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Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 15/10/17 à 15h49

Retard gaming

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Retard Gaming (Jeu vidéo)

Les jeux, c'est comme les relations humaines, la première impression est souvent directement liée à l'aspect esthétique de ce qui nous fait face. Si on continuait l'analogie, alors Gravity Rush serait à l'image de son héroïne, charmante et mystérieuse mais aussi super active.

Souvent critiquées pour leurs univers trop stériles et sans parti pris, les grosses productions souffrent régulièrement de comparaison avec des petits studios indépendants étiquetés plus créatifs et tranchés dans leurs choix. Ici, tous les gens qui pourraient avoir ce genre de discours n'ont qu'à fermer leur bouche (ou alors rester bouche bée) devant tant de bonnes idées, d'originalité et de cohérence entre les différents éléments graphiques du soft.  Le chara design excellent tombe parfois dans les clichés faciles mais reste cohérent. Les passages narratifs en forme de petite bande dessinée, nous donnent envie d'aller acheter la bande dessinée en magasin si elle existait et on ne peut que regretter que le comics en quatre chapitres Gravity Days ne soit pas plus long, publié en dur ou même officiellement traduit. De plus ce genre de scènes montre que ce style de BD virtuelles pourrait être viable sur les machines tactiles à partir du moment où c'est bien fait, même pour les amateurs de papier comme c'est le cas de votre serviteur. Mais ça ne s'arrête pas là, les schémas de couleurs sont agréables et finement choisis pour retranscrire une ambiance à la fois chaleureuse et impersonnelle. Une sensation difficile à expliquer, qui fait de ce monde étrange, étranger et industriel un endroit où il a l'air de faire bon vivre en temps normal, même si ce n'est pas chez nous. Le parti pris graphique tient la route donc et nous transporte facilement dans ce voyage retournant.

Pendant vos nombreuses balades en ville ou entre les toits, vous serez  accompagnés par une bande son de grande qualité et des effets sonores travaillés et bien dosés qui donnent aux différents quartiers une identité propre et une sensation de vie omniprésente sans être envahissante. Une fois en l'air, le bruit du vent dans vos oreilles vous transportera facilement et ira titiller votre côté Icare. La beauté visuelle et sonore du titre le propulse donc directement dans les hautes sphères de ces productions que l'on classe volontiers dans le rayon oeuvre artistique du jeu vidéo.

Alors on a peur, on a peur que la technique et la jouabilité ne suivent pas. Mais ça ne sert à rien de s'inquiéter car tout ça tourne plutôt bien malgré quelques chutes de frame rate. Le système de jeu basé sur la gravité, joue sur la liberté de mouvement infinie de votre héroïne. Cela gêne par fois la lisibilité de l'action en mettant vos repères spatiaux en vrac régulièrement. Mais pas de panique les cheveux et l'écharpe de Kat sont un point de repère astucieux pour retrouver le haut et le bas. Il y a néanmoins deux mouvements qui exploitent les capacités tactiles de la console mais auraient mérité une approche plus classique dans leur utilisation. Approximatives et mal gérées, la glissade et l'esquive en sont inutilisables. Heureusement, elles ne sont pas vraiment indispensables au plaisir de jeu. Non, finalement la plus grande peur que l'on peut avoir en commençant le jeu, c'est cette incroyable liberté, cette sensation de vitesse et de chute grisante qui nous font redouter un jeu trop versé dans son concept et qui aurait délaissé tout le reste comme c'est souvent le cas.

Mais encore une fois cette inquiétude s'avère injustifiée car Gravity Rush n'est pas un petit jeu, loin de là. Le système est profond, les défis multiples et la zone à explorer immense pour qui veut en faire le tour à pied ou en volant. La durée de vie est donc conséquente même pour ceux qui ne chercheront qu'à faire le scenario (ce qui serait un crime). Le jeu incite le joueur à la flânerie et à la collecte de gems à travers la ville pour pouvoir augmenter les capacités de Kat en combat, en vol ou autres attaques spéciales. Le scenario, soutenu par une mise en scène de qualité comme on l'a vu plus haut, est un peu étrange mais original, avec des personnages travaillés, bien que parfois un peu trop figés dans leur stéréotype. L'histoire est agréable et se suit avec plaisir même si son déroulement reste toutefois classique et sans grande surprise si on n'est pas tombé de la dernière pluie. Pour prendre le plus de plaisir, il ne faudra pas tout le temps réfléchir et accepter les règles de ce monde duquel, comme l'héroïne, vous ne comprendrez pas tout.

 

Pour conclure, on peut dire que l'attachement au jeu se fait quasi instantanément pour les doux rêveurs qui accrochent avec Kat et son univers onirique, fait de personnages étranges et de lieux insensés. Le jeu est solide en termes de gameplay et propose un challenge équilibré qui satisfera les gamers exigeants. Une petite perle donc à ne pas mettre entre les mains des pragmatiques qui ne voient dans l'évolution du jeu vidéo qu'un rapprochement constant au monde réel. Pour les autres, il n'y a pas de souci, c'est un must have.

 Auteur : L'Ours

Voir aussi

Jeux : 
Gravity Rush
Plateformes : 
PS Vita
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Édito

Après plus ou moins 5 ans d’existence il était temps de changer un peu l’édito :

47 pour ceux qui se demandent, n’a rien à voir avec le département, l’agent d’Hitman ou les rônins vengeurs. Non, le 47 c’est un lieu, une histoire commune à trois personnes qui partagent certaines passions et surtout les mêmes valeurs.

Le 47 c’est pour les enfants des années 80 et leurs successeurs, qui ont grandi avec une manette sous les pouces, un livre sur la table de chevet et un amour pour la culture en général. Vous continuerez à trouver ici du jeu, du livre, des billets d’humeur, des questions existentielles, des sessions cash et vide grenier, de la customisation…

L’équipe récurrente du blog n’est pas composée d’une seule entité schizophrène qui parle à la troisième personne, même si l’Ours écrit 90% des posts, il est accompagné par des gens qui participent régulièrement ou exceptionnellement.

Les trois membres fondateurs du 47 sont donc : L’Ours qui squatte au pied des Pyrénées, La Panthère qui sillonne la France à moto, Le Faucon qui vole en cercle au-dessus de la capitale.

Il y a comme renfort à forte participation et contribution : Benja « Alley-oop » Pivot, qui corrige tout ce que vous lisez (donc s’il y a des fautes c’est qu’on a oublié de lui faire lire un article).

Celui que vous allez voir passer assez régulièrement cette année : Swiss l’homme qui soude plus vite et plus propre que tous les YouTubeurs qu’on a vu jusqu’à maintenant mais qui n’aime pas être filmé.

On espère – et j’espère le convaincre quand il lira ces lignes dans son flux RSS – Sylvain l’homme-code qui pourrait écrire des critiques de livre, jeux et vous proposer de tester ses propres jeux (vas-y t’es obligé maintenant !).

Et puis plein de gens de passage qui donnent à un moment ou un autre un coup de main, en allant aux vides-greniers avec nous, en nous offrant des jeux, en nous posant des questions qui nous permettent de réfléchir à des articles etc.

Bonne lecture des articles de cette année, j’espère que vous apprécierez le contenu qu’on vous proposera.

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