The 47 Org

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Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 12/04/18 à 12h28

Retard gaming

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Questions existentielles (Divers)

Il y a quelques temps la vidéo du journaliste Dean Takahashi qui bloque pendant quelques bonnes minutes sur le tutorial de Cuphead a déclenché divers articles et commentaires sur la difficulté et le rapport à l'art.

J’ai vu surgir deux types de réactions, soit dans des articles soit dans des commentaires sur tweeter ou sous la vidéo elle-même, notamment dans la ligne de « défense » du journaliste lui-même.

Si je les résume ce serait :

« Le jeu vidéo veut se voir comme un art mais il restera élitiste s’il met des barrières à l’entrée en demandant des compétences »

Et

« Le jeu vidéo a une communauté élitiste qui se moque des nouveaux venus ».

Commençons par la première

« Le jeu vidéo veut se voir comme un art mais il restera élitiste s’il met des barrières à l’entrée en demandant des compétences »

Alors déjà ça fait un bon moment que le JV n’est plus élitiste, on va pas revenir dessus.

Depuis quand un art quel qu’il soit n’est pas élitiste ? Franchement, dans quel monde vivent ces gens qui osent dire des bêtises pareilles ?

L’art sous toutes ses formes, de la littérature à l’architecture en passant par la peinture ou même la bande dessinée et le cinéma, est élitiste par nature.

Qui peut profiter d’une œuvre d’art sans en avoir les clefs de compréhension ? Personne effectivement. Le monde de l’art est depuis toujours un monde de l’élite. Savoir lire était réservé aux classes supérieures aisées qui avaient accès à l’éducation par exemple. Aujourd’hui, alors que tout le monde (à peu près) sait lire, il faut comprendre que la littérature concerne surtout un groupe très restreint de spécialistes qui vont disséquer les textes pour les critiquer et les catégoriser comme textes majeurs ou romans populaires.

Prenons des arts et des exemples concrets. Qui peut me dire pourquoi « Le penseur » de Rodin est une sculpture majeure ? La plupart des gens répondront : « parce qu’il est beau et bien réalisé ». On est d’accord, mais pour les spécialistes de la sculpture et du monde de l’art, ce n’est pas du tout à ce niveau que cette statue est jugée cruciale.

Si le penseur est une œuvre aussi importante, c’est parce qu’elle est une des premières à représenter la pensée sous la forme d’un homme, qui plus est assis et musclé. Jusqu’alors, depuis l’antiquité, la pensée (ou l’esprit) était représentée quasi exclusivement par des femmes (notamment des déesses), frêles, volantes, des concepts ou des objets de nature vaporeuse (comme le vent, les nuages par exemple) loin de ce qui peut être terrestre (à l’inverse d’être assis sur un socle au sol). Le penseur représenté par un homme casse tous ces codes, en associant un concept de pensée à un corps robuste pour montrer que le corps et l’esprit sont indissociables. Voilà, ce n’est pas assez élitiste ?

Combien de personnes qui vont dans un musée voir une œuvre de peinture classique sont capables de véritablement les comprendre ? Vous avez compris Guernica ou un tableau cubiste ? Non, vous les avez vus, mais probablement pas compris. Si l’on ne vous explique pas un minimum et si on ne vous a pas rabâché depuis votre enfance que Picasso est un maître qui a cassé les codes de la perspective, vous auriez surement rigolé en le voyant. Beaucoup le font toujours d’ailleurs et se disent que leur enfant de 5 ans peut faire la même chose.

Pourquoi je prends ces exemples et pourquoi ça m’énerve ? Parce que tout art, musique (vous pouvez m’expliquer en profondeur et avec justesse pourquoi David Bowie a été un élément aussi marquant de la musique mondiale ? non ce n’est pas parce qu’il se déguisait), cinéma (vous pouvez me décrire précisément le sens de la syntaxe des différents cadres utilisés par les réalisateurs dans la plupart des films que vous voyez ?) etc… ne se comprend et ne s’apprécie pleinement qu’à partir du moment où vous y êtes éduqué, qu’on vous l’a expliqué ou que vous l’avez étudié, autrement dit quand vous en comprenez les clefs de lecture.

Le jeu vidéo n’a donc pas à se prendre la tête à mon avis sur ce genre de question d’accessibilité pour tous. Certains jeux sont parfaits pour les néophytes, ils sont faits pour ça, pour un public large. D’autres sont spécialement conçus pour les gens qui connaissent les clefs qui sont ici placés dans une compréhension du gameplay. Pour les autres, les nouveaux, ceux qui n’y connaissent rien, c’est comme le reste, il faut prendre la peine de comprendre et de s’y habituer avant de pouvoir apprécier l’œuvre qu’on nous présente. Sinon ils peuvent regarder une vidéo du jeu sur YouTube, ça va être beau, mais ils passeront à côté de l’essentiel de l’œuvre, comme dans les autres arts auxquels ils ne sont pas éduqués. J’ai même envie d’aller jusqu’à dire le contraire, si le JV veut continuer à être regardé comme un art, il ne doit pas se priver de mettre à l’écart la population générale quand le créateur en a envie, quand il n’a pas envie justement de faciliter la tâche pour que tout le monde y trouve son compte. Cela s’appellerait de l’autocensure.

De plus la particularité du JV en tant qu'art n'est pas des moindres. C'est le seul qui demande une participation active du publique pour s'accomplir. Il y a donc une partie technique à comprendre, assimiler et dominer pour le pratiquer. Donc effectivement, il est normal que différentes œuvres soient adressées à différents publics. Je ne pense pas que Candy crush soit intéressant pour un hard core gamer et ce n'est pas son but. Cuphead ne s'adresse pas aux débutants, c'est comme ça, ce n'est pas son but non plus.

 

La seconde critique qui revient est assez juste mais nécessite une clarification.

« Le jeu vidéo a une communauté élitiste qui se moque des nouveaux venus et des gens qui jouent mal ».

Effectivement, c’est le cas, ce n’est pas bien, mais c’est aussi inévitable que pour le reste des groupes dans tous les aspects de notre société humaine. Toujours, une partie des gens expérimentés sur un sujet ou un domaine va se moquer des débutants. Souvenez-vous de votre premier jour dans un club de sport ou dans une nouvelle matière à l’école. Les meilleurs avec un mauvais fond, vont se moquer des plus nuls pendant que d’autres, bienveillants, vont vous accompagner. C’est peut-être l’instinct de domination, ou la bêtise, appelez cela comme vous le voulez, mais c’est présent dans tous les domaines, de la maternelle au travail jusqu’à la maison de retraite.

Notre société entière est basée sur le concept de dominants et dominés, de personnes aux compétences soi-disant hautes utilisant ceux qui en ont moins. Le jeu vidéo ne fait pas exception, il n’est pas un cas particulier. Alors pourquoi continuer à pointer du doigt cette frange de la communauté qui n’intéresse personne à part eux-mêmes ? Ah oui, pour faire du click.

Prenons ici aussi un exemple concret. Il y a quelques temps le correcteur de ce blog, était chez moi pour faire une session JV avec son frère. Son frère est un joueur régulier, moi on en parle pas, mais lui n’a pas touché un jeu depuis les bornes d’arcades des années 90. Du coup, quand on a joué à Doom HD, quelle ne fut pas notre surprise de voir qu’il n’avait aucune idée que le stick droit servait à diriger la vue dans un jeux de tir à la première personne. Ça parait tellement naturel que c’était évident pour nous mais pas pour lui. S’ensuit une galère et un apprentissage pour lui que nous avons bien entendu joyeusement et copieusement moqué. Est-ce que je suis un connard élitiste pour autant ? Non, je ne pense pas, on lui a donc laissé tranquillement le temps de mourir encore et encore jusqu’à arriver au bout du premier niveau. Ce n’est pas gentil mais on est tous passé par là et surtout c’est à la fois sans mauvaises intentions mais aussi humain de rigoler quand on regarde un enfant se vautrer lamentablement en apprenant à marcher. Ici c’était un peu pareil.

La méchanceté des commentaires sous la vidéo de Takahashi était très virulente, parce qu’il est journaliste dans le milieu du JV, même s’il est spécialisé dans le business et pas du tout dans les critiques. En aucun cas cela n'est excusable ou défendable. Qu'on soit bien clair, je prône la bienveillance en toute circonstance, l'insulte étant la pire des interaction entre être humain. Mais malheureusement, cette frange excessivement violente et stupide existe dans toutes les communautés, il faut faire avec et ne pas généraliser. Je suis sûr qu’il y a une mamie aveyronnaise championne de tricot qui se foutrait carrément de ma gueule si elle me voyait essayer.

 

Enfin bref, voilà le fond de ma pensée. Je suis le premier à dire quand je trouve les réactions de la communauté parfois complètement con, mais là, pour le coup, je trouve que le traitement qui a été fait de cette minuscule histoire a été ridicule. Quand à Dean Takahashi, s’il n’avait pas conscience lui-même d’être mauvais au point que ça en soit ridicule, pourquoi va-t-il donc autoriser son site à inclure dans le titre de la vidéo le mot « Shamefull ». Alors oui, insulter, se moquer méchamment, ce n’est pas bien, mais ne pas s’attendre à se faire incendier dans les commentaires quand on poste ce genre de choses depuis un site spécialisé, par un journaliste du milieu et s’en plaindre ensuite, c’est prendre l’internaute pour un idiot (ou croire qu’on est dans un univers parallèle). Son propre site se fout de sa gueule ! Mais les autres n’ont pas le droit de le faire ? Allons allons, soyons sérieux deux minutes.

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Commentaires

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Fache :

Il me semblait qu'au contraire, les jeunes transigeaient moins que les antiquités dans mon genre, mais j'avoue, je m'efforce de rester aussi loin du milieu du jeu vidéo que possible, celui-ci n'ayant pas que des qualités.

Il me semble lire davantage de bashing parce que les gens achètent des consoles Nintendo (de casu, donc) plutôt que parce qu'ils n'ont pas fini le premier Sonic le jour de sa sortie.

J'ai plutôt l'impression que le "vrai gamer", c'est celui qui joue plus de huit heures par semaine à des titres réputés "exigeants", qui platine, qui papotte technique (même si n'importe comment) par opposition à celui qui n'en fait qu'un loisir, qui y vient de temps en temps sans se soucier d'autre chose que d'appuyer sur les boutons et s'amuser...
Fachewachewa
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Fachewachewa
"Un cadre dans lequel on voit arriver les nouveaux venus comme les petits villages de province envisagent "l'arrivée des étrangers" : l'irruption "d'autres""

Nan mais justement, c'est le cliché-mirage "moi quand j'étais jeune j'ai été rejeté parce que j'aimais le jeu vidéo" qui joue là dessus. Il faut avoir soit disant "enduré" pour être un vrai. Avec cette mentalité les "faux gamers" n'aiment pas vraiment le jv et n'ont pas eu à se faire soit disant bully à cause de ça, donc n'ont pas mérité ce statut de gamer.
Fin bref, les nerds prennent leur revanche en ligne parce que c'est là qu'ils sont en plus grand nombre, c'pas plus compliqué que ça.
Evilmarmotte
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Evilmarmotte
La vidéo de Dean Takahashi est à mettre dans le contexte de tous ces "let's play" scénarisés qu'on trouve sur YT. C'est une pratique courante de forcer le trait pour rendre le visionnage divertissant.

Sans doute le journaliste l'a t'il fait avec moins de subtilité que d'autres, mais ça m'énerve moins que les idiots qui surjouent la peur lors des jumpscares de Five Night At Freddy's et co.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Un bel article, même si je ne suis pas vraiment d'accord (il est où, le post-it ? :lol: ).

L'art n'étant qu'un concept abstrait, il peut être tout ce que nous voulons voir en lui. Il peut se penser inaccessible ou se mettre, au contraire, à la portée des petits. Il peut être décryptage de spécialiste, ou ressenti à l'état pur. Il peut être tout ça, et tellement d'autres choses encore, sans qu'aucune définition ne soit meilleure qu'une autre, ni qu'aucune ne soit "vraie".

Partant de là, l'élitisme n'est la caractéristique de l'art que si on le reconnait comme telle. L'art peut aussi être humble, il peut aussi être populaire, si on préfère le voir ainsi.

La façon dont nous voyons l'art, dont nous voulons le voir, ne nous renseigne pas sur lui, mais sur celui que nous sommes, et c'est précisément à ce titre qu'elle est intéressante.

Mais bon. La dernière fois que j'ai écrit des trucs comme ça sur Gameblog, "l'élite" m'est tombée dessus et c'est parti en cacahuète parce que, n'étant pas aussi sage que d'autres, j'ai répondu.

Quoi qu'il en soit, à mes yeux, le jeu vidéo est un art populaire en ce sens qu'il est accessible à tous (et compréhensible par tous", même s'il peut donner lieu à des développements élitistes ou élitisants (comme n'importe quelle forme d'art populaire).

La communauté est-elle élitiste ? Tout dépend, je pense, de la génération. Pour la nôtre, jouer au jeux vidéo a longtemps représenté une marque écarlate qu'il fallait cacher pour être respecté, donc j'imagine que nous avons plus de distance vis-à-vis du média, parce que nous ne l'avons pas surinvesti. Aujourd'hui, il est devenu pour certains un cadre dans lequel se construire, s'affirmer, se faire respecter. Avec ses codes, ses attendus, son langage. Un cadre dans lequel on voit arriver les nouveaux venus comme les petits villages de province envisagent "l'arrivée des étrangers" : l'irruption "d'autres" dans cet univers qu'ils considèrent comme chez eux, et dont ils chérissent l'équilibre. La crainte de perdre celui-ci entraîne des comportement agressifs, oppressifs, du rejet direct ou indirect, mais plus pour des questions sociétale (le jeu vidéo comme microcosme) que pour des questions d'élitisme pur, à mon sens.

Mais il est tard et j'écris sans doute encore plus n'importe quoi que d'habitude.

Excellent article, anyway. :)
Atred
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Atred
Effectivement tous ces questionnements sur la difficulté sont légitimes.
Et oui comme tu dis ce qui fait de mon point de vu que le JV est un art c est que la manière d y jouer ou de le compléter varie d un joueur à l autre. Et la "performance" (sa manière d y jouer) est unique est personnelle.
Fachewachewa
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Fachewachewa
(et puis faut aussi noter que difficulté modulable veut aussi dire que les gens qui veulent se débrouiller tout seuls peuvent aussi complètement zapper les aides, plutôt que d'avoir à les subir en permanence aussi :3)
Fachewachewa
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Fachewachewa
Ah oui j'avais bien compris ta position t’inquiète pas, je disais juste ça pour resituer. Le seul point de désaccord concernait le traitement de cet élitisme par les médias.
Mais c'est pas juste une histoire de capacités des joueurs (je sais pas si c'est pour ça que tu parlais de multi et comparais aux sports), c'est aussi une certaine connaissance que les "vrais joueurs" doivent avoir (contrairement aux "fake gamer girls" par exemple).
Tous les jeux ne sont pas dark souls à te demander d'être le meilleur, mais j'ai déjà entendu à plusieurs reprises par des joueurs lambda (aucun jugement là dessus hein, je veux dire pas occasionnels mais pas non plus assidus comme des gens qu'on pourrait trouver ici) des trucs du genre "j'suis un gamer moi, je joue a assassin's creed". Pas forcément une histoire de skills dans ces cas là, mais c'est le jeu spécifique qui prouve l'appartenance, et c'est une manière de penser qu'on pourrait surement qualifier d'élitisme passif. Ces gens ne vont pas forcément rejeter ou se moquer d'autres personnes, mais ça participe à la mentalité générale et ça justifie ceux qui le font.
Et c'est pour ça que je pense que le traitement est important, parce que l'image a de l'influence.

Et par rapport aux autres médias, je pense pas que des gens se font insulter parce qu'ils regardent des films alors qu'ils ne connaissent pas TOUS les films. Pour les jeux vidéo c'est un peu ce qu'il se passe.
Et c'est encore pire quand on en arrive à donner son avis. Alors bien sur l'avis d'un initié n'aura pas la même valeur que quelqu'un qui découvre, mais c'est pas pour autant que rien ne peut en être tiré. Mais en général pour le jv, si t'as pas x qualifications pour parler d'un certain truc, ça ne compte juste pas.


"Regarder un jeu n'en fait en aucun cas une oeuvre. Ça s'appelle regarder une video."
oui oui c'est ce que je disais aussi. mais de base jouer à un jeu ne veut pas dire être bon à un jeu.
Et je trouve ça particulièrement intéressant parce que c'est clairement des trucs qui influent aussi sur le message du jeu. Et puisque je l'ai déjà cité autant recommencer : dark souls n'aurait absolument pas la même force sans sa difficulté.
Mais d'un autre coté c'est pas dark souls qui a déclenché les discussion d'accessibilité, c'est Cuphead. Et pour le coup je pense vraiment que Cuphead gère mal son truc là dessus. Alors oui c'est surement des choix conscient mais ils ont le droit de se tromper aussi ^^

En l’occurrence ils ont décidé qu'apprendre les boss faisaient partie de l'experience, et dans ce cas ils ont mis des boss en facile pour s’entraîner j'imagine ? Mais il y a aussi un mode de difficulté supérieure une fois fini, est-ce que c'est ça la vraie experience qu'ils voulaient offrir aux joueurs ? Si oui, pourquoi le mode normal permet de progresser ? Si non, pourquoi c'est optionnel alors que le mode facile n'est pas une option ?
Comment ils ont fait pour décider quel était le niveau de compétence requis pour être digne de progresser dans le jeu ?
Si le mode facile ne vaut rien aux yeux du jeu, pourquoi l'avoir inclus ?

Je pense qu'ils ont juste suivi un modèle établi sans vraiment y réfléchir. Les jeux qu'ils aiment était durs donc ils ont fait un jeu dur. Les jeux ont toujours un mode de difficulté supérieur une fois finis donc ils en ont mis un. Je ne comprend juste pas ce mode facile qui à l'air d'être là uniquement pour mépriser les joueurs à qui ça convient mieux.
Vous voulez faire comprendre que le mode normal est le vrai mode intéressant ? Indiquez le clairement, mettez un succès uniquement quand on fini le jeu en normal, je sais pas. Mais imposer "la bonne expérience c'est le jeu en normal" tout en laissant l'option d'une première expérience incomplète en facile, c'est juste pas logique et ça donne au final un message d'élitisme.

Et je pense que ces discussion sur Cuphead et sa difficulté sont aussi la conséquence du tuto et de la courbe de progression complètement foirés du jeu. C'est peut être même ça qui a rendu le mode facile nécessaire quand ils ont playtesté le jeu et qu'ils se sont rendus compte que personne n'y arrivait.

Mais encore une fois, ce genre de conversation ne pourrait pas être possible si on décidait que tous les jeux devaient être finissable par absolument tout le monde ou au contraire que la difficulté choisie par le développeur n'était pas un élément discutable, contrairement à toutes les autres caractéristiques d'un jeu.


Oh et le jeu vidéo peut être considéré comme sport parce qu'il y a opposition ? Un sport est pas forcément difficile en soit, c'est l'affrontement qui en fait un sport, non ?

Mais sinon oui, l'oeuvre n'est vraiment complète que lorsqu'il y a execution par le joueur. Mais cette execution peut varier et ça en fait aussi partie, je pense. On peut faire le jeu comme entendu par le développeur, mais il y'a a aussi le cas des speedrunner qui exploitent les failles et font des trucs qui n'étaient pas forcément prévus. Et tous ces jeux "bacs à sable" se basant sur le gameplay emergent, où le développeur se contente d'offrir des règles et un environnement. Certains joueurs s'imposent des façon de jouer avec des restrictions en plus, d'autres vont utiliser les stratégies optimales sans chercher à varier. Donc je pense honnêtement que dans la majorité des cas une difficulté modulable ne poserait aucun problème.
Au contraire, des jeux comme resident evil 4 ou left 4 dead ont prouvé qu'imposer l'équilibrage automatique était même plutôt efficace (et ça faisait râler certains parce qu'on leur impose un truc plus facile alors qu'ils veulent prouver qu'ils sont les plus forts, bizarrement le choix du dev importait peu dans ces cas là :D)
Atred
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Atred
Alors quand même,
Nul part dans le texte je dis que c'est une bonne chose d'insulter les gens, bien au contraire. Que les gens du Gamer Gate et qui insulte / pousse au suicide se face sortir et finissent au tribunal est la chose juste et j'aimerai le voir arriver plus souvent.

Mon exemple montre que justement on peut se moquer en étant quand même bienveillant. Comme l'a fait le site de Takahashi et lui même, on peut en rigoler. Je ne justifie à aucun moment ce que les sociopathes dans les commentaires de la vidéo ont pu dire. Je dis seulement que oui, ça existe.

Je ne suis pas d'accord avec toi sur plusieurs points.
- Il y a des groupes d'ultra en général très très obtus dans quasiment tous les domaines.
- Le JV a comme particularité de devoir être jouer. C'est comme ça que l'ont peut prendre conscience de l'oeuvre. Regarder un jeu n'en fait en aucun cas une oeuvre. Ça s'appelle regarder une video. De mon point de vue l'acte de jouer au jeu fais partie intégrante de l'oeuvre. C'est par l'action du joueur qui va au bout du jeu qu'il en devient complet, que l'oeuvre prend sont sens. C'est essentiel parce que le Gameplay est une composante fondamentale du JV, c'est ce qui le différencie du cinéma.
Donc non, ce n'est pas du tout comme si on te demandait de savoir dessiner pour regarder un tableau car l'acte de construction du tableau par le spectateur ne fait pas parti de l'oeuvre.
- On parle du seul art aussi à composante de challenge. C'est pas pour rien qu'il y a de l'eSport. Donc le JV est entre l'art en général et le sport. Ces deux composantes sont pour moi fondamentale et oui, si un dév choisi une difficulté élevé ou met un mode facile qui ne permet pas de finir son oeuvre c'est son droit. Parce que pour lui, cela implique que dans son jeu une des composante sera cet apprentissage du joueur et le dépassement, l'accomplissement de quelque chose de difficile.
- Sur la culture élitiste du marché, je pense que ce message ne touche q'une micro frange de la population de joueur. On nous pousse au challenge bien sur, surtout sur les jeux multi qui n'existe que pour opposer des joueurs, mais n'est ce pas le cas dans tout les sports? Et si les médias ont autant fait de foin sur ce sujet là c'est pour faire du click, bien entendu. Pas que, je te l'accorde mais de manière générale quand même c'est le cas. Et les quelques articles de fond comme celui sur Le Monde par exemple ne sont pas légion. Les réseaux sont des caisses de résonances pour quelques tarés. Et tant que les médias en parleront et les mettrons en devant de scène, ils continueront à exister.
Fachewachewa
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Fachewachewa
Alors, pour le premier point : oui, comprendre un oeuvre demande plus que de juste la regarder, c'est techniquement elitiste, toussa toussa. Et c'est pareil pour un jeu vidéo, un jeu a ses spécificités qui peuvent être étudiées pour qu'on le comprenne. MAIS : pour ça il faut y jouer / le finir (oui on peut regarder sur youtube mais on peut aussi te raconter l'histoire d'un film, c'est pas toujours pareil) et en gros c'est comme si on t'obligeais a savoir dessiner pour regarder un tableau en entier.

Ce qu'il faut comprendre c'est que la comparaison que tu fait a pas vraiment lieu d'être. T'as surement raison en disant que l'art est élitiste, mais le jeu vidéo n'est pas élitiste pour les mêmes raisons dans ce cas. Parce qu'en plus de devoir s'instruire et apprendre pour comprendre, il faut aussi être assez doué pour finir ces jeux.

Après, je pense pas que ce soit complètement un problème, vu que la difficulté et l'équilibrage vont aussi faire parti de cet ensemble, mais si un développeur a la possibilité de rajouter des modes d'accessibilités comme ils l'ont fait pour Celeste, y'a pas de problème. Et dans le cas de cuphead, ça n'aurait rien changé au jeu, et les gens étaient pas content parce qu'ils ont délibérément bloqué la progression pour ceux qui jouaient en facile, parce que ça n'avait aucun intérêt. Pourquoi empêcher les gens de continuer à jouer alors qu'ils ont déjà pris la peine de faire un mode facile ?


Maintenant le deuxième point : "Alors pourquoi continuer à pointer du doigt cette frange de la communauté qui n’intéresse personne à part eux-mêmes ? Ah oui, pour faire du click."
Non. Juste non.
Ton exemple n'a rien à voir, déjà. De la moquerie entre amis, l'équivalent de ce que dean takahashi a fait (dans l'article qu'il a lui même écrit*) vs des insultes / incitation au suicide / etc des commentaires youtube.
C'est du "bon enfant" comparé à de la haine pure et simple.
Et si ça a autant fait parler, c'est parce que ce genre d'attitude est symptomatique des gamers [1]. C'est pas juste "il y a forcément des cons dans un groupe" ou "c'est ça partout et pour tout". Non, la culture gamer a évoluée avec ce principe même d'élitisme. Le mythe du "true gamer" est pas apparu spontanément, il a été entretenu par les gens qui voulaient vendre à ce public [2].
Alors, on peut toujours partir du principe que même si c'est la culture gamer, elle est là donc ça sert à rien d'en parler, mais je suis juste pas d'accord. Parce que quand les médias parlent des jeux vidéo en tant qu'incitation à la violence, ces mêmes gamer vont défendre leur passion (insulter les journaliste / présentateurs). Parce que quand on leur dit que leur média est immature, ils sont les premiers à s'énerver. Que ce soit ceux qui entretiennent la culture gamer ou ceux qui jouent occasionnellement.

Globalement, la culture gamer donne une mauvaise image du jeu vidéo. Et son élitisme en fait partie. Bien sur individuellement ils vont tous dire "plus de gens jouent plus de suis content", mais en vrai ça se limite pas juste aux moqueries et aux "noob" balancés en ligne. Y'a aussi tout le mouvement gamergate, ou les lynchage public type phil fish.
Sans les éditeurs et la presse qui balancent sans cesse l'équivalent de "voilà ce qu'un vrai gamer devrait penser", tout ça n'arriverait pas, ou en tout cas pas à cette échelle.

Oui, l'élitisme est présent, a plusieurs niveaux [3], mais non, en parler ne sert pas juste à faire des clics. De la même manière que ce que j'aurais pu répondre à liehd dans son ramassis de conneries : l'image renvoyée par les média influence les actes réels.
Et ça sera pas possible de guérir la culture gamer en la laissant trainer dans son coin. Surtout que c'est clairement la pensée dominante dans ce cas, et qu'à l'origine de cet élitisme EST une image.
Donc : continuez a dénoncer les campagnes de harcèlement, continuez a virer les types qui font régulièrement des commentaires xénophobes / transphobes, et surtout, pour ceux qui sont dans cette position, continuez a dire que vous voulez pas d'un public de connards. Ptet à force les gens comprendront que c'est pas gentil d'être méchant [4].

[1] Ce qui a surtout rendu public cette affaire, à la base, le truc truc qui a fait que les gens ont été voir cette vidéo pour insulter Dean, c'est ce tweet de Ian Miles Cheong https://twitter.com/...058093192994816
Pour le contexte, Ian Miles Cheong c'est aussi le type qui se moquait des "SJW" parce qu'ils avaient fait virer une femme (LE sound designer de subnautica qui a sa copine en avatar twitter), et on le trouve facilement retweeté dans le fil d'actu de tous les gamergaters.

[2]


[3] http://magic.tcgplay...le.asp?ID=14439

[4]

Édito

Après plus ou moins 5 ans d’existence il était temps de changer un peu l’édito :

47 pour ceux qui se demandent, n’a rien à voir avec le département, l’agent d’Hitman ou les rônins vengeurs. Non, le 47 c’est un lieu, une histoire commune à trois personnes qui partagent certaines passions et surtout les mêmes valeurs.

Le 47 c’est pour les enfants des années 80 et leurs successeurs, qui ont grandi avec une manette sous les pouces, un livre sur la table de chevet et un amour pour la culture en général. Vous continuerez à trouver ici du jeu, du livre, des billets d’humeur, des questions existentielles, des sessions cash et vide grenier, de la customisation…

L’équipe récurrente du blog n’est pas composée d’une seule entité schizophrène qui parle à la troisième personne, même si l’Ours écrit 90% des posts, il est accompagné par des gens qui participent régulièrement ou exceptionnellement.

Les trois membres fondateurs du 47 sont donc : L’Ours qui squatte au pied des Pyrénées, La Panthère qui sillonne la France à moto, Le Faucon qui vole en cercle au-dessus de la capitale.

Il y a comme renfort à forte participation et contribution : Benja « Alley-oop » Pivot, qui corrige tout ce que vous lisez (donc s’il y a des fautes c’est qu’on a oublié de lui faire lire un article).

Celui que vous allez voir passer assez régulièrement cette année : Swiss l’homme qui soude plus vite et plus propre que tous les YouTubeurs qu’on a vu jusqu’à maintenant mais qui n’aime pas être filmé.

On espère – et j’espère le convaincre quand il lira ces lignes dans son flux RSS – Sylvain l’homme-code qui pourrait écrire des critiques de livre, jeux et vous proposer de tester ses propres jeux (vas-y t’es obligé maintenant !).

Et puis plein de gens de passage qui donnent à un moment ou un autre un coup de main, en allant aux vides-greniers avec nous, en nous offrant des jeux, en nous posant des questions qui nous permettent de réfléchir à des articles etc.

Bonne lecture des articles de cette année, j’espère que vous apprécierez le contenu qu’on vous proposera.

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