The 47 Org

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Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 17/01/18 à 21h18

Retard gaming

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Retard Gaming (Jeu vidéo)

Comment parler de Beyond good and evil sans tomber dans le cliché, suriné à l'excès, du jeu à immense succès critique mais, à l’échec commercial retentissant. C'est l'exemple parmi les exemples d’une production qui n'a pas touché le grand public malgré la présence de tous les bons ingrédients.

Mais oublions ça quelques instants pour se concentrer sur le jeu en lui-même. Derrière son look cartoon qui ne paie pas de mine c'est un jeu d'action, aventure, avec quelques petites phases d’infiltration. Sous son apparence classique et proche d’une production Disney avec ces animaux humanoïdes, le jeu aborde des thématiques bien plus sombres et profondes qu’il n’y parait.

Le plus de ce jeu donc, conçu par notre Michel Ancel national et produit par Ubisoft, c’est avant tout son univers et son scénario, maitrisé de bout en bout qui propose une aventure à la fois divertissante et intelligente. Tout ceci serait vain si la jouabilité n’était pas à la hauteur. Ici aussi, un sans-faute, puisqu’elle sert à la fois l’immersion et la narration de très belle manière.

 

Commençons par l’histoire, plus travaillée qu’à l’accoutumé pour un jeu de ce genre comme dit plus haut.  Tout d’abord à travers la protagoniste que vous allez être amené à incarner. Le jeu aborde le thème de la liberté d'expression et du totalitarisme, il est donc tout à fait sensé de se retrouver dans la peau d’une journaliste. Un thème qu’il n'est pas facile à mettre en scène de manière légère, ce que le jeu arrive pourtant à faire. A la vue des personnages aux traits graphiques caricaturaux et de son univers coloré, rien ne laisse présager d'un jeu sérieux. Mais c'est ici que réside son charme. Jade, une journaliste donc, vit dans un lieu de recueil pour les enfants abandonnés dont elle s’occupe avec son oncle Pey’j. Si Jade a l’apparence humaine, ce n’est pas forcément le cas des autres protagonistes. Ici, c’est un monde « A la Disney » où tout se mélange. Un exercice ardu, qui marche très bien avec la teinte dessin animé de la direction artistique.

Les personnages, l'héroïne Jade en tête et son oncle Pey'j, sont tous attachants et intéressants dans leur rôle et leur propos. Jamais moralisateur, le jeu nous mène dans une intrigue plutôt bien ficelée qu’on prend beaucoup de plaisir à suivre. Tout démarre avec une « invasion » et la mise en état d’urgence plutôt totalitaire du petit monde de Jade. Elle partira donc en quête de la vérité pour la diffuser et luter pour la liberté. Une bonne excuse pour aller se balader dans des niveaux aux thèmes variés.

Ce plaisir narratif est supporté par une réalisation impeccable, en termes graphique tout d'abord, mais aussi en termes de maniabilité. Les mouvements sont fluides, les combats s'enchaînent sans lassitude et sans temps mort. Les combos sont naturels et la panoplie de parfait détective / journaliste est complète et utile pour qui prend la peine d’exploiter le jeu au mieux. Il faut aussi faire avec les limites de Jade qui n’est pas, pour une fois, une caricature de super woman à la Lara Croft.

Comme dit au début de l’article le jeu n’a pas remporté un gros succès commercial, ce qui a bloquer une potentielle suite. On se dit parfois, que si Jade avait répondu aux critères d’hyper sexualisation que l’on voit pour les aventurières dans le jeu vidéo, peut-être qu’il en aurait été autrement. On ne le saura jamais, mais c’était et c’est toujours agréable aujourd’hui de jouer avec une fille qui n’est nullement représentée par son genre, mais par son métier.

Jade aurait pu être un garçon, cela ne changerait rien au jeu. C’est surement un des rares cas dans le jeu vidéo d’exemple où la plastique de son héroïne n’est pas un argument marqueting. Il ne s’adresse pas à un public masculin ou féminin (que ce soit de manière frontale ou sous-jacente), mais à tout le monde. Jade n’est pas une femme forte, c’est simplement un personnage fort. Mais ceci est un autre sujet et je digresse. Revenons au jeu.

 

La carte de jeu est un « quasi » monde ouvert car la zone principale composée d'ilots est en fait un hub très vivant qui nous permet d'accéder à d'autres zones. Mais on s'en fiche car l'effet de liberté est là et que les zones s’enchainent parfaitement entre elles. La progression dans le jeu est fluide et sans accro. Pas de temps morts, à se demander ce qu’il y a à faire, pas non plus de situation où on se dit qu’on n’a pas le temps de visiter ce qu’on veut. Le joueur est libre d’explorer à sa guise tout en étant guider quand il en a besoin. Un excellent équilibre qui disparait aujourd’hui peu à peu des jeux qui se veulent tous ouvert au maximum.

Ce que permet cette structure, utilisée sur PS2 par des titres comme Jack 2 et 3 par exemple et qui se rapproche en fait d’un Zelda et de ces donjons, c’est de calibrer et designer entièrement les niveaux. Ils sont donc en général bien pensés et ne sont pas juste des situations mises en scène dans une ville générique. En plus d’avoir des niveaux donc de très bonne qualité, la ville centrale est bourrée de lieu à découvrir et de petites choses à chercher. Pour se déplacer sur les iles on a aussi à disposition un bateau / hydroglisseur, améliorable durant le jeu. Bref, c’est très complet et tout fonctionne très bien ensemble.

En plus de l’univers fouillé et des personnages attachants, la bande sonore de grande qualité finit de vous gâter les oreilles pendant le jeu.

En résumé, toute personne qui aime le jeu vidéo se doit d'y avoir au moins touché, ne serait-ce que pour avoir la conscience tranquille. Un grand jeu, qui a été très travaillé par les personnes qui l’ont créé et ça se ressent. A faire absolument en attendant le 2!

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Commentaires

air-dex
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air-dex
"Ubisoft l'a offert à tous les membres UPlay en fin d'année dernière sur PC."

En parlant de ça c'est dommage que la version PC du jeu n'ait pas de support manette. Un jeu d'action en 3D et en temps réel ça se joue à la manette, pas au clavier.
funvgame
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funvgame
Il n'est pas trop tard pour le faire.
Ubisoft l'a offert à tous les membres UPlay en fin d'année dernière sur PC.
Et la version HD est disponible sur XBox One (en rétro XBox 360, ce qui signifie que le trouver pas cher d'occas' est aussi possible).
Abla
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Abla
Je ne comprend pas l'echec commercial de BG&E, j'ai beaucoup aimé son histoire et son univers, j'attends la suite avec impatience (si suite il y a)

Édito

Après plus ou moins 5 ans d’existence il était temps de changer un peu l’édito :

47 pour ceux qui se demandent, n’a rien à voir avec le département, l’agent d’Hitman ou les rônins vengeurs. Non, le 47 c’est un lieu, une histoire commune à trois personnes qui partagent certaines passions et surtout les mêmes valeurs.

Le 47 c’est pour les enfants des années 80 et leurs successeurs, qui ont grandi avec une manette sous les pouces, un livre sur la table de chevet et un amour pour la culture en général. Vous continuerez à trouver ici du jeu, du livre, des billets d’humeur, des questions existentielles, des sessions cash et vide grenier, de la customisation…

L’équipe récurrente du blog n’est pas composée d’une seule entité schizophrène qui parle à la troisième personne, même si l’Ours écrit 90% des posts, il est accompagné par des gens qui participent régulièrement ou exceptionnellement.

Les trois membres fondateurs du 47 sont donc : L’Ours qui squatte au pied des Pyrénées, La Panthère qui sillonne la France à moto, Le Faucon qui vole en cercle au-dessus de la capitale.

Il y a comme renfort à forte participation et contribution : Benja « Alley-oop » Pivot, qui corrige tout ce que vous lisez (donc s’il y a des fautes c’est qu’on a oublié de lui faire lire un article).

Celui que vous allez voir passer assez régulièrement cette année : Swiss l’homme qui soude plus vite et plus propre que tous les YouTubeurs qu’on a vu jusqu’à maintenant mais qui n’aime pas être filmé.

On espère – et j’espère le convaincre quand il lira ces lignes dans son flux RSS – Sylvain l’homme-code qui pourrait écrire des critiques de livre, jeux et vous proposer de tester ses propres jeux (vas-y t’es obligé maintenant !).

Et puis plein de gens de passage qui donnent à un moment ou un autre un coup de main, en allant aux vides-greniers avec nous, en nous offrant des jeux, en nous posant des questions qui nous permettent de réfléchir à des articles etc.

Bonne lecture des articles de cette année, j’espère que vous apprécierez le contenu qu’on vous proposera.

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