The 47 Org

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Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 26/05/18 à 00h12

Retard gaming

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Je continue à voir de manière propre et dans l’ordre des séries mythiques que je n’ai pas pu apprécier correctement dans mon enfance. Après Cobra, Albator et Nicky Larson, vient le cultissime Hokuto No Ken. Comment vais-je le percevoir 33 ans après ? Est-ce qu’un dessin animé né la même année que moi tient encore la route ?

Après 109 épisodes, le verdict tombe.

Je ne vais pas expliquer le scénario, je pense clairement que la série mérite d’être vue et lue par la même occasion. Disons pour faire simple et ne pas gâcher le plaisir des gens qui n’y connaitraient rien, que c’est l’histoire d’un guerrier un peu mystique qui ne vit que pour son art martial : le Hokuto. Cet art martial est censé dominer tous les autres depuis sa création 2000 ans auparavant et Ken, son dernier héritier se doit de tenir la légende au niveau. Après une catastrophe nucléaire mondiale (ou en tout cas un conflit qui a rasé la civilisation), ce voyageur solitaire va de ville en ville pour répandre la justice et retrouver sa bien-aimée. C’est le point de départ.

Ce qui m’a surtout marqué dès les premiers épisodes c’est de voir à quel point ce manga avait posé les bases à lui tout seul (ou presque) de ce qu’on appelle le post-apocalyptique aujourd’hui. Il n’est sûrement pas le premier mais les ¾ des idées que vous trouvez aujourd’hui dans n’importe quelle production du genre étaient déjà là. Il a clairement aidé à poser les bases et à codifier ce genre d’univers. Je le savais avant mais en regardant d’un ½il plus aguerri et fort de références, ça éclate à tous les niveaux. Rien que pour ça, il mérite d’être visionné par tous et il mérite aussi son statut d’½uvre culte.

Au niveau de l’animation, on ne peut pas nier qu’il accuse son âge. On n’est clairement pas dans les standards actuels. C’est lent, mais leeent, mais d’une lenteuuur… non mais sérieusement c’est très lent, même une fois que l’on arrive à rentrer dedans. C’est le genre de série qui mériterait vraiment d’être refaite aujourd’hui. Les combats par exemple arrivent grâce au génie des créateurs de l’époque à nous faire sentir la puissance des combattants, mais ça reste des successions d’images fixes et de cuts pour essayer de donner l’illusion du mouvement. Les rares scènes vraiment animées de combats sont excellentes et très fluides, ce qui nous pousse à en demander plus, pour chaque combat. Ça a pris un sacré coup de vieux donc mais ça reste regardable. Il faut s’y mettre, se plonger dedans, ça pique un peu au début mais après on n’est pas mal.

Pour tout vous dire, ça faisait longtemps qu’un animé ne m’avait pas donné des sensations comme ça. On reste parfois transi devant la puissance des poses méchamment stylisées de Kenshiro qui lâche sont fameux « Tu es déjà mort » pendant que l’autre explose, d’autres fois on est triste pour les protagonistes à qui rien n’est épargné.

[SPOILER ALERTE] Par exemple quand Rei est en attente de mourir suite à son combat avec Raoh, j’étais vraiment triste et j’espérais qu’ils trouvent une solution, quitte à faire un twist scénaristique tout pourri comme c’est le cas plus d’une fois dans la série, mais non. Ah ouais Rei, la droiture morale dans ce monde pourri, la tristesse de sa mort bordel. [FIN DU SPOIL]

Le seul sentiment que l’animé n’arrive pas à délivrer, c’est le sourire. Un peu sur la fin avec l’arrivée de certains personnages un peu plus volubiles, mais c’est un univers extrêmement déprimant. La violence et le désespoir sont quotidiens et c’est exactement ce qui nous est transmis.

 Dans la section des trucs qui agacent, qui crispent même on note en vrac :

-        Pourquoi souvent Ken se balade à pied, principalement quand lui et son groupe sont pressés ? Ils défoncent des escouades en moto et repartent à pied en disant : « vite vite faut qu’on se dépêche », c’est risible quoi.

-        Pourquoi Ken attend toujours qu’un punk/membre de l’armée de Raoh/autre méchant standard dans les villes qu’il traverse tue quelqu’un pour intervenir. A chaque fois c’est le même principe, il arrive dans une ville, y a embrouille locale, il regarde, un innocent se fait défoncer et seulement après il massacre les méchants. Non quoi, t’arrives et tu tartines les punks d’office, pas besoin de parler.

-        Dans les villages, il y a toujours un ancien et ils ont tous la même dégaine. Effectivement, après la guerre nucléaire, il y aura un ancien en toge et barbichette blanche dans tous les villages. C’est comme ça et c’est lui qui dirige c’est tout, va falloir s’y faire.

-        Si le monde est dévasté, comment ça se fait qu’il y a des châteaux hyper grands pour abriter les principaux héritiers du Nanto ? Non parce qu’il faut les voir les palaces des Etoiles filantes quand même et je ne parle pas de la base de Raoh, forteresse imprenable.

-        [SPOILER] Tous les mecs qui ont de l’importance en termes de puissance dans l’univers de Ken sont amoureux de la même fille. Tous sont amoureux de Yuria. Ça en devient vraiment risible. Ça nous permet de découvrir pendant les flashbacks qu’ils ont tous un passé en commun alors qu’on a l’impression qu’ils se découvrent les uns les autres au fur et à mesure du récit. Un peu étrange, mais complètement justifié par l’écriture en temps réel du scénario, haha. [FIN DU SPOIL]

Je vais aborder un autre point qui est plus sérieux à développer ici. Ce n’est pas une critique négative, c’est une critique tout simplement.

Je me pose une question sur l’univers de Ken. Les habitants s’efforcent de vivre dans des « villages » souvent (pour ne pas dire tout le temps) abrités par les ruines des villes de l’ancien monde. De mon point de vue c’est peu probable en fait. Si j’avais à écrire une fiction post apo, je ne prendrais pas les villes pré apocalypses en ruines comme base de refuge des survivants. Plusieurs raisons à cela. La première, déjà, pragmatiquement serait la dangerosité des lieux, tout ce qui n’est pas encore écroulé finira par tomber à un moment ou un autre et c’est pour ça que je ne pense pas que ce soit un choix privilégié. Ensuite parce que les survivants, meurtris et affaiblis par la sècheresse et les effets de l’apocalypse n’auront jamais la force de fédérer des communautés assez vigoureuses pour nettoyer et rendre vivables les ruines et charniers qui en résultent. Enfin parce que ce sont les cibles privilégiées des bombes en général et vu l’ampleur du carton dans l’univers de Ken, il est peu probable qu’il reste quelque chose à en tirer. Ce sont enfin des lieux difficiles à protéger comme on le voit dans le village de Mamiya.

Donc le plus logique serait d’utiliser des enclaves naturelles, terrains davantage protégés qui ont moins subi les effets de l’apocalypse. Ou de s’installer au bord d’une rivière. Il y en a deux dans la série et ils sont montrés comme plutôt prospères (Youpla boom), comparé à la misère des villages dans les ruines. C’est donc de mon point de vue plus logique de penser que les survivants iraient dans des vallées de montagne où il reste un peu de verdure, voire dans les grottes le temps de former des clans un peu forts.

On est donc dans une petite incohérence mais rien de grave, cette ambiance poussiéreuse, désertique, aride et les ruines font partie intégrale du charme de la série. C’est juste que je ne serais pas parti sur un tel postulat.

On arrête de noter les choses peu cohérentes parce que le scenario en est truffé. On sent bien qu’il a été construit au fur et à mesure et malgré quelques facilités et faiblesses, il est plutôt bien foutu.

L’important dans Ken réside dans la portée des destins des personnages et de leur rôle dans le jeu du monde et des pouvoirs en place. Tout découle de là, le reste n’est que broutille. La puissance des personnages est telle qu’elle donne corps à cette histoire improbable, sans queue ni tête si on prend du recul.

Raoh par exemple est tellement balaise qu’il est musclé du front. Sérieusement, le type détruit des villes en projetant son aura sans descendre de cheval. Il y a un moment, Kenshiro a beau être bad ass, on ne peut pas nier que Raoh est clairement beaucoup plus puissant. Même Ken le dit à demi-mot à la fin.

Et puis il est sur Koku-ho et c’est le cheval le plus classe de la création, ce n’est pas rien.

Donc oui, on a une palette de personnages impressionnante et attachante. Mes préférés étant Rey, Juzia des nuages, Raoh et Toki dans leur jeunesse et bien sur Kenshiro. Je dois avouer que Lin et Batt m’ont agacé assez rapidement (surtout Lin en fait).

Maintenant je cotise pour pouvoir mettre une statue de Raoh sur Koku-ho sur mon bureau au taff juste pour pas qu’on vienne me faire chier pour rien ^^

 

Du lourd donc, du bon, de la qualité. Je le conseille surtout pour les plus patients. Vous allez être vite fixés sur votre capacité à aller au bout de toute façon.

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Commentaires

koforever
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koforever

Il faudrait que je me les trouve .

KanyeEast
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KanyeEast
HnK, ce manga de la déprime.
Kenshiro n'attaque jamais en premier car il laisse toujours la chance aux punks de se rétracter.
Bloody Seb
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Bloody Seb
Il faut que tu fasses le jeu sur PSOne maintenant.

Édito

Après plus ou moins 5 ans d’existence il était temps de changer un peu l’édito :

47 pour ceux qui se demandent, n’a rien à voir avec le département, l’agent d’Hitman ou les rônins vengeurs. Non, le 47 c’est un lieu, une histoire commune à trois personnes qui partagent certaines passions et surtout les mêmes valeurs.

Le 47 c’est pour les enfants des années 80 et leurs successeurs, qui ont grandi avec une manette sous les pouces, un livre sur la table de chevet et un amour pour la culture en général. Vous continuerez à trouver ici du jeu, du livre, des billets d’humeur, des questions existentielles, des sessions cash et vide grenier, de la customisation…

L’équipe récurrente du blog n’est pas composée d’une seule entité schizophrène qui parle à la troisième personne, même si l’Ours écrit 90% des posts, il est accompagné par des gens qui participent régulièrement ou exceptionnellement.

Les trois membres fondateurs du 47 sont donc : L’Ours qui squatte au pied des Pyrénées, La Panthère qui sillonne la France à moto, Le Faucon qui vole en cercle au-dessus de la capitale.

Il y a comme renfort à forte participation et contribution : Benja « Alley-oop » Pivot, qui corrige tout ce que vous lisez (donc s’il y a des fautes c’est qu’on a oublié de lui faire lire un article).

Celui que vous allez voir passer assez régulièrement cette année : Swiss l’homme qui soude plus vite et plus propre que tous les YouTubeurs qu’on a vu jusqu’à maintenant mais qui n’aime pas être filmé.

On espère – et j’espère le convaincre quand il lira ces lignes dans son flux RSS – Sylvain l’homme-code qui pourrait écrire des critiques de livre, jeux et vous proposer de tester ses propres jeux (vas-y t’es obligé maintenant !).

Et puis plein de gens de passage qui donnent à un moment ou un autre un coup de main, en allant aux vides-greniers avec nous, en nous offrant des jeux, en nous posant des questions qui nous permettent de réfléchir à des articles etc.

Bonne lecture des articles de cette année, j’espère que vous apprécierez le contenu qu’on vous proposera.

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