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Par Atred Blog créé le 13/09/13 Mis à jour le 15/10/17 à 15h49

Retard gaming

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Retard Gaming (Jeu vidéo)

7 Sins

Genre : Foutage de geule

Année de sortie : 2005

Concepteur : Christophe André

Développeur : Monte Cristo Multimedia

Editeur : Atari 

7 Sins, c'est ce genre de jeu dont on a tous entendu parler avant sa sortie. Adolescent à l’époque de ses campagnes marketing, nous ne pouvions nous empêcher de mater les publicités racoleuses dans nos magazines de jeux préférés. Entre le prochain Mario et le futur Kirby, un mec assis dans un fauteuil comme un roi sur son trône matait des filles suggérées par une paire de jambes en bas et talons immenses en contre-plongée. Il fait partie de ces jeux qui font du bruit avant de sortir, ceux que l’on peut classer dans la catégorie des expériences subversives, bref, un fruit défendu pour tout ado en manque de sexe. Et après les publicités racoleuses, pouf, le soufflé a dégonflé et le jeu s’est vu directement relégué au bac « Occasion » de nos magasins, un soufflé qui a carrément explosé tellement le jeu ne tenait aucune de ses promesses implicites. Il est donc parti avec beaucoup d’autres dans les oubliettes vidéo-ludiques. C’est comme ça que, largement distribué par Atari à l’époque, on le croise encore aujourd’hui, une dizaine d’années après, dans les cash-converters quasiment neuf. Face à cet objet de fantasme des années boutonneuses, il nous en faut peu pour craquer (à 3 euros) dans sa belle sur-boîte en carton et on se dit qu'il doit bien y avoir moyen de se marrer… occultant en cela tout notre passif de joueur, de connaisseur, pour un sombre reflexe grivois venu tout droit de la partie animale de notre cerveau. On va bien se marrer et mater des nichons cubiques dans un jeu vidéo, il ne peut pas être aussi pourri dans nos souvenirs des tests de l’époque se dit-on pour se rassurer. Mais à vrai dire, sauf si on est un gros lourdaud des années 90, ou si on a l'humour de Tonton Michel une fois bourré un soir de nouvel an, c'est plus révoltant que véritablement drôle.

Une fois rentré à la maison, l’objet du délit entre les mains, on se sent déjà plus con et moins enthousiaste à mettre cette galette imprimé léopard dans la noble console de Sony. Puis on ferme les volets, on débranche le téléphone et on se sert un Martini avant de s’installer sur le canapé en robe de chambre pour commencer cette soi-disant aventure. Mine de rien, la première chose qui choque avec ce jeu, ce n’est finalement  ni sa grande classe affichée sur la jaquette reprenant les pubs d’un mec encadré de jambes à talons, ni son bon goût prononcé quant à l’habillage du DVD, non, ce qui choque le plus, c’est le délai entre le moment où vous appuyez sur la touche de la manette pour faire défiler les options du menu et celui où la sélection se met en surbrillance... Avoir un temps de latence aussi violent dans un simple menu, ça augure du meilleur.

Une fois le jeu lancé, on nous invite à faire une première « mission », comprenez par-là, un tutoriel. Il présente une phase de jeu que l’on devine représentative de l’expérience, un homme et une femme dans un appartement façon Sims. On passera sur la technique, vous vous doutez bien que c’est pourri niveau graphisme et contrôle. Jusque-là, on n’est pas surpris. Puis vient la phase où l’homme (vous donc), va devoir arriver à conclure par de multiples questions-réponses toutes aussi lourdes et grasses que possible. C’est un niveau tutoriel et déjà ça sent mauvais. Le personnage contrôlé est une caricature d’acteur porno des années 80 avec des répliques d’un niveau affligeant, des pick-up lines dignes des plus mauvaises productions Dorcel ; quant au personnage féminin, ramené à un simple objet sexualisé que vous devez accrocher à votre tableau de chasse, elle répond à tous les clichés de la femme vue par cette même industrie à cette époque. Pire, quand vous lui proposez des réponses respectueuses, vous échouez lamentablement. Non, le jeu vous explique comment ça marche, la femme aime se faire lourdement draguer. On sent tout de suite que l’équipe de développement et d’écriture, surement composée d’un groupe féministe averti a pris le temps de développer cet aspect.

Le jeu donc vous place dans la peau d’un gros naze qui croit être prêt à conquérir le monde par son charme, son intelligence, son charisme naturel et sûrement la taille de son pénis. Pour lui la réussite passe par baiser le plus de femmes possible et ramasser le plus d’argent qu’il peut. Malheureusement pour lui (et pour vous), le jeu commence en bas de son ascension sociale, c’est-à-dire en tant que vendeur dans un magasin pour femme. Bijoux, vêtements, parfum, vous êtes là pour conseiller les clientes dans leurs achats. Passionnant pas vrai ? Dans cette entreprise, le harcèlement sexuel de la cliente semble conseillé, voire encouragé, vu que c’est ce que vous allez devoir faire pour gagner la confiance des caricatures de femmes qui sont présentes. A coups de phrases bien grasses, vous ferez donc monter des jauges de séduction, pour qu’elles finissent par vous acheter des choses et par la même occasion pour engager des mini-jeux  « sexualisés ». Attention rien de fou, juste des phases bancales et insupportables. Si jamais vous échouez, vous aurez droit à aller pisser dans les plantes du magasin pour vous détendre, tout un programme…

Au bout d'une demi-heure de jeu, on craque, on avale le reste de son Martini cul sec et on rouvre les volets. Quand le mauvais goût rencontre l'esprit le plus lourdingue ce n’est pas possible. Là où un Leisure Suit Larry arrivait à nous faire rire par la nullité  et l’absurdité de son personnage principal, le tout mâtiné de second degré et de grosse loose drôlatique, 7 Sins échoue lamentablement. Tout est une insulte dans ce jeu. Une insulte au joueur tout d'abord, avec une maniabilité atroce, des mini-jeux qui se paient le luxe d'être, en plus d'inintéressants et ultra basiques, mal fichus et injouables. Les lignes de dialogues sont d'une vulgarité et d'une pauvreté crasse. La femme est un objet, elle est conne, énervante et seulement bonne à baiser ou se faire tripoter. Insulte à la femme donc, insulte à l'homme de par le personnage principal qui est une grosse pourriture. Là est peut-être le problème de ce jeu misogyne, Larry dans la série qui a connu des hauts et des bas, aime les femmes. C’est un pervers, un looser génial, un sex addict, mais il aime les femmes et c’est sa motivation première. Il en devient touchant et drôle. Ici le personnage est insupportable car il n’aime rien. Il n’est pas un amoureux du sexe ou des femmes, il est un animal sociopathe qui veut simplement de la reconnaissance sociale par les conquêtes sexuelles et le gain d’argent.

Bref, à foutre au feu.

 

Si vous voulez vomir devant votre TV allez-y essayez ça. Et qu'on ne me dise pas que c'est de l'humour ou du second degré, oui ça doit en être, enfin, une tentative en tout cas, mais l'humour se doit d'être bien écrit et d'une entièreté dans son propos qu'il soit fin, lourd ou absurde pour faire mouche. Là ce n'est rien, le néant, l'immense manque de talent d'une équipe de misogynes frustrés qui prennent aussi bien les joueurs que les femmes pour ce qu’ils ne sont pas, c’est-à-dire des cons.

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Commentaires

Atred
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Atred
Waldo : :) exact je ne l'avais pas du tout en tête comme ca!! Bon c'es misogyne si on pense que les joueurs sont un groupe uniquement masculin. Ce qui ne coule pas de source dans ma tête! haha mais ouais ca fait un peu bizarre effectivement!
Joniwan
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Joniwan
Mais quelle daube :/

Je l'avais gravé à l'époque : Un disque gaché ! il y a tellement mieux dans la case jeux sexy !
Waldotarie
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Waldotarie

Finir cette chronique féministe par ce mot misogyne, tout de même... :D

(Très bien par ailleurs. La chronique.).

Édito

Après plus ou moins 5 ans d’existence il était temps de changer un peu l’édito :

47 pour ceux qui se demandent, n’a rien à voir avec le département, l’agent d’Hitman ou les rônins vengeurs. Non, le 47 c’est un lieu, une histoire commune à trois personnes qui partagent certaines passions et surtout les mêmes valeurs.

Le 47 c’est pour les enfants des années 80 et leurs successeurs, qui ont grandi avec une manette sous les pouces, un livre sur la table de chevet et un amour pour la culture en général. Vous continuerez à trouver ici du jeu, du livre, des billets d’humeur, des questions existentielles, des sessions cash et vide grenier, de la customisation…

L’équipe récurrente du blog n’est pas composée d’une seule entité schizophrène qui parle à la troisième personne, même si l’Ours écrit 90% des posts, il est accompagné par des gens qui participent régulièrement ou exceptionnellement.

Les trois membres fondateurs du 47 sont donc : L’Ours qui squatte au pied des Pyrénées, La Panthère qui sillonne la France à moto, Le Faucon qui vole en cercle au-dessus de la capitale.

Il y a comme renfort à forte participation et contribution : Benja « Alley-oop » Pivot, qui corrige tout ce que vous lisez (donc s’il y a des fautes c’est qu’on a oublié de lui faire lire un article).

Celui que vous allez voir passer assez régulièrement cette année : Swiss l’homme qui soude plus vite et plus propre que tous les YouTubeurs qu’on a vu jusqu’à maintenant mais qui n’aime pas être filmé.

On espère – et j’espère le convaincre quand il lira ces lignes dans son flux RSS – Sylvain l’homme-code qui pourrait écrire des critiques de livre, jeux et vous proposer de tester ses propres jeux (vas-y t’es obligé maintenant !).

Et puis plein de gens de passage qui donnent à un moment ou un autre un coup de main, en allant aux vides-greniers avec nous, en nous offrant des jeux, en nous posant des questions qui nous permettent de réfléchir à des articles etc.

Bonne lecture des articles de cette année, j’espère que vous apprécierez le contenu qu’on vous proposera.

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