The 47 Org

Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 09/12/17 à 20h56

Retard gaming

Ajouter aux favoris
Signaler
Autre (Divers)

Publié entre 1979 et 1980 au Japon, les six tomes reprenant l’intégralité des péripéties de Fukamashi sont dispos chez Kana depuis 2013.

Natsuo Sekikawa est à l’écriture, comme pratiquement pour toute la première moitié de carrière de Tanigushi.

Nous sommes ici dans une detective story tendance hard boiled où on va suivre les pérégrinations d’un détective privé japonais (Jotaro Fukamachi) qui correspond à peu près à tous les clichés de détective que vous imaginez. Divorcé, sans le sou, toujours à suivre des principes d’un autre âge, il fait de l’enquête de proximité pour qui le paie. Dans les personnages récurrents, il y a sa fille avec qui il entretient une relation problématique, sa logeuse, une dentiste vieille fille sacrément coriace, un chef Yakuza raffiné, un chef de la police pourri qui s’en sert comme indic, etc.

Le manga est divisé en petites enquêtes qui se résolvent en un ou deux chapitres et une trame de fond sur le personnage de Fukamachi. Ce qui intéresseparticulièrement l’auteur ici n’est donc pas forcement la résolution d’enquête mais son anti-héros et son comportement dans cette société en pleine mutation.

Il est en effet passionnant de voir les gars de la vieille école comme Fukamashi et Kurosaki le yakuza s’échiner à garder leurs principes dans un monde qui évolue et qui commence à les dépasser. Luttes de pouvoir au sein des familles, nouvelles mafias étrangères qui veulent entrer sur le territoire, police qui change de comportement vis-à-vis des yakuzas. Trouble is my business est un véritable bonheur pour qui s’intéresse au Japon et à sa culture souterraine. L’image d’Épinal que certains personnages renvoient tisse une toile de fond pour une narration simple en apparence mais très intelligente. Classique donc comme son héros qui répond à tous les critères du vieux de la vieille et qui ne se prive pas pour le faire remarquer lui-même, accoudé au bar avec son whisky.

Toujours à accepter des affaires pas nettes qu’il finit par payer de sa poche ou de sa personne, il ne remet jamais en cause son principe d’honorer sa parole. Fukamashi est un personnage très attachant, haut en couleur tant il lutte contre le courant en sortant toujours plus ou moins perdant mais ne se laissant que très rarement abattre. Souvent drôle et léger, le manga s’attaque à des sujets de société lourds (corruption, violence des m½urs…) et des problématiques humaines graves (drogue, viol, meurtre…) toujours avec justesse. Une lecture agréable, qui ne lasse pas et ne rentre pas dans les tendances très ampoulées des répliques forcées et stéréotypées du genre.

Au dessin on retrouve un jeune Tanigushi (32 ans en 1979) déjà très sûr de son trait, que l’on sent fasciné par la culture américaine et très inspiré par la BD franco-belge. Le trait réaliste se cherche encore un peu mais il y a déjà ces passages atmosphériques qui font le charme de l’auteur. On respire la ville autant que le personnage. Les différentes ambiances sont transmises au lecteur de manière juste et concrète, sans en faire trop, mais de manière convaincante.

 

Une bonne lecture donc pour tout amateur de polar, qui ne tombe jamais dans le glauque facile et gratuit. Amoureux du genre, envie de découvrir le côté sombre de Tokyo dans les années 70, cette ambiance si bien mise en scène dans certains épisodes de la série Yakuza de Sega, foncez sans questionnement.

Ajouter à mes favoris Commenter (0)

Commentaires

Édito

Après plus ou moins 5 ans d’existence il était temps de changer un peu l’édito :

47 pour ceux qui se demandent, n’a rien à voir avec le département, l’agent d’Hitman ou les rônins vengeurs. Non, le 47 c’est un lieu, une histoire commune à trois personnes qui partagent certaines passions et surtout les mêmes valeurs.

Le 47 c’est pour les enfants des années 80 et leurs successeurs, qui ont grandi avec une manette sous les pouces, un livre sur la table de chevet et un amour pour la culture en général. Vous continuerez à trouver ici du jeu, du livre, des billets d’humeur, des questions existentielles, des sessions cash et vide grenier, de la customisation…

L’équipe récurrente du blog n’est pas composée d’une seule entité schizophrène qui parle à la troisième personne, même si l’Ours écrit 90% des posts, il est accompagné par des gens qui participent régulièrement ou exceptionnellement.

Les trois membres fondateurs du 47 sont donc : L’Ours qui squatte au pied des Pyrénées, La Panthère qui sillonne la France à moto, Le Faucon qui vole en cercle au-dessus de la capitale.

Il y a comme renfort à forte participation et contribution : Benja « Alley-oop » Pivot, qui corrige tout ce que vous lisez (donc s’il y a des fautes c’est qu’on a oublié de lui faire lire un article).

Celui que vous allez voir passer assez régulièrement cette année : Swiss l’homme qui soude plus vite et plus propre que tous les YouTubeurs qu’on a vu jusqu’à maintenant mais qui n’aime pas être filmé.

On espère – et j’espère le convaincre quand il lira ces lignes dans son flux RSS – Sylvain l’homme-code qui pourrait écrire des critiques de livre, jeux et vous proposer de tester ses propres jeux (vas-y t’es obligé maintenant !).

Et puis plein de gens de passage qui donnent à un moment ou un autre un coup de main, en allant aux vides-greniers avec nous, en nous offrant des jeux, en nous posant des questions qui nous permettent de réfléchir à des articles etc.

Bonne lecture des articles de cette année, j’espère que vous apprécierez le contenu qu’on vous proposera.

Archives

Favoris