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Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 18/11/17 à 20h00

Retard gaming

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Retard Gaming (Jeu vidéo)

Sans revenir sur la déviance de la notion de numérotation des équipes marketing d'Ubisoft, on peut dire que la série Assassins créée est une des plus grosses série de la 8ème génération de consoles. Ce troisième volet, qui est réalité déjà le 5ème sur console de salon, a tout pour être dans la lignée de ses prédécesseurs. Il en a les atouts bien sûr mais aussi et surtout les tares. Pourtant ce n'était pas évident et on pouvait s'attendre à autre chose pour cette fin de la trilogie Desmond Miles qui aura tour à tour su nous exploser les rétines, nous donner énormément de plaisir et nous saouler au plus haut point. Alors qu’en est-il ?

Assassin's Creed III, même s'il signe la fin d'un arc narratif, était attendu par les joueurs comme une refonte du système dont la série, après 4 volets très similaires, avait bien besoin. Cette attente ne sortait pas de nulle part, le jeu a en effet été développé avec une base toute neuve. Un moteur graphique et physique entièrement refait à zéro, un nouveau continent à explorer, une nouvelle époque, des armes à feu plus présentes et des zones de natures qu'on nous avait promises immenses, à explorer. Et effectivement, on ne nous avait pas menti, tout cela est bien dans le titre mais il y a un hic.

Niveau graphisme, le nouveau monde reprend trait pour trait les anciens, que ce soit dans la modélisation impeccable et sublime d'une époque, de ses vêtements, ses bâtiments et autres détails, c'est magnifique et ça marche bien, mais le jeu ressemble aux autres dans cette teinte photo réaliste gris-marron à laquelle on nous a nourris depuis des années. Rien de foufou donc même si l’ambiance change et que c’est très agréable, la DA reste la même, ce qui n’est pas pour nous déplaire au final. Au niveau physique, on se demande rapidement pourquoi les équipes d'Ubi se sont faites chier à développer un nouveau moteur pour finalement arriver au même résultat, avec un personnage qui bouge, saute, court, monte au mur et fait n'importe quoi sur les bâtiments exactement de la même manière qu'Ezio ou Altaïr avant lui ! Le système de combat quant à lui, simplifie encore plus la prise en main des ennemis. Qu'ils soient 1 ou 100 ça ne change rien, ils vous attaquent chacun leur tour, et se font punir par une contre-attaque mortelle à chaque fois ou presque. Alors oui, il y a les flingues mais ça n'ajoute pas assez de challenge pour que le joueur se sente en danger pendant des rixes qui peuvent durer des plombes. Les batailles sont esthétiquement bien foutues, mais elles ne tiennent pas franchement à ce que le joueur se sente impliqué. Bref, ça sent le réchauffé.

Il faut alors se tourner vers le scénario et l'environnement de jeu pour voir si le boulot acharné des équipes en valait vraiment la peine. Et là, on est partagé.

Partagé sur le scénario, qui a pourtant été travaillé, pour essayer de faire prendre l'air au joueur tout en répondant à ses questions sur l'univers du jeu. Mais malgré les twists scénaristiques plutôt bien foutus, il y a un énorme problème.

Le problème, vient pour tout dire du personnage qu'on incarne. Il ne manque pas de charisme à mon goût, mais il manque cruellement de cohérence. Cohérence entre ses propos et ses actes. Cohérence entre ses actes et ses objectifs. Et plus encore, il manque de cohérence entre ses objectifs et ses propos. Ça tourne en rond, comme Connord en fait, ouais, parce qu'il s'appelle Connord le gars.

L'incohérence entre ses propos et ses actes tout d'abord, c'est que le personnage passe son temps à condamner les personnages qui tuent et massacrent son peuple, dans leur sauvagerie et leur manière de faire. Mais il passe aussi son temps à faire de même.

Entre ses actes et ses objectifs ensuite. Il a pour objectif de détruire les templiers par pure vengeance familiale d'une part et de chercher la paix pour son peuple d'autre part. Dans les deux cas, ses actes se résument à buter des gens ce qui met le feu aux poudres pour les représailles et les batailles rangées. Il tue des gens qui desservent autant les templiers que les Assassins et donc fait le sale boulot pour tout le monde sans vraiment rien remettre en question.

Entre ses objectifs et ses propos, c'est pareil. Son objectif est de défendre son peuple, mais il déclare la guerre. Du coup, ça n'a pas de sens et on ne comprend pas où il veut en venir à part à une guerre totale ou il sera de toute façon un des artisans de la perte de son peuple.

Mais bon, on peut éventuellement se dire que les scénaristes ont pensé à ce genre de choses et que tout ça est fait exprès. Mais si c'est le cas, alors on a la sale impression que Connord, comme nous en tant que joueur n'est qu'un prétexte pour aller dézinguer des gars à la chaîne. En bref c'est assez désagréable pour ne pas s'impliquer dans l'histoire et de ne ressentir aucune empathie pour le personnage principal et sa cause. Simplement parce qu'on n'y comprend rien. Parce que malgré tous les artifices de mise en scène pour essayer de nous le faire croire, Connord n'a rien d'humain.

Et c'est là tout le problème, car même si Assassin’s Creed nous balance des dizaines de microsystèmes comme à son habitude (gestion du domaine, des assassins, de la chasse, des libérations de quartiers etc...) on a encore plus la sensation que tout cela ne sert à rien. Non, en fait ce n’est même pas une impression, ça ne sert simplement à rien de plus que de remplir un monde joli, mais désespérément dénué d'intérêt. Tout cela est mécanique, et fait mécanique ! On les voit tes systèmes Ubi, ils sont palpables, identifiables et identifiés comme tel. L'immersion ne marche plus, comme quand Neo voit à travers la matrice et il n'y a rien de plus désagréable. Alors on finit par se dire que tant pis, on va faire l'histoire parce que quand même, on l'a commencée, mais ça s'arrête là.

Du coté des séquences avec Desmond, dans le monde "réel" rien de bien folichon non plus. On prend la recette du : on doit aller chercher ça pour passer à la phase suivante. On va le chercher. On le met dans la machine et l'histoire continue.

On ne dira rien non plus de la fin, qui même avec beaucoup d'indulgence, nous fera pester contre ces heures de teasing scénarisé qu'on se tape depuis maintenant le premier jeu et qui nous font déboucher sur ça. Que dire à part que c'est inintéressant, totalement neutre émotionnellement malgré tous les efforts de mise en scène effectués et qu'au final, on retient essentiellement qu'Assassin’s Creed aurait dû se cantonner à ce qu'on apprécie dans la série. Sauter d'immeubles vertigineux pour atterrir dans des bottes de foins, faire la bagarre avec des templiers et placer des coups de lame rétractable dans des bourgeois d'époques différentes. Bref, pas besoin de cette surcouche méta-pseudo-explicative. On n’en a définitivement rien à foutre depuis le début et là, on se dit qu'on avait totalement raison de s'en cogner vu la nullité du scénario. Ca partait pourtant d’une bonne intention, ça aurait pu être bien mais non, vraiment, c’est juste bon à se bidonner devant une fin tellement tragique qu’elle en devient comique.

Pour finir, on souligne quand même les batailles navales qui, à défaut d'être très présentes sont fun et bien fichues.

 

Alors ce n'est pas un mauvais jeu en soi, c'est ni plus ni moins un Assassin’s Creed comme les autres, mais sans la légèreté et l'humour qu'un Ezio pouvait avoir sur la situation et ses actions. A vouloir être trop sérieux, on finit parfois par être risible.

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Édito

Après plus ou moins 5 ans d’existence il était temps de changer un peu l’édito :

47 pour ceux qui se demandent, n’a rien à voir avec le département, l’agent d’Hitman ou les rônins vengeurs. Non, le 47 c’est un lieu, une histoire commune à trois personnes qui partagent certaines passions et surtout les mêmes valeurs.

Le 47 c’est pour les enfants des années 80 et leurs successeurs, qui ont grandi avec une manette sous les pouces, un livre sur la table de chevet et un amour pour la culture en général. Vous continuerez à trouver ici du jeu, du livre, des billets d’humeur, des questions existentielles, des sessions cash et vide grenier, de la customisation…

L’équipe récurrente du blog n’est pas composée d’une seule entité schizophrène qui parle à la troisième personne, même si l’Ours écrit 90% des posts, il est accompagné par des gens qui participent régulièrement ou exceptionnellement.

Les trois membres fondateurs du 47 sont donc : L’Ours qui squatte au pied des Pyrénées, La Panthère qui sillonne la France à moto, Le Faucon qui vole en cercle au-dessus de la capitale.

Il y a comme renfort à forte participation et contribution : Benja « Alley-oop » Pivot, qui corrige tout ce que vous lisez (donc s’il y a des fautes c’est qu’on a oublié de lui faire lire un article).

Celui que vous allez voir passer assez régulièrement cette année : Swiss l’homme qui soude plus vite et plus propre que tous les YouTubeurs qu’on a vu jusqu’à maintenant mais qui n’aime pas être filmé.

On espère – et j’espère le convaincre quand il lira ces lignes dans son flux RSS – Sylvain l’homme-code qui pourrait écrire des critiques de livre, jeux et vous proposer de tester ses propres jeux (vas-y t’es obligé maintenant !).

Et puis plein de gens de passage qui donnent à un moment ou un autre un coup de main, en allant aux vides-greniers avec nous, en nous offrant des jeux, en nous posant des questions qui nous permettent de réfléchir à des articles etc.

Bonne lecture des articles de cette année, j’espère que vous apprécierez le contenu qu’on vous proposera.

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