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Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 14/08/17 à 22h41

Retard gaming

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Retard Gaming (Jeu vidéo)

Ou le concept d’½uvre méta expliqué aux enfants.

On va commencer par définir le terme « méta » avant d’aller plus en avant dans la critique. En ce qui concerne la définition courante de Méta, qui nous arrive tout droit de la Grèce antique, il s’agit d’un suffixe voulant dire beaucoup de choses. Mais c’est ici utilisé comme un élément de langage pour désigner de manière générale dans le domaine des arts : l’auto-référence. Comprendre par-là que l’½uvre dite « méta » a en son essence une compréhension de ce qu’elle est et dans quel média elle se situe.

Ce n’est pas clair ?

Un exemple, on dit d’une série qu’elle est méta si l’un des personnages s’adresse directement au spectateur. Le personnage dans l’univers fictionnel où il se trouve ne devrait pas avoir conscience de l’existence de spectateurs, vu qu’ils n’existent pas pour lui dans la diégèse de la série. Seulement, en lui parlant directement, il affiche ouvertement son statut d’½uvre fictionnelle regardé par un public. Du coup BANG ! c’est méta.

Un autre exemple. Une bande dessinée qui parlerait d’un auteur de bande dessinée et des contraintes qui lui sont imposées. BIM ! Re-méta. (Je ne vise personne, je vous laisse trouver tous seuls).

La définition proposée ici représente l’utilisation qui en est fait en usage courant par les journalistes ou les critiques (souvent dans les milieux « indépendants »). Ce terme est cool depuis quelques années, car les ½uvres métas sont considérées comme transgressives de par leur chamboulement des règles jusqu’ici établies.

Je me soumets à l’exercice de la définition pour votre plaisir donc :

Méta : se dit d’une ½uvre qui référence son média, son propre contenu ou sa condition d’½uvre.

Ça vaut ce que ça vaut mais au moins comme ça on pourra se comprendre.

Rango est pour moi l’½uvre parfaite pour expliquer ce concept aux enfants, quoi que, on le verra plus bas.

Avant de parler du jeu parlons un peu du film.

Déjà parce que j’en ai envie et puis parce que ça nous fera une bonne base pour voir si l’adaptation est réussie.

Ce film est une tuerie. Voilà c’est dit on passe au chapitre suivant.

Bon ok je développe.

Film d’animation réalise par Gore Verbinski sorti en 2011 il rafle toutes les récompenses en 2012 sans même transpirer. Pourtant ce n’était pas forcément évident car il est adressé selon moi à un public différent des habituels films Pixar très bons eux aussi mais plus policés.

Le pitch est le suivant : un caméléon domestique tombe de son vivarium et se retrouve au milieu du désert du Mojave. Il finit par débarquer dans une ville appelée « Poussière » peuplée d’animaux anthropomorphes. Les personnages sont tous un peu débraillés et dérangés, ils évoluent dans un univers qui reprend tous les codes du western spaghetti. Venant d’un monde qui est supposé contemporain au notre, Rango va jouer un rôle (ouais méta donc, un personnage qui va jouer un personnage) de dur à cuire. Provoqué en duel il tue par chance et maladresse un oiseau redoutable et devient shérif. Il est alors chargé de retrouver la source de la pénurie d’eau qui voue le village à une fin certaine.

Voilà pour le set up.

Je ne suis pas Karim Debache et je ne suis pas capable d’analyser le film comme le ferait un spécialiste du cinéma. Néanmoins, je vais vous exposer pourquoi de mon point vue c’est un film important, véritablement méta et très particulier à regarder en famille.

Comme ça on finit avec méta.

Le film est raconté par une bande de hiboux mariachis. Il est raconté directement au spectateur par des personnages fictionnels déjà. Il reprend tous les codes du film de western spaghetti comme dit dans le pitch. Tout est pensé dans le monde de Rango pour être une référence à un film ou une série déjà passée sur le sujet. On ne fera donc pas la liste mais juste quelques morceaux.

Rango se fait éclater sur un pare-brise de voiture avec un double clin d’½il à « Rencontre du troisième type » et « Las Vegas parano » (ouais ouais dans un film pour enfants). Ce qui est encore plus parlant quand c’est Johny Depp qui double Rango. Donc Depp qui se fait éclater par lui-même dans un autre rôle. Comme si Rango se déroulait en fait sur un plateau de cinéma aussi. Voyez le délire ?

Pour finir sur ça car il serait trop long de lister les références (Jurassic Park, Apocalypse now, Pirate des Caraïbes – auto-référence au réalisateur et à son acteur principal encore une fois…). Rango rencontre l’esprit de l’ouest qui représente dans le film, à la convenance de la compréhension du spectateur, soit les dérives du monde hollywoodien, soit la liberté du Far West. Il est représenté par un Clint Eastwood version « l’Homme sans nom » qui débarque en golfette au milieu du désert. Là, on explose les compteurs en matière de clin d’½il et références.

Pourquoi j’insiste ?

Parce que de mon point de vue le propos du film en entier est d’être une critique du rôle d’acteur et de l’industrie du cinéma. Si c’est fait dans un film en image de synthèse c’est encore moins anodin car cela représente la fin de la nécessité de l’être pour jouer un rôle. La boucle se boucle et le film est dingue.

Qu’est ce qui me conforte dans cette perception ? Les habitants de la ville ne sont là que pour jouer un rôle eux aussi clairement défini et immuable. Ils sont des fonctions et non des êtres vivants. Le monde auquel ils appartiennent n’est pas crédible, c’est une toile de fond, rien de plus.

Ils sont tous un peu vide et dérangeants, ils ont tous l’air d’avoir de graves troubles profonds. Le film aborde aussi de manière très sombre le conditionnement des masses, la soumission psychologique, le pouvoir de l’argent, de la spéculation et la dictature. C’est pourquoi je pense qu’il n’est pas à faire regarder sans risque à tous les enfants. Le passage le plus hard en apparence étant un moment où les habitants ne sont transformés en rien d’autre que des marionnettes au son d’une cloche. C’est dérangeant pour un adulte, peut-être pas trop pour un enfant qui y voit seulement des animaux rigolos marcher en ligne.

Le dernier point qui me fait adorer ce film est son propos écologique, n½ud de l’histoire, critique douce-amère de l’aménagement territorial de la Californie qui a permis le développement de l’industrie cinématographique pour en arriver au point où ce film qui en est un produit peut se permettre de le critiquer. J’ai un peu la tête qui tourne.

Ah oui et la musique d’Hans Zimmer est exceptionnelle (comme toujours) et omniprésente.

Bref, regardez ce film c’est une tuerie pour reprendre mes mots du départ.

Et maintenant, jouons.

Suite à mes explications de l’amour que j’ai pour ce film, on attaque le jeu.

Genre : Action plateforme

Année de sortie : 2011

Concepteur : ??

Développeur : Behaviour Interactive

Editeur : Electronic Arts, Paramount Digital Entertainment

Support : Xbox 360, PlayStation 3, Wii et DS – fait sur PS3

Nombre de joueur : Solo

Région : PAL

Continuité de l’histoire.

D’entrée on constate que les développeurs et scénaristes ont opté pour la meilleure des solutions quand il s’agit d’adaptation. Ils ont donc repris les personnages, les lieux et créé une nouvelle histoire. Elle se situe à postériori du film car Rango est déjà shérif de la ville et en couple.

Cette nouvelle histoire débute un peu comme le film. Rango arrive en ville à l’envers sur son oiseau (qui sert de cheval). Tout comme un Call of duty Black ops (j’aime mettre des références qui parlent), les niveaux vont se déclencher par flashbacks alors que Rango raconte son histoire dans le saloon en compagnie des gens de la ville.

Le pitch : une météorite s’écrase quelques années auparavant à côté de la maison familiale de la copine de Rango. Son père a disparu depuis ce temps et il est persuadé qu’en retrouvant les différents morceaux de météorites il pourra le retrouver.

Un petit peu classique, mais ça fait le travail.

L’esprit du film.

Tout au long du jeu divisé en 9 niveaux, Rango va donc exposer la situation dans des cinématiques dans le saloon. Quand le niveau démarre, il raconte ses souvenirs et le décor se met littéralement en place autour de lui. Remplacé et modifié par des intervenants qui le corrigent sur les lieux exposés. Par exemple s’il dit « j’étais parti dans la caverne interdite » et qu’« autour c’est du désert », un des enfants va lui dire « Ben c’est au milieu de la montagne », le décor « désert » disparait et des montagnes apparaissent. Malheureusement cette mécanique n’est présente qu’à la mise en place du niveau, elle n’intervient pas en temps réel une fois la partie commencée.

Ici on est donc aussi bien dans une démarche très méta. D’une c’est un personnage qui raconte une histoire à d’autres personnages et qui se met en scène. Deux, les niveaux sont placés dans une histoire racontée (donc fictionnelle) dans un média déjà fictionnel qui nous raconte une histoire. Voyez ce que je veux dire ? Bref, on est sur le même délire que dans le film. Tout colle.

L’esprit du film est donc non seulement conservé mais adapté à son nouveau support de jeu vidéo. On y va donc pour les références là aussi. Sans en dire trop, un niveau est spécifiquement dédié à cela. Il est entièrement pensé pour dire au joueur : « Voilà à quoi tu joues, voilà ce qu’est le jeu, ça se résume à ça ». Il fait le parallèle avec la scène de l’Esprit de l’ouest du film.

Niveau références, outre films de cowboy et d’Alien le jeu élargit le répertoire avec du cliché de film d’horreur et de films d’action. On y va aussi du gros clin d’½il à Resident Evil 4, Batman Arkam, les beat them all des années 90, les FPS des années « bidons rouges qui explosent » et Ratchet et Clank pour les plus évidentes.

Le jeu en tant que jeu.

On est sur un jeu qui ne s’embarrasse pas à recréer ce qu’il n’a pas le temps de faire. Plutôt que d’essayer d’innover au niveau du gameplay, il reprend à la lettre et comme modèle le jeu d’Insomniac. Un Jeux d’action plateforme avec de la bagarre et un pistolet. Il y a des étoiles de shérif à ramasser comme les boulons dans Ratchet, qui peuvent être échangés à un marchand pour améliorations. Il agrémente aussi de quelques passages très agréables en course d’oiseaux, en mode endless runner à la Temple Run.

Efficace et bien calibré, le jeu est agréable à prendre en main et ne frustre jamais. Il est assez court (comptez 4h30) et est donc peu lassant malgré la répétition des situations.

La musique.

Comme dans le film encore une fois, la musique est de très bonne qualité. Elle s’adapte en temps réel à certaines situations. Les hiboux mariachis sont de retour et sont présents plusieurs fois par niveau. Directement inclus dans les décors, ils parlent et commentent parfois ce que fait Rango pendant qu’ils jouent de leurs instruments. Très drôle et toujours bien pensé.

La bande son est donc à la hauteur.

Conclusion.

On retrouve donc dans le jeu tous les éléments qui font le sel du film. Il n’oublie pas son média et l’embrasse comme une chance de diversifier l’expérience. Le jeu sait qu’il reste un produit dérivé et remplit son rôle haut la main. Il est drôle, se joue bien et est proprement fini. Tout comme Ghostbuster – le jeu vidéo sorti en 2009 est considéré par beaucoup de fans comme le 3ieme épisode de la série de film, je considère Rango – le jeu vidéo comme un Rango 2 (vous l’avez celle-là ?).

Une bonne pioche donc pour les amateurs de son univers ou pour les gens qui apprécient les jeux de plateforme action aventure. Bien entendu, il ne sera pas perçu de la même manière selon les joueurs. Un enfant y verra une adaptation de son film d’animation. Un amateur de jeux et films y trouvera de multiples références et donc de petits moments de joie. Ne le rangez pas tout de suite dans la catégorie des adaptations mercantiles honteuses si vous tombez dessus dans un magasin d’occaz.

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Commentaires

fallaise
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fallaise
Meta tv ça marche??
Fachewachewa
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Fachewachewa
Je sais pas si l'ultra référence et les histoires dans l'histoire sont vraiment de si bonnes introduction au méta type "l'oeuvre qui sait qu'elle est une oeuvre" (ni si ça correspond vraiment). Enfin, surtout pour l'introduction aux gosses, toutes ces références il faut les avoir.

Alors oui l'interpretation type "commentaire sur le cinéma/jeu vidéo" ça le rend meta, mais j'dirais pas que c'est très accessible :D

Édito

 

Quand on atteint la trentaine et que ça fait plus de vingt ans qu’on joue à la console arrive un moment où on se rend compte qu’on n’a pas eu le temps de jouer à tout ce qu’on a acheté. Alors c’est cool il y en a plein les armoires de la NES à la PS3 et puis ça s’entasse et puis on en rajoute encore et encore. Les années passent, il faudrait jouer à tout, mais la tâche est laborieuse, que dis-je, TITANESQUE, j’irais même à dire que c’est une hérésie !!

 

Un jour on se dit qu’il va falloir s’y mettre sinon ça n’a aucun sens tout ça ! Ca va nous permettre surtout de jouer à des jeux qu’on a acheté en se disant « Putain faut trop que j le fasse celui-là !! » et qui ont fini sur l’étagère à prendre la poussière avec ses congénères.

 

On va les finir ces putains de jeux, quelque soit l’époque, le style ou la console, on s’en fout faut que ça se passe, faut faire de la place pour pouvoir acheter d’autres jeux avec l’esprit tranquille parce que la collection dépasse les milles pièces et qu’avec la crise et le taff sous payé, on n’est pas près de lâcher 500€ pour une nouvelle génération alors qu’on n’a pas fait la moitié de ce qui a été produit jusqu’ici !

 

Bref si il n’y avait que les jeux, mais à côté des jeux y a les films et les livres qui s’accumulent, les vide-greniers pour se balader le week-end, les cash-converters à aller explorer pendant la pause déjeuner, bref trop de trucs à jouer, lire, voir, écouter, boire…

 

Alors à chaque fois qu’on finit un jeu on mettra le test en ligne, même si il ne fait que 2 lignes parce que le jeu ne mérite pas plus, et sur le blog on mettra tout le reste, enfin, vous verrez bien.

En tout cas, on rattrape le retard, enfin, on essaie.


Mais bon, ENOUGH SAID !!!!

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