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Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 09/12/17 à 20h56

Retard gaming

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Retard Gaming (Jeu vidéo)

Suite au test publié ici : http://www.gameblog.fr/jeux/8750_firewatch/tests/89802#id_jeu=19504

Il est je pense nécessaire de revenir sur certains aspects du jeu que l’on ne peut aborder sans le spoiler. Vous avez été prévenus !

En effet, cette expérience vidéoludique des plus sympathique invite à de nombreux questionnements.

L’intrigue principale tourne autour d’Henry qui part prendre le vert après que ça femme atteinte d’Alzheimer soit rentrée dans sa famille en Australie. Dépressif alcoolique, il a aussi enduré la souffrance d’une perte de repère et de lucidité de sa femme. Ils n’ont pas d’enfants. Autant d’éléments qui entrent en résonnance avec le scénario du jeu de manière subtiles.

Arrivé sur place le jeu tourne autour des dialogues avec Delilah qui est sa chef. Elle est aussi dans un poste d’observation, seule. Elle a par contre une ligne d’urgence vers l’extérieur. D’après ce qu’on en sait, elle aussi est alcoolique et a eu pas mal de déboire avec la gent masculine.

Allons droit au but. Pendant le jeu on ne cesse de s’interroger sur la réalité des situations qui se déroulent. (Oui merci je sais que c’est un jeu vidéo donc que ce n’est pas réel, je parle de la réalité fictionnelle).

Il y a pas mal de raisons qui font pencher vers des théories un peu exagérées d’interprétations du jeu. Voilà la mienne, qui ne doit pas être nouvelle. C’est une interprétation, alors pas d’emballement, le jeu n’a surement pas du tout était écris en ce sens, mais c’est pour ça que c’est plutôt sympa d’avoir ce genre de sensations.

Oui j’ai dit sensation parce que c’est ce qui s’est dégagé du jeu comme ressentit en parcourant l’aventure. Ma théorie (oui j’y viens) serait que tout ce que vous êtes amené à vivre n’est pas réel. Le postula est simple. Henry part en dépression suite à ce qui arrive à sa femme. Il le vit mal et finit par sombrer dans l’alcoolisme. Alors pour ce qui est du fait que tout cela n’est pas réel, au choix. Soit un rêve, soit un coma, soit un internement psy.

Pourquoi se ressenti ?

Difficile à expliquer puisqu’on est dans le domaine du feeling là, mais je vais essayer.

Déjà on commence par les choses plutôt évidentes, voulues par les games designers. On ne voit réellement aucune personne. Ou plutôt on ne voit vraiment aucun être humain. Il y a bien les filles qui se baignent qu’on engueule au début mais ce ne sont que des silhouettes sombres dans le lointain. Il y a aussi la silhouette qui nous observe une nuit mais… pareil. Pas de visage, rien.

Certains diront qu’il y a le pilote d’hélicoptère qui vient nous chercher à la fin mais non, on ne voit pas son visage non plus. Il n’est qu’une fonction, comme le reste des éléments qu’on nous montre. On ne croise donc personne de vraiment humain mais on est constamment en train de discuter avec quelqu’un.

Delilah. Autour d’elle plane plus de mystères que de réponses. On ne sera jamais amené à la voir alors qu’elle nous observe quelques fois dans le jeu. Est-elle la psy en train de psychanalyser Henry, est-ce sa voix intérieure (sa conscience), est-ce une amie imaginaire créée par Henry pour évacuer tout ce qu’il a à dire ? Peut-être un peu tout ça à la fois. En tout cas, elle n’a pas de représentation physique et donc pas d’existence réelle propre tout au long du jeu. Que dire aussi du passage où elle prend la voix de Julia (la femme d’Henry) quand Henry est en train de faire un rêve semi-éveillé…

Passons ensuite à l’intrigue du jeu. Les protagonistes se sentent épiés et surveillés. Ils finissent par se rendre compte que c’est un ancien garde forestier qui était venu avec son fils un été. Ils avaient disparu après être partit en urgence. On retrouve le fils mort au fond d’une grotte et le père est resté caché dans les montagnes pour ne pas avoir à affronter la société à son retour. Un scenario durement encré dans le réalisme donc. Pourtant tout au long du jeu, le personnage Henry se demande s’il ne perd pas la tête, s’il n’est pas responsable à son insu de ce qui se passe. C’est l’inquiétude aussi du joueur qui se place en plein délire paranoïaque avec lui. Mais non, le scenario n’a rien d’extraordinaire. Pas d’extraterrestre, pas de société gouvernementale qui fait des tests psychologiques sur l’isolement, rien de tout ça.

Des réactions posent des questions néanmoins quand à la relation entre Delilah et les disparus. Est-ce que cet enfant n’était pas le sien, est ce juste une image mentale de l’incapacité d’Henry à être père, est-ce aussi une facette d’Henry tout simplement ? Encore une fois on ne croisera jamais personne. Tout ceci pourrait être un délire psychologique d’Henry qui serait en fait les trois personnages à la foi.

Bref, une fois tout cela posé, voilà mon cheminement favori :

Le poste de garde et le monde qui l’entoure ne sont qu’une allégorie. Une hallucination crée par Henry probablement dans un hôpital psy et dirigé par un médecin. Le médecin par la voix de Delilah (la seule personne qui a un accès direct avec le monde extérieur) incite Henry à affronter plusieurs situations et épreuves (la chute avec la première corde qui casse, la colère avec les campeuses, les responsabilités avec leur disparition, l’injustice etc etc…) pour qu’il chasse ses démons intérieurs. Il lutte donc en permanence contre lui-même puis, petit à petit vers la fin le feu se déclare et progresse.

Le feu, symbole parfait de la purification qui finira de tout nettoyer (comme dit Delilah « le feu qui brule toutes les choses mortes »).  Il doit trouver le moyen de donner une réponse à ses interrogations avant de partir, ce qu’il fait en découvrant le fin mot de l’histoire, clôturant l’intrigue. Le fait de quitter le lieu en téléphérique n’est pas non plus anodin, il en part en mettant littéralement un ravin entre lui et cette future terre brulée. Acceptation donc, le passé est terminé et irrémédiable, le futur l’attend. Le jeu est donc designé sur une courbe émotionnelle qui rappelle bien entendu les étapes de l’acceptation du deuil, ou d’une rémission de dépression ou d’autre choc traumatisant. Une fois toutes ces étapes terminées, il décolle (encore une fois littéralement : en hélicoptère) vers une nouvelle vie. Fin de la thérapie, on réveille le patient.

Voilà ma petite théorie. Elle ne vaut que parce que j’ai envie de prendre le jeu de cette manière, mais même au premier degré, l’aventure est un régal, qui joue avec vos nerfs et vous fait prendre l’air de la forêt.

A+ bande de conspirationnistes !

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Édito

Après plus ou moins 5 ans d’existence il était temps de changer un peu l’édito :

47 pour ceux qui se demandent, n’a rien à voir avec le département, l’agent d’Hitman ou les rônins vengeurs. Non, le 47 c’est un lieu, une histoire commune à trois personnes qui partagent certaines passions et surtout les mêmes valeurs.

Le 47 c’est pour les enfants des années 80 et leurs successeurs, qui ont grandi avec une manette sous les pouces, un livre sur la table de chevet et un amour pour la culture en général. Vous continuerez à trouver ici du jeu, du livre, des billets d’humeur, des questions existentielles, des sessions cash et vide grenier, de la customisation…

L’équipe récurrente du blog n’est pas composée d’une seule entité schizophrène qui parle à la troisième personne, même si l’Ours écrit 90% des posts, il est accompagné par des gens qui participent régulièrement ou exceptionnellement.

Les trois membres fondateurs du 47 sont donc : L’Ours qui squatte au pied des Pyrénées, La Panthère qui sillonne la France à moto, Le Faucon qui vole en cercle au-dessus de la capitale.

Il y a comme renfort à forte participation et contribution : Benja « Alley-oop » Pivot, qui corrige tout ce que vous lisez (donc s’il y a des fautes c’est qu’on a oublié de lui faire lire un article).

Celui que vous allez voir passer assez régulièrement cette année : Swiss l’homme qui soude plus vite et plus propre que tous les YouTubeurs qu’on a vu jusqu’à maintenant mais qui n’aime pas être filmé.

On espère – et j’espère le convaincre quand il lira ces lignes dans son flux RSS – Sylvain l’homme-code qui pourrait écrire des critiques de livre, jeux et vous proposer de tester ses propres jeux (vas-y t’es obligé maintenant !).

Et puis plein de gens de passage qui donnent à un moment ou un autre un coup de main, en allant aux vides-greniers avec nous, en nous offrant des jeux, en nous posant des questions qui nous permettent de réfléchir à des articles etc.

Bonne lecture des articles de cette année, j’espère que vous apprécierez le contenu qu’on vous proposera.

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