The 47 Org

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Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 26/05/18 à 00h12

Retard gaming

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Retard Gaming (Jeu vidéo)

Souffrant d’une réputation de jeux moyennasse, c’est avec un peu d’a priori que j’ai inséré la galette dans ma Xbox 360. Le GTA qui s’est planté, c’est comme ça que les différents tests et articles lors de sa sortie pourraient être résumés. On va entrer directement dans le vif du sujet.


N’est pas GTA qui veut, mais le veut-il ?

Pour être clair il m’est impossible de savoir avec certitude si Mafia la série s’est un jour rêvée en GTA. En fait pour moi ce jeu a toujours voulu être un shooter scénarisé, plus cinématographique que la moyenne. C’est sûrement le service marketing qui, à grand renforts de centaines de milliers de dollars, en a fait des caisses pour le présenter en grande pompe comme le GTA à la sauce Le Parrain.

Alors, dans cette incapacité à avoir une vision claire, je ne le traiterai que pour ce qu’il est de mon point de vue. Un Third Person Shooter qui a pris un ingrédient de son temps (un simili monde ouvert) comme zone de lancement des missions. Cela sert à installer l’ambiance et à donner une vie propre au théâtre des évènements, mais n’a pas pour but de vouloir créer une ville autonome dans laquelle nous pourrions nous perdre pour rien. La ville de Mafia 2 est un Hub, rien de plus.

 

La route est nettoyée, on attaque.

Dès les premières dizaines de minutes de jeu, j’étais sous le charme. La présentation et l’enrobage pour planter les décors sont simplement de très haut calibre. On commence avec quelques cinématiques, une mise en place rapide du personnage, fils d’immigré italien, son quartier « New Yorkais », ses premières embrouilles etc.

Pour éviter la prison à un jeune âge notre délinquant en devenir choisit de partir servir sa patrie pendant la deuxième guerre mondiale. On attaque donc par un niveau en Italie sur la terre de ses ancêtres qui sert de tutorial de belle manière. Inattendu, il prend à contrepied les attentes du joueur, en plaçant le parcours de Vito, votre personnage, dans un contexte politique et historique.

En clair, dès le départ, on comprend que les vies du petit Vito Scaletta et de son ami américano-italien du quartier Joe Barbaro ne pourront être autrement que dans la famille. Si on se devait de faire un parallèle avec les films de mafia, on se tournerait sans mal vers « Il était une fois en Amérique », qui est probablement un des films qui m’a le plus marqué sur le sujet et qui reprend ce postulat.

Une fois cette introduction passée, Vito rentre en permission à la maison, permission qui sera en fait son billet de retour définitif grâce au réseau de son ami Joe. Le retour, dans la douce lumière et les flocons d’une ville en période de fêtes de fin d’année est magique. La ville vous plonge en plein dans cette ambiance purement américaine de période cotonneuse et douce, accompagnée de chants de Noël. Bref l’immersion est folle.

Il en sera de même pour toute l’aventure. L’histoire, découpée en trois grosses périodes, les années 40/50, la prison, puis les années 60/70 sont retranscrites avec une fidélité démente.

Tout ici transpire l’obsession pour la crédibilité de la toile de fond. La musique des radios est calibrée aux petits oignons, le son des voitures, les doublages, tout est ok dans le département sonore. Au niveau graphisme, chaque époque est représentée de belle manière et on sent bien les différences d’un temps à l’autre. Les voitures changent, les habits changent, les couleurs changent. Bref le monde change comme il se doit, jusqu’aux panneaux de signalisation d’époque.

C’est extrêmement plaisant et d’autant plus détaillé que la ville n’est pas extrêmement grande. Tout y est donc travaillé avec soin et non standardisé, comme ça peut être le cas dans des productions qui visent la taille du terrain de jeu plus que sa qualité de contenu.

 

Mais un bon jeu est avant tout un bon gameplay.

Comme dit en préambule, pour moi, Mafia 2 est un jeu de tir à la troisième personne scénarisé dans le monde de la mafia nord-américaine.

Je ne m’attendais donc pas à aller faire le foufou en ville, à tuer des passants ou aller voir des spectacles entiers dans des scènes ouvertes au hasard de la ville. Non, je voulais un shooter qui tient la route avec des séquences d’action bien foutues, une visée propre, un système de couverture qui marche bien et des personnages charismatiques.

Est-ce que j’ai eu tout ça ? Oui, clairement.

J’ai même eu un peu plus. Le système de shoot et couverture est très propre. Rarement je me suis trouvé en situation ou je ne savais plus quoi faire pour m’en sortir. Mieux, certains passages vous forcent à sortir de votre petit confort de couverture / tir / couverture pour aller de l’avant et aligner des shoots à découvert. Franchement ce n’est pas plus mal, ça casse le rythme et nous change de l’impunité totale dont certains jeux du genre font preuve. Un muret de 10 cm ? Ok t’es caché tu peux y rester deux heures si tu veux.

Autre chose sur les couvertures, beaucoup de matériaux sont destructibles et même certains qui apparaissent comme résistants s’effritent si vous essuyez des rafales longues et violentes. Donc on ne reste pas longtemps derrière la balustrade en bois, on court trouver un poteau en béton digne de ce nom.

C’est une généralité du titre mais, les décors sont extrêmement fun et bien pensés. Ils ont un niveau de détail qui dépasse largement ce que pouvait faire un GTA au même moment. Je ne parle pas de détails esthétiques mais de composition générale. Destructibles en grande partie, beaucoup d’intérieurs avec un caractère et une ambiance bien marquée. On est dans du bon ici aussi, tout simplement parce qu’ils sont pensés comme des niveaux de jeux. C’est là que le jeu se démarque largement de GTA.

GTA pose une ville et crée des missions dans ce théâtre. Mafia écrit des missions, crée les niveaux et les place dans une ville qui sert d’intermission. En bref, ce sont deux philosophies de jeux radicalement opposées.

Cela implique aussi que chaque mission a du corps, une scénarisation et une mise en scène. Tout ceci est cohérent avec l’univers du jeu et poursuit cette immersion.

Le gameplay hors phase de shoot est très agréable, les voitures bien plus utilisables que dans un GTA4 par exemple duquel je ne me suis toujours pas remis en termes de lourdeur et d’infamie du freinage.

Une tête de cheval dans les draps.

Quelques points critiquables sont tout de mêmes notables. Les missions sont assez inégales dans l’ensemble. Certaines sont anthologiques de par la mise en scène, leur contenu ou leur humour. D’autres sont très lambda et n’apportent pas grand-chose au genre.

La durée de vie bien que correcte pour un shooter de cette époque (10-12h) en ligne droite, aurait peut-être profité de plus de temps pour développer quelques à-côtés. Notamment des personnages annexes qui doivent sûrement se trouver dans les DLC qui sont sortis par la suite.

Pas grand-chose à reprocher de plus à ce jeu qui propose un degré d’implication et d’immersion que j’ai rarement croisé.

Foncez, bande de petits délinquants et souvenez-vous, la règle d’or c’est de ne jamais devenir accro à ce qu’on vend.

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Commentaires

Atred
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Atred
Merci!
Non je n'ai pas fait le 1 mais je l'ai récupéré et je vais me le faire sur la première Xbox.
Effectivement le pote est lourd à force mais ça fait partit des "clichés" de films de mafia où tu sais qu'à chaque fois qu'il t’emmène dans une affaire ça va mal tourné ^^
La scène d'intro, sous la neige est surement une des plus envoûtante de l'histoire du JV. Vraiment bluffant comme tu dis.
Yaeck
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Yaeck
Bon article sur ce jeu que j'ai fait une paire de fois sur 360. Le meilleur des trois assurément mais par contre qu'est ce que je peux détester son pote le lourdingue...Je me souviens de l'intro aussi où on découvre la ville...bluffant. Et une super VF aussi.
Mais as tu fait le 1? Et si oui le lien entre les deux?
Et les magazines à collectionner aussi... ;)
Neves
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Neves
J'avais adoré même si la ville manque parfois d'interactions et de vie. Ce qui ne m'avait pas empêché de le poncer pendant 25 heures avec beaucoup de ballades dans ce mix de New York, LA et SF. Je ne recommence jamais mes jeux par manque du facteur "première fois/totale inconnue" mais lui je me le ferais bien en enchainant les missions en ligne droite. Un jour, certainement.

Édito

Après plus ou moins 5 ans d’existence il était temps de changer un peu l’édito :

47 pour ceux qui se demandent, n’a rien à voir avec le département, l’agent d’Hitman ou les rônins vengeurs. Non, le 47 c’est un lieu, une histoire commune à trois personnes qui partagent certaines passions et surtout les mêmes valeurs.

Le 47 c’est pour les enfants des années 80 et leurs successeurs, qui ont grandi avec une manette sous les pouces, un livre sur la table de chevet et un amour pour la culture en général. Vous continuerez à trouver ici du jeu, du livre, des billets d’humeur, des questions existentielles, des sessions cash et vide grenier, de la customisation…

L’équipe récurrente du blog n’est pas composée d’une seule entité schizophrène qui parle à la troisième personne, même si l’Ours écrit 90% des posts, il est accompagné par des gens qui participent régulièrement ou exceptionnellement.

Les trois membres fondateurs du 47 sont donc : L’Ours qui squatte au pied des Pyrénées, La Panthère qui sillonne la France à moto, Le Faucon qui vole en cercle au-dessus de la capitale.

Il y a comme renfort à forte participation et contribution : Benja « Alley-oop » Pivot, qui corrige tout ce que vous lisez (donc s’il y a des fautes c’est qu’on a oublié de lui faire lire un article).

Celui que vous allez voir passer assez régulièrement cette année : Swiss l’homme qui soude plus vite et plus propre que tous les YouTubeurs qu’on a vu jusqu’à maintenant mais qui n’aime pas être filmé.

On espère – et j’espère le convaincre quand il lira ces lignes dans son flux RSS – Sylvain l’homme-code qui pourrait écrire des critiques de livre, jeux et vous proposer de tester ses propres jeux (vas-y t’es obligé maintenant !).

Et puis plein de gens de passage qui donnent à un moment ou un autre un coup de main, en allant aux vides-greniers avec nous, en nous offrant des jeux, en nous posant des questions qui nous permettent de réfléchir à des articles etc.

Bonne lecture des articles de cette année, j’espère que vous apprécierez le contenu qu’on vous proposera.

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