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Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 19/06/17 à 19h21

Retard gaming

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Retard Gaming (Jeu vidéo)

Il arrive que l’on oublie des jeux assez rapidement, peut-être trop vite. Dans un marché saturé, les jeux n’ont pas le temps de se faire digérer qu’ils sont déjà remplacés dans les tops de ventes. Nous sommes dans un média qui va vite, qui produit beaucoup et parfois on passe à côté de belles choses.

C’est mon cas sur ce Remember me. Acheté pour le prix d’une pinte récemment, en me souvenant qu’il avait fait un peu de bruit à sa sortie. Je me rappelais aussi qu’il vient de chez Dont Nod, un des studios français les plus talentueux dans la mise en place d’univers. Et puis un jeu français produit par Capcom, c’est quand même la grande classe.

Alors qu’aucune suite ne semble en chantier et qu’il n’apparait pas souvent dans les tops et autres vidéos de « Le jeu qui… » qui foisonnent sur internet, il serait temps d’aller voir ce qu’il vaut vraiment. Quatre ans après sa sortie, est-il toujours le bon jeu avec quelques défauts noté à l’époque ?

Ce qui marque d’emblée en tout cas, c’est que graphiquement, il tient toujours bien la route. Que les rageurs ragent, que les puristes de la technique me foudroient, je n’en démordrai pas, ce jeu est toujours beau aujourd’hui. La direction artistique est excellente et pourrait faire pâlir de jalousie beaucoup de réalisateurs en quête de monde de science fictions originaux. Le travail considérable saute aux yeux.

L’univers est chargé de détails, dans ce Néo Paris plus vrai que nature. Les bas-fonds sont sales, les quartiers huppés puent le fric et les zones traversées ont une ambiance unique et reconnaissable. Dans leur vision d’un monde futur, les artistes et les écrivains n’ont pas fait de concession. Leur concept est abouti et bien réalisé. Ce qui facilite un tout petit peu cette mise en place reste un des gros défauts du titre. Les décors et détails sont beaux et pleins de vie mais ne sont pas interactifs. Ils sont là comme toile de fond, pas vraiment comme élément de narration par le Game Play. L’univers nous immerge mais nous n’avons pas vraiment l’impression qu’il ait une quelconque influence sur la manière de jouer.

Les quelques puzzles simples n’y changeront rien. Si on prend du recul, Remember Me est un beat them all tout ce qu’il y a de plus classique. Classiques donc les couloirs et les arènes qui s’enchainent relativement bien. Quelques phases de grimpe téléguidées sur les immeubles cassent un peu la routine mais n’est pas au niveau des aventures d’un Drake par exemple.

La plus grande partie du plaisir du jeu vient donc des combats et de la manière de paramétrer ses combos. Rapidement, quatre combos sont à disposition avec un nombre de coups défini pour chaque. Vous pouvez remplir ces combos de types de coups (soin, recharge etc…) qui feront la spécificité de vos enchainements. Un concept bien foutu, qui marche correctement mais qui se trouve assez limité. Pourquoi ne pas avoir tout simplement laissé le joueur paramétrer entièrement ses combos, même en nombre de coups ? Mystère. Utiliser un type de coup (appelé ici pressen) dans un combo le bloque pour les autres. Là aussi, ce n’est pas très cohérent. En quoi un coup ne pourrait pas être mis dans un enchainement X et Y ? Ce ne sont pas des objets mais des aptitudes !

Bref un system relativement sympa mais un peu limité, heureusement il y a des coups spéciaux que l’on débloque au fur et à la mesure de l’intrigue et les combats prennent une tournure un peu plus stratégique que le simple bourrinage de bouton en cadence. Les ennemis ont des caractéristiques spécifiques et c’est au joueur de mettre en place les stratégies pour les contrer. Le tout se joue bien dans tous les cas. La répétitivité se ressent à partir des trois quarts du jeu ce qui est pour un BTA plutôt acceptable.

On continue le jeu jusqu’au bout pour avoir le fin mot de l’histoire, car une des forces de Remember Me est bien dans son ambiance, son monde et son scénario.

On débute le récit en prenant en main Nilin, une terroriste qui vient de se faire laver le cerveau. Comme vous le savez surement déjà, le jeu nous projette dans un Paris futuriste où une entreprise semble gouverner à peu près tous les aspects de la société. La société Memorize, spécialisée dans la mémoire, qui a réussi à faire accepter à l’humanité la nécessité de sauvegarder ses mémoires de manière durable. Ils ont donc accès aux cerveaux des gens par le Sensen, un espèce d’appareil placé derrière la tête qui marche à la fois comme relais vers Memorize et comme interface de réalité augmentée pour les utilisateurs. La face sombre, non connue ou en tout cas ignorée du grand public est votre point de démarrage. Cette entreprise à cause de ses expérimentations fabrique des mutants, ceux qui n’ont pas résisté aux tests ou ont développé des capacités étranges et surhumaines à cause des sensens. Ils sont rejetés dans les bas-fonds ou exterminés. Loin de se limiter à cela, la société vend aussi un service utile à tout un chacun, l’effacement de souvenirs douloureux, comme dans le fabuleux « Eternal Sunshine of the spotlessmind ».

Notre héroïne quant à elle est une terroriste de la mémoire, à la capacité hors norme de pénétrer dans les souvenirs des gens pour les modifier. Elle y crée donc des erreurs et fait partie du groupe des « Erroristes » (terroriste de la mémoire).

Amnésique, elle ne se souvient que de son prénom : Nilin. Contactée dès son réveil pour éviter la chaise électrique par Edge (le chef du groupe erroriste), elle lui parlera et se fera guider tout au long du jeu par l’intermédiaire de son Sensen. L’aventure se structure de manière classique sur le modèle de la courbe asymptote de l’oubli. L’héroïne est constamment proche de la vérité, toute proche mais ne l’attend vraiment jamais, jusqu’à chaque n½ud narratif, ça reste un jeu il faut bien que ça avance.

Nilin gravira alors les différentes étapes de la pyramide de la mémoire en commençant par réapprendre à courir et se battre (la mémoire physique) et en finissant par se rappeler les instants de sa vie passée (Mémoire épisodique).

#Wikipédia

Ce concept de modification de mémoire fait entrer dans le Game Play les phases surement les plus intéressantes bien que peu nombreuses. Il s’agit de puzzles narratifs ou votre personnage s’introduit dans le souvenir d’une personne pour le modifier. Concrètement, une scène se déroule une première fois comme le souvenir actuel de la personne. Une fois finie, vous pouvez le rembobiner et interagir avec des éléments déterminés pour changer (remixer) son souvenir et lui donner une fin différente. Le tout marche plutôt bien, mais on ne peut s’empêcher de penser que le jeu aurait gagné à plus développer cette mécanique.

Le monde et le scénario ne s’arrête pas là dans la comparaison et le parallèle avec la mémoire puisque que le groupuscule auquel vous appartenez a bien entendu comme but de rendre hors service la société Memorize et tous les Sensens équipés aux individus. Sa toile de fond est basée sur la dichotomie entre les univers aseptisés des riches heureux et les bas-fonds dégueulasses de la plèbe. Le monde dans lequel on évolue met donc en exergue ce que le nettoyage des mémoires individuelles a comme impact sur la mémoire collective et de ses problématiques générales.

Une aventure intéressante donc à plus d’un titre avec un propos fort pour qui ne se limite pas à faire la bagarre. Encore faut-il s’y intéresser par soi-même un minimum en lisant ça et là les choses qui trainent ou en prenant le temps de regarder les décors, tant le jeu n’insiste pas vraiment sur les annexes. Dommage donc, mais préférable à du forcing de concept comme ça peut être le cas parfois.

Reste enfin la couverture musicale qui est de bonne, voire très bonne qualité.

Le jeu est donc encore aujourd’hui une expérience qui vaut le coup. Pas besoin d’attendre un potentiel remaster qui n’apporterait pas grand chose pour s’y essayer. Les univers aussi riches et beaux ne sont pas légion, c’est ça aussi la french touch dans le JV.

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Remember Me
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Commentaires

Édito

 

Quand on atteint la trentaine et que ça fait plus de vingt ans qu’on joue à la console arrive un moment où on se rend compte qu’on n’a pas eu le temps de jouer à tout ce qu’on a acheté. Alors c’est cool il y en a plein les armoires de la NES à la PS3 et puis ça s’entasse et puis on en rajoute encore et encore. Les années passent, il faudrait jouer à tout, mais la tâche est laborieuse, que dis-je, TITANESQUE, j’irais même à dire que c’est une hérésie !!

 

Un jour on se dit qu’il va falloir s’y mettre sinon ça n’a aucun sens tout ça ! Ca va nous permettre surtout de jouer à des jeux qu’on a acheté en se disant « Putain faut trop que j le fasse celui-là !! » et qui ont fini sur l’étagère à prendre la poussière avec ses congénères.

 

On va les finir ces putains de jeux, quelque soit l’époque, le style ou la console, on s’en fout faut que ça se passe, faut faire de la place pour pouvoir acheter d’autres jeux avec l’esprit tranquille parce que la collection dépasse les milles pièces et qu’avec la crise et le taff sous payé, on n’est pas près de lâcher 500€ pour une nouvelle génération alors qu’on n’a pas fait la moitié de ce qui a été produit jusqu’ici !

 

Bref si il n’y avait que les jeux, mais à côté des jeux y a les films et les livres qui s’accumulent, les vide-greniers pour se balader le week-end, les cash-converters à aller explorer pendant la pause déjeuner, bref trop de trucs à jouer, lire, voir, écouter, boire…

 

Alors à chaque fois qu’on finit un jeu on mettra le test en ligne, même si il ne fait que 2 lignes parce que le jeu ne mérite pas plus, et sur le blog on mettra tout le reste, enfin, vous verrez bien.

En tout cas, on rattrape le retard, enfin, on essaie.


Mais bon, ENOUGH SAID !!!!

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