu vas là où on te dit d'aller...) et tu récoltes en tout et pour tout, des matières premières qui te permettront de crafter des armes ou du soin (crois moi rien de compliqué, t'appuis sur un bouton ça craft tout seul). La survie se limite donc à aller au bout de la pièce que tu visites, plutôt que de tourner directement dans la porte qui est ouverte et où il faut clairement aller. Là, tu trouveras forcement des trucs, ou, si ce n'est pas là, alors dans la pièce à côté, tu les prends (bon t'es souvent plein donc tu les laisses parce que t'en a déjà trop) et puis voila. Ce n'est pas de la survie pour moi, c'est pareil à  récolter les diamants dans Spyro le dragon ou les pièces dans Mario quoi. C'est tout ? Non y a aussi des zombies... pardon des infectés, notamment certains qui te tuent en une fois. Et en plus tu ne peux rien y faire (en tout cas pas tout de suite). Genre ils te touchent t'es mort. Ah oui et comme c'est confus la plupart du temps tu ne vois pas bien lesquels. Le game-over direct, mais ne t'inquiète pas tu ne recommences pas loin. C'est cool au début, mais ça devient très vite lourd. Tout ça pour augmenter la difficulté artificiellement. Parlons-en de la difficulté.

 

Si tu ne l'as pas encore fait et que tu comptes t'y mettre, mets-le en Survie ou je ne sais pas, mais en tout cas le mode le plus dur, peut être que t'auras l'impression de survivre. Moi j'avais l'impression de me promener, et puis tu croises des ennemies, tu les éclates, tu continues. Ça fait peur ? Non. Sillent Hill 2 fait peur, Resident Evil 1 à l'époque à la limite, Dead Space 1 (si t'as moins de 12 ans) mais TLOU non.

 

Alice ?... Alice ?

Revenons sur les interactions avec Ellie, que dire, au niveau gameplay, c'est zéro, il n'y en a pas, cherches pas. Ah, si, des fois elle tient des portes pendant que tu passes. Cool.

Au niveau histoire forcement tout est basé dessus et si tu n'es pas trop con, (même si t'es un peu con remarque, c'est tellement gros) à la fin de la partie d'intro, tu sais déjà où le jeu veut en venir. Tout est prévisible, tout est visible à des kilomètres, tu ne sauteras jamais de ton siège. Que dire de plus, elle est attachante parce qu'elle fait des blagues, elle est vulgaire, elle fait vivante, mais j'ai eu moins d'empathie pour elle que pour Yorda, ce n'est même pas comparable en fait. Yorda elle, ne parle pas (ou alors tu ne comprends rien à ce qu'elle te dit) mais tu t'y attache beaucoup plus, t'as envie de la sauver, tu retraverserais le château de font en comble pour aller la chercher. Ellie, tu n'as pas envie qu'elle meurt bien sûr, mais un peu comme tu n'as pas envie que ton chien meurt quoi (la phrase est horrible dans le contenu comme dans la syntaxe). Bref une des raisons, c'est surement qu'elle n'est jamais réellement en danger. Si elle est en danger, c'est que c'est scripté. Sinon, les ennemis ne la voie pas. Ça casse vraiment tout, parce que toi tu te galères à rester dans l'ombre, à ne pas faire de bruit pour pas te faire repérer, tout ça... et elle, elle court dans tout les sens n' importe où et les ennemis ne la voient pas. Alors c'est bien parce que comme ça ils ont réglé d'un coup, tous les problèmes liés à une intelligence artificielle qui te suit tout le temps (quoi ? qui a dit Ashley dans Resident Evil 4 ?), mais ils auraient dû trouver autre chose, parce que ça fait quand même grosse blague et ça casse l'immersion à fond. Bref elle est gentille mais je n'ai pas eu de lien émotionnel fort.

 

Voilà, j'ai fait un compte rendu assez méchant, parfois même à la limite de la mauvaise foi,  parce que j'en ai marre de ne lire que des louanges sur ce jeu. Il n'est pas si génial que ça. Alors oui il est beau mais bon faut pas craquer non plus, les décors sont figés et quasiment rien n'est destructible (ça m'a beaucoup fait pensé aux décors pré-calculés de Resident Evil 1/2/3 par exemple qui faisaient que le jeu était très beau mais figé), oui il marche très bien au niveau gameplay, mais il n'innove pas un instant et j'ai eu l'impression d'être constamment  en train de rejouer à d'autres jeux. Oui l'histoire est bien mais parce qu'on est confortablement installé dans un set up qu'on connaît tous déjà, que tous les « rebondissements » n'en sont pas et tiennent plutôt du cliché des films/livres/bd du genre que l'on a plaisir à revoir mais plus par habitude que pas enthousiasme réel. Le véritable point noir reste l'IA qui est tout simplement ridicule. Un bruit et tout le monde accourt.

 

Qu'on ne se méprenne pas, j'ai quand même apprécié le jeu pour ce qu'il est.

Si je voulais être méchant (et vraiment de mauvaise foi), je dirais que The Last Of Us c'est comme Call Of Duty, c'est un long couloir, qui marche bien, scripté à fond et beau, qui fait croire aux casuals gamers qu'ils sont des vrais dingues du pad en leur racontant une belle histoire sur laquelle ils pensent avoir de l'emprise. Malheureusement ça s'arrête là. Désolé, je m'attendais à jouer autre chose au vu de la campagne de com qui précédait la sortie du jeu et le tapage médiatique qui l'a suivi. Si on veut dire que c'est un classique alors oui, c'est un classique à étudier pour tous les développeurs qui veulent savoir comment réutiliser des idées déjà éculées par d'autres titres ou d'autres medias pour en faire un très bon jeu plutôt qu'un titre moyen de plus.

 

Auteur : L'Ours

  

PS : Oui j'aime me faire insulter J

Voir aussi

Jeux : 
The Last of Us
Plateformes : 
PlayStation
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Édito

Après plus ou moins 5 ans d’existence il était temps de changer un peu l’édito :

47 pour ceux qui se demandent, n’a rien à voir avec le département, l’agent d’Hitman ou les rônins vengeurs. Non, le 47 c’est un lieu, une histoire commune à trois personnes qui partagent certaines passions et surtout les mêmes valeurs.

Le 47 c’est pour les enfants des années 80 et leurs successeurs, qui ont grandi avec une manette sous les pouces, un livre sur la table de chevet et un amour pour la culture en général. Vous continuerez à trouver ici du jeu, du livre, des billets d’humeur, des questions existentielles, des sessions cash et vide grenier, de la customisation…

L’équipe récurrente du blog n’est pas composée d’une seule entité schizophrène qui parle à la troisième personne, même si l’Ours écrit 90% des posts, il est accompagné par des gens qui participent régulièrement ou exceptionnellement.

Les trois membres fondateurs du 47 sont donc : L’Ours qui squatte au pied des Pyrénées, La Panthère qui sillonne la France à moto, Le Faucon qui vole en cercle au-dessus de la capitale.

Il y a comme renfort à forte participation et contribution : Benja « Alley-oop » Pivot, qui corrige tout ce que vous lisez (donc s’il y a des fautes c’est qu’on a oublié de lui faire lire un article).

Celui que vous allez voir passer assez régulièrement cette année : Swiss l’homme qui soude plus vite et plus propre que tous les YouTubeurs qu’on a vu jusqu’à maintenant mais qui n’aime pas être filmé.

On espère – et j’espère le convaincre quand il lira ces lignes dans son flux RSS – Sylvain l’homme-code qui pourrait écrire des critiques de livre, jeux et vous proposer de tester ses propres jeux (vas-y t’es obligé maintenant !).

Et puis plein de gens de passage qui donnent à un moment ou un autre un coup de main, en allant aux vides-greniers avec nous, en nous offrant des jeux, en nous posant des questions qui nous permettent de réfléchir à des articles etc.

Bonne lecture des articles de cette année, j’espère que vous apprécierez le contenu qu’on vous proposera.

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