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Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 08/09/17 à 19h21

Retard gaming

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Retard Gaming (Jeu vidéo)

Une fois sorti de Kakariko, sans trop d’explication rationnelle, il faut bien dire que je me suis fait happer par l’immensité de l’aventure qui nous appelle. Poussé par la curiosité naturelle de l’homme, le jeu m’entraine de la fontaine magique à l’autre bout de la map sans m’en rendre compte. Toujours par petites touches, toujours parce qu’une fois un endroit quitté des yeux, un autre vous attire sans mot dire. Une ruine, un truc qui brille, un animal ou un ennemi, vous y allez juste pour voir et vous vous rendez compte que rien, non, absolument rien n’est placé où il est sans raison. Tout à une justification de sa présence dans ce monde, qu’elle soit explicite ou implicite, qu’elle soit futile, triviale ou cruciale. Pas besoin de quêtes annexes écrites avec les pieds pour vous faire parcourir de grandes distances et vous faire oublier l’horloge qui tique à coté de vous.

Nous sommes ici en présence de la force du titre, celle qui a permis au jeu de récolter les louanges de tous. Rien ne vous est forcé, rien ne vous est expliqué, mais tout est clair. L’aventure est à portée de pas, il ne tient qu’au joueur de les faire et de chercher à comprendre pourquoi ceci est ici ou là. Il en sera toujours récompensé d’une manière ou d’une autre, ne serait-ce que par un coffre ou une graine. Le plaisir n’est pas là non plus, le plaisir est dans la découverte.

Pour tout dire, je pensais que le monde ouvert de BOTW serait à l’image des mondes d’Ueda. Rationalisés à l’extrême pour rendre l’expérience émotionnelle la plus pure possible. Mais non, c’est en fait tout le contraire qui en ressort. Une densité remarquable d’action. Pas de marche de plus d’une minute sans avoir à faire quelque chose de ses pouces. Combat, énigme, récolte ou recherche, la fréquence est impressionnante et tient le joueur en haleine, en alerte constante et surtout en immersion permanente. Bref, le monde ouvert se redéfinit d’un seul coup en tant qu’entité vivante et construite et non pas comme une toile de fond belle mais sans âme, sans réelle utilité que de donner un lieu de représentation pour un jeu et une histoire. Il prend une nouvelle dimension, celle d’un écosystème avec ses règles physiques et chimiques, son histoire, ses personnages, sa vie et ses contradictions. Far cry l’avait à peine effleuré avec son troisième épisode, Zelda nous montre comment ça doit être fait. Bref il est réel. Un comble pour un monde ouvert fantasque d’Hyrule, qui réussit cet exploit là ou des mondes basés sur des endroits réels n’y arrivent pas.

Le moment où je me suis rendu compte que le monde ouvert était construit de manière totalement harmonisée, jusqu’au boutiste, c’est lors d’une contradiction avec ma logique bien ancrée de joueur. D’abord moqueur car stupide, puis laissé perplexe par sa présence et sa cohérence au monde dans lequel il s’inscrit, laissez-moi vous expliquer.

Attention : mini spoil d’un sanctuaire à suivre.

Après m’être perdu dans la pampa hyrulienne, je débarque sur un sanctuaire. Je rentre et je me retrouve face à un labyrinthe avec une boule dedans, comme ces jeux en bois ou on contrôle le plateau et où il faut faire sortir la bille sans qu’elle tombe dans les trous. Ok pas de soucis la mablette sert de contrôleur avec son gyroscope, on y va. Dans le labyrinthe il y a un déclencheur pour faire apparaitre un pont en sortie et pour que la boule finisse dans un réceptacle et ouvre une porte. Après 2 essais, je déclenche le pont et… je foire ma sortie de boule (ouais je sais). Une nouvelle boule tombe au milieu du labyrinthe et c’est reparti. Je constate que si je fais bouger le labyrinthe assez vite et brutalement, j’imprime un mouvement de saut à la boule qui peut lui faire sauter des murs et donc finir le jeu plus rapidement. Je m’amuse à ça un moment. Mon téléphone reçoit un sms donc je lâche la manette qui se retourne sans faire exprès. Etonnement, le labyrinthe entier se retourne et donc sur la face opposée, une surface lisse ! Mince, je suis tellement habitué à ce que ce genre de truc soit bloqué dans n’importe quel jeu de ce type que je n’y avais pas pensé ! Et donc une nouvelle boule tombe, je la fais rouler à ma convenance et sauter en dehors du labyrinthe directement dans la partie fixe ou se trouve l’interrupteur. Merde alors ! Mais effectivement, il n’y aucune raison valable pour que le jeu nous interdise de faire ça ! Ce ne serait pas « logique ». Le labyrinthe lévite dans le vide, rien ne le bloque donc, logiquement j’ai le droit, je peux faire ça si j’ai envie. Je finis par retourner le plateau et je m’y rends d’un coup de paravoile, récupère le trésor qui se « cache dedans ». Quelle cohérence totale.

 

Exemple parmi tant d’autres des possibilités qui poussent à explorer de nouvelles manières d’atteindre des endroits que l’on croit impossible à franchir. Le jeu nous donne les outils rapidement, à nous de les utiliser comme bon nous semble. Je ressens enfin la grandeur du titre, plongé dans l’obscurité du salon où le soleil s’est couché, les heures s’enchainent sans lasser. Je n’ai exploré qu’une partie infime de la carte et déjà, l’expérience est gravée dans mon ADN de joueur.

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Édito

Après plus ou moins 5 ans d’existence il était temps de changer un peu l’édito :

47 pour ceux qui se demandent, n’a rien à voir avec le département, l’agent d’Hitman ou les rônins vengeurs. Non, le 47 c’est un lieu, une histoire commune à trois personnes qui partagent certaines passions et surtout les mêmes valeurs.

Le 47 c’est pour les enfants des années 80 et leurs successeurs, qui ont grandi avec une manette sous les pouces, un livre sur la table de chevet et un amour pour la culture en général. Vous continuerez à trouver ici du jeu, du livre, des billets d’humeur, des questions existentielles, des sessions cash et vide grenier, de la customisation…

L’équipe récurrente du blog n’est pas composée d’une seule entité schizophrène qui parle à la troisième personne, même si l’Ours écrit 90% des posts, il est accompagné par des gens qui participent régulièrement ou exceptionnellement.

Les trois membres fondateurs du 47 sont donc : L’Ours qui squatte au pied des Pyrénées, La Panthère qui sillonne la France à moto, Le Faucon qui vole en cercle au-dessus de la capitale.

Il y a comme renfort à forte participation et contribution : Benja « Alley-oop » Pivot, qui corrige tout ce que vous lisez (donc s’il y a des fautes c’est qu’on a oublié de lui faire lire un article).

Celui que vous allez voir passer assez régulièrement cette année : Swiss l’homme qui soude plus vite et plus propre que tous les YouTubeurs qu’on a vu jusqu’à maintenant mais qui n’aime pas être filmé.

On espère – et j’espère le convaincre quand il lira ces lignes dans son flux RSS – Sylvain l’homme-code qui pourrait écrire des critiques de livre, jeux et vous proposer de tester ses propres jeux (vas-y t’es obligé maintenant !).

Et puis plein de gens de passage qui donnent à un moment ou un autre un coup de main, en allant aux vides-greniers avec nous, en nous offrant des jeux, en nous posant des questions qui nous permettent de réfléchir à des articles etc.

Bonne lecture des articles de cette année, j’espère que vous apprécierez le contenu qu’on vous proposera.

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